• The Animen, le groupe le plus brûlant de Suisse, est au Bota ce samedi!

    Les Nuits sont terminées? Le Bota ne s'arrête pas de tourner pour autant! Ce samedi soir à la Rotonde, retrouvez notamment les Suisses de The Animen, en première partie de Royal Headache. En live, c'est de la dynamite, comparable aux meilleures prestations scéniques de The Hives! Ils devraient bientôt tourner en Belgique en compagnie des excellents Dario Mars and the Guillotines.Animen.jpg

    Roulements de tambours, cris d’indiens et hurlements de vierges ne suffiront pas à l’annoncer assez  fort: le groupe le plus torride de Suisse romande est de retour ! Ladies and Gentlemen,The Animen are back ! Deux ans après «Hi !», leur bien​ nommé et acclamé premier album, le groupe de Genève revient  avec «Are We There Yet ?». Un brûlot rock et soul enregistré avec Andrija Tokic à Nashville, Tennessee, réussit haut la main la prophétie du deuxième album «de la  confirmation». Et qui risque bien d’être aussi celui de la consécration, vu que le dur labeur ne fait que magnifier l’urgence d’une musique où bestialité et humanité sont en parfait équilibre.


  • Lescop is back...!

    lescop,echo,dérangéLes indices lancés sur les réseaux sociaux se sont concrétisés mardi dernier. "Dérangé" est le nouveau single de Lescop, annonciateur d'un deuxième album "Echo" à paraître à l'automne.


    Un face caméra qui ressemble à la pochette du premier album, et on se laisse embarquer dans l'univers du Français. Un hameçon parfait en attendant la suite, qu'on espère voir rapidement en live. Les Nuits à peine finies, voilà ce qui pourrait déjà être une des têtes d'affiche de l'édition 2017. >Philippe Sadre

     

     

  • Kennedy's Bridge: "Nous ne sommes plus dans l'urgence"

    Le nom du groupe, ils l'ont trouvé en traversant le Pont Kennedy à Liège alors qu'ils n'étaient encore que des ados. Kennedy's Bridge, qui vient de sortir un EP plus sombre et plus mature ("Contact") et qui était aux Nuits du Bota, sillonnera les festivals d'été. Avec en point d'orgue le Fly Way, en septembre en Corse. Amateurs d'Arctic Monkeys, c'est pour vous...

    Êtes-vous satisfaits de votre concert aux Nuits du Bota et de l'accueil du public bruxellois?

    "On appréhendait un petit peu, car ce n'était que notre deuxième concert après plusieurs mois. Jusque-là, nous n'avions joué qu'au Reflektor. Mais, au final, oui ça s'est très bien passé. C'était une date importante, car c'était la première en-dehors de Liège. Le public était donc un peu moins conquis d'avance. Maintenant, place à la suite. On fait plusieurs Fêtes de la Musique, à Nivelles et à Mons. On a les Ardentes, les Francos, la Nuit du Soir, les Fêtes de Wallonie à Namur. Et puis le Fly Away en Corse aussi. Cette dernière date sera particulière. C'est un tout KB2.jpgnouveau concept, et assez spécial. Je pense qu'il y aura une très bonne ambiance, avec essentiellement des groupes belges."

    Pourquoi avoir sorti un deuxième EP plutôt qu'un album?

    "Le format EP nous convient mieux pour le moment, vu qu'on travaille tous à côté. Il y en a deux à Bruxelles et trois à Liège, ce n'est donc pas facile de se voir. On répète tous les week-ends à Liège. Il y avait aussi l'envie de revenir sur scène très rapidement. On aurait pu faire un album, mais ça aurait tout décalé de plusieurs mois. On a mis un an pour faire six titres, et le résultat nous satisfait. On ne fait cependant pas une croix sur un album pour la suite. Si on fait quelque chose à l'avenir, on prendra plus de temps. Nous sommes arrivés à un stade, où on peut se permettre de prendre notre temps pour faire de la qualité."

    Le fait d'avoir bossé à la campagne, ça a changé le ton de votre musique?

    "On a créé les chansons à la campagne, au Studio Koko à Sprimont, et on les a ensuite enregistrées au Studio 5 à Liège. C'était un environnement sympa, avec des vaches autour de nous. Tout ça nous a permis de nous ressourcer. Paradoxalement, le calme a quelque chose de créateur en musique. C'est vraiment une bonne méthode. Sur le premier EP, on faisait un peu de la pop urgente. Désormais, c'est plus posé et plus apaisé. C'est plus réfléchi, les thèmes sont plus sombres, et on a plus soigné la production. C'était un besoin de calmer les choses. Sur l'album, il pourrait encore y avoir une évolution musicale."

