• Le nouveau clip de Beck entre passé et présent

    On l'aime bien Beck, c'est pour ça qu'on veut rapidement partager son nouveau clip! "Heart Is A Drum" est le dernier single en date de son album "Morning Phase", sorti en début d'année.
    Une chanson dont la vidéo ravira les fans en ravivant quelques souvenirs du passé. P... vingt ans...!

    >Ph.S.


  • Mountain Bike: "On désacralise le rockeur"

    Ne cherchez plus la claque rock de l'année en Belgique. Mountain Bike, dont l'album est sorti en avril, c'est ce qui nous a été donné de plus jouissif à entendre depuis longtemps. Derrière ce nom potache, c'est l'histoire de quatre gars qui se sont un jour croisés chez Madame Moustache, l'antre du rock garage à Bruxelles. Nous les avons rencontrés au Laboureur, à quelques pas de là. Quelques croquettes de crevettes plus tard, ils nous ont même offert une petite session acoustique improvisée sur un terrain de basket. Après un passage très remarqué à Dour, ils continuent leur tournée, qui passera notamment par le BSF le 11 août. "Stefano et moi, nous sommes de la région de Toulouse et Perpignan", explique Etienne (chant et guitare). "A la base, on avait une formation qui s'appelait Warm Toy Machine. C'était un peu la misère et on a voulu bouger vers le Nord. On voulait changer de mentalité. On venait du garage, et on a rencontré les Marvin Gays. Avec Charles, on a commencé à se côtoyer, à faire des soirées sixties où on passait des disques. On a commencé ce projet à deux. En 2012, Stefano s'est greffé à la bMB1.jpgasse. Charles nous a ensuite présenté Aurélien et ça a collé direct."

    Que connaissiez-vous de la Belgique?

    Etienne: "On adorait Soulwax. Moi, j'écoutais aussi pas mal Vive La Fête. Ma colloc était lesbienne et était super fan de cette nana. Moi j'étais autant amoureux d'elle que de la meuf. On avait une fois vu dEUS en première partie de Sonic Youth. C'était classe. Ghinzu, on connaissait quoi. C'était le gros truc. J'avais acheté l'album car j'avais bien aimé le single. Mais c'était moins mon kif. Sinon, le premier Girls in Hawaii, je l'ai écouté en boucle."

    Pourquoi avoir choisi Bruxelles comme terre d'exil?

    Etienne: "La mentalité me semblait plus cool, les loyers étaient moins chers. Et quand tu fais une date, tu fais cinquante kilomètres sans payer de péages. Bruxelles, c'est la ville où il y a tout à faire. Tu y es assez vite à ta place. C'est pas comme Paris, où tu te sens submergé ou agressé."

    Stefano (basse): "C'est un endroit stratégique. Tout le monde a envie de venir ici. Tu as les avantages d'une capitale et en même temps c'est un petit village. Tu ne galères pas pour trouver un petit taf."

    Etienne: "Et les tickets pour les concerts sont moins chers! Y'a plein de festivals... Et puis les Français, ils se foutent pas mal de la gueule des Belges, mais ils n'arrivent pas à faire de la musique aussi bien."

    Charles (batterie): "En Belgique, rien n'est jamais vraiment pris au sérieux. Il y a de la spontanéité. Tu n'as pas ce côté blasé que tu retrouves souvent chez les Français, qui se prennent vite le melon."

    Etienne: "Ils doivent surfer sur la hype. Ca plait aux meufs, donc c'est bien."

    Stefano: "Ca ce sont les extrêmes. On a aussi des bons potes qui le font pour le plaisir."

    Vous sentez-vous désormais un peu "belges"?

    Etienne: "Tu sais, dans le Sud de la France, tu ne te sens pas vraiment français. Les gens y sont très pauvres. Ma famille est catalane. Mes grands-parents parlent catalan. Il y a aussi pas mal de nationalisme. Ce que j'aime chez les Belges, c'est qu'il n'y a pas ce côté patriotique. Bon avec le Mondial, vous sortez un peu les petits drapeaux, mais c'est tout. En France, c'est franchement lourd."

