Critiques de concerts - Page 5

  • Un samedi soir avec des potes et Brand New


    Quelques jours avant la tornade Muse, l'Ancienne Belgique configuration "Box" accueillait les Américains de Brand New. Quatre albums au compteur, un nouveau single sorti en 2015, des fans bien en voix, dont deux camarades anglais fans de la première heure.

    Voilà un de ces groupes dont on a entendu parler "via via", mais qu'on ne connaît pas... L'anniversaire de nos deux amis Wayne et Ashley nous a permis samedi de combler cette lacune et de leur faire plaisir (il fallait les voir... et entendre beugler les paroles!) par la même occasion! 

    ancienne belgique,brand new

    On ne va pas vous mentir, les premières chansons ont laissé une impression un peu, comment dire... Jugez plutôt: un mélange de "Avril Lavigne avec des couilles", "Linkin Park avec une couille" et "Papa Roach version pop". On nous avait prévenu d'un certain niveau d'"emo", on l'avait peut-être sous-estimé. Au fil des chansons, on s'habitue toutefois, et même si on ne peut pas dire que toute la salle était remplie de "die-hard" fans, il y avait assez de réponse de la part du public pour qualifier l'ambiance de "bonne". 

    "Daisy" fait bouger la tête avec son rythme un peu hip-hop (avant les cris habituels du refrain) tandis que la partie calme de "Luca" est la bande-son parfaite aux étoiles apparues sur les rideaux et le plafond de l'AB. "Mene" le fameux nouveau single apparu plus tôt cette année fait partie du rappel, avec "You Won't Know" en clôture. Une intro nous faisant un peu penser à Archive et une fin expérimentale. 

    Le chanteur Jesse Lacey n'ayant pas beaucoup parlé pendant le concert, laissons le mot de la fin pour nos amis: Wayne a préféré "Sowing Season" et Ashley a particulièrement apprécié "Degausser" ("An emotional explosion of creative excellence all over my face and ear holes!" dixit Wayne), tous les deux issus de l'album "The Devil and God Are Raging Inside Me". Une petite bière, des potes et de la musique, comment réussir son samedi soir...! >Philippe Sadre

     

     

  • Muse à l'AB, on y était et on vous raconte ça

    Muse à l'AB, c'est un peu comme si Lionel Messi venait taper le ballon en sandales au stade Machtens ou si Johnny Depp faisait une apparition dans un téléfilm financé par la RTBF. Pour avoir une place, il fallait d'ailleurs se lever tôt. Ou en tout cas avoir du bol au jeu, puisque c'était uniquement sur concours et, de surcroît, pour la bonne cause. Sudpop faisait partie des chanceux, et on a pris notre pied.

    L'AB, Muse y avait déjà joué (et à la Rotonde aussi, oui oui!), mais c'était dans une autre vie. A cette époque, le trio anglais faisait partie de ces groupes comme Placebo et Coldplay, auteur d'albums somptueux à leurs débuts, mais qui ont très vite visé beaucoup plus haut, beaucoup trop haut même. Coldplay y est parvenu, au détriment de tout intérêt artistique. Muse2.jpgDepuis qu'il joue dans des stades et qu'il prête même des morceaux aux Enfoirés, le groupe de Chris Martin ne nous intéresse plus. Quant à Placebo, il y a longtemps qu'il a délaissé son rock suintant le glam de David Bowie et de Roxy Music pour des choses totalement indigestes. Et aujourd'hui, bouffi et cerné, Brian Molko ne plaît plus à grand monde.

