Critiques de concerts - Page 3

  • Bring Me the Horizon : le boys band du hardcore a posé ses valises à l'AB

    Annulé pour cause de lockdown en novembre dernier, le concert de Bring Me The Horizon à l'Ancienne Belgique a finalement bien eu lieu ce mardi. L'occasion pour les coreux british de nous présenter « That's The Spirit », leur dernier bébé en date.

     Alors j'entends déjà les fans de la première heure et les « puristes du hardcore » crier à l'arnaque en évoquant Bring Me The Horizon (que l'on appelera BMTH pour des raisons de temps gagné). C'est sûr, la musique du groupe a bien changé. Du deathcore dégueulasse de leurs débuts, les tatoués anglais sont passés à un metal bien plus lisse et empreint d'influences électros. Cela se ressent particulièrement dans leur dernier album.BMTH.jpg

     Mais même si Oli Sykes ne beugle plus comme un coyote à l'agonie, le groupe n'en a pas moins perdu sa qualité. Il a osé se renouveler, chose que l'on aime guère dans un milieu aussi fermé que le hardcore, et proposer d'autres influences. Avec succès vu sa popularité grandissante.

     C'est d'ailleurs avec le morceau d'ouverture de « That's The Spirirt » que BMTH commencera le concert. La suite, c'est 1h15 de montée en puissance. Alors que « Doomed » entame bien le show mais ne met pas encore le feu aux poudres, « Happy Song », le second single de l'album, s'en charge très bien. Le groupe alterne ensuite chansons du nouveau CD ainsi que de « Sempiternal ». Si les «True Friends», « Follow You » et surtout « Throne » font mouche, on ne peut nier la puissance des chansons de « Sempiternal ». Le public se ravit d'ailleurs d'entendre « Go To Hell For Heavens Sake », « House of Wolves », « Shadow Moses », « Sleepwalking » ou encore « Anti-Vist » et « Can You Feel My Heart ». Mais ce qui devait être la cerise sur le gâteau déçoit quelque peu. Trahi par sa voix, Oli Sykes n'arrivera pas à donner à « Chelsea Smile » sa puissance d'origine. Le chanteur montrera d'ailleurs des signes de faiblesse vocale tout au long du concert. Dommage mais cela ne suffira pas à gâcher le spectacle.

     Finalement, le groupe reviendra pour un petit rappel sur « Blessed With A Curse », seul morceau de « There Is A Hell Believe Me I've Seen it », et enfin « Drown ».

     Alors oui, une grande partie, voire la majorité, de la fan-base de BMTH est composée d'adolescentes aux cris suraigus. Ce qui en fait par là même le boys band du hardcore. Mais à la poubelle les préjugés, le groupe a réussi à nous faire passer un bon moment. Sans pour autant égaler la fougue et la folie de ses concerts d'antan, il nous a prouvé qu'il avait bien atteint une certaine maturité. Et cela, il faut le respecter.

    > Olivier Eggermont

  • Bertier, participez à l'envol de l'oiseau lyre

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    Vendredi soir, alors que tous les fans de rock s'étaient donnés rendez-vous à l'Ancienne Belgique pour le très attendu retour d'At The Drive In, nous avons pris la direction du cadre plus feutré du centre culturel Jacques Franck. Car un concert de Bertier, c'est rarissime et ça ne se rate pas. La première fois, c'était à l'Atelier 210 dans le cadre du festival Francofaune, en ouverture de Dalton Telegramme. Mais ce vendredi, c'était bien Bertier le roi de la soirée. Si le collectif se fait aussi rare sur scène, c'est parce qu'il n'entend pas jouer sans la présence de Yan Péchin. Et l'ancien guitariste BertierJF3.jpgd'Alain Bashung a une nouvelle fois illuminé la soirée. Arrivé à Bruxelles mardi soir, il s'est investi corps et âme dans la projet pendant deux jours de résidence. Et il regagnait Paris dès samedi pour y livrer un autre concert à la Maroquinerie!