    Quelles sont vos principales influences?

    "A la base, ce sont les scènes anglaises et américaine des années 2000. Arctic Monkeys, les Strokes, les Libertines, Franz Ferdinand, Babyshambles,... On essaie tout de même que ce ne soit pas du pompage. En Belgique, on aime aussi beaucoup Ghinzu, Girls in Hawaii et Balthazar."

    Parvenez-vous à vous faire un nom en Flandre?

    "La frontière est malheureusement assez tenace. C'est difficile de passer de l'autre côté. Le public flamand est KB1.jpgassez exigeant, et est très pointilleux sur la langue anglaise et l'accent. On n'a pas encore joué en Flandre, mais on y a eu une interview dans un magazine. C'est plus facile pour nous d'aller jouer en France, et c'est dommage."

    Une tournée à l'étranger, ça semble pour le moment compliqué avec vos obligations professionnelles...

    "La musique est un milieu dont il est très difficile de vivre. On se voit difficilement mettre notre boulot de côté pour passer dans la cour de récré suivante. Cela nous freine sans doute, mais nous en sommes conscients. On investit beaucoup d'énergie, mais on garde les pieds sur terre..."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

  • Nuits du Bota: Katerine et Suuns ont touché au sublime

    On a vécu de bien belles Nuits qui, sur la fin, ont carrément flirté avec le sublime. On en veut pour preuve ce concert absolument époustouflant de Philippe (comment tu t'appelles?) Katerine au Cirque Royal samedi. Une soirée qui avait débuté pour nous dans une Rotonde, désormais garnie d'un squelette d'on ne sait quel dinosaure sous sa coupole. S'y déroulait une soirée presque exclusivement italienne, organisée en collaboration avec le festival Arezzo Wave. Entre les excellents Wrongtoyou (délicat à la Bon Iver) et Joycut (on n'a pas vu, mais on nous a dit le plus grand bien de leur postrock), nos compatriotes d'Italian Boyfriend se sont tapés l'incruste. En live, l'arrivée de Tim (même s'il jouait avec une jambe dans le plâtre) à la batterie apporte un plus incontestable. On a donc désormais la moitié de BRNS dans le groupe, mais ça n'a pourtant strictement rien à voir. C'est délicieusement nonchalant et maladroit. Pour coller au thème de la soirée, ils se sont même permis une reprise de Rafaella Carra, chantée par Sarah. Et César, une fois sorti de Katerine1.jpgscène, de sortir son copion griffonné en italien "Google translate" pour tenter de convaincre les autres de faire jouer son groupe en Italie.

    Entretemps, nous avions pris en quatrième vitesse la direction du Cirque Royal, où Blondy Brownie et Alex Beaupain venaient de finir leur set. Nous voilà tip top sur place pour les premières notes de "La Reine d'Angleterre". On le craignait un peu ce concert "intimiste" de Katerine dans ce grand Cirque. Comment allait-il tenir le coup sans pouvoir faire le guignol, en slip, avec ses danseuses? Mais les craintes ont été très vite dissipées, et pas un peu. Nous avons carrément assisté au meilleur concert de ces Nuits. Katerine n'a fait que confirmer, grandeur nature, l'excellente impression qu'il avait laissée il y a quelques semaines lors de son showcase dans les bureaux de Pias. Accompagné de sa pianiste classique et habillé comme un Peter Pan sous LSD, il a tout simplement été sublime. Pendant 1h30, on a navigué entre le concert émouvant (comme quand il rend hommage à son père, récemment décédé) et le standup hilarant. On a évidemment eu une bonne partie du dernier album, mais aussi des classiques revisités comme "Louxor" ou "La Banane". Du très grand art.

    Dimanche, cerise sur le gâteau, nous nous Suuns.jpgsommes réconciliés avec Suuns. Lors de leur dernier passage aux Nuits, au Cirque Royal, les Canadiens nous avaient franchement ennuyés. Cette fois, ils ont été hypnotiques, massifs, puissants et prenants. Comme sur ce "2020" joué de main de maître pendant le premier tiers du concert. Un bien joli bouquet final pour de bien belles Nuits. Le canard laqué en terrasse, les transats Ricard et le slalom sur les marches du Bota, tout ça c'est déjà fini. On attend déjà la prochaine édition avec impatience, snif...

    > Ch.V.I.

  • Italian Boyfriend (ce samedi au Bota): "On entretient le côté fragile de notre musique"

    D'italien, César Laloux n'a finalement rien d'autre que le drapeau en autocollant sur l'arrière de sa bagnole. Cela n'empêche pas Italian Boyfriend, le groupe qu'il a formé avec Sarah Riguelle et Marc Pirard, d'être à l'affiche de la soirée ritale des Nuits du Bota de ce samedi. Ils viennent de sortir leur premier album ("Facing the Waves"), une petite merveille pop. Montez sur votre Vespa, c'est parti pour la première interview de César en dehors de BRNS...ITALIANBOYFRIEND -® Manou Milon.jpg

    Comment se retrouve-t-on à l'affiche d'une soirée italienne en ayant d'italien que le nom?