    MB2.jpgQuel rôle Madame Moustache a-t-elle joué dans la naissance du groupe?

    Stefano: "On a bossé là-bas comme barmen. Tous les mercredis, Charles y passait des disques lors de soirées sixties. Le travail, ça a toujours été le lien. Charles, j'ai bossé avec lui au Belga. Chez Moustache, on a fait venir des groupes qui ne passaient jamais à Bruxelles. On leur a fait découvrir le garage, la scène de San Francisco"

    Etienne: "Le patron nous a fait confiance pour la programmation. Il nous a placés sur des superbes dates. Pour notre troisième concert, on a joué avec Cheap Time. On a fait la release party du 45 tours de The King Khan and BBQ, alors qu'ils jouent rarement. On va dire que Madame Moustache est pour 30% dans la naissance du groupe."

    Comment passe-t-on de Moustache à la notoriété?

    Stefano: "Surtout grâce au travail des gens qui nous font confiance."

    Etienne: "Notoriété... on y travaille, mais Mountain Bike n'est pas encore connu. Disons qu'on fait un peu le buzz. Avoir commencé par faire de grosses premières parties, ça a aidé. On en est à 70 concerts en deux ans. C'est pas mal pour un petit groupe, mais on en veut encore plus."

    Pourquoi le nom de Mountain Bike?

    Stefano: "On s'en branlait vraiment. On cherchait un truc idiot, con, qu'on retient facilement. Je porte d'ailleurs le t-shirt qui est à l'origine du nom. C'est Philippe, le patron de Moustache qui me l'avait offert. J'avais fait une after chez lui, qui avait mal fini. Le lendemain, mon t-shirt était tellement dégueulasse qu'il m'en a donné un pour rentrer chez moi."

    Charles: "Mais maintenant, on subit un peu la loi des moteurs de recherche sur internet. Il n'est pas facile de nous retrouver, c'est ça qui est drôle."

    Stefano: "Moins on se prend au sérieux, mieux on se porte. Les soundchecks virent souvent en sketchs. Souvent, les gens ne comprennent pas notre humour car on est trop dans notre délire. C'est pour ça qu'on passe vite pour des cons."

    Etienne: "Parfois, quand on arrive sur de grosses scènes, on pMB3.jpgasse vraiment pour des mongols. Mais on ne tombe jamais dans la provoc'. On adore les films américains à la con. C'est ce qui nous a liés, alors qu'on venait d'horizons assez distincts."

    D'où l'utilisation des costumes sur scène...

    Etienne: "On désacralise le rockeur, et ça fait du bien. J'ai toujours aimé me travestir. Les robes au Cinquantenaire, c'était cool."

    Et pourquoi les maillots de basket?

    Charles: "J'étais fan de NBA quand j'étais gamin. J'ai gardé une collection de maillots de joueurs que j'aimais. Je les ai ressortis à l'occasion de la séance photo car on ne savait pas trop quoi faire. Ce n'était pas prémédité, on cherchait juste à faire quelque chose de drôle."

    Etienne: "Tout est spontané chez nous, il n'y a pas grand-chose de réfléchi."

    Est-ce voulu que le single ait une tonalité différente du reste de l'album?

    Etienne: "C'est juste que les autres morceaux sont dans le même style, mais plus crades. On ne réfléchit pas, c'est à l'instinct."

    Charles: "Il n'a pas été composé pour devenir un single. On l'a entendu pour la première fois à la radio hier dans le van. Je pensais que ça ne me ferait rien, mais c'était impressionnant."

    Il paraît que ça vous énerve qu'on vous compare au Blur des débuts...

    Etienne: "Non. Damon Albarn et Graham Coxon, ce sont des monstres. C'est subjectif de nous comparer à eux mais c'est évidemment très flatteur."

    Aurélien (guitare): "Cela n'a jamais été une influence consciente."