    Par rapport au concert du 210, Bertier a encore gagné en professionnalisme. On croirait voir une machine huilée par les tournées à répétition, alors qu'on en est très loin. On atteint des sommets en termes de qualité musicale. Les musiciens sont prodigieux, les textes sont ciselés, Lara Herbinia est parfaite aux choeurs et à l'image et Pierre Dungen a une présence BertierJF2.jpgscénique hors du commun. Et surtout, il y a un degré d'exigence très élevé. Rien n'est laissé au hasard. Le moindre couac, même s'il reste invisible au commun des mortels, est ressenti comme un échec retentissant.

    Qui plus est, ils ne se sont pas contentés d'interpréter magistralement leur album "Dandy". En fin de set, on a en effet eu droit à "L'oiseau lyre", premier extrait du disque à suivre. Un album qui sera enregistré dans le magnifique cadre du château d'Ostin. Les compos sont déjà prêtes, mais le collectif a besoin de votre coup de main pour lancer la machine. C'est pourquoi une opération de crowdfunding a été lancée. Foncez, en plus il y a de belles contreparties...

    http://www.kisskissbankbank.com/nouvel-album-de-bertier


  • La belle déclaration d'amour à Bruxelles des Innocents

    "Bruxelles, ma belle" avait été gâtée lors du retour des Innocents après quinze ans d'absence. Face à l'énorme demande un soir de BSF, et pour satisfaire (presque) tout le monde, ils avaient même accepté de jouer deux fois de suite dans le Magic Mirrors. Par la suite, ils étaient encore passés par l'Orangerie du Botanique afin d'y présenter "Mandarine". C'était début novembre, tout le monde baignait encore dans un minimum d'insouciance. Le troisième passage en peu de temps par notre capitale aurait dû être à nouveau synonyme de fête. Comme quand tu retrouves Innocents.jpgdes vieux potes perdus de vue depuis des années. C'était pour eux l'occasion d'une nouvelle fois jouer les morceaux du quatrième album, qui étaient restés jusqu'à aujourd'hui au fond d'un tiroir. Mais voilà, les attaques terroristes ont jeté une chape de plomb sur Bruxelles. On a senti Jipé et Jean-Chri très affectés par les événements. En début de set, ils se félicitent d'être plus à l'abri à l'intérieur de la salle qu'en rue. Quoique... Car on aurait désormais presque l'impression qu'aller à un concert relève de l'acte héroïque, de l'acte citoyen. Avec beaucoup de pudeur et d'amour pour Bruxelles, ils feront à plusieurs reprises allusion aux attentats. Et, après près de deux heures d'un concert resplendissant de retenue, c'est sur un "Un homme extraordinaire" lourd de sens qu'ils s'en vont. Un morceau qu'ils en ont marre de devoir dédier à certaines personnes depuis un funeste soir de novembre.

    "On se souviendra de ceux qui commettent un crime un jour...
    De tous ces chasseurs de primes...
    Et puis d'oublier la vie d'un homme extraordinaire..."

    > Christophe Van Impe

  • Julien Sagot, ce génie peu conventionnel

    Quand nous l'avions rencontré en octobre, lors d'un passage furtif en Europe, Julien Sagot nous avait fait bien comprendre qu'il n'était pas très porté sur la promo. La musique, il fait ça pour son plaisir personnel et certainement pas pour le pognon. L'interview s'était dès lors très rapidement transformée en discussion autour de son amour de l'art sous toutes ses coutures. Jeudi, fuyant l'hiver glacial de Montréal, il était de passage au Botanique. Le Julien.jpglendemain, il repartait déjà au volant de sa camionnette pour une tournée de quelques dates en France, pour terminer par Bayonne.

    Le concert initialement prévu à la Rotonde a été déplacé au Witloof Bar, par manque de spectateurs. La Botanique a un moment même pensé annuler la date. On ne peut que se féliciter qu'elle ait été maintenue. Car, même s'il n'y avait eu que deux personnes dans la salle, Julien aurait joué avec le même enthousiasme et le même génie. Au final, la somptueuse cave du Bota était garnie d'une cinquantaine de personnes.