    "Les circonstances ont fait qu'on a eu l'occasion de jouer trois fois d'affilée aux Nuits du Bota. La première fois, c'était en première partie de BRNS, à la sortie de l'EP. L'année passée, c'était quasi notre seul concert de l'année pour les 20 ans de 62TV. Là, comme on sort l'album, on est en effet à l'affiche d'une... soirée italienne, coprogrammée avec le festival Arezzo Wave. On va quand même faire une reprise en italien pour coller au thème. Notre choix s'est porté sur "A far l'amore comincia tu" de Raffaella Carrà. Je connais un peu Joycut, qui sera aussi à l'affiche. Ils nous avait accueillis à Bologne avec BRNS. On aimerait bien jouer un jour en Italie, car 'est un pays qu'on adore. Deux amplis, et c'est parti."

    Qui a trouvé le nom du groupe?

    "C'est moi. Sans doute en marchant dans la rue, ou dans ma cuisine. Je n'ai jamais été très doué pour trouver de noms de groupes. Comme la musique était assez estivale et passive, je trouve que ça s'y prêtait bien. Je m'imagine bien tranquille sur ma Vespa..."

    La sortie de l'album, ça a été un soulagement?

    Italian Boyfriend2 -® Manou Milon.jpg"Oui, car ça faisait quand même longtemps que le processus était lancé. Avec BRNS, j'étais tout le temps parti en tournée. On avait tous un agenda assez chargé, et ça a pris un an pour enregistrer l'album. Je suis soulagé, et je pense que je ne vais pas tarder à passer à autre chose. Maintenant, on va attendre de voir ce que ça dit à l'étranger."

    Il y a quelques semaines, vous avez fait la release party à l'Atelier 210, mais les conditions étaient particulières...

    "C'était un moment un peu stressant. C'est la première fois qu'on faisait une date payante à notre nom. Les conditions étaient vraiment exécrables. On a eu plein de problèmes de son, mais je crois que les gens ont quand même apprécié et ne retiennent que le positif. C'était important de faire une fête pour fédérer tout ceux qui ont participé. Des vidéos de cette soirée vont d'ailleurs bientôt sortir. On avait demandé à jouer dans le bar plutôt que la salle car je voulais éviter de booker une jauge un peu trop grande et d'être stressé parce que ça ne se remplit pas."

    Tu avais besoin d'avoir un projet plus léger à côté de BRNS?

    "C'est vrai que ce n'est pas du tout la même chose. En même temps, avoir deux projets similaires, ce ne serait pas intéressant. J'ai toujours ça eu dans un coin de ma tête. J'écris mes petits morceaux et mes démos depuis 5 ou 6 ans, même avant d'être dans BRNS. C'est ça qui m'épanouit. Même quand on part en tournée, j'ai besoin de composer tout seul dans mon coin. Dans BRNS, je suis celui qui apporte justement les gimmicks pop. L'un dans l'autre, ça va. Je ne vais pas devenir schizophrène. Ce que je fais dans les deux groupes est assez proche, même si c'est musicalement différent. Avec BRNS, on termine l'enregistrement du prochain album, qui devrait sortir début 2017."

    Mais tu prétends ne pas savoir chanter...

    "C'est juste que je ne suis pas chanteur. J'ai toujours fais des morceaux en pensant que je ne les chanterais pas. Italian Boyfriend -®Manou Milon.jpgComme ça c'est mal passé avec une fille et qu'on a essayé avec un mec qui est parti tout de suite, j'ai décidé de franchir le cap. C'est parfois un peu approximatif. Mais c'est justement ce côté un peu fragile qui me plaît. Je sais bien que ce genre de projet a ses limites, ça ne deviendra jamais un truc mainstream."

    Le line up actuel est-il définitif?

    "On a d'abord eu le départ du bassiste. Moi, je jouais de la batterie et je chantais en même temps, ce qui ne me permettait pas de profiter pleinement des concerts. Depuis, on a pris Tim de BRNS et Jérémy de Paon. Jérémy va partir en Australie et Tim aura peut-être un truc ou l'autre. Il y aura donc sans doute de temps en temps des remplacements."

    Pour l'enregistrement de l'album, vous avez fait appel à Aurélien Auchain de Mountain Bike.