    Muse, c'est différent. Dès le début, on a compris que tous les trois étaient de sacrés musiciens et que ce groupe ne se contenterait pas longtemps de petites salles. Qu'avec ses envolées lyriques parfois pompées à Queen, il allait même vite proposer à U2 de débarrasser le plancher et de prendre au plus vite rendez-vous pour une maison de retraite. Et c'est ce qui est arrivé. Dès lors, voir Muse à l'AB et même si le groupe ne fait pas l'unanimité, loin de là, parmi les puristes, oui c'est un événement.de taille

    La soirée avait été présentée comme un "show case". Ils auraient pu ne jouer que cinq morceaux et puis se barrer que tout le monde aurait quand même été satisfait. Certains étaient même revenus de l'étranger pour assister à cette prestation. Loin de là. Les fans auront carrément eu droit à un concert complet d'1h30. Et Muse1.jpgmême à quelques exclusivités puisque, après un discours de JFK, ça débutait par "Defector", encore jamais joué en live jusqu'à ce mercredi soir. Sans tout le tralala, le lightshow et la mise en scène habituelle, Muse a séduit comme aux premiers jours. Balançant cinq morceaux du dernier album, mais surtout un vrai best of avec "Time is runnig out", "Plug in baby", "Starlight" ou encore "Uprising". Pour ensuite finir sur un clin d'oeil à Ennio Morricone. Muse sera de retour au Palais 12 en mars mais, cette fois, avec l'intention d'en mettre plein la vue visuellement.

    La setlist: 1. "Defector" (live debut), 2. "Psycho", 3. "Supermassive Black Hole", 4. "Interlude", 5. "Hysteria" (Back In Black riff outro), 6. "The Handler", 7. "Time Is Running Out", 8. "Plug In Baby" (with outro), 9. "Munich Jam", 10. "United States of Eurasia" (tour debut), 11. "Mercy", 12. "Starlight", 13. "Reapers", 14. "Agitated". Rappel: 15. "Uprising" et 16. "Knights of Cydonia" (Ennio Morricone's 'Man With a Harmonica' intro).

    > Christophe Van Impe

  • BSF (J8): une soirée royale avec les Girls et Daho

    C'est le jour de plus grande affluence sur la Place des Palais. Normal, il fait bon et l'affiche est plus grand public que jamais. A commencer par Alice on the Roof. Ne nous dites pas que vous ne l'avez pas encore vue en concert cet été, on ne vous croira pas. A cette heure-là, les artistes jouent d'habitude sur une place aux trois quarts vide. Mais pas elle. Comme aux Francos, comme à Ronquières et comme partout ailleurs, elle fait le plein. Et on avoue qu'on ne comprend qu'à moitié. Du talent, elle en a. Des bons morceaux aussi. Daho1.jpgMais de là à la faire passer pour la London Grammar belge et de la faire sauter les étapes à une vitesse hallucinante, il y a un pas. Le lendemain, elle passait au Pukkelpop. Et une AB et un Cirque Royal sont au programme à l'automne. On espère qu'elle ne se brûlera pas les ailes, car elle manque clairement encore de planches... Car par exemple, jouer deux fois son tube sur le même concert, elle ne pourra pas le faire éternellement.

    Pour Girls in Hawaii, la Place des Palais ce n'était pas une première. Ils s'y étaient déjà produits au tout début de leur carrière, en ouverture de Zita Swoon. Le Roi et la Reine non plus d'ailleurs, vu qu'ils avaient assisté à leur dernier concert à l'AB en compagnie d'Intergalactic Lovers. Sauf que cette fois, nos souverains n'étaient pas là. Personne au balcon du Palais. Pavillon belge baissé, ils Daho2.jpgsont en vacances. Mais c'était tout de même une date particulière pour les Girls, car la dernière à Bruxelles d'une tournée kilométrique qui dure depuis près de deux ans. Maintenant, il est temps de se mettre à l'écriture du prochain album. Et le concert? Bin parfait, comme d'hab' avec eux. Mais ce n'est plus une surprise.

