• Willow et son jeu de miroirs

    Deux ans et demi après "We The Young", les Louvanistes de Willow sont de retour avec leur deuxième album, disponible le 14 novembre prochain. En guise d'avant-goût de ce "Plastic Heaven", ils viennent de publier le clip de "Danger", le premier single, qui est sous-titré: "18 miroirs, 1 Go Pro et 1 prise!" De quoi le placer dans la lignée des autres productions vidéos du groupes, dejà récompensées par plusieurs prix. > Ph.S.

  • An Pierlé à l'Atelier 210: l'avenir sera brillant

    Après quelques dates en Flandres, et notamment dans des églises, c'est à l'Atelier 210 qu'An Pierlé avait décidé d'interpréter en intégralité son futur album. Point de "Mud Stories" ou de "Such a shame" (sa reprise de Talk Talk) donc, mais uniquement des nouvelles compositions. Et ce fut une excellente surprise. f6f346eb6317bae96e05d76134daf294.jpg

    Vêtue d'une longue robe blanche un peu désuète et assise derrière son synthé, la Gantoise a séduit. Plus apaisée que par le passé, elle a délaissé la folie pour l'émotion. Et les nouveaux morceaux passent plutôt bien. Comme ce "Birds Love wires". Une chanson, faisant presque penser à du Lana Del Rey au début, qui aurait pu être vite pompeuse. Mais pas avec elle. Même avec un répertoire totalement inconnu, elle est parvenue à captiver l'assistance pendant 1h15. "Je dois encore trouver la teneur des paroles entre les chansons", s'excuse-t-elle hilare. Sur "The cold song", elle demande à ce qu'on diminue la lumière "car c'est une chanson qui parle de la mort". Après un deuxième rappel, où elle rejoue une deuxième fois "Birds love wires", elle quitte la scène sous une standing ovation. "Bon, puisque c'était chouette, on va en faire un album hein". On attend ça avec impatience...

    > La setlist: 1. "Feel for the child", 2. "Road to nowhere", 3. "Certain days", 4. "Birds love wires", 5. "Changing tides", 6. "It's like", 7. "There is no time", 8. "Dragon Jesus Mary", 9. "Monkey", 10. "Sovereign", 11. "Bedroom dust", 12. "The road is burning". Rappel 1: 13. "The cold song", 14. "The house of sleep. Rappel 2: "Birds love wires".

    > Christophe Van Impe

  • Surprise: Young Fathers remporte le Mercury Prize

    93fc9219.jpgChaque année, le Mercury Prize récompense le meilleur album indépendant de l'année venu de Grande-Brettagne.

    Au vu du palmarès, on peut dire que le jury l'attribuant aime bien déjouer les pronostics, récompensant rarement les grands favoris, préférant plutôt mettre en avant un grand talent n'ayant pas réussi à percer aux oreilles du grand public.

    Ce fut encore le cas ce mercredi soir puisque la récompense a été donnée à Young Fathers. Un groupe de hip-hop écossais qui a peu fait parler de lui par chez nous, malgré une très bonne presse sur les îles britanniques avec son premier véritable album, Dead. Si vous ne connaissez pas, jetez une oreille sur la vidéo ci dessous (qui illustre leur morceau, "Get Up"). 

    Young Fathers l'a emporté devant des artistes comme Damon Albarn, Anna Calvi, FKA Twigs, Royal Blood, Jungle, Nick Mulvey... Le Ecossais succèdent notamment au palmarès à PJ Harvey, the xx, Pulp, Portishead, Arctic Monkeys, Antony and thé Johnsons et Franz Ferdinand.

  • Saint André: "Alessandro Baricco et Claude Sautet m'inspirent plus que les musiciens"

    Sur "La Proposition", il déclare joliment sa flamme à la Rotonde du Botanique. Pourtant, c'est à l'Ancienne Belgique que Saint André débutera sa tournée en salles mercredi prochain (5 novembre). Dans les salons de l'hôtel Métropole. Il nous parle de la Corse mais aussi de Claude Sautet et d'Alessandro Baricco. "En fait, les artistes musicaux m'inspirent vraiment peu", dit-il.

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    Tu auras bientôt enfin ton nom dans le hall d'entrée de l'Ancienne Belgique. Alors, excité à l'idée de débuter ta tournée dans cette salle?

    Jean-Charles Santini: "Je suis extrêmement enthousiaste et impatient. Ce sera notre premier concert en salle depuis la sortie de l'album. Ce sera l'occasion de présenter la scénographie, avec un visuel particulièrement original et des surprises. Ce sera plus qu'un concert. En plus, l'AB est une salle extrêmement belle. Je n'y suis jamais allé. J'ai juste des souvenirs de captations en live, notamment d'un concert de dEUS tourné là-bas."