    "Comme Mountain Bike, on va droit au but. Aurélien, c'est un ami. Il avait déjà enregistré l'EP, qu'on n'avait pas sorti, avec le groupe précédent. En studio, c'est un mec super patient. C'est une crème."

    Il n'a jamais été question qu'il intègre le groupe?

    "Si, au tout début. On a essayé avec lui, mais il n'avait pas assez de temps avec Mountain Bike."

    Quelles sont vos influences?

    Italian boyfriend 3 -®Manou Milon.jpg"Il y en a beaucoup dans les groupes pop américains, anglais, australiens voire français. Dans les reviews, on cite souvent Papas Fritas. C'est vrai que je comprends le côté super pop avec une voix de fille et une voix de garçon. J'aime bien tout ce qui est direct avec de belles mélodies."

    Sarah, ta copine, a ouvert il y a quelques mois le café littéraire "Parade" (rue de Savoie, 59, à Saint-Gilles). C'était important de garder quelque chose à côté de la musique?

    "Absolument, ça nous garde dans la vie concrète. C'est important pour nous de rester les pieds sur terre, en servant des cafés et en lavant la salade. En plus, on organise des concerts bien sympas."

     > Un entretien de Christophe Van Impe

    > Photos de Manou Milon


     

     

  • Georgio: "Mon rap est revendicatif de l'humain"

    En Belgique, on le connaissait jusqu'à présent surtout pour sa collaboration avec Fauve sur "Voyou". Lui, c'est Georgio, et il vient de sortir son premier album "Bleu Noir", grâce à une campagne de financement participatif au-delà de toutes les attentes. Nous l'avons rencontré juste avant son concert à l'Orangerie dans le cadre des Nuits. Il nous parle forcément de Fauve et de Nekfeu, mais aussi de la scène belge. La relève du rap hexagonal est quoi qu'il en soit assurée...

    Connaissais-tu les Nuits du Botanique avant d'apprendre que tu y jouerais en tête d'affiche?

    "Non, honnêtement, je n'avais jamais entendu parler ni des Nuits ni du Botanique. Même en France, je ne connais pas trop les festivals. Tout ça est encore très neuf pour moi. Je ne fais que découvrir le milieu. Mais je garde un excellent souvenir de mes passages en Belgique, notamment à Couleur Café et aux Ardentes."GEORGIO_PhotoPresse002_Romain_Rigal.jpg

    Pourquoi avoir eu recours au financement participatif plutôt que de passer par un label?

    "J'ai rencontré plein de maisons de disques et de gros labels, mais j'avais l'impression qu'ils ne comprenaient pas mon projet. Ils prenaient énormément de temps à répondre. Lors d'un passage en radio, j'ai rencontré un mec qui s'occupe du crowdfunding. C'était finalement tellement plus fort de le faire avec les miens, avec ceux qui me supportent. C'est une nouvelle façon de faire, qui prend de plus en plus d'ampleur. On attendait 35.000 euros, ce qui est déjà beaucoup. Au final, j'en ai eu 52.000. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Cela m'a permis de peaufiner l'album. Et puis, ça a aussi servi pour les clips et la promo."

    Pourquoi avoir attendu quelques années avant de sortir ce premier album?

    "J'avais besoin préparer le terrain, ne serait-ce que musicalement, en sortant des EP. Je ne me sentais pas encore assez mature artistiquement pour faire un premier album. Le premier, c'est sacré. Je voulais ne jamais le regretter. J'ai donc préféré prendre mon temps, et je ne me suis lancé que quand j'étais prêt. Avant ça, je lançais des morceaux, mais je n'étais pas aussi fort que ce que je voulais. Les retours sont excellents, ce qui me fait vachement plaisir, mais j'ai travaillé pour. Si je ne l'avais pas estimé bon, je ne l'aurais pas sorti. Après oui, ça me touche beaucoup d'avoir autant de retours et de faire autant de concerts."

    As-tu encore des morceaux en stock?

    GEORGIO_PhotoPresse003_NKruma.jpg"Je jette énormément de textes, mais je n'ai pas énormément de morceaux. J'écris beaucoup et, au bout d'un couplet, je jette à la poubelle. Du coup, ce qu'on entend, c'est le peu de morceaux que je termine."

    Quelle influence ton entourage familial a-t-il eu sur ton apprentissage de la musique?

    "Mon père était dans la musique, et j'ai toujours baigné là-dedans. Mais c'est quand je suis arrivé au collège que je suis tombé dans le rap. Je me suis dit que, putain, moi aussi j'avais des choses à dire. C'était naïf, mais c'est parti comme ça."

    Quels sont les artistes qui t'ont inspiré?

    "J'ai été influencé par plein de trucs. J'aimais Hugo du TSR Crew, Flynt, Nessbeal, et bien d'autres... Mais aujourd'hui, j'écoute tellement de musique que mes influences sont beaucoup plus variées."

