Elvis Black Stars: "Pas tombés dans ce phénomène pop-rock catchy"

Elvis Black Stars est de retour et sort les grosses guitares. Le groupe d'Andenne, qui sera notamment à l'affiche des Ardentes et des Nuits du Bota revient avec "Sect of Happiness". C'est justement sur les marches du Bota que nous avons papoté avec Augustin et Arnaud.DSC_2954.jpg

Pourquoi ne sortir qu'un EP pour le moment?

Augustin: "Au lieu de sortir un album, on a décidé de faire deux EP. C'est une autre stratégie."

Arnaud: "C'est un peu à l'ancienne. Dans les années 70, les groupes faisaient ça. On a voulu reprendre ce concept de deux fois cinq morceaux."

Comment s'est passé l'enregistrement?

Augustin: "Nous sommes partis composer pendant deux semaines en Provence, et au retour on avait environ 25 morceaux. C'est un peu frustrant, mais c'est gai aussi car on sait qu'il y aura une suite."

Arnaud: "Dans le studio à Andenne, on est un peu comme à la maison. On a parfois des difficultés à rester focus. Il y a toujours des tentations... on va boire une bière. Et, au lieu de bosser pendant dix heures, au final on n'en fait que six. Tandis qu'en Provence, il n'y avait rien d'autre à faire. C'était un coin un peu perdu. La ville la plus proche, c'était Avignon, à 40 kilomètres. Les morceaux qui ont été composés là-bas, on peut les reconnaître directement."

Comment qualifieriez-vous l'évolution par rapport au premier album?

Augustin: "Il y a quand même un peu de maturité. On a trouvé qu'on cherchait. Un groupe qui commence et qui cartonne, comme Temples, c'est très rare. On les a d'ailleurs beaucoup écoutés durant l'enregistrement. On a mis une touche un peu plus fraîche. Sur le premier, c'était très américain. Ici, c'est plus pop. Evoluer, c'est risqué mais c'est pour ça qu'on fait de la musique."DSC_2969-2.jpg

Arnaud: "On a aussi beaucoup écouté Royal Blood."

Vous les avez vus en concert?

Augustin: "Non, mais on m'a dit qu'ils se la pétaient à mort. Le truc, c'est que c'est surproduit. A deux, la formule affiche vite ses limites."

Arnaud: "Black Keys l'a compris, maintenant ils sont treize!"

Comment parvient-on à se démarquer dans une scène belge aussi fournie?

Augustin: "C'est chaud. On est quand même plus proches des groupes flamands, qui ont une influence anglo-saxonne. J'adore Balthazar par exemple, voire la scène hollandaise. Le rock en Wallonie, je trouve que ce n'est quand même pas top."

Arnaud: "Notre force, c'est de ne pas être tombé dans ce phénomène pop-rock catchy qu'il y a eu pendant des années. Finalement, tous les groupes se ressemblent. On a été tenté, on l'avoue. On a fait quelques trucs et puis on s'est dit: "mais putain, c'est pas nous, ne vendons pas notre âme au diable. Sortons les grosses guitares. Si ça passe, tant mieux. Si ça ne passe pas, c'est pas grave..."

Un single qui cartonne, c'est important pour vous?

Augustin: "Les singles, ça peut tromper les gens. Je me souviens d'un concert à Silly. Les gens étaient étonnés, car ils s'attendaient à un truc à la Roscoe."

Arnaud: "Ils espéraient voir des violons, ils étaient surpris. Cela sert au niveau des médias, ça oui. Mais, c'est effectivement trompeur. Prends Hozier. Le single, je le trouve à vomir. Alors que l'album est excellent et super rock. On voit bien qu'il a fait un single pour rendre folle les minettes..."

Votre premier concert, ce sera aux Nuits du Bota. A quoi doit-on s'attendre?

Augustin: "On ne jouera que des nouveaux morceaux."

Arnaud: "Il n'y en aura qu'un du premier album, mais il sera réarrangé."20150208-SP6A2108[1].jpg

Vous êtes des habitués du Bota...

Augustin: "Je crois que ce sera notre septième fois. On a fait toutes les salles... Nous sommes confiants, car on a fait une résidence à l'Orangerie."

Arnaud: "Le plus gros stress, c'est de savoir s'il y aura du monde. Les morceaux récents sont plus casse-gueule. On n'a pas trop le droit de faire les jojos ou de jouer bourrés."

La vraie tournée, ce sera par contre pour la rentrée, voire 2016.

Augustin: "On ne voulait pas faire trop de dates. On ne voulait pas jouer à Eghezée sur un camion. T'as des groupes, tu les vois dans tous les festivals et puis tu satures."

Par le passé, vous avez fait quelques premières parties étonnantes. Notamment celle des Scorpions...

Augustin: "C'était dur. Ce n'était pas du tout notre public. Du coup, tu essaies de ne pas en faire de trop car les gens te regardent un peu étrangement. Finalement, on a quand même eu certaines retombées et c'était une bonne expérience de jouer à Forest National."

Vous avez également ouvert pour les BB Brunes.DSC_2994.jpg

Augustin: "Les enfants étaient là pour eux, et les parents étaient contents d'entendre des grosses guitares."

En juillet, ce sera votre deuxième passage aux Ardentes.

Arnaud: "On y a déjà joué il y a deux ans. On n'en avait pas vraiment profité, car on avait un deuxième concert après. En plus, vu l'affiche, on était un peu comme un bouton au milieu de la tronche. Les gens n'en avaient rien à foutre de venir voir Elvis Black Stars à 16 heures. Cette année, l'affiche est terrible. C'est gratifiant pour nous de voir qu'on peut participer à un tel événement."

> Un entretien de Christophe Van Impe

> Photos de l'interview par Lara Herbinia


Commentaires

  • j adore bonne continuation et pleins de succès avenir après l effort fournit c est plus que mérité :)

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