    Comment un Corse peut-il avoir un lien aussi fort avec la Belgique?

    "Je suis arrivé à Liège à l'âge de 22 ans, pour y faire des études de kinésithérapie. Sur place, j'ai ressenti quelque chose d'extrêmement fort. Le facteur humain est extrêmement important dans la Cité Ardente. J'y ai passé quatre années merveilleuses. La scène rock que j'y ai découverte entre 2002 et 2006 me parlait beaucoup. La Soundstation, l'Escalier, le Pot au Lait,... Pour moi, la Belgique c'est un peu une adoption."

    A quel âge as-tu commencé à composer?

    "J'étais addict au piano dès l'âge de 13 ans. Ce n'était pas un héritage familial, sauf au niveau de l'objet. Il y en avait un à la maison, mais mes parents ne venaient pas du tout d'un milieu musical. De 13 ans à 17 ans, je jouais du piano neuf heures par jour. Je composais et j'écrivais en secret, et je n'osais même pas chanter. Un jour, j'ai sauté le pas. Mon timbre de voix est particulier, et j'en avais un peu honte. J'ai mis du temps à m'accepter. J'ai beaucoup travaillé. Je me considère plus comme un artisan qu'un artiste. Un jour, je chantais une maquette dans un salon, et j'ai senti que le regard des choses avait changé."

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    Dans quel état d'esprit es-tu quand tu composes?

    "Dans tous les cas, ça doit être une urgence. La composition, elle apparaît dans des moments qu'on ne soupçonne pas. J'ai toujours un calepin sur moi, ou alors je fais en sorte de ne jamais être loin d'une papeterie. Les histoires sonnent souvent mieux quand c'est autobiographique. Et quand on chante en français, on a l'exigence de sonner vrai, sinon ça n'a pas de force. C'est peut-être pour ça qu'il faut parfois attendre un certain âge pour écrire en français. Dans mes histoires, il y a la volonté d'explorer des états. Par exemple, vous pouvez parfois recevoir un sms, et ça fait l'effet d'un coup de tonnerre."

    Quels sont les auteurs qui t'inspirent?

    "Certains m'inspirent dans le style, comme Alessandro Baricco. Notamment son livre "Soie". Tout ce qu'il a écrit me touche car il y a une grande humanité dans sa plume. J'aime tout ce qui explore l'humanité, comme les films de Claude Sautet. Pour être honnête, les artistes musicaux m'inspirent vraiment peu. Même si je peux évidemment apprécier l'énergie de certains comme Phoenix ou M83, ou alors la plume de Dominique A. Sa chanson "Quartiers Lointains", elle est extraordinaire. Il y a une finesse incroyable dans ce morceau. Chez Miossec aussi. Après, ce qui m'inspire, c'est surtout la vie et beaucoup d'images de cinéma. C'est peut-être l'art le plus abouti."

    Dominique A est passé à la littérature. Pourrais-tu aussi un jour franchir le pas?

    "J'aimerais beaucoup. Après, c'est comme en musique. Si ce que je fais n'a pas la force nécessaire pour revêtir un intérêt artistique, alors je ne vais pas plus loin. Quand on se présente face à des gens, la moindre des choses c'est d'être exigeant avec soi-même."

    Que connaissais-tu de la scène belge avant de débarquer à Liège?

    "En réalité peu de choses, à part les incontournables. J'ai découvert dEUS par exemple, que je ne connaissais pas. "Sister Dew" est magnifique. Et puis "Hotellounge" aussi. J'y pense car le clip a justement été tourné ici, au Métropole. Ensuite Jeronimo, Venus, Ghinzu, Girls in Hawaii,... Sharko aussi qui pour moi est un vrai génie. C'est un artiste juste phénoménal. Une concentration pareille au kilomètre carré, c'est presque intéressant scientifiquement parlant. C'est aussi le cas de l'Islande. C'est peut-être en lien avec les ressources telluriques en fait."

    Sur ton premier album, tu reprenais "Comme ils disent" de Charles Azanavour. C'était un hommage ou alors un message à transmettre?

    "C'était l'urgence de reprendre un message, mais dans une version un peu plus sauvage. Je trouvais le texte incroyablement rock et puissant. Aznavour a cette espèce de violence contenue, mais on sent chez lui une forme de revanche. Ce texte décrit mieux que n'importe quel autre texte la bêtise humaine. Je lui ai donné un côté un peu opéra à la Queen."