    Et notamment Miossec...

    "Ouais, parce que c'est un autre vocabulaire. J'adore des artistes comme Miossec, Benjamin Biolay, Pete Doherty, Laura Marling,... Dans leurs chansons, les phrases sont plus courtes, il y a moins de mots pour faire passer tout autant d'idées, il faut être plus précis."

    Tu es du 18e arrondissement. Ton rap a-t-il été influencé par ton environnement?

    "J'ai grandi avec tous les milieux sociaux. Au lycée, j'étais dans le 10e, près de la gare de l'Est. Il y avait GEORGIO_PhotoPresse005_Kevin_Jordan.jpgtoutes les classes sociales, même des mecs un peu aisés. Mais, mon rap n'est pas trop porté sur ça. Il est plus porté sur des émotions, des sensations, des histoires vécues. Du coup, il est revendicatif de l'humain, mais il ne s'adresse pas à une classe sociale particulière. Côtoyer plein de classes sociales différentes, ça m'a construit en tant que garçon. Mais ma musique n'a pas besoin de connaître un milieu social mieux qu'un autre."

    Ta collaboration avec Fauve sur "Voyou" a-t-elle boosté ta carrière?

    "Oui carrément, ça m'a fait découvrir plein de personnes car ils avaient une grosse exposition. J'ai eu la chance de faire plein de premières parties sur leur tournée des Zéniths, et énormément de Bataclans. Cela m'a permis de progresser en live. Ils cherchaient une première partie rap pour leurs Nuits Fauves, à l'occasion de la sortie de l'EP "Blizzard". On avait un ami commun, et on s'est directement bien entendu. Ils ont donc pensé à moi pour "Voyou"."

    Quand tu vois à quelle point la carrière de Fauve a été furtive, ça ne te fait pas peur?

    "Si, j'avoue qu ça me fait un peu flipper. Je n'ai pas envie que ça s'arrête aussi vite pour moi. Mais eux, ils l'ont décidé et ils ont leurs raisons. Ils auraient pu encore continuer, mais tout a été très vite pour eux."

    Beaucoup te citent, au même titre que Nekfeu, comme la relève du rap français...

    GEORGIO_PhotoPresse006_Romain_Rigal.jpg"Je les remercie de croire en moi, mais il ne faut pas me mettre trop de pression. Maintenant, Nekfeu, c'est bien branlé, bien produit, et très bien écrit. C'est assez grand public. Mais dans le côté noble à être populaire, pas dans le côté putassier. C'est facile d'accès tout en étant bien fait. C'est vachement fort."

    Connais-tu un peu la scène hip-hop belge?

    "Oui. J'aime beaucoup Romeo Elvis, le projet de Caballero et JeanJass et La Smala."

    Les prochaines dates de concert en Belgique:

    07 JUILLET : LIEGE / ARDENTES FESTIVAL 

    07 AOÛT : BRUXELLES / BSF

    27 AOUT : NAMUR / SOLIDARITES

    > Un entretien de Christophe Van Impe


  • La Muerte: "On fait fantasmer les trentenaires"

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    La claque rock n' roll de cette semaine aux Nuits, elle a eu lieu lundi soir sous le chapiteau. La Muerte, par la qualité et la puissance de son set, nous a presque fait oublier la ribambelle d'autres concerts qui animaient cette Nuit belge. Les jardins du Bota, peuplés une fois n'est pas coutume de gars en blousons noirs, se souviendront longtemps des collaborations éphémères avec Front 242 (sur "Headhunter") et Vive La Fête (sur "Je suis le destructeur"). Après plus de vingt ans de cave, La Muerte est plus rugissante que jamais. A revoir au Graspop fin juin...

    La réussite de la reformation dépasse-t-elle toutes vos espérances?

    Marc (chant): "C'est surtout une surprise. De fait, tout s'est quand même emballé en un an. D'abord, ça a commencé à l'Ancienne Belgique. Puis la sortie du double vinyl live très vite. Et alors cette tournée qui a été mise sur pieds pour le début de l'année. On est en train de terminer les dates belges. Le gros truc, c'était évidemment le Roadburn aux Pays-Bas. Nous sommes également partis en Suisse avec At The Drive In. Tout ça c'est inespéré. J'ai l'impression qu'on a même plus de succès maintenant qu'avant. J'ai difficile à l'expliquer. Il y a certainement le côté culte du groupe. On fait fantasmer les trentenaires. Ce sont eux les jeunes du public, ce ne sont pas des teenagers de 18 ans. Il y a une certaine curiosité."Muerte2.jpg

    Tino (basse): "J'entends souvent des gens dire: "putain, enfin, du bon et du vrai rock n' roll". Je ne dénigre pas toute la scène rock hein. Mais une frappe dans la gueule comme La Muerte, ça ne se voit pas tous les jours. Il y a aussi eu un bon bouche à oreille. Les gens que je connais autour de moi et qui n'avaient jamais vu, c'est ce qu'ils me disent."

