24/08/2016

Rock for Life: My Diligence, Black Mirrors et bien d'autres pour la bonne cause (11 novembre à Laeken)

Le festival Rock for Life, organisé pour financer la recherche contre le cancer, sera bientôt de retour pour sa deuxième édition. L'événement aura lieu le 11 novembre à la Cité Culture, à Laeken. Le projet « Rock For life» est né en novembre 2015 de la simple volonté d’un groupe de personnes, concernées de près par ce fléau, membres d’ Asbl organisatrices de concerts et donc Rockforlfe.jpghabituées à fréquenter le milieu du rock. L’objectif de cet évènement est de recueillir des fonds afin de lutter contre le « Crabe » en soutenant des projets destinés à aider la recherche. L’édition 2015 avait permis de verser la somme de 1500€ à l’association « Les Amis de Bordet ». Les tickets sont vendus au prix de 12 et 15 euros. Parmi les groupes déjà programmés à l'affiche, signalons la présence de My Diligence, groupe récemment passé avec succès au Botanique et au BSF (en première partie de La Muerte). Ou encore de Black Mirrors, qui sera prochainement au programme de la très réputée Deserfest. La tête d'affiche devrait être annoncée en septembre... suspense.
 

10:43 Écrit par christophe van impe dans Festival, News | Commentaires (0) |  Facebook | | |

20/08/2016

Louise Attaque, Nekfeu, Souchon & Voulzy et Abd Al Malik à l'affiche des Solidarités (27 et 28 août)

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Plus qu'une semaine avant les Solidarités 2016 qui se tiendront pour leur quatrième édition les 27 et 28 août à la Citadelle de Namur ! Petit tour d'horizon des artistes à l'affiche en prenant le temps de souligner quelques engagements qui témoignent de leur juste place sur le line up des Solidarités.

NEKFEU: Outre ses nombreuses références littéraires, le jeune rappeur n'hésite pas à prendre la parole sur les thèmes de société qui lui tiennent à coeur ou pour soutenir les associations comme SOS Méditerranée ou la Fondation Abbé Pierre.

SOUCHON & VOULZY: Derrière les mélodies imparables, les deux compères abordent les thèmes qui leurs sont chers en délivrant un titre traitant des peuples opprimés (Oiseau malin). Un titre fidèle à leur tradition de chansons engagées qui les aura vu aborder le fondamentalisme religieux (Et si en plus, il y a personne), la société de consommation (Foule sentimentale) ou encore l’anti-racisme (Le soleil donne).

LOUISE ATTAQUE: "A l'antenne aujourd'hui, j'entends que l'on meurt, que l'on vit. Et l'insouciance qui nous fuit. L'insouciance qui n'a pas de prix" chante le groupe qui n'a jamais caché sa sensibilité indépendante et engagée.

TIKEN JAH FAKOLY: Le grand altermondialiste combat la lutte contre l'ignorance, participe à la construction d'écoles, chante pour la démocratie et pour les femmes, notamment contre l'excision et les mariages forcés.

NAÂMAN: L'artiste dont les derniers titres se nomment "Résistance" ou "Hopeful World" prône également le vivre ensemble dans ses vidéos.

ABD AL MALIK: Abd Al Malil fait partie de ces musiciens qui cherchent sans cesse à ouvrir leur musique à d’autres horizons mais c’est aussi un artiste impliqué de longue date dans le débat sociétal.

BALOJI: Baloji, un des artistes belges les plus estimés en dehors de nos frontières. Tournés aujourd'hui vers ses racines et le Congo, ses textes évoquent cette relation à sa double identité.

XAMANEK: Une famille musicale que le destin et une partie sombre de l'histoire du Chili ont poussée à jeter ses racines en Belgique. Deux frères (Luis et Sergio) et une soeur (Victoria) qui ont trouvé dans la musique une résilience à leur parcours de vie.

OMAR SOULEYMAN: Omar Souleyman est le roi de l'électro syrienne mais aussi le porte-parole de sa ville d’Hassaké, au nord-est de la Syrie, un des épicentres du conflit qui déchire le pays.