    A l'époque, tu parlais aussi de football avec cette chanson consacrée à George Best...

    "George Best était plus qu'un simple footballeur, c'était une rockstar. Ce n'est pas pour rien qu'on l'appelait le "cinquième Beatles". Il y a quelque chose d'épique et de cinématographique dans sa chute. Ce qui m'a touché, c'est la tendresse qu'il y avait chez les gens quand il s'est éteint."

    Ecrire une chanson sur le foot, c'est casse-gueule non? A part "Platini" de Julien Doré, il y en a peu de réussies...

    "Rien n'est compliqué quand c'est honnête. Mais c'est vrai qu'il y en a peu de bonnes. Comme il y a très peu de films sur le foot qui sont des réussites. En fait, il faut romancer le foot, comme le fait le magazine So Foot. Surtout si la fin est un peu foireuse. Mais on peut être tranquille, c'est le cas dans 80% des cas, comme s'il y avait une forme de déterminisme."

    Et tu supportes quelle équipe?

    "Le SC Bastia évidemment! Je suis tombé dedans quand j'étais petit. Heureusement qu'on a Guillaume Gillet d'ailleurs. Un Liégeois, ça devait être écrit! J'ai beaucoup de tendresse pour un personnage comme Frederic Antonetti. Je l'ai suivi durant toute sa carrière. Il a un côté touchant. C'est l'incarnation même du Bastiais dans sa verve, dans son enthousiasme démesuré, dans ses excès mais aussi dans sa générosité."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

     

     

  • Sharon Van Etten et Die Antword à la Rockhal

    4d08848c.pngLa salle de la Rockhal a annoncé deux nouveaux concerts pour le début de l'année 2015.

    C'est tout d'abord les touche-à-tout sud-africains de Die Antwoord qui seront à la salle d'Esch-sur-Alzette le 25 janvier prochain.

    Puis ce sera au tour de la charmante et talentueuse chanteuse américaine Sharon Van Etten le 18 avril. Deux rendez-vous à ne pas manquer ! 

  • Les belles atmosphères de Yann Tiersen

    Une scène remplie de musiciens et choristes, et de nombreux instruments qui donnent vie à de belles chansons "terrestres": Yann Tiersen a régalé ses fans présents en nombre à l'Ancienne Belgique dimanche soir.

    On l'avoue sans "Phare" (hum hum): on avait un peu perdu le Breton de vue depuis le magnifiquement désabusé "Monochrome" et le raz-de-marée d'Amélie Poulain. Pourtant, loin de se reposer sur ses lauriers et plutôt désireux de s'éloigner d'une hype qui ne lui ressemblait pas, il a continué à travailler sur une musique fort personnelle. Et c'est justement au milieu de la grosse tournée américano-européenne d'"Infinity", son dernier album, qu'il est venu déposer tout son matériel le temps d'une soirée à Bruxelles.

    yann tiersen,infinityAprès une première partie dans une veine "The National moins torturé" bien assurée par les Américains (dont le chanteur est né en Nouvelle-Zélande) de Black English (!), les paroles de "Meteorites", écrites et contées par... l'Ecossais Aidan Moffat, retentissent dans la salle. "Infinity", qui a vu le jour entre l'Islande et la Bretagne, est directement mis à l'honneur puisque suivent rapidement "Ar Maen Bihan" et une interprétation très inspirée de sa choriste, "Slippery Stones" ainsi qu'une version un peu moins "Noël" mais tout aussi "chorale" de "A Midsummer Evening". Un mélange de voix et d'instruments fort agréable qu'on retrouve pendant tout le concert.

    Lorsqu'il a soulevé pour la première fois son violon, on a d'ailleurs entendu une demoiselle s'exclamer (en néerlandais dans le texte) derrière nous : "Il peut vraiment jouer de tout, c'est incroyable". Yann Tiersen est un multi-instrumentiste de talent certes; mais c'est tout son groupe qui joue à la chaise musicale pour notre plus grand bonheur: et que le batteur aille faire les choeurs, le guitariste devenir claviériste et ce dernier venir appuyer sur les clochettes de toutes les couleurs. Un groupe complet et charismatique, dans une ambiance ventue voire tourbillonnante.

    Durant cette heure quarante de concert, Tiersen s'autorise évidemment quelques retours en arrière comme "La Crise" ou "Sur Le Fil" et "La Longue Route", exécutés en solo lors du premier rappel. Mais c'est l'album "Dust Lane", sorti en 2010, qui procure les plus beaux moments de la soirée: "Chapter 19", interprété avec beaucoup de cœur par le Féringien Olavur Jakupsson, "Palestine" et enfin "Ashes", dont la version a cappella en final a fait naître d'immenses sourires sur tous les visages. > Philippe Sadre

    Voici un extrait du concert capté par Arte sur l'île d'Ouessant, où réside Yann Tiersen, donné à l'occasion de la sortie du dernier album.