    Julien, désormais à des années-lumière de ce qu'il faisait avec Karkwa, est plus un artisan qu'un artiste chez qui tout serait réglé comme du papier à musique. On ne s'étonne dès lors que peu que le début du set soit émaillé de quelques problèmes de son. Mais plus le concert avance, plus la magie opère. Il fait éclater tous les cadenas, et on perd tous nos repères. Rien ne sert de s'accrocher à quoi que ce soit, car ce n'est ni du rock ni de la chanson française conventionnelle. Habité, il chante et martyrise ses percussions, tandis qu'en fond de scène le steel-drum nous fait chavirer. La voix est sensationnelle, "Ficelle" et "Transibérien" sont de véritables pépites. Durant le rappel, avec "Kateline" et "Docteur C", le concert atteint son paroxysme. On en reprendrait bien pendant des heures. Saloperie de couvre-feu...

    > Christophe Van Impe

    > Photo de Lara Herbinia

  • Parkway Drive, monstrueux à l'AB

    Ah l'Australie. Ses Kangourous. Ses surfeurs. Son soleil. Et ses groupes de metalcore. Parmi eux, la formation phare est évidemment Parkway Drive. Et les Aussies étaient de passage à l'AB ce mardi pour défendre leur nouvel album « Ire ». Dans leurs bagages, ils nous avaient aussi amenés Thy Art Is Murder et Architects. Après la prestation tout en brutalité des premiers, les seconds ont pris possession de la scène pour dispenser leur excellent post-hardcore. Architects, c'est une valeur montante du hardcore international et les Britanniques l'ont encore confirmé. Avec un set très bien ficelé, ils ont ravi le public de l'AB qui n'en demandait pas tant pour une première partie.Parkway_Drive_2015_-_Ire.jpg

    Mais le groupe que tout le monde attendait, c'était bien entendu Parkway Drive. Et l'attente des spectateurs a été plus que récompensée. Grâce à un set tout simplement monstrueux, le groupe qui s'impose comme la plus grande formation metalcore du moment a confirmé tout le bien que l'on pensait d'eux. Avec un début de concert explosif, notamment grâce aux deux nouvelles chansons « Destroyer » et « Dying to Believe », Parkway Drive avait déjà mis tout le public dans sa poche. Comme à son habitude, le groupe, et particulièrement son chanteur Winston McCall, a été très communicatif. Et ce qui fait la différence, c'est leur énergie débordante tout au long d'un concert. Les Australiens ont alterné les classiques (« Carrion », « Idols and Anchors », « Romance is Dead ») et les titres de leurs deux excellents derniers albums (« Wild Eyes », « Dark Days », « Vice Grip », « Dedicated », « Bottom Feeder »).

    Et le public en redemandait bien entendu. L'AB était déjà sold out depuis des semaines et la foule en feu face à un groupe en pleine grâce. Le rappel, avec l'excellent « Crushed » issu du dernier album et le magnifique « Home Is For The Heartless, terminait de mettre tout le monde d'accord.

    Une voix éraillée, des muscles douloureux et (beaucoup) de sueur. Tels sont les ingrédients d'un concert de Parkway Drive réussi. Et celui-là le fût particulièrement. Alors oui, le groupe originaire de Byron Bay s'impose de plus en plus comme le meilleur groupe de metalcore en activité. Pour notre plus grand bonheur.