GIEDRE: Prostitution, violence, contraception, handicap,... autant de sujets qu'on s’attend peu à retrouver mis en musique, mais que la chanteuse évoque avec beaucoup d'humour et une certaine poésie.

FEFE: De Saïan Supa Crew à son aventure solo, Féfé a toujours tracé sa route avec une fibre profondément humaine et proche de ses fans.

Sans oublier tout ce qui fait que les Solidarités, c’est bien plus qu’un festival, à savoir: la cité des enfants (manège, initiations au cirque et aux arts urbains, grimage, magicien, réalisation d’un film en slowmotion, etc.), le village des associations (plus de 50 associations engagées pour la réduction des inégalités sociales, environnementales et économiques), l’Urban Village (un espace entièrement dédié aux cultures urbaines et au Hip Hop), la librairie, 2 débats (sur l’environnement et la répartition des richesses), 3 films (Demain, En quête de sens et Merci patron !), 1 pièce de théâtre (Comment épouser un milliardaire ?), la finale des Tremplins des Solidarités (concours pour promouvoir les jeunes talents), et bien d’autres surprises !

 

21:19 Écrit par christophe van impe | Commentaires (0) |  Facebook | | |

19/08/2016

Rihanna, déception d'une journée ensoleillée au Pukkelpop

Sans faire injure aux festivals qui viendront dans les prochaines semaines, le Pukkelpop est le dernier gros rendez-vous de l'été dans notre Royaume. Une dernière occasion donc de se faire plaisir avant de penser aux secondes sessions d'examen ou à la rentrée scolaire du petit dernier. Lorsque mon choix s'est porté sur le jeudi du festival limbourgeois, la réflexion de mon entourage a toujours été la même: "Ha oui, c'est le soir de Rihanna." Oui, le soir de la star des Barbades en effet, mais après avoir quitté la plaine lumineuse et bruyante de Kiewit, je me dis que je me souviendrai encore longtemps de sa malheureuse prestation, mais j'y reviendrai plus tard.

Prenons tout d'abord le positif. Au-delà de l'organisation toujours bien huilée, le "Pukkel" sera cette année sous le soleil.  Il fait doux, les festivaliers sont couchés dans l'herbe ou dans le sable et au loin, la voix douce de Tom Odell met directement dans l'ambiance. L'un des problèmes du Pukkelpop, c'est le choix: il y a tellement de scènes (10 au total) que faire un planning de la journée devient très compliqué. Instinctivement, je me jette sur la première que je trouve et je passe un délicieux moment avec The Tallest Men On Earth, un artiste suédois cousin musical de Bob Dylan.

IMG_2067.jpgLe premier mauvais choix, c'est celui de Wolfmother. L'ennui est total et malgré les meilleurs titres de l'album éponyme de 2005 qui réveillent ma mémoire, je cherche sur une autre scène de quoi satisfaire mon envie d'autre chose. Je découvre donc Bazart, en live, avec son répertoire "Indie" en Néerlandais. Ce n'est pas toujours harmonieux, mais la surprise est bonne.

C'est alors l'heure d'un groupe mondialement connu: Eagles of Death Metal. Le problème des Californiens, c'est qu'ils seront à jamais le groupe de l'attentat du Bataclan, et que la moitié du monde n'est pas capable de citer un titre de leur répertoire. Quoi qu'il en soit, même si Josh Homme n'est pas présent, les meilleurs titres du dernier opus (Zipper Down) se mêlent aux classiques du groupe. Sur cette même Main Stage, je reste pour retrouver The Last Shadow Puppets. Alex Turner et Miles Kane sont en grand forme et les gesticulations du premier, dandy magnifique avec des poses à la Mick Jagger, garnissent une heure musicale de toute beauté. Beau moment d'hilarité quand Turner prend en pleine poire le micro balancé nonchalamment  par Kane.IMG_2073.jpg

Mais puisque tout le monde attendait cela avec impatience, il est temps de parler de l'épineux chapitre Rihanna. Lors de l'annonce de sa venue, certaines dents ont grincé tant sa palette musicale n'était pas en adéquation avec l'esprit du Pukkelpop. Soit, un artiste est capable de retourner les foules. Mais pour cela, il faudrait déjà arriver à l'heure: 45 minutes de retard pour la belle, qui aime se faire désirer mais qui n'a récolté que des sifflets. Et ça va aller de mal en pis, car la plupart de ses titres sont "chantés"en playback, et ce n'est même pas discret: décalage, le micro n'est pas devant sa bouche et last but not least: la bande son tourne alors que Rihanna n'est même plus sur scène. C'est le coup fatal pour moi, je m'en vais terminer ma soirée devant Bloc Party. 