    L'idée de base, c'était de simplement faire l'AB?

    Marc: "L'idée de base, ce  n'était en effet que l'AB mais en laissant forcément des portes ouvertes. C'était difficile de faire un plan de route sans label. Avant l'AB, on avait juste fait un échauffement dans un petit club à Gand. Pour la suite, reprendre la route et refaire des disques, ça s'est fait tout naturellement. Quand on te propose dix dates en Belgique, tu ne peux pas refuser. Quand tout s'enchaîne, c'est plutôt simple et facile à accepter. On s'entend bien, on se marre entre nous. Il n'y a pas un plan de combat. Ce sont juste les choses qui s'alignent."

    Tino, était-tu fan de La Muerte dans ta jeunesse?

    Tino: "J'aimais beaucoup, oui. Etant plus jeune qu'eux, ils m'impressionnaient. C'était quelque chose de jamais vu et entendu. Il y avait ce côté pur. Je ne pense cependant pas que ça m'ait influencé pour Channel Zero, car le style est tout à fait différent. Mais c'est toujours resté dans un coin de mon cerveau."

    La Muerte a été un groupe précurseur dans de nombreux sous-genres musicaux. T'en rendais-tu compte?

    Marc: "Aujourd'hui, j'en suis conscient. On a quand même eu des difficultés à l'époque. Tout ça, tu ne t'en rends compte que avec le temps. Au moment même, tu n'as pas ce sentiment. Puis dix ans après, tu vois en effet Muerte3.jpgapparaître la mouvance blues-punk, puis le stoner. J'ai retrouvé des réminiscences de ce que nous avions fait chez pas mal d'artistes. Cela va de John Spencer Blues Explosion, à certains riffs de White Zombie en passant par quelques morceaux de Kyuss. Les riffs de White Zombie, qui mélangent le groove et le metal, on les a amenés avant eux. Mais, ils le font évidemment très bien."

    Le line up actuel, c'était une évidence?

    Marc: "Oui. Je suis passé par Kirby, que j'avais rencontré plusieurs fois dans des soirées. A force de le croiser, j'ai foncé directement chez lui quand j'ai décidé de reformer le groupe. Il en a parlé avec Tino, avec qui il était pote. C'était juste parfait, car ils apportent une nouvelle jeunesse aux anciens morceaux."

    Tino:" Accepter la proposition, ça a été la décision la plus rapide de ma vie."

    Au Bota, vous avez invité Vive La Fête et Front 242 sur scène. Pourquoi eux?

    Marc: "C'était une idée du Botanique. On devait faire un set un peu exclusif. On avait carte blanche pour les groupes invités, et on devait trouver des invités pour le concert. Au départ, c'était Franz des Young Gods et Mauro Pawloski. Cela ne fonctionnait malheureusement pas avec leur agenda. Richard et Patrick de Front 242 étaient les suivants dans la liste, car ce sont des potes. Vive la Fête, c'est plutôt via Didier Moens, qui les a mixés en live pendant un an ou deux. Sur scène, c'était le remake de "La Belle et la Bête."

    Votre concert au Roadburn, c'était comment?

    Marc: "C'était fabuleux. Avoir joué là-bas va beaucoup nous apporter au niveau de l'impact. Les gens ne connaissaient pas, ils pensaient qu'on était un nouveau groupe. Au niveau de la réception, dans un festival très pointu, c'était la claque. L'organisateur était à genoux. On a également eu un excellent contact avec At The Drive In. Ils ont vu tout le concert, et ils ont adoré. On sent que des portes s'ouvrent. Et tant mieux, car sinon La Muerte serait destinée à Muerte4.jpgmourir. On ne peut plus refaire le tour de Belgique. On doit s'orienter vers des festivals pointus ou des premières parties."

    Pourquoi jouer masqué, avec un sac en toile sur la tête?

    Marc: "L'image a toujours été très importante. Je voulais donner une touche de mystère, un peu comme dans "Twin Peaks". J'avais envie de balancer autre chose. L'univers du cinéma gore ou slasher a toujours influencé La Muerte dès le début. C'était aussi l'occasion de pousser le bouchon un peu plus loin, et de rendre hommage à "Elephant Man", même si ce n'est pas un film trash. Pour la suite on verra, mais pourquoi pas développer ce personnage..."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia

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  • Fùgù Mango: "L'album sera encore beaucoup plus dansant"

    Vendredi soir, leur EP "Mango Chicks" sous le bras, les quatre de Fùgù Mango ont mis le feu sous le chapiteau des Nuits, en ouverture du concert de La Femme. Voilà qui augure de bien belles choses, vu qu'un album verra le jour début 2017. Nous les avons rencontrés sur le marches du Bota.

