Nuits du Bota (J3): Pas de panne d'électro à l'Orangerie

La soirée consacrée au label "Naïveté Disco" avait été déprogrammée du Chapiteau pour faire place à Mac DeMarco et à la révélation belge Mountain Bike notamment. On ne peut pourtant décemment pas parler de "soirée dévaluée". Une chose est sûre, avec quatre concerts au programme, les artistes devaient entrer directement dans le vif du sujet.

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Allons-y donc avec les jeunes gens de Samaris. Fans de Panini, non, il ne s'agit pas du joueur grec numéro 212 de votre collection "Coupe du Monde 2014". Ces Islandais ont mis sur pied un concept original, mettant en valeur des poèmes locaux du 19e siècle sur un fond unissant l'électro à la clarinette. Cette dernière apporte un côté apaisant à des beats plutôt atmosphériques voire inquiétants.

Malgré un lightshow minimaliste, les deux musiciens et la chanteuse captent directement l'attention avec simplicité et de fraîcheur même quand la chanteuse Jófríður Ákadóttir (on a essayé sans copier-coller) évoque les frites, les gaufres et la Westmalle comme souvenirs de leur premier passage en Belgique. Espérons pour eux et pour nous qu'il y en ait d'autres!

De la fraîcheur, il y en avait nettement moins lors de l'apparition sur scène de Thomas Azier. Le compteur de décibels s'est certainement affolé au moment où le Néerlandais basé à Berlin et son comparse ont fait déferler une musique se voulant industrielle mais enrobée d'une prestation surjouée. A ce niveau, collaboration avec et son passage en première partie du même Stromae lui a certainement apporté une base de fans en Belgique. Par contre, le visuel, rempli de feu et d'acier, a bien rempli son rôle.

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On atteint également un autre degré quand les jumelles de Say Lou Lou débarquent dans une Orangerie (très) gentiment remplie, tant Elektra et Miranda Kilbey, bientôt 23 ans, débordent de sensualité. La blonde et la brune proposent une pop surfant parfaitement sur leur ADN mi-suédois mi-australien. En frôlant (juste...) les bords de la caricature, on dirait qu'ABBA s'est mélangé à Natalie Imbruglia.

Certains refrains semblent un peu trop formatés "X-Factor" mais l'ensemble laisse un goût fort agréable dans les oreilles. A l'instar du single "Julian" qui révèle un côté plus mystérieux. Et puis, on aime leur côté espiègle quand elles nous expliquent s'être brûlées les joues en s'endormant au soleil dans le parc du Botanique ou quand Elektra chipe le verre de whiskard des mains de Miranda...

La soirée se clôturait avec le trio mancunien We Have Band, qui a récemment sorti "Movements", son troisième album. Alternant voix féminine et masculine, le groupe déploie une belle énergie qui amène le petit paquet de fans juste devant eux à rapidement sautiller. Des singles comme "Where Are You People?" ou "Someone" sont irrémédiablement catchy et mis en valeur par une setlist intelligente. C'est comme si les sonorités 80's qu'on pense reconnaître étaient bourrés de petite pilules "rock", mais parfois un peu trop de la même couleur. Le dansant "You Came Out" voit les Anglais quitter la scène pour revenir pour un petit rappel et des applaudissements mérités.

Bref, de la pêche à défaut d'une claque.

> Philippe Sadre

(Suite à un problème technique, cette chronique n'a pu être placée en ligne le lendemain de la soirée, désolééé!)


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