  • The Van Jets rend hommage à la mer

    Le groupe belge est de retour avec une chanson écrite spécialement à l'occasion de la grande exposition "De Zee - Salut d'honneur Jan Hoet" organisée à Ostende. Se déroulant dans divers endroits de la ville jusqu'en avril 2015, elle avait été imaginée par Jan Hoet, historien de l'art et directeur de musée fort populaire dans le nord du pays. Malgré son décès début 2014, cette ode à la mer a tout de même vu le jour et devient du même coup un hommage à son initiateur.

    A cette occasion, les Ostendais ont écrit la "bande-son" de cette expo, mise en images par le photographe Dirk Braeckman. Un titre inspiré qui augure, espérons-le, d'un retour aux affaires pour Johannes Verschaeve et sa bande, deux ans après la sortie de leur dernier album "Halo". > Ph.S.

Le groupe américain, plus reconnu pour ses vidéos que pour ses chansons, vient de sortir son quatrième album, intitulé "Hungry Ghosts". Et pour le plaisir des yeux, il a balancé sur le net hier le clip de la chanson "I Won't Let You Down", une nouvelle fois bluffant par l'ingéniosité et le travail entrepris pour arriver à un tel résultat. < Ph.S.

  • Avec Ivan Tirtiaux et Matthieu Thonon, l'automne est de sortie

    La chanson française bien de chez nous a encore de beaux lendemains devant elle. Samedi, dans une Vénerie pleine à craquer, nous avons assisté à une soirée pleine de douceur et de volupté. 3hLDMA3kxQQazly2i0DVPcHxB7NQWs6LUhK7vlUCDhM.jpeg

    Le lever de rideau, c'était pour le régional de l'étape. A Boitsfort, Matthieu Thonon se produisait en effet en terrain conquis. Venu présenter l'album "De beaux lendemains", c'est avec une intro au piano que n'aurait certainement pas reniée Yann Tiersen qu'il a débuté sa prestation. La mise en scène est soignée et de circonstance. Accompagné de son groupe et de deux choristes, il est entouré d'un sac de patates ou encore d'un bulldog de porcelaine, chacun de ces objets faisant référence à une parcelle de sa discographie. Tantôt drôle tantôt touchant, mais toujours "dans sa bulle", il nous rappelle par moments Alex Beaupain ou Albin de la Simone. Une très agréable mise en bouche pour la suite.

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    Ivan Tirtiaux était aussi venu avec un nouvel album sous le bras. Magnifique et habité, "L'Envol" a été balayé de A à Z. On pense inévitablement à Dominique A, pour cette voix tellement chaude et vibrante, mais en plus folk. Sa guitare, prénommée Cesaria (car il l'a perdue, pour ensuite la retrouver, le jour de la disparition de Cesaria Evora), suinte quant à elle le blues pour donner à l'ensemble un parfum de spleen et de nostalgie. C'est délicat et, même si c'est le printemps qu'Ivan chante sur "Charlatan", parfaitement en adéquation avec l'automne qui commence à envahir nos soirées. Lui aussi est promis à de veux lendemains, puisqu'il s'apprête à débuter une alléchante tournée ProPulse.

    > Texte: Christophe Van Impe

    > Photos: Lara Herbinia

  • Selah Sue dévoile "Alone", le single qui signe son retour

    Selah-Sue1.pngLa chanteuse louvaniste Selah Sue était dans les studios de la radio néerlandophone Studio Brussel ce lundi matin. Afin de parler de son nouvel (et deuxième) album, qui paraîtra en 2015 d'après ses dires. Le 2 mars pour être précis et il s'appellera Reason. Elle a aussi présenté "Alone", le morceau qui signe son retour, trois ans et demi après la sortie de son premier disque, Selah Sue. "Alone" sortira également sur un EP à paraître le 1er décembre (et sur lequel on retrouvera aussi un duo avec le rappeur US Childish Gambino).

    Si vous voulez l'entendre, rendez-vous sur le site de Studio Brussel (il vous suffit de cliquer sur ce lien pour être redirigé). La chanson est à entendre après 3 minutes 44 de vidéo. Et on peut vous dire que cela sent bon le tube ! 

    Toujours ce lundi, mais en fin de journée, la belle néerlandophone a publié le même morceau sur youtube. A voir ci dessous.