Florian Holsbeek

 

12:02 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

15/08/2016

BSF: Nada Surf clôture en beauté le festival

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Une bien belle petite soirée rock ce dimanche pour clôturer le BSF. Les membres de Nada Surf savent comment s'y prendre pour mettre le public de la Place des Palais dans leur poche. Avoir fait des études à Bruxelles et à Paris aide forcément à s'exprimer en français, et sans le moindre accent s'il-vous-plaît. Mais les Américains ont également de sacrés bons morceaux, qui nous replongent en plein dans les années où MTV diffusait encore de la musique. Un set un peu anachronique, qui trouve son point d'orgue dans "Popular" et "Always Love", tubes qui n'ont pas pris une ride. Bref, on a aimé, et ils seront de retour en Belgique à l'automne.

Pete Doherty assurera-t-il cette dernière tête d'affiche du festival? Avec ce grand spécialiste des annulations de dernière minute, rien n'est moins sûr. Mais, avec un quart d'heure de retard sur l'horaire prévu, voilà qu'il débarque débraillé comme il se doit. Avec son sac à dos et son gros cigare, le chanteur des Libertines tient plus d'un hooligan en fin de vie que d'une rock star glamour. Il a tout de même le bon goût de balancer assez rapidement "Last of the English Roses", le plus beau morceau de sa carrière solo. Par la suite, il n'y a que le répertoire des Babyshambles et des Libertines qui nous enthousiasme réellement. Pour le reste, par moments, on s'ennuie franchement. Jusqu'à ce "Fuck Forever" électrique en guise de bouquet final. Pete s'en va, reprend son brol, sans se retourner et, comme toujours, on ne sait pas si on le reverra un jour. Le BSF est fini, à l'année prochaine.

> La setlist de Nada Surf: 1. "Hi-Speed Soul", 2. "Cold to See Clear", 3. "Whose Authority", 4. "Weightless", 5. "Happy Kid", 6. "What Is Your Secret?, 7. "80 Windows", 8. "Concrete Bed", 9. "Inside Of Love", 10. "The Way You Wear Your Head", 11. "Friend Hospital", 12. "Out Of The Dark", 13. "Blonde On Blonde", 14. "See These Bones", 15. "Hyperspace", 16. "Popular", 17. "Always Love" et 18. "Blankest Year".

> La setlist de Pete Doherty: 1. "Down For The Outing", 2. "I Don't Love Anyone (But You're Not Just Anyone)", 3. "Last Of The English Roses", 4. "You're My Waterloo" (Libertines), 5. "Arcady", 6. "The Steam", 7. "Hell To Pay At The Gates Of Heaven", 8. "Oily Boker", 9. "Albion" (Babyshambles), 10. "Hooligans on E" (Libertines), 11. "A Fool There Was", 12. "The Whole World Is Our Playground", 13. "Time For Heroes" (Libertines), 14. "Killamangiro" (Babyshambles), 15. "Flags Of The Old Regime", et 16. "Fuck Forever" (Babyshambles).

> Christophe Van Impe 

 