    > Olivier Eggermont

  • Notre Saint-Valentin, on l'a passée avec Aline

    Il en aura fallu du temps pour qu'Aline puisse enfin venir défendre "La vie électrique" au Botanique. La faute à une menace terroriste qui, en novembre, avait empêché les Marseillais de se déplacer dans notre tellement dangereux ghetto bruxellois. Ce qui était d'autant plus dommage vu que la symbolique était forte puisque c'est ici, aux très prestigieux studios ICP, qu'ils ont enregistré leur deuxième album. "Et en tournant un clip, on a même failli mourir dans un taxi, qui faisait la course avec un autre", lance Romain Guerret, la voix du groupe. pour cet album, ils sont allés chercher Stephen Streets, le producteur UK des Smiths. Que ceux qui trouvaient Aline déjà trop référencé rock briton des années 80 au premier album passent leur chemin. Les autres, dont nous, adoreront.DSC_8714.jpg

    Qui dit concert reporté dit pas de première partie et une entame peu après 20 heures dans une Rotonde bien remplie. Les lumières sont encore allumées et tout le monde papote allègrement quand le chanteur monte sur scène, pour ce qu'on croit être encore le soundcheck. "C'est bon, je suis prêt, vous pouvez venir", lance-t-il à ses comparses. Le ton est donné, et il sera humoristique pendant tous le concert. Pas de tralala, lunettes de soleil sur le pif, il balance des blagues potaches entre chaque morceau, comme s'il jouait dans son garage. Le concert débute par "Avenue des armées" et balaie avec bonheur les deux albums. La setlist est la même que lors des précédentes dates françaises. Pour la petite touche d'originalité, il faudra attendre le rappel avec l'inédit "La lune sera bleue" et la reprise de "Tout ce que je veux" des Désaxés en hommage au rock français. Pour évidemment terminer par le sublime instrumental "Les copains".

    Il est à peine passé 21h30. Jamais les Français n'ont terminé un concert aussi tôt en jouant en tête d'affiche. Un bon repas les attend en loges. Certains auront encore deux petites heures pour se rattraper de leur absence à la maison en cette soirée de Saint-Valentin...

    > Christophe Van Impe

    > Photo de Lara Herbinia

  • Mustii: un monstre est né à la Rotonde

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    L’histoire de Mustii, c’est celle de l’ascension fulgurante d’un gamin bourré de talent(s) et de ressources. Thomas Mustin, puisque c’est de lui dont il s’agit, s’est d’abord fait un nom sur le petit écran. Diplômé en première master d’art dramatique à l’IAD en 2012, il a débuté dans des webséries, des pubs et des courts-métrages. On le retrouvera d'ailleurs bientôt à l’affiche de « La Trêve » sur la RTBF, ainsi que dans trois longs-métrages en 2016.

    Mais son histoire, c’est aussi celle d’une rencontre déterminante. En 2014, il signe sur le label Black Gizah Records de Kid Noize, l'homme à la tête de singe. Il fait quelques scènes à ses côtés, notamment aux Francofolies de Spa en juillet dernier. Mais il décide vite de voler de ses propres ailes. « The Golden Age », imparable single aux paroles bien sombres, le fait passer dans une autre dimension. Ses premières apparitions sur scène sont certes encore hésitantes, mais on discerne directement l’énorme potentiel. Un deuxième single « Feed Me », sorti quelques semaines plus tard, ne fait que confirmer cette impression. Avant même d’avoir un album à proposer, il est parvenu à remplir la Rotonde du Botanique. La demande était telle, que le Bota lui a dans la foulée proposé non pas l'Orangerie, mais carrément le Cirque Royal. Ce sera pour le 21 octobre.

    Jeudi à la Rotonde, pour le lancement de son EP, il a dépassé toutes les attentes. Les spectateurs n’auront vu que le résultat final. Mais le travail en amont était impressionnant. Pendant six jours, il s’est enfermé à la Madeleine, avec Michaël Larivière (MLCD, Hollywood Porn Stars) comme coach personnel. En une petite semaine, le gamin est devenu une bête de scène. Sous le regard attentif de personnalités du milieu comme Kid Noize (sans le masque, on vous rassure), Michaël Larivière ou encore Marka, Thomas a chauffé à blanc une Rotonde désormais déjà bien trop petite pour lui. Doté d’une voix sensationnelle, il se permet même de reprendre le "Heroes" de David Bowie à sa sauce. On pense inévitablement au phénomène Nicola Testa, vu les références années 80 parsemées tout au long du set. Mais c’est surtout à une évolution à la Oscar and the Wolf à laquelle il semble promis. Prochain élément de réponse en octobre au Cirque…

    > Christophe Van Impe

  • Booba à Forest National: sors les kalash comme à Bruxelles

    Le duc de Boulbi était de passage à Bruxelles ce vendredi. De quoi contenter tous ses fans et faire découvrir ses deux (!) nouveaux albums sortis en 2015.

