• Francos 2016: Papy Polnareff fait de la résistance

    Il est passé 1h du matin, et la limousine de Michel Polnareff s'engouffre dans les bois sombres entourant Spa, en direction de l'aéroport de Bierset. A 72 ans, loin du los Angeles où il s'est installé il y a bien longtemps, il a encore une fois repris sa vie de rock star. Pourtant, les signes de vieillesse sont inévitablement là. Comme quand il se fait aider d'u prompteur quand il s'installe, à deux reprises, au piano pendant son concert. Mais sans doute qu'il refuse de voir la vérité en face, et que c'est d'ailleurs ce qui le pousse encore à tourner. L'an dernier, il s'était enfermé pendant de très longues semaines aux studios ICP à Ixelles. Pour quel résultat? Un morceau sorti à Noël, plus que dispensable. Le reste est enfermé dans un placard pour le moment. L'album, attendu depuis 1990, finira-t-il par sortir un jour? PersonneMichelPolnareff.jpg n'est en mesure de le dire. Perfectionniste, il attendra que ce soit à son goût. Peut-être éternellement. Mais il persiste à croire qu'il a encore cette magie créatrice qui avait jadis fait de lui le plus passionnant des artistes de la scène française.

    De toute façon, on ne va pas voir Polnareff pour découvrir de nouvelles choses. On est d'ailleurs bien content que, mardi soir à Spa, il ait fait l'impasse sur cet "Homme en rouge" qui sent quand même bien la naphtaline. Ses grands classiques, par contre, n'ont pas pris une ride. Même si on aurait aimé avoir "Âme câline" ou "Tous les bateaux, tous les oiseaux" plutôt que "Y a qu'un cheveu", tout y est passé. C'est sur "La poupée qui fait non", morceau sur lequel Jimmy Page jouait à l'origine, qu'il débarque sur scène pour directement enchaîner par "Je suis un homme" et "L'amour avec toi". Il a eu le bon goût de s'entourer de musiciens virtuoses qui, pour la plupart, on la moitié de son âge. Au milieu de "Je t'aime", il rend hommage à Prince en interprétant "Purple Rain", tandis que le logo du Love Symbol s'élève en fond de scène. Après 2 heures de concert, il s'en va sur "On ira tous au paradis" en version karaoké. Ces Francos 2016 ne pouvait mieux débuter...

    > Christophe Van Impe

  • Les Nuits Secrètes, un festival fascinant à deux pas de la frontière belge

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    Bien loin des habituels supermarchés du rock, le festival des Nuits Secrètes est un des plus fascinants qui soit. Et ça tombe bien puisqu'il a lieu à quelques kilomètres seulement de la frontière belge, à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge (les 29, 30 et 31 juillet). Depuis sa création en 2002, il n'a cessé de s'accroître avec plus de 60.000 spectateurs l'an dernier. Pour en arriver à son format actuel, étalé sur trois jours. L'affiche est parfaitement balancée entre la programmation grand public et le pointu. Cette année, il y en aura pour tous les goûts puisqu'on y retrouvera notamment Alain Souchon et Laurent Voulzy, Soulwax, 2 Many DJ's, Selah Sue, Alice on the Roof, Mickey 3D, Lilly Wood and The Prick, Vitalic, General Elektriks, The Shoes, Feu! Chatterton , Ludwig von 88, Odezenne, Gogol Bordello, Deluxe, Flavien Berger , O, The Hacker,...

    http://www.lesnuitssecretes.com/
     

     

  • Un samedi aux Ardentes: le rock psyché l'emporte par KO

    Mieux vaut tard que jamais, il aura fallu attendre le dixième anniversaire pour que nous mettions les pieds aux Ardentes. D'emblée, l'agencement du site surprend avec cette longue allée le long de la Meuse ressemblant plus à une fête foraine qu'à un festival. Pas question ici d'une large plaine, comme on en voit un peu partout en Flandres. Ulysse.jpgL'accueil est également bien plus sympathique. L'ambiance débute dès la navette, avec un chauffeur de bus ayant certainement appris les rudiments de son métier au Club Med plutôt qu'à la TEC.

    Une fois sur place, il faut donc bien marcher dix minutes pour trouver traces d'un concert. Deux salles sont nichées dans le hall des foires des Coronmeuse: le HFO et l'Aquarium. On est samedi, le temps et est au beau fixe, et on a tout sauf envie d'aller s'enfermer dans ces hangars. D'autant que Moaning Cities, qui sortira en janvier son deuxième album avec son nouveau line-up, termine son set. On avait adoré leur premier disque, qui naviguait entre les Doors et BRMC, et il n'y a pas de raison qu'il n'en soit pas de même pour le suivant.