    Place ensuite à LA tête d'affiche du festival. Comme tout star, Etienne Daho a ses caprices. Les photographes sont triés sur le volet (ouf, on a eu l'accès) et les clichés doivent ensuite être soumis à son approbation. Daho, nous l'avions loupé au Cirque Daho3.jpgRoyal. Et on ne peut s'empêcher de penser qu'il serait préférable de le voir en salle. Il n'empêche que, même si la voix n'est pas toujours super bien assurée, c'est une véritable machine à tubes. "Le grand sommeil", "Week-end à Rome", "Duel au soleil", "Tombé pour la France", "Le premier jour (du reste de ta vie)", "Epaule Tatoo", "Bleu comme toi",... tous les tubes y sont passés. Et les nombreux quinquagénaires présents sont tous rentrés chez eux avec un sourire Pepsodent. Mission remplie. Daho a convaincu, et ce BSF ne cesse de gagner en consistance au fil des jours. Ce qui est dommage, c'est que ça touche déjà à sa fin.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J7): comme des airs de carnaval sur la Place des Palais

    The Ting Tings pour débuter la soirée sur la Place des Palais, c'est plutôt pas mal comme idée. Katie White en mini short et avec une casquette verte vissée sur la tête attire tous les regards. "Great DJ", "That's not my name" et "Shut up and let me go" sont parfaits en fond sonore pendant que nous nous rassasions tant que les stands de nourriture et de boissons sont encore accessibles de manière _C0X8434_1024.jpgraisonnable. C'est cool, ça passe plutôt bien, mais on se souvient malgré tout que tous ces morceaux étaient nichés sur le premier album du duo anglais. Et que depuis lors, et notamment le dernier album enregistré à... Ibiza, bin c'est plus trop ça. Quelques bons morceaux, mais pas mal de soupe donc. Logique sinon, c'est plutôt du côté du Pukkelpop qu'ils auraient été ce vendredi soir.

    La réputation scénique de The Subs n'est par contre plus à démontrer. Tout en couleurs, les Gantois sont parvenus à _C3A0171_1024.jpgcommunier avec le public malgré une scène bien trop haute et trop éloignée de la foule. Le chanteur grimpe aux échafaudages avant de venir prendre un bain de foule. Et "The face of the planet" fait évidemment toujours son petit effet.

    Vient enfin Basement Jaxx. Pour les trentenaires (ou vieux cons, c'est selon) que nous sommes, ça évoque évidemment les nineties. Cette époque où The Prodigy, les Chemical Brothers ou Underworld squattaient les têtes d'affiche des grands festivals d'été. Comment ça c'est encore le cas? Bin du côté de Basement Jaxx, on en a également encore sous la pédale. On a eu droit à un show très coloré avec des_C0X9141_1024.jpg chanteuses blacks changeant de costume toutes les cinq minutes, un guitariste déguisé en corbeau. Et cerise sur le gâteau, lors d'un "Where's your head at?" endiablé, la présence de cinq gorilles sur scène. Bref vendredi, le BSF, c'était un peu le carnaval de Rio mais c'était bien.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J5): Le "BZF" au Kunstberg, c'est leuk!

    Trois jours après avoir foulé la scène de la salle de La Madeleine avec Mud Flow, Vincent Liben était de retour en solo ce mardi soir. Son deuxième album ("Animalé") en français a d’ailleurs recueilli de jolies critiques. Les thèmes et le concert en général sont plus lancinants qu'explosifs, mais on se laisse souvent entraîner par un groupe compact. Le final est enthousiasmant, et on se dit qu'il faudrait une réécoute a's’n'aise du CD pour se faire un opinion définitive, plutôt favorable en ce moment. On sort d'une salle joliment remplie mais loin d'être full et on voit la file, bloquée devant l'entrée par une barrière, qui s'allonge pour Daan...

    intergalactic lovers,bsf,roosbeef,vincent libenSur le Monts des Arts, on a en moyenne plus de place que ces derniers jours. On a raté Abel Caine (Voici une belle grande photo quand même pour les fans... :hum:)  mais on parvient à choper les derniers morceaux de Roosbeef. Son nom prête aux jeux de mots, mais le groupe basé autour de la chanteuse Roos Rebergen n’est pas anglais mais bien néerlandais.

