O - Olivier Marguerit (dimanche 15 mai aux Nuits du Bota): "Ma musique a un côté circulaire"

Olivier Marguerit, on l'a connu comme guitariste de Syd Matters ou de Mina Tindle. Aujourd'hui, il nous revient sous le pseudonyme "O". Son album "Un torrent, la boue" 'est un véritable bijou, que vous pourrez découvrir ce dimanche 15 mai aux Nuits du Bota.O1.jpg

Olivier, comment se présente ton concert de dimanche aux Nuits du Bota?

"Hyper bien. Je suis actuellement en train de répéter. J'ai déjà souvent joué au Bota par le passé, avec Syd Matters. Ce qui me frappe dans ce festival, c'est la concentration de salles et de public dans un espace assez restreint. Les souvenirs que j'en ai, c'est surtout d'avoir déambulé un peu ivre entre les salles. J'ai toujours eu une connexion assez importante avec la Belgique. Récemment, j'ai encore fait du synthé sur l'album de Dan San. Je connais aussi bien les gars de Girls in Hawaii, avec qui j'ai partagé la route. Dernièrement, j'ai découvert BRNS. Ce sont tous des groupes dans lesquels je me reconnais."

Finalement, tu aurais pu être "musicalement belge"...

"Ah mais il semblerait que, dans la famille, on ait des origines belges assez lointaines, du côté de Bruxelles. Je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier, mais j'aime le rêver."

Pourquoi avoir appelé ton projet "O"?

O2.jpg"A la base, c'était la signature que j'utilisais à la fin de mes mails. Puis quand j'ai commencé à voler de mes propres ailes, je m'y suis attaché. J'aime bien ce côté circulaire, sans fin, qui ressemble à ma musique. L'idée du cycle était en fait présente dans tout ce que j'entreprenais. Et puis, il y avait aussi cette idée de rester un petit peu caché, anonyme. Je n'avais aucune envie de porter bien haut l'étendard de ma personne. Appeler son projet de la sorte, c'est faire en sorte qu'il soit très difficile à référencer sur Internet. Les gens doivent chercher pour me découvrir, tout ne leur est pas offert sur un plateau."

Tu avais même à un moment envisagé de le décliner sous toutes ses formes orthographiques...

"Oui, ça m'a un peu amusé. Je trouvais ça ludique. J'aurais pu, d'un album à l'autre, m'appeler "Eau", "Aux", "Haut",... Mais je crois que, au final, le nom du groupe n'évoluera plus."

Ton album est justement traversé par la thématique de l'eau. Pourquoi cette obsession?

"Je ne sais pas trop comment le définir. L'homonymie m'amusait. En plus, il y avait eu la naissance de ma fille. Or, l'eau c'est la vie, le liquide amniotique,... c'est un élément qui est omniprésent dans nos vies."

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de voler de tes propres ailes?

"J'aurais bien aimé le faire plus tôt. Mais la vie a fait que je me suis constamment retrouvé à jouer accompagné de O4.jpggroupes de la scène indé parisienne. A l'issue du quatrième album de Syd Matters, il y a eu un creux. Ce fut un virage dans ma vie. J'ai commencé à envisager d'avoir un enfant, et j'ai emménagé avec ma compagne. Je quittais seulement ma période d'adolescence. Je me suis alors replongé dans tous ces morceaux que j'avais accumulés pendant ces années."

La transition a-t-elle été facile?

"J'ai surtout dû m'habituer au fait de chanter. Je l'avais fait auparavant, mais seulement dans des choeurs. Et je peux t'assurer que ça change toute la perception que tu as de la scène. J'ai découvert que la voix était elle-aussi un instrument qui se travaille."

Ca t'a apporté quoi d'étudier à l'American School of Modern Music?

"J'y ai beaucoup appris et, en même temps, ça m'a bloqué dans plein d'autres choses. J'avais fini par adopter une vision trop complexe de la musique. Or, je voulais faire quelque chose de pop et de naïf. En sortant de là, j'ai dû tout désapprendre."

Tu n'as pas non plus gardé un souvenir impérissable du conservatoire...

O3.jpg"Ce sont mes parents qui m'y avaient inscrit, mais je n'étais pas bon. Le conservatoire m'a formé l'oreille, mais je n'en ai pas gardé grand-chose. J'ai toujours été autodidacte. J'ai appris la musique en écoutant les disques de mes parents. Ils se sont séparés quand j'étais jeune, c'est donc un peu comme si j'avais eu deux familles. D'un côté, j'avais ma mère qui écoutait de la variété française. Son truc, c'était la grande trilogie amoureuse composée de Balavoine, Cabrel et Goldman. Mon père, lui, était à fond dans Supertramp et Dire Straits. Moi, j'ai assez vite été passionné par la scène indé amércaine, les Pixies, les Red Hot,... Dans ma musique, on retrouve toutes ces facettes."

A côté de ton album, il y a aussi cette BO pour le film "Diamant Noir".

"C'est une coproduction belge, et ça a été tourné à Anvers. Je vais aussi bosser sur deux courts-métrages. D'un côté, il y a O, et de l'autre le compositeur de musique de films. C'est ça ma liberté."

> Un entretien de Christophe Van Impe


 

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