    Charles: " Je n'ai jamais écouté un album de Blur. Mais je préfère être comparé à eux qu'à Suarez."

    Etienne: "C'est aussi la première fois que nous sommes confrontés à l'image que les gens ont de nous."

    Quand vous étiez gamins, vous écoutiez quoi?

    Etienne: "Nirvana et Korn. Dans nos points communs, il y a Granddady."

    Aurélien: "Aujourd'hui, c'est Thee Oh Sees et Ty Seagall. J'écoute beaucoup Harry Nilsson aussi."

    Etienne: "Les Blacks Lips aussi. Même s'il paraît que c'était un peu nul la dernière fois. Mais on ne peut MB4.jpgpas leur en vouloir, ils en sont à plus de 2000 concerts."

    Vous venez de jouer à Dour. Les petites scènes vont-elles vous manquer?

    Etienne: "Je ne pense pas qu'on va arrêter. Moustache c'est déjà grand. Le Tigre, ça c'est une petite scène."

    Aurélien: "Dour, c'était incroyable. Tu arrives et on veut porter tes amplis. Mais je sais les porter hein! On n'a pas l'habitude."

    Stefano: "Ca viendra quand on sera de gros connards."

    Etienne: "Moi j'étais pas bien. Y avait des gens qui connaissaient les paroles du single, waow... Mais je suis content d'avoir convaincu des gars comme Philippe Manche ou Nicolas Capart, qui ne sont quand même pas des péquenauds dans le milieu."

    Au BSF, vous jouerez avant Axelle Red. Comment fait-on pour s'adapter à ce genre de public?

    Etienne: "Les Fêtes de la Musique au Cinquantenaire, c'était déjà assez familial."

    Stefano: "Au début, ça nous a un peu freinés cette date avec Axelle Red. Mais au final, on trouve ça drôle."

    Aurélien: "Dans le pire des cas, ce sera drôle."

    Charles: "Le principal, c'est qu'il faut que ce soit drôle. Comme dit le mec des Dandy Warhols: "Si c'est nul, c'est drôle. Et si c'est bien, c'est encore mieux."

    Le deuxième album, vous y songez déjà?

    Etienne: "On va l'enregistrer en août. On y pense tout le temps."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

    > Photos et vidéo de Lara Herbinia

     

  • The Raveonettes est de retour

    The-Raveonettes-cover-2014.jpgThe Raveonettes, un de nos groupes danois préférés, a sorti un nouvelle album, Pe'ahi, voici quelques jours. Toujours aussi noir mais avec quelques beats en plus que d'habitude. 

    Dans la foulée, ils ont balancé un extrait vraiment très efficace: "Endless Sleeper". 

  • SBTRKT est de retour avec un terrible morceau

    Wonder-Where-We-Land-SBTRKT-700x325.pngVoici trois ans, SBTRKT (prononcé "subtract"), de son vrai nom Aaron Jerome, sortait son premier album baptisé sobrement SBTRKT. Accompagné des voix d'artistes comme Jessie Ware ou encore Sampha, il a très vite attiré une large attention, bien méritée.

    Wonder When We Land, son deuxième opus, sortira bientôt (22 septembre). Et en guise de teaser, il a balancé un premier extrait. Une vraie tuerie baptisée  “New Dorp, New York”, sur laquelle on retrouve la voix du chanteur de Vampire Weekend, Ezra Koenig. A consommer sans modération ci dessous.  

  • Agnes Obel sera à la Rockhal le 19 octobre

    agnes-obel21.jpgLa charmante chanteuse danoise Agnes Obel sera de retour à Luxembourg cet automne. Elle sera en concert le 19 octobre du côté de la Rockhal d'Esch. 

  • Les Girls in Hawaii et Fauve en têtes d'affiche du Ward'in Rock

    ward'in rock,girls in hawaii,fauve,vismets,breton,compact disk dummies,mountain bike,my little cheap dictaphone,brnsChaque année, le festival Ward'in Rock se tient à la fin de l'été tout près de Bastogne. L'affiche 2014 est désormais complète et vaudra le détour. Le vendredi 5 septembre, la tête d'affiche se nommera Girls in Hawaii. Le lendemain, ce sera les Français de Fauve. 

