Bimbo Delice: "On revendique le côté kitsch et baveux"

C'est coloré, kitsch et baveux. Mais Bimbo Delice, c'est surtout l'excellente surprise du moment. Un artiste qui était récemment à l'Atelier 210 et qui jouera l'été prochain au Cabaret Vert. Nous l'avons rencontré au Bota, et il nous dévoile son univers si particulier.

Comment est né le projet Bimbo Delice?

"Il part d'une volonté d'évoluer vraiment en solo, de faire ce que j'aime par dessus tout. J'ai eu plusieurs groupes auparavant. C'était plus garage, qui virait vers le stoner. Depuis 2014, c'est totalement différent, il y a plus d'électronique. J'en avais marre de ce délire de devoir manager des gens. Je me sens plus épanoui dans ce rôle. Je suis mon propre patron, je fais ce que je veux."

Comment as-tu complètement basculé vers un autre style musical?

"Je ne pense pas que ce soit une question de tendance ou d'air du temps. C'est juste venu comme ça. J'ai commencé à travailler avec des programmes de musique, et je me suis créé une identité sonore. J'ai travaillé au début avec Turtle Master, qui est un beatmaker assez connu dans le milieu bruxellois. Petit à petit, les Bimbo2.jpgcompos ont muri."

En avais-tu ras-le-bol du rock garage?

"J'ai 30 ans. C'est plus un rapport à l'âge, à l'adolescence. Le rock n' roll, c'est le rébellion. A un moment, j'ai eu envie de faire quelque chose de plus personnel, et de moins agressif. Quand je faisais du rock, j'étais vraiment dans la spontanéité, je ne prenais pas le temps de prendre du recul. Là, je suis posé chez moi devant mon ordi, et je suis plus cool."

Pourrais-tu un jour retourner vers le rock?

"J'ai des fois quelques envies de faire cracher le son sur scène, ce côté animal. Mais, je suis très content avec ce que je fais actuellement."

Comment se passe la phase de composition?

"Tout part de la guitare. J'ai toujours délaissé ce côté guitar-hero. Je ne suis pas du genre à rester deux heures sur "Stairway to Heaven". Je passe très vite à la composition, avec trois ou quatre accords."

Comment as-tu trouvé le nom du projet?

"C'est juste un délire avec mon pote Vince, qui s'occupe du graphisme et commence à faire du management. Bimbo3.jpgC'est un ami de très longue date. Nous étions assis à une terrasse de café et on faisait des associations de mots. Je me suis posé la question de l'accroche du nom. Vu que les paroles n'étaient pas très sérieuses, on est allé dans ce sens-là."

Le graphisme très coloré, est-ce important?

"Cela colle à la musique, aux paroles et à l'esprit. C'est un peu kitsch et baveux. Ce n'est pas raffiné, on rentre dans le lard. Le kitsch n'a plus une connotation négative."

Comment pourrais-tu décrire ta musique?

"Ce n'est pas évident, car ce sont plein d'éléments différents. Je peux aussi bien écouter de la musique du monde comme du rock expérimental. Il n'y a de toute façon plus aucune création avant-gardiste en 2016. On a un peu fait le tour de tout. La différence, elle se fait dans le son. Prends Animal Collective. C'est du Beach Boys, mais avec un côté novateur au niveau du son et des arrangements."

Le disque m'a fait penser à la BO de "Drive". Tu es d'accord?

"Oui, on nous a souvent dit que ça faisait un peu Kavinsky. Je ne m'en suis pas vraiment inspiré, mais j'ai beaucoup aimé le film. Après, Kavinsky s'inspire aussi de Tangerine Dream."

As-tu été surpris par la petite polémique née autour du clip de "Tropico"?

"J'ai la chance d'avoir un beau-frère réalisateur. Il est à fond dans tout ce délire à la Russ Meyer, des trucs de série B à connotation un peu sexuelle. On a trouvé un film libre de droit, intitulé "Wham Bam Thank You Bimbo1.jpgSpaceman". On a fait un petit montage, et voilà. Moi, ça ne me choque pas. Mais bon, voir des nibards sur internet, ça peut sans doute interpeller certains... Le clip est devenu contrôlé sur Youtube, à partir du moment où on a eu 8000 vues. Ce côté baveux, c'est ce qu'on revendique."

> Un entretien de Christophe

 

 

Les commentaires sont fermés.