15:21 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

12/08/2016

BSF: Balthazar encensé sur la Place des Palais

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A quatre jours de la fin du festival, la Place des Palais ouvrait enfin ses portes jeudi soir. Mais aussi le BIP où, chaque début de soirée d'ici dimanche, sera organisé un concert plus intimiste. C'était à Lylac d'ouvrir le bal. A la veille de partir pour trois mois avec sa petite famille dans l'ouest américain, Amaury Massion souhaitait nous quitter en musique. Des adieux réussis, pendant plus d'une heure. Tracassé par des problèmes techniques et une météo capricieuse, Hyphen Hyphen aura eu du mal à lancer les festivités sur la Place des Palais. Un petit coup dans l'eau, malgré l'énergie dégagée, surtout qu'il ne fallait pas vraiment s'attendre à ce que ce soit ensuite la grande fiesta avec Tindersticks. La pluie s'est retirée, la prestation est de toute beauté, mais ne se prête hélas pas du tout au cadre. A revoir en salle, absolument. Nous n'avons pas davantage été enthousiasmés par Keziah Jones. La file de plus de 100 mètres pour pénétrer sur le Mont des Arts n'y est sans doute pas pour rien. L'endroit n'a jamais été aussi rempli depuis le début du festival, mais l'envie n'y est pas. Heureusement, Balthazar aura sauvé notre soirée. Par rapport aux dates précédentes de leur tournée, et notamment celle à Forest-National, les Flandriens ont changé leur setlist et leur show. C'est désormais plus direct, plus rock et surtout moins poseur. Ce soir, Louise Attaque aura pour challenge de faire au moins aussi bien.

> Christophe Van Impe

14:58 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

BSF (soirée bruxelloise et Abd Al Malik): débarrassée de ses peurs, Bruxelles est belle

Il y a de ces soirées qui sont parfaites de la première à la dernière note, sans qu'on ne sache trop bien pourquoi. Celle de mercredi en fait partie. Tout a commencé, une fois de plus, à la salle de la Madeleine. Avec une affiche 100% bruxelloise, joliment garnie de Alaska Gold Rush, Recorders et Vismets. Il aurait franchement été difficile de faire plus local. Notre dernière rencontre avec Recorders en concert, avait fait office de charnière dans la carrière du groupe. Partiellement mécontent du set semi-acoustique proposé aux Nuits du Bota 2015, où ils avaient pourtant notamment repris avec grâce The National, Gordon Delacroix avait ensuite pris une décision radicale. Deux membres se sont rapidement fait la malle, et le groupe est reparti sur de nouvelles bases. Une orientation et un vent de fraîcheur que l'on retrouve dès les premières notes de "Lost at Sea". L'influence Foals est évidemment toujours présente, de même que celle de The National surtout dans la voix, mais le tout est agrémenté de petits détails qui font de Recorders un groupe à part. Après une grosse heure de concert, nous voilà rassurés. Le passé est décomposé, les bases sont solides et le groupe a définitivement retrouvé le feu sacré.

Le succès est également au rendez-vous pour les Vismets. "Abracadabra", beaucoup plus recherché et psyché Abdalmalik.jpgque le premier album, avait pourtant tout pour être casse-gueule. Mais force est de constater que ça marche, et que les fans ne viennent pas que pour "Wasted Party". Encore une belle leçon d'audace réussie.

Notre soirée s'est terminée au Mont des Arts, où Baloji venait de laisser sa place à Abd Al Malik. Configuration festival oblige, le set fait la part belle à "Scarifications" et met essentiellement en avant le son énorme issue de sa collaboration avec Laurent Garnier. L'emblématique "Gibraltar" et "Les Autres" seront les seuls interludes nous rappelant qu'il a jadis bossé avec Gérard Jouannest, le pianiste de Jacques Brel. Un grand Jacques à qui il rendra d'ailleurs hommage. Avant de terminer sur "Daniel Darc", terrible déclaration d'amour au poète déchu, il lance un message de paix à notre capitale: "Bruxelles, débarrassée de tes peurs, je t'aime". Pour une fois, on sent que c'est sincère. Aussi sincère que notre soirée aura été belle.

> Christophe Van Impe

14:41 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

07/08/2016

BSF: Mickey 3D et Feu! Chatterton, délicieux conflit de générations

Comme vendredi, c'est par la salle de la Madeleine, devenue depuis un an un lieu incontournable du BSF, que nous avons débuté notre parcours dans le centre de Bruxelles. Comme Mustii la veille, Ulysse n'en finit plus de tourner cet été. Et, pour la première fois de sa jeune carrière, le trio bruxellois donnait même deux concerts en quelques heures. En début de journée à Ronquières et donc ensuite au BSF. Si fatigue il y avait de leur côté, elle est en tout cas passée inaperçue, tant leurs morceaux accrocheurs ont fait Ulysse.jpgmouche. En septembre, ils se produiront dans le cadre très particulier du Fly Away Festival, en Corse.