    Si Forest National n'était pas entièrement complet pour la venue de Booba, la salle affichait tout de même une grosse affluence. Car Booba ne manque pas d'adeptes ni d'ailleurs d'actualité. Cette année, le rappeur du 92 a sorti D.U.C. en début d'année 2015 avant de sortir Nero Nemesis en décembre dernier. Ce n'étaient pas les nouveaux titres qui manquaient donc pour satisfaire ses fans. Après sa démonstration de force dans un Bercy complet, c'est donc à la Belgique et à Forest National que Booba s'attaquait. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il a bien réussi sa tâche. Porté par un début de concert ravageur dans lequel il enchaîne les classiques (Wesh Morray, Vaisseau Mère, Le Duc de Boulogne et surtout l'explosif Boulbi), celui qui s'est exilé à Miami a directement mis le public dans sa poche.Booba.jpg

    La suite, c'est presque 2h30 de concert où le rappeur français underground numéro un enchaîne nouveaux titres et anciens classiques. Et même si sa performance comporte quelques passages plus faibles, il ne perd jamais l'assistance. Alors oui, l'usage maladif et parfois abusive de l'auto-tune en énervera plus d'un. C'est surtout sur des anciennes chansons (Pitbull par exemple) que cela fait tâche. Mais ne boudons pas notre plaisir, celui qui s'auto-proclame le boss du rap game français nous a offert un excellent moment. Charismatique, communicatif et showman, Booba a du métier et ça se voit. Le rappel, avec un Mové Lang de folie, mettra tout le monde d'accord. Mention spéciale également pour Damso, jeune rappeur bruxellois, qui a mis une excellente ambiance en première partie.

    Alors bon, certains titres de Nero Nemesis ou de D.U.C. ne valent certainement pas ceux de Ouest Side et Temps Mort mais en live, la plupart ont un excellent rendu.

    Le Duc de Boulbi peut rentrer dans ses pénates avec le sourire, il a réussi son contrat. Qu'on se le dise, B2O n'est pas mort et a fait passer un message à ses concurrents : si on veut l'envoyer dans la tombe, il faudra le chercher.

    > Olivier Eggermont

  • La leçon de français de Bertrand Belin

    La langue française a été mise à l'honneur au Bota mardi, avec une soirée qui avait été reportée en novembre suite à la menace terroriste. D'abord avec deux de nos plus beaux représentants du moment. C'est à Olivier Terwagne que revenait l'honneur d'ouvrir la soirée. Il monte sur scène seul, accordéon en bandoulière, et plonge DSC_4157.jpgdirectement en pleine belgitude avec "Banana Splitsing", évoquant notamment avec second degré la hype entourant les Diables rouges et leur escapade au Brésil. Au piano ensuite, il nous raconte des histoires avec une jolie pointe d'humour.

    Après 25 petite minutes, il doit déjà  laisser sa place à Ivan Tirtiaux. Son album "L'Envol", déjà présenté à de multiples reprises depuis sa sortie, a reçu des critiques unanimes. Accompagné d'un contrebassiste, il nous emmène dans son univers DSC_4297.jpgboisé. Après une demi-heure, c'est déjà la frustration qui s'impose, tant on en aurait bien repris. En février, il débutera une petite tournée française et sera à deux reprises sur les scènes parisiennes.

