My Diligence (le 10/12 chez Zik-Zak): "La base de tout, c'est une passion commune pour le stoner"

Depuis un concert dévastateur au Club de l'AB lors de la soirée de reformation de La Muerte, My Diligence s'est inscrit comme un groupe qui compte dans le paysage rock bruxellois. En attendant un deuxième album appelé à sortir en 2017, ils viennent de proposer un clip novateur en 360° pour "Aliens on the Moon". Ce vendredi, ils seront au VK en compagnie de Cocaine Piss et d'It It Anita. Et ensuite, en tête d'affiche pour la dernière date de leur tournée avant une longue pause scénique, le 10 décembre chez Zik-Zak à Ittre. Leur histoire, elle débute en 2013, moment choisi par François et John pour quitter Huy pour la capitale...

Gabriel (batterie): « On a l’habitude de dire que le groupe a été créé en 2013, car c’est là que c’est devenu sérieux. François et John venaient de la scène hardcore, et moi de quelque chose de plutôt pop-rock. Ils aspiraient à faire de la musique moins hard, et moi c'était justement le contraire. C’est David, le bassiste deDiligence2.jpg l’époque, qui nous a mis en relation. On a vu qu’on avait des influences communes, notamment tous les groupes de stoner. Mais aussi des trucs plus costauds comme Neurosis. »

François (guitare): « Arrivés à Bruxelles, on en avait marre de jouer dans des bars devant dix pelés. Nos influences ont alors évolué. On a même commencé à écouter de la pop. »

John (chant/guitare): « On avait besoin de faire plus de mélodies, de couplets et de refrains, un truc plus construit. Avant, c’était beaucoup plus chaotique. »

Et donc, l'influence commune c'est le stoner?

Gabriel : « Oui, mais le stoner c’est super large. La base, c’est Kyuss. Après, le genre s’est élargi. Peut-on encore dire que les Queens of the Stone Age font du stoner ? »

John : « Alors qu’à la base, ils viennent de là. Mais c’est désormais du « desert rock ». Si on devait se comparer au pur et dur stoner, ce qu’on fait est quand même vachement soft.»

Gabriel : « Aujourd’hui, le Desert Fest rassemble aussi du doom, du sludge, du psyché,… Notre point commun en fait, c’est qu’on adore tous Queens of the Stone Age. »

Et At The Drive In?

François:  « Oui, on adore. J’étais d'ailleurs présent au concert de reformation à l’AB. C’était terrible, j’avais à nouveau 14 ans quoi. »

Pourquoi, depuis la sortie de l'album, vous êtes-vous séparés du bassiste?

John : « C'est lié à des bisbrouilles de groupe, comme il en arrive partout. Au final, on est bien à trois. Y a-t-il encore beaucoup de groupes en formation classique ? Regarde Royal Blood. En plus, visuellement, ça donne plutôt bien. »

Gabriel : « C’était pourtant un vrai challenge technique. Mais, à trois, on ne s’est jamais pris la tête, alors qu'avant c'était le cas. »

Vous aviez joué au club de l'AB le soir de la reformation de La Muerte. Quel est le lien entre ce groupe et le vôtre?

Gabriel : « On travaille avec Michel Will, qui n’est pas notre manager mais qui est un peu notre conseiller, notre confident. A l’époque de faire l’album, il nous a présenté Didier Moens, guitariste de La Muerte et qui a finalement produit notre album. La Muerte, c’est un groupe légendaire. On aime leur musique, même si on ne s’y retrouve pas Diligence1.jpgforcément. En plus, pour la petite histoire, on leur a un peu donné goût de refaire la musique. Ce n’était pas du tout dans leurs prérogatives à l'époque. Didier était venu jouer avec nous à notre release party de l’EP chez Madame Moustache. Il n’avait plus touché une guitare depuis 15 ans. Marc était présent dans la salle, et on avait fait une reprise de La Muerte. Ils ont discuté après le concert, et ont eu envie de reformer le groupe. Quelque part, on a joué un rôle. Didier sera toujours notre papa. »

Peut-on dire que c'est vraiment à l'AB que tout a commencé?

Gabriel : « Absolument. Pour l’AB, on avait pris Vincent Philippart, l’ingénieur du son de Queens of the Stone Age, dEUS, Mauro Pawlowski, Evil Superstars. Plein de gens qui étaient au concert de La Muerte sont montés, et là on a vraiment mis la patate. A partir de cette date-là, les gens ont commencé à nous prendre au sérieux. S’il n’y avait eu que le Propulse, où ça s’était mal passé, on jouerait peut-être aujourd'hui dans des fêtes d’anniversaire. Or, suite à l'AB, on a fait environ 80 concerts ! »

Avez-vous d'autres souvenirs de dates mémorables?

François : « Dour, l’Atelier à Huy et le BSF. Au BSF, on jouait avant Thiéfaine et Luke, devant un public qui n’était pas du tout le nôtre, et ça s’était super bien passé. On a fait aussi quelques chouettes concerts en Suisse. »

John : « Tout le monde voit la Suisse comme un pays calme, mais c’est super rock. Les gens picolent et font la fête à mort. Ce sont des Liégeois ou Bruxellois, mais propres ! »

François : « Il y a deux semaines, on a aussi joué à Paris, en hommage à un pote à nous qui est décédé au Bataclan. »

Comment vous est venue l'idée de faire un clip en 360°?

François : « John et moi, c’est notre boulot de faire des vidéos. On bosse là-dedans au quotidien. Je suis hyper excité par la 360°. Dès que je mets un casque, je suis comme un gosse. Techniquement, c’était hyper gai à faire. »

John : « On a trouvé que cette idée était vachement cool. On a essayé de pousser le truc encore plus loin. Par moment, dans le clip, on est douze quoi ! »

Gabriel : « En plus, c'est un morceau qu’on n’avait pas spécialement prévu de sortir maintenant. C’est une prémisse du nouvel album, mais ce n’est pas pour autant que l’album sonnera comme ça. Si ça tombe, il ne sera même pas dessus. Mais, on avait envie d’offrir ça aux fans. »

> Un entretien de Christophe Van Impe

 

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