    Avec Tom Pintens en ses rangs, comme trait d’union entre les Pays-Bas et Anvers, où le troisième album a été pensé. Les mauvaises langues (et nostalgiques des slows de fin de TD’s à l’ULB) diront qu’il s’agit d’une version en Nederlands de Krezip, mais Roos avec sa robe à pois et ses joues… roses se donne assez pour offrir au « Brussel Zomer Festival » un prélude sympa à Intergalactic Lovers.

    intergalactic lovers,bsf,abel caine,roosbeef,vincent libenLes Alostois font partie des groupes belges ayant le plus tourné ces deux dernières années. De retour de Slovaquie où leur apparition au Grape Festival de Piestany a été annulée par des intempéries, le groupe a de nouveau fait étalage de ses belles mélodies. La setlist confirme notamment le bien qu’on a pensé du nouveau morceau, « F ». Le public s’en sort plus qu’honorablement sur le refrain d’ « Islands » et semble plus spontané sur les anciens « Delay » et « Howl ».

    Entre chaque chanson, Lara charme comme toujours la foule et mène la danse (dans tous les sens du terme) dans les deux langues, quand elle se moque gentiment de la dizaine de ballons de couleurs lancés sur scène pendant le même « Islands » (« Merci à l’équipe technique pour ce show extraordinaire ! ») ou quand elle invite le public à se retourner et à dire bonjour à leur manager resté sous la petite tente merchandising.  

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    Allez, juste pour ne pas sembler trop conquis, on regrettera un volume sonore pas toujours au top et la fin un peu plus tôt que d’habitude (on aimerait par exemple pouvoir apprécier « Drive » plus souvent)… mais c’est juste pour ne pas sembler trop conquis. On a par contre croisé plusieurs spectateurs francophones ravis de la découverte et déçus de ne jamais avoir entendu parler de ce groupe. Ah, la Belgique... >Philippe Sadre 

    Photos de Denoual Coatleven

     

  • BFS (J4): Benjamin Clementine a été foooormidaaaable

    Le Mont des Arts on t'aime bien, et la pluie n'a rien à voir avec ça. Mais, à vrai dire, cette fois on n'avait pas trop envie de te voir. Même si tu auras le mérite de nous apprendre que ce bon vieux Pierpoljak était encore en vie _C3A9430_1024.jpg(et visiblement désormais sans rastas). Car ce lundi, c'est à la Madeleine qu'il fallait être. La soirée y débutait avec Celena-Sophia, deux soeurs qui nous chantent leurs soucis de la vie quotidienne et leurs problèmes de coeur. C'est frais et sur la fin, avec "Dis le moi encore", ça remporte son petit succès.

    On se prépare alors pour Kris Dane. Et on s'étonne de constater que la salle n'est remplie qu'à moitié, au maximum aux 2/3. Les gens n'avaient-ils pas envie de sortir de chez eux? Sont-ils passés à-côté du somptueux album de l'ancien membre de la première mouture de dEUS et de Ghinzu? Sont-ils tous soudainement devenus fans de Pierpoljak? Non, en fait, ils sont tous sur le _C3A9464_1024.jpgtrottoir, sous la pluie. On jette un coup d'oeil à l'extérieur, et c'est... jusqu'à la gare centrale que les fans de Benjamin Clementine attendent en file indienne. Certains s'impatientent, certains s'énervent et la police débarque pour mettre un peu d'ordre dans tout ça. Mais personne ne rentre, en tout cas pas pour le moment. Priorité à ceux qui ont un "pass Madeleine" pour la soirée. On ne comprend pas trop, mais on profite quand même du set de Kris Dane, qui dégouline de classe et qui évoque Leonard Cohen, Bob Dylan et Neil Young. Dehors, certains perdent patience et rentrent chez eux. Alors que nous, à l'intérieur, on est tout confort. Allez comprendre.

    Ce n'est qu'au début du concert de Benjamin Clementine que la sécurité n'a eu d'autre choix que de faire rentrer une partie des fans les plus patients (et mouillés). Leur patience a finalement été récompensée. On a assisté à quelque chose d'intemporel, le genre de _C3A9559_1024.jpgconcert dont on ne sort pas indemne. Assis à son piano, l'ancien chanteur de stations de métro parisiennes, nous a fait chavirer. Il continue et ne se déconcentre pas malgré le brouhaha des gens qui discutent près du bar du fond, il se prend de compassion pour les jeunes filles qui font des malaises au premier rang à cause de la chaleur,... Dans la fond de la salle, sous sa casquette verte, Stromae est attentif. Lui au moins, il a pu rentrer...