    Caballero & JeanJass n'auront droit à nos faveurs que pendant un morceau, car il est tout doucement temps de voir à quoi ressemble cette scène principale. C'est à ce moment que Broken Back débute. Un concert qui ne nous émoustillera point. Une soupe FM qui ressemble à 1000 autres artistes déjà entendus sur les ondes, à commencer par Milky Chance. Comme Broken_Back.jpgavec les Allemands, on a l'impression à chaque début de morceau d'entendre les premières notes du single. Bin non, ce sera pour le rappel. Quant au story telling du gars qui fait de la musique après s'être cassé le dos, ça ne fonctionnera que le temps d'un album.

    Les Ardentes, elles valent surtout par la qualité de leur programmation hip-hop. Vince Staples nous fait en effet vibrer pour la première fois de la journée. L'Américain, issu de l'école Odd Future comme Tyler the Creator (à l'affiche le lendemain) est venu avec un light-show impressionnant. Malheureusement pour lui, il n'est pas aidé par la configuration du HFO. La salle est bien trop lumineuse et, surtout, le son est très limite. Au point que l'ingénieur n'ose pas le pousser trop haut. Dommage.

    Notre coup de cœur de la journée, c'est sur la scène principale qu'il a eu lieu avec Goat. On ne comprend pas trop comment ce groupe se soit retrouvé à jouer là. Les gamins qui attendent Bigflo & Oli encore moins. Masqués et fringués comme des Incas, les Suédois proposent une espèce de messe psyché du meilleur goût. Les guitares se font enfin entendre à Liège. Selon la légende, un sorcier aurait jadis jeté une malédiction sur Korpilombolo, le village dont Goat.jpgest originaire le groupe. On a envie d'y croire. Le concert terminé, c'est en cachant leur visage qu'ils montent dans leur navette. Mystérieux, jusqu'au bout.

    Changement de registre radical avec Bigflo & Oli. Les deux Toulousains se produisaient pour la troisième fois en quatre ans aux Ardentes. Ce sont les régionaux de l'étape. Olivio touche à la corde sensible en débarquant vêtu d'un maillot des Diables rouges floqué à son nom. La mise en scène vaut le coup, c'est drôle et jamais putassier. Du hip-hop pour les enfants certes, mais de qualité. Avec une Big_Flo&Oli.jpgmention particulière pour l'intervention du champion de France et d'Europe de beatbox, impressionnant de maîtrise.

    Son Lux, dans un Aquarium légèrement plus digeste que le HFO, sera notre dernière satisfaction de la journée. La suite, ce seront des prestations en roue libre d'Alice on the Roof et de Pharrell Williams. Même bien trop cool pour ce dernier qui, désintéressé, n'a pas justifié une seule seconde son statut de tête d'affiche...

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Nicolas Folichon

  • Alhambra, le 13 juin : entre révélation et confirmation

    Pierre Lizée: Pour son "premier concert devant autant de gens" comme il l'a dit, Pierre Lizée n'a pas hésité à nous mettre une claque dans la figure. Seul avec sa guitare, s'excusant presque d'être là, il a déclenché un tsunami d'émotions grâce à sa voix tant puissante que profonde. Vous vous en doutez dès lors : la conquête du public ne fût pas longue. Encore timide, il nous a cependant présenté trois de ses compositions personnelles derrière lesquelles on imagine un travail minutieux et perfectionniste. Il a également repris Lisztomania de IMG_3099retret.jpgPhoenix, Too Many Friends de Placebo et Somewhere Only We Know de son groupe préféré Keane. Son plaisir d'être à nouveau sur scène (après The Voice et le Belzik Café) était communicatif et nous ne voulions pas qu'il retourne dans les coulisses (alors qu'il laissait sa place à celle que nous attendions tous). Sa voix (héritée de Brian Molko) à la réverbération naturelle, son talent de guitariste, ces désormais célèbres chemises ... bref ce personnage fera encore parler de lui pendant longtemps pour notre plus grand plaisir ! Si vous allez envie d'aller le (re)découvrir, Pierre Lizée sera au Polygon Festival le 23 juillet, au Welcome in the Park le 24 juillet, au festival Les Granges le 27 août, aux Fêtes de Wallonie à Seraing le 2 septembre et à l'Openstream Festival le 10 septembre.