    On retrouvera également à l'affiche : les Vismets, les excellents Anglais de Breton, les petits Belges qui montent de Compact Disk Dummies, les révélations de l'année de Mountain Bike, My Little Cheap Dictaphone, BRNS, Gangbang in Hongkong, Babylon Circus, Kid Noize, Junior, ...

    Vendredi

    Main Stage    

    Pandora's Bliss  18h10  

    BRNS 20h10    

    GIH 22h30  

    Compact Disk Dummies  00h45   

    Second Stage

    Fùgù Mango 19h10

    Babylon Circus 21h20

    AGSO 23h45'

    Max Malone 1h45' 

    Samedi

    Main Stage

    Carrolls 14h40

    GangBang in HongKong 16h20

    Dalton Telegramme  18h10

    My Little Cheap Dict.  20h10

    Fauve  22h30

    Vismets 00h45

    Second Stage

    Augures 14h

    Neo Venturi 15h30

    Apaches  17h15

    Mountain Bike 19h10

    Breton*            21h20

    Kid Noize 23h45

    Junior 1h45

  • Dour festival #4

    Dernier jour. Dur.

     

    phoenix.jpg

     

     

    Deap.jpgDeap Vally

     

    Elles ont l’air toutes mimis, comme ça, à première vue. Vestes à paillettes, tenues froufrou un peu sexy.. En fait non, elles sont là pour vous flinguer les tympans à coups de riffs assassins, crades comme il faut et bien lourds. Deap Vally :  Lindsey Troy (guitars) et Julie Edward (batterie). Un rock tantôt garage tantôt stoner. Pas époustouflant, mais puissant et original.

     

    King Khan and the Shrines

     

    Qui est ce pey, bordel? En calbar et des plumes d’indiens plein la tête, il faut bien dire que ce type ne ressemble à rien. Ca tombe bien, on s’en fout. Ce qui compte, c’est sa soul/rock années yeye qui cartonne. Digne descendant de James Brown, King Khan se donne sans compter. Son groupe, les Shrines, sont au moins aussi barjos et talentueux que leur leader. Exotique.

     

    Casseurs Flowters

     

    CF.jpgLe premier et unique cd de la nouvelle paire Gringe + Orelsan est à mourir de rire. Dans le bon sens du terme. Sur scène, l’énergie, l’humour et le talent sont correctement rendus. Le flow des deux faux branleurs est bon, et ceux qui les accompagnent au moins aussi bon. Dont ce fameux DJ Pone, qui envoi du lourd aux platines. Slam, viol collectif de CD et training déchiré, on s’est marré non-stop pendant une heure. C’est passé vite et c’était cool.

     

     

    Kaiser Chiefs

     

    Un live fidèle à leur dernier album studio, (Education, Education, Education & War) : décevant, plat et prétentieux. Pourtant ces mecs là sont capables de dégager une énergie dingue, on l’a déjà vu. Étaient capables, peut-être… Et quoi, plus envie ou quoi les gars ? La balance pourrie du son y était certainement pour quelque chose, ouais. Mais en dehors, c’était mou et vraiment pas chauffant… Seuls les quelques tubes balancés plic-ploc feront un peu danser les gens. Dormez et puis revenez les mecs.

     

    Phoenix

     

    Net, propre, coloré et sans bavure. Une prestation nickelle pour les Français de Phoenix, qui méritaient tout à fait leur statut de tête d’affiche. Rien à redire.

     

    Daniel Avery

     

    On aurait pu écouter ce mec, une tasse de thé à la main, dans un jardin anglais en discutant tranquillement avec Mamie. Sophistiqué et bien léché,  l’éléctro parfaite de Daniel Avery fait du bien.. Limite relaxant.

     

    Tyler, The Creator

     

    Grand absent du jour et même du festival. Ket, on t’en veut pas trop, mais cette histoire d’avion raté est vraiment une excuse pourrie.