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J3): Nicola Testa et Magnus, de vraies têtes de beats

    Petit conseil aux festivaliers. Si vous voulez assister à un concert à la Madeleine, débarquez en début de soirée et ne bougez plus de là. Sinon, vous aurez peu de chances de pouvoir y entrer. On reviendra plus tard sur ce désagrément mais, dimanche pour Nicola Testa, c'était déjà la toute grande file sur le _C0X7852_1024.jpgtrottoir de la rue Duquesnoy. Et ce n'est rien par rapport à ce qui nous attendait le lendemain, mais gardons un peu de suspense! Faut dire que Nicola Testa, qui "n'est pas une rock star mais une licorne", a pas mal fait parler de lui ces derniers mois. Entre son concert archi-bondé à la Rotonde et une présence dans la plupart des festivals de Bruxelles et de Wallonie, on n'a vu que lui. Mais il le mérite amplement car son premier album, "No More Rainbows" est une grande réussite. Comme au Bota, il a livré un show haut en couleurs et survitaminé. Il nous a même donner envie de danser, c'est dire! On a beau adorer Soldout (photo), la vraie star de la soirée à la Madeleine, c'était lui. Et on se souvient avec un peu de nostalgie de l'avoir vu, devant une poignée de proches à lui, dans la cave du Brass. C'était pourtant il n'y a pas si longtemps, mais c'était avant l'album...

    Mais le Mont des Arts, cette fois, a également envoyé du lourd. Avec tout ça, merci Nico, on a raté Gonzo. Mais ces amoureux du Muppet, de l'humour potache et du punk qui tache ne nous en voudront pas, car nous avions déjà parlé d'eux aux Francofolies et à Ronquières. Nous sommes arrivés sur place (le temps de faire le tour du Mont des Arts) pour les derniers _C3A9037_1024.jpgmorceaux de Sharko. David Bartholomé, qui entamait à ce moment "Sweet Protection", avait l'air en forme. Même sans son batteur habituel (convalescent depuis les Francos, suite à une fracture du bras, mais présent aux percussions quand même), il a profité de cette tribune pour proposer quelques nouveaux morceaux. Avec talent et humour (intelligent), comme toujours. Un sale couac pourtant: les écrans un poil détraqués de part et d'autres de la scène passaient des publicités aveuglantes.

    Il a ensuite laissé sa place à Tom Barman et son projet electro Magnus. Sur album, c'est sympa, mais ça n'arrive quand même pas à la cheville de dEUS. On y allait donc sans grand espoir de spasmes, de frissons et de sueurs froides. Au pire, quelques bières allaient nous donner l'impression d'assister à un concert de dEUS. Bin, on s'est gouré. Car en live, c'est décidément de la bombe. Surtout que le groupe est désormais renforcé par Tim Vanhamel, jadis tête pensante de l'extraordinaire Millionaire, et qu'on a également retrouvé à la guitare _C3A9234_1024.jpgdans dEUS, Eagles of Death Metal et dans The Hicky Underworld. Bref, le garçon a du talent, de belles bouclettes et de la bouteille. Encore un peu d'efforts, et il aura la même place que Mauro Pawlowski dans notre coeur de guimauve. Tom Barman, qui n'avait encore jamais mis les pieds au BSF, gesticule comme s'il était habité. Et, même sans les invités de l'album, il parvient à faire bouger le Mont des Arts. Et ça, c'est déjà un exploit. Ce garçon a décidément bien des talents cachés...

    > Christophe Van Impe (avec Ph.S.)