    C'est qu'il est déjà 21h3O quand Bertrand Belin entre en scène. Après un passage avec succès par la case littérature, le Breton est de retour avec "Cap Waller", album toujours aussi beau que difficile d'accès. D'emblée, on en prend plein les yeux et les oreilles. L'ambiance monte encore d'un cran sur "Hypernuit", balancé en début de set. Sa présence scénique et ses textes ciselés font de lui ce qui se fait de mieux sur la scène francophone. C'est à se demander comment il peut encore être à ce point boudé par le grand public. Comme à son habitude, il part en délire complet entre ses morceaux, racontant des histoires que lui seul comprend. Il est 23h30 quand il prend enfin congé de l'Orangerie. Quelques minutes plus tard, il est déjà au bar. Depuis les Nuits, le Bota n'avait sans doute plus fermé ses portes aussi tard...

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    > Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia

  • Le vibrant hommage de Lylac à David Bowie

    Que ce soit avec son projet pop-rock MY TVis Dead ou avec Lylac, Amaury Massion est un artiste fascinant. Alors qu'on avait adoré le folk intimiste de son premier album, on ne le savait pas capable d'encore se transcender. A l'époque, il avait puisé son inspiration lors de voyages en Asie du sud-est. Cette fois, il n'a pas dû aller aussi loin. La luminosité de l'album, il l'a trouvée du côté d'Astafort, où il avait été invité par Francis Cabrel. Il y a rencontré Jean Fauque, le parolier d'Alain Bashung. Et c'est aussi dans ce coin perdu de France que Zoé Simpson lui a écrit les paroles de "La revanche du léger", seul morceau en français de l'album.Lylac.jpg

    Mardi soir, c'est dans une Rotonde bien remplie qu'il s'est posé pour présenter "Living by the rules we're making", sa deuxième oeuvre en solo. Une salle qu'il connaît bien, pour y avoir déjà joué à plusieurs reprises. Mais cette fois elle n'est rien que pour lui, entièrement acquise à sa cause. Lors de la tournée précédente, celle consacrée au déjà superbe "By a tree", il n'était accompagné que de Thècle Joussaud, sa violoncelliste. Bien qu'elle n'ait pas participé à l'enregistrement du petit dernier, elle a tout de même répondu à l'appel pour cette date capitale. Elle n'est pas seule, car Amaury est désormais sur scène avec un joueur de sitar, un flûtiste et bien sûr une autre violoncelliste. Et toujours, à ses pieds, une vieille caisse à bouteilles de champagne.

    Pendant 1h30, Lylac a balayé ses deux albums. La reprise du "Lilac Wine" de James Shelton, mais popularisé par Nina Simone (la grande influence d'Amaury) et Jeff Buckley est bien sûr au rendez-vous. Tout comme celle, improvisée la veille, du "Space Oddity" de David Bowie. "Lundi, quand j'ai appris la nouvelle de son décès, c'était le début d'une très mauvaise journée. Je n'étais pas bien. Je ne pouvais pas faire autrement que lui rendre hommage", dit-il. Et l'hommage aura été superbe. Avec sa voix venue d'ailleurs, il a fait appel au Major Tom, tout en sobriété. Vibrant...

    > Christophe Van Impe


     

     

    instrument remonte à cette époque.”

    Rencontres d’Astaffort

    Amaury Massion a choisi l’anglais pour coucher ses états d’âme et, grâce à une année passée alors qu’il avait 19 ans, à Eastbourne (à côté de Brighton), sa maîtrise de la langue de Shakespeare est parfaite. Toute expérience est bonne à prendre. Ainsi de celle qui le voit être retenu aux Rencontres d’Astaffort, formation professionnelle sous l’égide de Francis Cabrel. C’est “Ça balance”, programme belge d’accompagnement des artistes, qui a posé sa candidature et il a été retenu. Il garde un souvenir inoubliable d’une (très longue) soirée avec Jean Fauque (parolier de Bashung) et de divers moments partagés avec les co-stagiaires, originaires de la francophonie. Il a d’ailleurs intégré en bonus “La Revanche du léger”, seul titre en français, fruit d’un travail commun avec Zoé Simpson, croisée là-bas.