Ambiance plus hexagonale au Mont des Arts avec Mickey 3D et Feu! Chatterton. On ne va pas se mentir, Mickey 3D a surtout connu le succès au début des années 2000. Avec comme point d'orgue "Tu vas pas mourir de rire", album sorti en 2003 et sur lequel on retrouvait le tube "Respire". Et puis là en 2016, Michaël Furnon désormais entouré de nouveaux musiciens (il ne reste plus que Najah El Mahmoud du line up d'origine, à ses côtés), M3D.jpgdécide de ressortir de nulle part avec "Sebolavy", sept ans après "La Dernière Evasion". La première moitié du concert fera d'ailleurs la part belle au dernier disque. Avec notamment ce superbe "La Rose Blanche", qui fait référence à un groupe de jeunes résistants chrétiens allemands face à la barbarie nazie. Ce morceau terminé, il est temps de se replonger dans le passé forcément plus connu du groupe, pour une série de dix grands classiques. Le ton est plus rock n' roll, les guitares électriques sont de sortie. Sauf sur "Respire", joué à la gratte acoustique. "Johnny Rep", un des rares morceaux liés au football qui soit réussi, met fin au concert de fort belle manière. Mickey 3D est de retour, et ça fait du bien.

Place ensuite au plat de consistance avec Feu! Chatterton. Jadis découvert en première partie de Fauve, le groupe parisien continue de tout renverser sur son passage, mais n'a pas forcément le même public que Mickey 3D. Plus théâtral que jamais, Arthur électrise ou agace, c'est selon l'état d'esprit. Il n'empêche que "Côte Concorde" est un des plus beaux morceaux de chanson française qu'il nous ait été donné d'entendre depuis bien longtemps. En un album, Feu! Chatterton est déjà entré dans la cour des grands.

> Christophe Van Impe

23:19 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

06/08/2016

Mustii au BSF: l'ascension du chevalier noir ne fait que commencer..

Faire l'unanimité en ayant simplement un EP de cinq morceaux sous le bras n'est pas donné à tout le monde. Beaucoup s'y sont cassés les dents. Pourtant, le Bruxellois Mustii, l'acteur Thomas Mustin (notamment vu dans la série "La Trêve") pour les intimes, y est parvenu en un temps record. Il y a un peu plus d'un an, quand nous l'avions vu au Sablon dans le cadre de la fête nationale, rien ne le prédestinait pourtant à une telle envolée. Il n'avait alors que quelques morceaux à proposer, et le live n'était pas encore totalement maîtrisé. Mais, après avoir notamment travaillé cet aspect avec Redboy (MLCD et Hollywood Pornstars), il s'est métamorphosé.

Aujourd'hui, il est impossible de passer à côté du phénomène. Ses deux singles "The Golden Age" et "Feed Me" tournent à répétition en radio. Et il Mustii.jpgn'y a que peu de scènes de festival qu'il n'aura pas écumées cet été. Certains le voient même déjà représenter la Belgique à l'Eurovision en 2017. Tout a commencé par un single de Kid Noize où il posait la voix. Et, très rapidement, l'élève a rejoint le maître dans les charts.

Deux semaines après avoir fait l'unanimité aux Francos de Spa, il était vendredi soir à la Madeleine pour l'ouverture du BSF. Une salle remplie à craquer (1200 personnes), qu'il aura mis dans sa poche dès les premières notes de "The Darkest Knight". Il aurait bien aimé jouer trois heures, mais le temps était malheureusement compté. Ce samedi, il remettait sous le soleil au festival Ronquières. La cerise sur le gâteau, ce sera pour le 21 octobre, avec l'importantissime date au Cirque Royal. Cette fois pour y présenter un premier album très attendu. L'ascension ne fait que commencer...