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J2): Elvis Black Stars, premier frisson rock n' roll du festival

    Ouvrir la soirée du BSF au Mont des Arts, où beaucoup viennent se balader, boire un verre et taper la discut' sans vraiment se soucier des concerts (l'effet pernicieux du pass pour 10 jours), ce n'est déjà pas un cadeau. Mais alors le faire quand c'est le déluge, ça relève carrément de l'épreuve de force, voire de la torture. Samedi, la poisse elle était pour Elvis Black Stars. On y va? On n'y va pas? La tentation était grande d'aller s'enfermer toute la soirée à la salle de la Madeleine, bien à l'abri, mais au final on_C0X7171_1024.jpg ne regrette pas notre choix. Surtout qu'on avait déjà raté Elvis Black Stars aux dernières Nuits du Bota, pour on ne sait plus quelle raison, alors qu'ils assuraient la tête d'affiche d'une soirée bien rock avec Romano Nervoso, The K et Briqueville. Et que leur dernier EP, franchement il claque bien. Même dans des conditions scabreuses et devant une poignée de courageux sous ponchos, ils ont assuré comme si de rien n'était. Musicalement, ils n'ont évidemment rien inventé, mais les sonorités nous rappellent les plus belles heures de la Britpop. On pense à Kasabian, aux Arctic Monkeys et même à Oasis dans la manière de chanter. Mais surtout avec une énergie omniprésente. On tient la première touche rock n' roll du BSF, enfin!

    Il a évidemment suffi qu'on arrive à la Madeleine pour que la pluie cesse de tomber, ça il fallait s'y attendre. Mais ça en valait la peine, pour assister à l'énième retour de Mud Flow. C'était ça ou Moriarty (photo), il fallait choisir. Mud Flow, c'est un peu comme Sharko, on a l'impression que ce groupe ne cesse de disparaître pour mieux réapparaître. Sur scène du moins, car la dernière production discographique remonte déjà à 2007. Il _C0X7253_1024.jpgn'empêche que ça fait un bien fou de réentendre ces morceaux piochés dans ce "A Life on Standby" qui avait bercé nos oreilles en 2004. Surtout quand le groupe décide de débuter son concert par le superbe "Chemicals". Vincent Liben ne chômera pas pendant ce festival, puisqu'il sera de retour dès ce mardi avec son projet solo, toujours à la Madeleine (20h30).

    Pendant ce temps, le climat s'est définitivement calmé pour le concert en tête d'affiche de Cats on Trees au Mont des Arts. Alors que dire des Français, qui gonfleront par ailleurs encore leur popularité en prenant prochainement place dans les fauteuils de The Voice? Pas grand-chose en fait. C'est sympa, c'est gentil et c'est plein de belles lumières. Mais, même avec des cordes en _C3A8884_1024.jpgplus par rapport aux débuts, ça tombe vite à plat. Il n'y a que sur "Sirens Call" et "Jimmy" que le public se réveille. Yohan Hennequin à beau faire le guignol pour remplir les blancs entre les morceaux, ça ne prend pas. Plouf. Finalement, ça aurait peut-être été plus rigolo avec la pluie.

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • BSF (J1): Great Mountain Fire est bien le groupe belge de 2015

    Attention, il ne faut plus dire "Brussels Summer Festival", mais simplement BSF. Et c'est parti pour dix jours! Vendredi, les organisateurs ont eu de la chance avec le temps car l'orage s'est arrêté quelques heures seulement avant le début des festivités. Et ce sont les Gantois de Douglas Firs, qui ont eu _C0X6401_1024.jpgl'honneur d'ouvrir le bal au Mont des Arts. Devant une assistance encore clairsemée vu l'heure, ceux-ci ont séduit grâce à leur son très "americana" Même si on avait un peu de peine pour Gertjan Van Hellemont, le chanteur, quand il tentait en vain, et en français, d'inciter le public à reprendre le refrain de ses mélodies. Les morceaux sont pourtant bien foutus, rappelant par moments Lou Reed, Arctic Monkeys ou Balthazar. Pas étonnant, vu que Simon Casier (Balthazar) fait partie du groupe, au même titre que Christophe Claeys (Amatorski et Magnus).