    Vous en êtes à vos troisièmes Nuits consécutives. Vous faites un concours avec Nicolas Michaux?

    "On sortira un album en janvier ou février, donc c'est en effet tout à fait probable qu'on lui mette un petit record. C'est cool, car c'était chaque fois différent, et Paul-Henri, le programmateur, voit bien comment les groupes évoluent. La première fois, c'était en première partie de Jungle. Et la deuxième, c'était au Musée avec Binti. Cette fois, c'était un peu l'avancée. On était en mi-tête d'affiche juste avant La Femme. C'était un concert important car on a présenté de Fugu1.jpgnouveaux morceaux, on a joué plus longtemps et tous les potes étaient là. C'était un peu comme jouer dans notre jardin."

    Les Nuits, ça représente quoi pour vous?

    "Les escaliers blindés, bien sûr! Une super ambiance. Et alors, le petit bar près du Witlfoof! Il y a deux ans, on y avait fait une méchante after."

    Vous pourriez refaire un projet comme vous aviez fait avec Binti?

    "Alors, il faudrait bosser à nouveau quelque chose plus en profondeur, mais avec peut-être moins de choristes. Car, cela représente beaucoup de contraintes. Pour que la musique ait du sens, cela nécessite beaucoup d'arrangements. Mais pour le moment, on est concentré sur nos compositions et sur l'album. On développe aussi nos chants à trois, voire à quatre avec le batteur parfois. On essaie d'être le plus enveloppant possible."

    Commencez-vous à ressentir la pression de l'album?

    "Tout se met en place tout doucement, mais ça se fait assez bien. On fait ça cool, on prends le temps de le faire. On veut un beau premier album. Il ne devrait y avoir qu'un ou deux anciens morceaux. Le but, c'est d'avancer. En live, on a développé un autre aspect de notre musique, qui est plus électro-house mais joué acoustiquement. On se rend compte qu'il y a quelque chose d'intéressant à pousser. Pour l'album, il y aura toutes ces facettes, plus que le côté afro-pop. Il y aura des choses beaucoup plus dansantes, plus dans le beat. En tournant, on a vu beaucoup de DJ's, on a découvert plein de choses."

    Comment en êtes-vous passé du rock avec les Bikinians à cette musique dansante?

    "On avait envie de danser et de faire danser. Chaque membre du groupe mixe de son côté dans des soirées. Cela nous a poussés à le faire en jouant. On avait emmagasiné plein de choses dans nos caves. On écoute de la musique  minimale aussi, mais on vient tous du rock. Et ça, c'est intéressant en live, au niveau de l'énergie. Tout est réinjecté dans des mélodies pop, avec une énergie rock. On essaie de faire un mix de tout, comme le ferait un DJ. Tout s'est fait très naturellement. On a commencé à répéter à trois, et le son tropical est venu tout seul. On avait envie de se dépayser, de voyager, de Fugu2.jpgcréer une autre atmosphère. On a inversé tous les codes de la rythmique. Il y a beaucoup de choses qui sont spontanées, mais tout est retravaillé. Entre les premiers jets et les versions finales, il y a finalement une grande différence."

    Le 24 mai, vous participerez à la Sonic Lassus Session à la cathédrale Saint-Gudule. Pouvez-vous nous en dire plus?

    "C'est un projet ambitieux, qui consiste à reprendre des morceaux d'un compositeur de la Renaissance. Il s'agit en fait du premier compositeur pop de l'histoire. Il a fait environ 200 morceaux. Nous, on réadapte ces mélodies qui sentent quand même bien le fromage. On les tropicalise. A Mons, le public avait très bien réagi. Daan, Saule, Laétitia Sheriff,... seront là. Et même la petite-petite fillote de Lassus! Des projets comme ça, ça nourrit notre musique."

    > Un entretien de Christophe Van Impe




  • Nuits du Bota 2016: O et LUH, beautés contrastées

    Temps frisquet et, du coup, un peu moins de monde pour cette troisième soirée sur les marches du Bota, mais la qualité était encore une fois au rendez-vous. Notre soirée a débuté à la Rotonde avec O. Olivier Marguerit, qu'on a notamment connu comme guitariste de génie chez Syd Matters et Mina Tindle et dont le talent d'auteur-compositeur n'est plus à démontrer, a mis du temps avant de se décider à occuper l'avant de la scène. Mais l'attente en valait la peine. Devant une salle malheureusement clairsemée, il a présenté "Un torrent, la boue", son premier album. Un moment de grâce, qui aurait toutefois mérité un peu plus d'attention. Mais les connaisseurs, eux, étaient là. Dans l'assistance, on a ainsi pu croiser des membres Olivier.jpgde Girls in Hawaii (avec qui il a jadis partagé la scène avec Syd Matters) ou de BRNS.