    Alice on the Roof: Un an après son premier passage sur la scène de l'Alhambra, Alice est revenue en tant qu'artiste confirmée pour un try-out intimiste afin de peaufiner le show qu'elle nous offrira lors des festivals. Et le IMG_3245retret.jpgmoins que l'on puisse écrire est qu'elle nous a encore régalé.  Plus sûre d'elle, on peut s'apercevoir qu'elle s'épanouit de plus en plus et ce, pour nous plus grand bonheur ! Sa voix cristalline, son émotion, son sourire nous emmène à chaque fois vers un monde magique (mais fragile).

    > Nicolas Folichon

     

  • Nicola Testa ou l'incarnation de la lumière

    Á l'occasion de la Fête de la Musique à Huy, Nicola Testa nous a encore régalé (même la pluie s'est arrêtée) avec un show haut en couleurs. Une ambiance atmosphérique et planante, une voix cristalline mais puissante, des musiciens énergiques ... il n'en fallait pas moins pour que la Place Verte soit couverte d'applaudissements nourris et de cris perçants de certain(e)s fans. Et le chanteur bruxellois n'a pas failli à sa réputation ! Pendant un peu plus de soixante minutes, il n'a pas arrêté de danser, de sauter, de partager avec le public  tout en souriant. On ne pouvait pas ne pas se dandiner en le voyant heureux d'être là. Ses chansons ont résonné dans toute la ville, reprises en chœur par les admirateurs de la première heure. Il a enchaîné ses titres, meilleurs les uns que les autres, convaincant les plus IMG_3347ret.jpgsceptiques qu'il était bien une des figures montantes de la scène musicale belge (il sera d'ailleurs présent au Mons Summer Festival et aux Francofolies de Spa cet été). Il fallait malheureusement que le concert se termine et Nicola s'en est allé sur les notes percutantes de son titre-phare "We Are Rainbows".

    Mais nous l'avons vite retrouvé après ce show ! En effet, il a accordé de son temps au public et s'est prêté au jeu des selfies et des dédicaces. Voilà la parfaite définition d'un artiste talentueux et généreux qui garde les pieds sur terre.

     Vous avez fait appel à la générosité afin de financer le développement de votre premier album. Qu'avez-vous éprouvé lors de la mobilisation de fans pour participer à la réalisation de cet opus ?

    "C'est très agréable déjà d'avoir une réceptivité de la part d'un public. Ça permet aussi de pouvoir rencontrer un petit peu et de tester pour voir qui est son public, comment il réagit, par quoi il est intéressé, ce qu'il a envie d'avoir ou de ne pas avoir. C'est une sorte de petit test. Ça met aussi un peu de pression parce qu'on sait pour le coup qu'il y a tous ces gens qui ont déjà acheté le disque, qui ont envie de l'avoir et donc forcément c'est très agréable d'avoir déjà ce contact-là avec le public avant même que le disque ne soit fait."

     On vous compare souvent à Dave Gahan (chanteur de Depeche Mode) et Christine and The Queens. Qu'est-ce que cela vous fait ?

    "Il y a pire (rires). Ça ne me dérange pas parce que je trouve que c'est flatteur. Ce ne sont pas des gens que je n'aime pas, ce sont plutôt des gens que j'aime bien. Après, c'est vrai que ce qui est aussi agréable c'est quand on vous compare juste à vous-même. C'est encore mieux mais je pense qu'on a tous besoin d'avoir des références, de IMG_3467ret.jpgsavoir "lui me fait un peu penser à un tel". J'avais ça aussi avant quand j'écoutais de la musique et maintenant je me rends compte de ça encore plus depuis que je fais de la musique !"

    Avez-vous été surpris par l'emballement populaire par rapport à votre musique généreuse et lumineuse ? Vous attendiez-vous à un tel retour après la sortie de votre album ?

    "On ne sait jamais ... Je ne m'attendais à rien. J'avais envie que le disque soit bien accueilli car c'est quand même un gros travail, ça a été une longue partie de ma vie, ça m'a demandé beaucoup d'énergie, de temps et de travail. Donc, j'avais envie qu'on comprenne le disque. C'était surtout ça qui m'intéressait : qu'on comprenne le disque comme j'avais voulu le faire. Et je pense que dans la plupart des cas, ça a été réussi. J'étais vraiment content ! Après, on aime ou on n'aime pas mais je suis quand même content de la réception qu'il a eu parce que j'ai l'impression qu'on a vu ce que j'avais voulu faire et compris ce que je voulais raconter et je pense que c'est quand même le principal !"

    Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais et non en français ou en italien ?

    "Souvent, je dis pourquoi pas parce que c'est comme pourquoi est-ce qu'on choisit de faire de l'aquarelle plutôt que de la gouache ou de la guitare plutôt que du piano ... Ce sont juste des instruments et on les prend pour jouer. Et l'anglais, c'est une langue avec laquelle j'aime bien jouer, que je connais bien et que j'ai l'habitude de travailler. Donc, j'avais envie de continuer de travailler avec cette langue-là. Après, peut-être que je vais écrire en français ou en italien ou dans une autre langue. Ce n'est pas interdit en tout cas !"

    A l'heure de la dématérialisation des supports, quelle est pour vous la valeur d'un CD ?

    "J'aime bien le CD, le disque et le vinyle et le format. C'est très pratique le MP3 mais c'est plus difficile d'avoir une vue d'ensemble du disque. Ce que j'aime bien avec la pochette, qu'elle soit vinyle ou CD, c'est qu'elle amène aussi IMG_3461ret.jpgune lecture supplémentaire au disque comme les clips et tout le reste. Il y a plusieurs niveaux de lecture et c'est ça que je trouve intéressant. Et puis, le CD est un chouette objet aussi."

    Êtes-vous déçu de n'avoir pas été récompensé aux D6BELS Music Awards malgré votre nomination dans plusieurs catégories dont le meilleur concert et album ?

    "(rires) J'étais quand même content d'être nominé autant de fois surtout que je pense que j'étais un des seuls artistes indépendants. Après, c'est vrai que j'étais un peu déçu de ne rien avoir ... Mais j'avais quand même en face de moi, soumis aux votes du public, des artistes comme Alice On The Roof qui ont vraiment une très grosse fanbase et qui ont aussi plus de moyens que moi. Mais je ne suis pas déçu, je suis content d'avoir participé. Je n'ai vraiment pas de regrets."

    On sait que vous êtes fort attaché au visuel, notamment lors de vos concerts, mais êtes-vous à la base de ce show à part entière ?

    "Oui, c'est moi qui décide de ce que je fais. Après, je travaille avec d'autres gens que ce soit sur les pochettes, dans les clips ou sur scène pour les costumes. J'ai travaillé avec Jean-Paul Lespagnard, qui est un créateur belge, et on s'est vu, on a discuté, je lui ai donné mes envies et il m'a donné les siennes. Après, je lui ai fait confiance et il faut quand on choisit de travailler avec des gens sinon ça ne sert à rien ... Si c'est pour dire "Tu fais ça, tu fais ça", alors je le fais moi-même et je prends une couturière qui va me coudre les vêtements que j'ai dessiné. Ce que j'aime bien justement, c'est collaboré avec les gens pour le dialogue et la richesse que ça peut apporter. Et puis, j'aime bien aussi avoir les points de vue d'autres artistes sur moi, sur ma musique... avoir un échange quoi !"

    Travaillez-vous déjà sur votre prochain album ? Allez-vous explorer d'autres horizons musicaux ?

    "Oui, je travaille déjà sur mon prochain album. Je ne sais pas encore parce que c'est difficile à dire puisque je suis IMG_3401ret.jpgau début du travail. J'écris beaucoup de mélodies au piano mais pas beaucoup d'arrangements. Je pense qu'il y aura forcément une différence parce que je ne suis plus le même maintenant : je grandis, j'évolue, je travaille avec d'autres personnes, j'ai d'autres influences et de nouvelles choses à raconter aussi. Donc forcément, ça ne va pas être la même chose mais je ne crois pas non plus que ça va être très différent. Je vais essayer que ça reste moi-même, je ne vais pas faire complètement autre chose. Après, moi-même peut être beaucoup de choses aussi donc on verra !"

    > Un entretien de Nicolas Folichon

  • Nouvel extrait pour Angel Olsen

     

    angel olsen burn your fire no witness,my woman,shut up kiss meQuelques semaines après un teaser annonciateur de son nouvel album, Angel Olsen a lancé hier "Shut Up Kiss Me". Un titre plutôt énergique et une vidéo où l'Américaine se lâche pas mal.

    Deux ans après le très apprécié (et appréciable) "Burn Your Fire for No Witness", Angel Olsen nous revient avec un troisième effort studio et une tournée à travers l'Europe. L'Orangerie l'accueillera le 29 octobre prochain. >Ph.S.