Faon Faon: "On anticipe déjà la suite"

FAON FAON ou quand Fanny et Olympia fusionnent leurs voix et leurs voyelles pour livrer une musique mixant des sonorités pop, hip-hop et électro. Lauréates du concours « Du F dans le Texte » en 2015, ces filles ont l'art de surprendre, autant par leurs clips colorés que dans leurs tenues de scène qu'elles confectionnent elle-même.

Comment est votre état d'esprit après la sortie de l'EP et la release party?

Fanny: " C'est drôle parce que, vu qu'on est déjà en train d'anticiper toute la suite, on se dit que tout ça est déjà passé. Mais, c'est chouette de se dire que ça existe aux oreilles du monde, même si c'est un petit monde. Pour l'instant, c'est chouette ce qu'on est en train de vivre. La release party, au Brass, c'était génial. C'était Faonfaon.jpgvraiment un lieu parfait pour nous. On a rempli la salle, sans que ce soit bondé. On a invité des copains, et on a proposé un format un peu différent de d'habitude."

Olympia: "On a même joué un morceau, qu'on a crée aux Secrètes Sessions, et qu'on n'a pas encore intégré dans notre set. C'était vraiment un régal."

Et la prochaine étape, c'est l'AB en première partie de Jain.

Fanny: "Ouiiiiii. On a aussi fait le Splendid en première partie de Puggy. On n'avait encore jamais joué en-dehors de la Belgique. Mais l'AB, c'est sacré quoi."

Olympia: "Chaque date a son lot d'intensité. C'est chaque fois une manière de se donner un challenge pour améliorer le show."

Fanny: "On sort de deux jours de résidence avec Franco Mannara, que Michaël Larivière nous a trouvé. Et là, je peux dire que nous sommes prêtes pour les grosses scènes. Allez, envoyez les gars! On y va!"

Quel a été le rôle joué par Anthony Sinatra?

Fanny: "C'était comme un coup de baguette magique. On a composé, écrit et fait des maquettes. On lui a tout confié, on a discuté, on a échangé. Il a "pimpé" ça et nous a fait de beaux morceaux avec ses synthétiseurs. On ne le connaissait pas avant, mais ça a très vite marché."

Olympia: "Par rapport à nos contraintes de temps, il a été super réactif. C'est quelqu'un qui bosse très bien et qui comprend assez vite ce que tu veux. Il a sa patte à lui, très particulière. Mais, quand tu choisis un producteur, tu prends tout. C'était une super expérience, on a gagné en professionnalisme en travaillant avec lui."

Fanny: "C'était important de bien s'encadrer car c'est un premier pour nous. On a choisi des gens qui étaient motivés par le projet."

Olympia: "Tout le monde n'est pas James Blake quoi! Tout le monde ne devient pas, à 22 ans, le producteur super connu et qui a inspiré toute une génération. Travailler avec Remy Lebbos, c'était également génial. Il sent quand tu n'es pas content. Il est hyper perfectionniste et il n'a pas peur de recommencer."

Comment avez-vous déniché Rémy Lebbos?

Olympia: "Je l'ai rencontré à une soirée, où on écoutait plein de musique. Je l'entendais parler du dernier album de David Bowie, et je suis allé lui parler de nos productions. Je ne savais pas qui c'était, mais sa manière de parler de musique me plaisait. Il m'a filé sa carte. Après être allées à son studio, on a directement compris que c'était notre homme."

Qu'avez-vous retiré de votre victoire dans le concours "Du F. dans le texte " en 2015?

Fanny: "Ca nous a amené tout! Au niveau des dates de concert, ça a eu un impact considérable."

Olympia: "C'est là qu'on a appuyé sur le bouton start, c'est la validation de l'existence de ce projet."

Comment le projet est-il né?

Fanny: "En l'an de grâce 2006, une rencontre en jam au Chapitre. On a pris le micro toutes les deux, alors qu'on ne se connaissait pas. Deux mois plus tard, alors que je travaillais comme styliste, on était en casting pour un défilé à l'occasion des dix ans de la marque. Des mannequins ont débarqué au bureau et quoi vois-je débarquer? Notre chère Olympia. C'était le premier casting de sa vie. Elle a fait partie de la maison pendant quelques années. Je dessinais en imaginant les vêtements portés sur elle, car elle était inspirante. On écoutait de la musique, on écoutait les projets de l'autre. Et puis, il y a eu une faillite et je me suis retrouvée sans boulot du jour au lendemain. Elle était à Berlin pour un stage de danse et de performance. Elle m'a proposé de la rejoindre là-bas. Elle a un jour eu une carte-blanche au centre culturel Omar Khayam un jour, et je suis allée chanter avec elle. Tout a assez vite fonctionné entre elle et moi. On a tressé quelque chose, d'où la tresse sur la pochette et au début du clip. On n'avait pas d'histoire à la base."

Comment confectionnez-vous les vidéos?

Olympia: "Fanny fait les costumes, et moi les vidéos. Je l'ai toujours fait avec très peu de moyens. Je n'ai pas de formation mais j'ai été avec un réalisateur pendant trois ou quatre ans. J'ai beaucoup bossé avec lui. Maintenant, je fais les clips comme une grande. Mes références? Elles vont d'Almodovar à Lynch, en passant par Von Trier."

> Un entretien de Christophe Van Impe


 

 

 

 

 

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