BSF (soirée bruxelloise et Abd Al Malik): débarrassée de ses peurs, Bruxelles est belle

Il y a de ces soirées qui sont parfaites de la première à la dernière note, sans qu'on ne sache trop bien pourquoi. Celle de mercredi en fait partie. Tout a commencé, une fois de plus, à la salle de la Madeleine. Avec une affiche 100% bruxelloise, joliment garnie de Alaska Gold Rush, Recorders et Vismets. Il aurait franchement été difficile de faire plus local. Notre dernière rencontre avec Recorders en concert, avait fait office de charnière dans la carrière du groupe. Partiellement mécontent du set semi-acoustique proposé aux Nuits du Bota 2015, où ils avaient pourtant notamment repris avec grâce The National, Gordon Delacroix avait ensuite pris une décision radicale. Deux membres se sont rapidement fait la malle, et le groupe est reparti sur de nouvelles bases. Une orientation et un vent de fraîcheur que l'on retrouve dès les premières notes de "Lost at Sea". L'influence Foals est évidemment toujours présente, de même que celle de The National surtout dans la voix, mais le tout est agrémenté de petits détails qui font de Recorders un groupe à part. Après une grosse heure de concert, nous voilà rassurés. Le passé est décomposé, les bases sont solides et le groupe a définitivement retrouvé le feu sacré.

Le succès est également au rendez-vous pour les Vismets. "Abracadabra", beaucoup plus recherché et psyché Abdalmalik.jpgque le premier album, avait pourtant tout pour être casse-gueule. Mais force est de constater que ça marche, et que les fans ne viennent pas que pour "Wasted Party". Encore une belle leçon d'audace réussie.

Notre soirée s'est terminée au Mont des Arts, où Baloji venait de laisser sa place à Abd Al Malik. Configuration festival oblige, le set fait la part belle à "Scarifications" et met essentiellement en avant le son énorme issue de sa collaboration avec Laurent Garnier. L'emblématique "Gibraltar" et "Les Autres" seront les seuls interludes nous rappelant qu'il a jadis bossé avec Gérard Jouannest, le pianiste de Jacques Brel. Un grand Jacques à qui il rendra d'ailleurs hommage. Avant de terminer sur "Daniel Darc", terrible déclaration d'amour au poète déchu, il lance un message de paix à notre capitale: "Bruxelles, débarrassée de tes peurs, je t'aime". Pour une fois, on sent que c'est sincère. Aussi sincère que notre soirée aura été belle.

> Christophe Van Impe

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