> Christophe Van Impe

15:20 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Lylac (jeudi, 18h, en showcase au BSF): "Lylac, c'est un amour doux et amer"

Le BSF, ce n'est pas seulement la place des Palais, le Mont des Arts et la salle de La Madeleine. Cette année, quelques concerts plus intimistes auront lieu dans le cadre du BIP, situé sur le coin de la place Royale. Jeudi (18h), c'est Lylac qui investira les lieux. Entre quatre yeux, Amaury Massion (également chanteur de My TVis Dead) évoque avec nous ses voyages en Asie Sud-Est, ses sources d'inspirations allant de David Bowie à Nina Simone en passant par Jeff Buckey, ainsi que le rôle de Nicolas Michaux au moment de la confection du premier album. Le tout avant de décoller, au lendemain du concert, pour trois mois dans l'ouest américain.Lylac1.jpg

Amaury, comment fais-tu pour jongler aussi facilement entre tes deux projets?

"On s'arrange toujours pour ne pas sortir les albums en même temps. Ce sont deux styles tellement différents qu'il n'y a pas de confusion possible. J'aime assez bien, je ne sais pas si c'est mon côté schizophrène. Je n'arrête presque jamais de composer, même si ce n'est pas le même style d'écriture. Lylac a toujours été axé sur la sobriété, car c'est un projet issu de mes voyages, avec ma guitare sur le dos. J'ai toujours voulu garder un côté épuré, sans artifice. Quand tu chantes auprès de villageois au Cambodge, ils n'en ont rien à foute du star-system. C'est juste du partage pur. J'essaie de garder cette sensibilité à fleur de peau, de manière très intrinsèque. Je parle des mes voyages, de mes amours, de mes peines. Après le violoncelle et le sitar se sont rajoutés. Chaque artiste a plusieurs facettes. Le fait de pouvoir me déconnecter d'un des deux projets pour me concentrer sur l'autre, ça m'apporte un vent de fraîcheur. Cela me permet de ne pas faire tout le temps la même chose, ce qui est le grand challenge d'un musicien. Un mec comme David Bowie est le meilleur exemple. Il s'est constamment remis en question, a fait évoluer son truc et a travaillé avec des gens différents."

A la Rotonde, pour le concert de lancement de l'album, tu avais repris "Space Oddity". C'était spontané?

"Je ne l'avais jamais joué sur scène, ça s'est vraiment fait en dernière minute. Le concert avait lieu le 12 janvier, et il était décédé le 10. J'ai donc décidé ça la veille. Quand j'ai appris la nouvelle, ça m'a fort ému. C'est un peu comme si tu perdais quelqu'un de ta famille. Il avait une simplicité incroyable. C'est la patte des grands. Quand tu es en phase avec ta musique, tu n'as plus besoin de faire de la fausse démonstration."

C'est lors d'un de tes voyages en Asie que tu as trouvé le nom Lylac...

"C'était à Vang Vieng, au Laos. C'est un village au milieu des rizières. C'est un des pays les plus préservés d'Asie. Les gens sont très cools. Il y a un dicton qui dit que les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l'écoutent. J'avais choisi le nom Lylac au premier réflexe. Je suis allé dans un cybercafé pour bloquer le nom sur internet. Il vient forcément du morceau Lilac Wine, popularisé par Nina Simone mais écrit par James Shelton. Le nom m'évoquait un amour doux et amer. Il représentait bien ma personnalité et mon passé, car c'est empreint de douceur et de nostalgie tout en étant positif."

As-tu découvert le morceau par Nina Simone ou Jeff Buckley?

"Pour être franc, d'abord par Jeff Buckley. C'était en 1997, j'étais à l'école. Un copain vient me trouver et me fait découvrir "Grace". Encore aujourd'hui, je prends un plaisir incroyable à l'écouter. Cet album est hallucinant."

As-tu également voyagé pour composer le deuxième album?

"Non, un peu moins. J'ai fait d'autres sortes de voyages... j'ai eu des enfants. C'est un peu moins reposant que se balader le long du Mékong. J'ai déjà emmené ma fille deux fois en Thaïlande, mais pour des périodes plus courtes. Le voyage ne doit pas nécessairement être physique pour qu'il soit réel. C'est surtout une attitude et une ouverture vers les autres. Quand on essaie de ne pas se mettre au centre du Monde, on peut voyager où on veut."