  • L'ascension royale de Christine And The Queens

    Sa présence à la "une" des "Inrockuptibles" la semaine passée n'a pu que renforcer une popularité croissante: Christine And The Queens et son électro-pop troublante est une des révélations de l'année sur la scène musicale hexagonale.

    L'album "Chaleur Humaine" est sorti fin du mois de juin et se vend à la même vitesse que les salles se remplissent. Après de nombreuses dates en France, la "chanteuse-danseuse performeuse" sera en concert à la Rotonde du Botanique le 4 octobre prochain.

    > Ph.S.




  • Ostende sous orage, le Woosha! à l'eau

    Douche froide sur les festivaliers présents samedi pour la deuxième journée du Woosha! sur la petite plage d'Ostende. Un bel orage a en effet poussé les organisateurs à faire évacuer le site vers 22h40, juste avant des têtes d'affiches qui n'ont finalement pu monter sur scène malgré des conditions redevenues conciliantes.

    Reprenons le fil des évènements. On arrive pile-poil à 17h50 pour "Remedy", le single bien sympa des Louvanistes de Willow. La journée est 100% noire-jaune-rouge, même si ces artistes sont presqu'exclusivement connus au Nord du pays. Comme Soldier's Heart, qui offre une chouette électro-pop matinée de beats et de rythmes "japanisants" sous la tente.

    Un brin linéaire mais les singles "New Housie" et "African Fire" sont convaincants de même qu'une reprise sympa de "Broad Daylight" de Gabriel Rios avec un soupçon de "Day Dream". "Wicked Game" de Chris Isaak en rappel est sans prétention de la part de ces jeunes gens un peu foufous. Le temps de se retourner et Mintzkov balance les premières salves d'un rock un peu trop statique, malgré des singles agréables à la radio.

    image.jpgIl est 19 heures. Deux heures plus tard, Daan lance le début d'un concert "best of" qui a pourtant du mal à détourner les spectateurs de leurs conversations privées. Jusqu'aux premières goutelettes et "Icon", accueilli avec beaucoup d'entrain. La drache a commencé pendant les classiques "Housewife" et "Victory" qui ont fait bouger une plage commençant à sentir bon le sable mouillé.

    Détrempé même, ce qui permettait au duo Laston & Geo d'avoir plus de monde qu'ils ne pensaient pour leur dj set sous la tente à 22h. Un joyeux mélange qui réchauffait d'un coup... sec le public. Seulement voilà, quand il commence à pleuvoir à travers les piliers dans la tente même, ça va devenir compliqué. Il est 22h35, les deux compères quittent les lieux et il ne faut pas cinq minutes pour que la sécurité demande aux spectateurs d'en faire de même sous les éclairs.

    Le temps de se réfugier sous un porche ou une entrée de garage, il est 23h, ça commence à se calmer. Comme quelques dizaines de personnes restées à proximité de l'entrée, on va voir de plus près ce qui se passe quand la police annonce que le show est "volledig afgesloten, sorry". Assis à la terrasse d'un café du centre à 23h30, le ciel a fermé ses robinets et on se dit qu'on aurait été bien à l'aise en train de regarder la suite d'un programme qui mentionnait School is Cool et The Subs sur la scène principale jusque deux heures du mat'.

    Frustrant parce que l'orage était prévu depuis une semaine et qu'on se dit qu'on a vu pire en Belgique. Mais on ne pourra évidemment jamais reprocher à l'organisation de suivre l'avis de "cas de force majeure" émis par la police et les pompiers. Malgré la déception, les nombreuses réactions ont donné raison à cette décision: le drame du Pukkelpop en 2011 est encore présent dans tous les esprits.

    N'empêche, que le "Bon Dieu joue aux quilles" (ndla: expression liégeoise) le lendemain au même endroit pour le concert des Backstreet Boys, on aurait compris; mais là...

    > Philippe Sadre
    (photo de M.V.)