    A l'Orangerie, le ton était nettement moins posé. Alors qu'on ne sait pas trop si Vanessa Carlton a joué " A Thousand Miles" sous le chapiteau (on ne sait d'ailleurs pas trop non plus ce qu'elle faisait à l'affiche des Nuits), The Scrap Dealers faisait monter le volume. Un groupe belge qu'on avait déjà pu voir au Stellar Swamp, le festival psyché organisé depuis deux ans par Moaning Cities à l'Atelier 210 et au Magasin 4.

    Place ensuite à LUH, la tête d'affiche de la soirée. LUH, pour Lost Under Heaven, c'est le nouveau projet d'Ellery James Roberts, l'ancien leader de WU LYF (World Unite Lucifer Youth Foundation). Ayant rencontré Ebony Hoorn à Amsterdam et ayant quelques difficultés à gérer le succès, il LUH.jpgavait décidé à notre plus grand regret de dissoudre son groupe après un seul album. Cet album, "Go tell fire to the mountain", sorti en 2011, nous avait profondément marqués. Ah, cet incroyable morceau "Dirt", on se le repasse encore aujourd'hui sans aucune lassitude. De WU LYF, il ne reste aujourd'hui plus que la voix déglinguée et l'énergie rageuse. Mais, alors qu'on le voyait jadis plutôt monter sur les barricades un cocktail molotov à la main et un foulard sur le visage, Ellery chante désormais l'amour avec sa dulcinée. Mais un amour sauvage, gueulard et prenant. Sur la fin du concert, LUH fait d'ailleurs péter les décibels. Certains se bouchent les oreilles, d'autres sont en transe. Les deux tourtereaux dédicacent ensuite des vinyls au stand de merchandising. Paraît que la version originale de l'album de WU LYF s'arrache désormais à 150 euros. On ne sait jamais, ça pourrait être un bon investissement...

    > Ch.V.I.

  • Nuits du Bota 2016: La Femme, toujours aussi désirable

    Après quelques concerts délocalisés au Cirque Royal et à l'Eglise des Dominicains pour An Pierlé, les Nuits au Bota ont enfin débuté pour de bon. La formule reste la même que les années précédentes, même si des foodtrucks ont désormais investi le site du festival. C'est malheureusement fini de pouvoir déguster un couscous allongé dans un pouf. Vendredi soir, le soleil était de la partie sur les marches mais aussi sous un chapiteau soldout depuis des semaines. Fùgù Mango, qui venait présenter son EP "Mango Chicks", a en effet mis une belle ambiance tropicale en début de soirée. L'album est prévu pour début 2017. Et quand on voit l'évolution du groupe sur scène depuis ses débuts, l'impatience est grande.

    Mais la grosse pièce de la soirée, c'était la prestation de La Bota.jpgFemme. Dès le début, on avait adoré leur côté déglingué, branleur mais terriblement jouissif. Mais qu'en est-il après une Victoire de la Musique et une signature chez Universal? Ont-ils abandonné le surf? Ont-ils désormais des coiffures conventionnelles? Ont-ils arrêté la fumette? Bonne nouvelle, rien n'a changé. Les Français n'ont pas pris le melon. D'emblée, ils attaquent avec "Sphynx", le premier single de l'album qui sortira en janvier et qui n'a pas encore de titre. Quatre autres nouveaux morceaux seront également proposés: "SSD", "Mycose", "Elle ne t'aime pas encore" et "Le vide". Il faudra sans doute plusieurs écoutes pour s'y habituer, mais ça donne pas mal. Mais de toute façon, on s'en fout, car c'est avant tout pour les brûlots du premier album qu'on est là. Le chapiteau est chaud, très chaud même. L'ambiance atteint son paroxysme sur "Nous étions deux", suivi de "La planche" et "Antitaxi". En rappel, le groupe revient en coup de vent pour "La femme ressort". Car, les consignes de sécurité sont drastiques et le timing est respecté à la seconde près. La Femme entamera une tournée juste après la sortie de l'album, mais sera de retour à Dour avant ça. Pour notre part, les Nuits pouvaient difficilement mieux commencer. Et on ne peut que vous conseiller le croque-monsieur à 3 euros. Meilleur rapport qualité/prix pour vous caler l'estomac...

    > Ch.V.I.