Le lendemain du concert au BSF, tu pars pour trois mois en famille dans l'ouest américain. Cela pourrait-il t'inspirer?

"Je crois que je vais revenir avec un troisième album de country! Plus sérieusement, je ne manquerai pas de prendre ma guitare avec moi. J'espère revenir avec quelques morceaux empreints de grands espaces."

My TVis Dead avait pas mal percé en Suisse et en France. Est-ce plus compliqué avec un projet aussi intimiste?

"J'essaie de démarcher, avec l'aide de Wallonie-Bruxelles Musique, pour sortir l'album en France. Je pense que ça va se faire, car je suis déjà beaucoup écouté en France. Mais c'est de plus en plus compliqué. Les petits labels se plantent tous les uns après les autres. Pour le deuxième album de My TVis Dead, on a eu deux maisons de disques en France qui ont fait faillite successivement."

Quelle importance a eu Nicolas Michaux dans ton début de carrière avec Lylac?

"Il a été aux prémisses du projet. Au moment de vouloir composer le premier album, on m'avait proposé une espèce de résidence dans un château tous frais payés. Il y avait des coachs, dont Nicolas Michaux. je garde un très bon souvenir de lui. C'était plus un échange d'idées entre musiciens expérimentés. C'est comme ça que, sur le premier album, se sont retrouvés deux morceaux en français. Il est le premier à les avoir entendus. Un album français est-il envisageable? Oui éventuellement, mais Lylac est un projet sans aucune stratégie."

> Un entretien de Christophe Van Impe


15:07 Écrit par christophe van impe dans Festival, Interview | Commentaires (0) |  Facebook | | |

20/07/2016

Francos 2016: Papy Polnareff fait de la résistance

Il est passé 1h du matin, et la limousine de Michel Polnareff s'engouffre dans les bois sombres entourant Spa, en direction de l'aéroport de Bierset. A 72 ans, loin du los Angeles où il s'est installé il y a bien longtemps, il a encore une fois repris sa vie de rock star. Pourtant, les signes de vieillesse sont inévitablement là. Comme quand il se fait aider d'u prompteur quand il s'installe, à deux reprises, au piano pendant son concert. Mais sans doute qu'il refuse de voir la vérité en face, et que c'est d'ailleurs ce qui le pousse encore à tourner. L'an dernier, il s'était enfermé pendant de très longues semaines aux studios ICP à Ixelles. Pour quel résultat? Un morceau sorti à Noël, plus que dispensable. Le reste est enfermé dans un placard pour le moment. L'album, attendu depuis 1990, finira-t-il par sortir un jour? PersonneMichelPolnareff.jpg n'est en mesure de le dire. Perfectionniste, il attendra que ce soit à son goût. Peut-être éternellement. Mais il persiste à croire qu'il a encore cette magie créatrice qui avait jadis fait de lui le plus passionnant des artistes de la scène française.

De toute façon, on ne va pas voir Polnareff pour découvrir de nouvelles choses. On est d'ailleurs bien content que, mardi soir à Spa, il ait fait l'impasse sur cet "Homme en rouge" qui sent quand même bien la naphtaline. Ses grands classiques, par contre, n'ont pas pris une ride. Même si on aurait aimé avoir "Âme câline" ou "Tous les bateaux, tous les oiseaux" plutôt que "Y a qu'un cheveu", tout y est passé. C'est sur "La poupée qui fait non", morceau sur lequel Jimmy Page jouait à l'origine, qu'il débarque sur scène pour directement enchaîner par "Je suis un homme" et "L'amour avec toi". Il a eu le bon goût de s'entourer de musiciens virtuoses qui, pour la plupart, on la moitié de son âge. Au milieu de "Je t'aime", il rend hommage à Prince en interprétant "Purple Rain", tandis que le logo du Love Symbol s'élève en fond de scène. Après 2 heures de concert, il s'en va sur "On ira tous au paradis" en version karaoké. Ces Francos 2016 ne pouvait mieux débuter...

> Christophe Van Impe

10:54 Écrit par christophe van impe dans Critiques de concerts, Festival | Commentaires (0) |  Facebook | | |

 

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