  • Les Francos, c'est "super cool"

    Les Francofolies, c'est le festival familial par excellence. Celui où vous ne risquez pas de vous prendre une bière en pleine tronche ou de croiser des demoiselles partiellement dévêtues. Nous l'avons testé pour vous, en y emmenant une gamine de six ans samedi au Village Francofou. Essayé et approuvé. Les premières notes de Fred and the Healers résonnent à peine qu'elle me lance "Bon, on va voir un concert?" Oh, du calme, on est parti pour la journée hein! Lui ayant fait découvrir l'album dans la voiture, Antoinechance.jpgdirection le set d'Antoine Chance. Oui oui, celui qui "chante comme celui avec les beaux cheveux (ndla: Julien Doré, pour ceux qui ne l'auraient pas reconnu)". Je m'étais juré de ne pas rappeler sa filiation avec un célèbre dessinateur de presse. Je ne le ferai pas, zut c'est raté. Il n'empêche qu'avec "Fou", il a réussi à sortir ce genre de single qui se scotche à vos neurones. Et l'album est dans la même veine, avec notamment les excellents "Parader en enfer" ou "Elle danse". On aurait franchement tort de ne s'attarder que sur son énorme tube radiophonique. Une prestation enthousiasmante, dans la lignée de celle donnée à la Rotonde en avril, et à revoir au BSF notamment.

    Avec Sttellla, on fait évidemment moins dans la finesse. S'il est question de poésie, c'est plutôt de celle des buvettes de clubs de foot dont il s'agit. Mais forcément la petite adore. "Il est rigolo quand il met son chapeau de cochon, et quand il dit que les poissons n'ont pas de k way". Pas sûr, par contre, qu'elle ait compris l'allusion quand Jean-Luc Fonck a débarqué en costume de Derrick. Question de générations sans doute.

    Elle a ensuite été plus absorbée par sa granita à la fraise que par le concert des Innocents. Et on ne peut pas lui donner tort. Autant nous avions été charmés l'été dernier dans le cadre feutré du Magic Mirror du BSF, autant ici ça n'a jamais décollé. Il faut dire que la formule guitares acoustiques à et à deux ne se prête pas du tout aux grands espaces. Une décevante impression de platitude nous imprègne, et direction le studio de la RTBF Radio où Antoine Chance nous attend pour un moment exquis. Au retour, "Colore" et "Un homme extraordinaire" sauvent quelque peu la mise. On remerciera seulement les deux Innocents d'être parvenus à faire pleuvoir pendant cinq minutes. C'était court, mais ça a fait du bien sous la canicule. Le meilleur moment du concert!

    Nous n'avons par contre pas été déçus, une fois de plus, par les Vismets. On vous a déjà dit tout le bien qu'on pensait de la maturité de leur deuxième album, dans une veine plus psyché. Et, en festival, ils ont toujours l'art de foutre un beau bordel. "Ca c'est rock n' woll", lance-t-elle en se dandinant énergiquement sur "Dreamers" et en se lâchant complètement sur "Wasted Party". La voilà même qu'elle chantonne le riff de guitare emprunté à AC/DC. Elle est bien cette gamine. Il est 21 heures, je ne sens plus mes pieds alors qu'elle ne tient pas en place. Tout ça ne serait-il plus de mon âge? Et déjà du sien?

    Des cris stridents proviennent des premiers rangs. Ah, non ce n'est pas Patrick Bruel qui s'improvise un bain de foule au Village, mais bien les BB Brunes qui investissent la scène. "On n'irait pas manger?", me demande le petit bout de chou à côté de moi. Non seulement elle a de l'énergie à revendre, mais en plus elle est mélomane et a le sens des priorités. On avale courageusement des pâtes pas assez cuites (au contraire de mon crâne) avant de rebrousser chemin, tandis que Yelle débute son set toujours aussi festif et coloré (et exclusif en Belgique cet été). Il paraît que, début août, je serai à nouveau en mission "baby" sitting à Ronquières pour aller voir "le chanteur avec les beaux cheveux"...

    > Christophe Van Impe