Francofaune 2015: les fantaisies littéraires de Bertier

C'est un groupe peu conventionnel qui s'est produit dimanche soir à l'Atelier 210, dans le cadre du festival Francofaune, en ouverture de Dalton Telegramme. D'ailleurs, nous devrions plutôt parler de collectif que de groupe. Chez Bertier, ils sont sept sur scène, et encore beaucoup plus en studio. Qui dit grande première Bertier2.jpgdit souvent bricolage. Mais pas chez Bertier. Avec classe, élégance et professionnalisme, ce premier concert (qui, on l'espère, en appellera d'autres) a été assuré comme si le groupe avait des années de scène derrière lui. Derrière cette prestation, il y a des mois de préparation, de résidence et d'attente(s).

De morceau en morceau, ou plutôt d'histoire en histoire, les musiciens intervertissent leurs instruments avec une facilité déconcertante. A l'avant, habité, Monsieur chante, un verre de vin rouge posé sur un tabouret à proximité. Et à ses Bertier.jpgcôtés, Madame rêve et chante elle-aussi, parfois même en russe, langue de ses ancêtres. Le chef d'orchestre, c'est Quentin Steffen. Directeur artistique, c'est lui qui dirige cette petite entreprise, passant allègrement des claviers à la trompette. Et puis dans l'ombre, il est là, chemise ouverte, avec sa gratte et sa tignasse reconnaissable entre toutes. Lui, c'est Yan Péchin, le légendaire guitariste d'Alain Bashung (et de bien d'autres légendes comme Thiéfaine, Higelin ou d'autres). Transporté par le projet, il a accepté d'être de la partie. Et arrivé la veille, il n'a qu'une seule répétition dans les dents. Pourtant, ça ne se ressent jamais.

Pendant quarante minutes, par une prestation envoutante, Bertier nous transporte et nous raconte l'histoire de ce dandy et de sa sirène. On se laisse avoir, on finit par y croire et, quand les lumières se rallument, on regrette que ça se termine déjà. Chez Bertier, tout nous ramène à l'univers de Bashung, mais aussi à celui d'autres grands maîtres comme Gainsbourg ou Christophe. Et Bertier de nous offrir une alternative belge à ce qui se trame en France avec des groupes comme Feu! Chatterton ou Grand Blanc. Dans le fond de la salle, se dessine la silhouette de Jacques Duvall. Il s'est délecté, et retrouve ensuite son ami Yan Péchin. On n'ose imaginer ce que pourrait donner une collaboration. Un jour? Pourquoi pas? La suite est en tout cas déjà en marche, et on trépigne d'impatience... > Christophe Van Impe


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