    Nous avons ensuite fait un saut jusqu'à la salle de la Madeleine pour le début du set de Bony King, accompagné d'un certain... Gertjan Van Hellemont, qui venait de piquer un sprint depuis le Mont des Arts. La Madeleine, un endroit dont nous vous reparlerons souvent durent ce festival puisqu'il remplace désormais pour de bon le Magic Mirrors, avec une capacité d'accueil supérieure, ce qui évitera certains désagréments connus les années précédentes. Et que c'est là qu'il y aura tous les soirs les afters.

    Nous n'y sommes cependant cette fois pas restés très longtemps, car il était évidemment hors de question de rater Great Mountain Fire qui, avec "Sundogs", a sans doute sorti le meilleur album belge de 2015 (en concurrence avec le superbe "Mont Royal" de Roscoe). Même si on les a vus un peu partout cet été, et encore récemment à Ronquières, GMF a encore une fois été à _C0X6517_1024.jpgla hauteur. Leur set est de mieux en mieux en place, et les mélodies des nouveaux morceaux nous deviennent déjà familières. Ceux-ci sont d'ailleurs tellement bons qu'ils nous feraient presque oublier que "Cinderella", joué en début de concert, était un tube il y a quelques années. La température n'a cessé de grimper durant le set jusqu'au final, agrémenté de la présence de l'ancien batteur de School is Cool aux percussions et des potes de Robbing Millions. Le premier coup de chaud du festival!

    Le Mont des Arts était ensuite noir de monde pour l'arrivée de Charlie Winston. Avec lui non plus, on n'est plus vraiment dans la surprise puisqu'il a écumé les festivals ces dernières semaines. Pour ne pas _C3A8322_1024.jpgl'avoir encore vu, il fallait franchement le faire! Heureusement, pour l'avant-dernier passage de la tournée en Belgique, il a eu le bon goût de ne pas proposer la même setlist qu'il y a deux semaines à Ronquières. Dans le Hainaut déjà, il était parvenu à mettre tout le monde dans sa poche grâce à un show généreux et bien ficelé. Sous son éternel chapeau, le Britannique a enchaîné ses tubes, et il n'en manque pas. C'est "Lately", son dernier single, qui a allumé la mèche d!s le deuxième morceau. Place ensuite à "In Your Hands", "Like a Hobo", "Hello Alone", "Truth",... Déchaîné, il _C3A7995_1024.jpgdescend de scène pour traverser la foule et aller escalader la statue de la Reine Elisabeth située au milieu de la place. Et pour le rappel, il est évidemment rejoint sur scène par Baptiste (Saule) pour "Dusty Men". On s'y attendait, mais ça reste bon. Baptiste qu'on retrouvera d'ailleurs dans quelques jours sur cette même scène avec son projet délirant à tendance punk Gonzo. Ce samedi, c'était au tour d'Elvis Black Stars, Mudflow et Cats on Trees. On reprend notre souffle et on vous raconte ça!

    _C0X7076_1024.jpg

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Denoual Coatleven

  • Ronquières (J1): du tout grand dEUS pour un record de fréquentation

    Festival familial par excellence, Ronquières joue sur une programmation pouvant facilement « plaire à tout le monde ». Entre jeunes artistes belges, musique plus alternative et valeurs sûres commerciales, le site sympa a réussi à se faire une place dans un calendrier chargé.ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte

    Sur la grande scène (Tribord), Gonzo-le-groupe rejoint la figurine en carton de Gonzo-du-Muppets-Show . Une chanson d’ouverture digne d’un croisement « The Weezer 41 Gang », on a compris : le groupe n’est pas là pour se prendre la tête. Un passage par la case reggae, country, une reprise « normale » (« Lump » des Presidents of the USA) et un peu moins (« Killing in the name » de Rage Against the Machine en version Elvis Presley), voilà de quoi entamer la journée de bonne humeur. Les spectatrices montées sur scène pendant "Girls" se sont apparemment bien amusées aussi. Baptiste ne quitte pas le site puisque, en début de soirée, on le retrouvera évidemment sur scène avec son pote Charlie Winston.

    Première transhumance vers la scène Bâbord pour Dario Mars and The Guillotines, qu’on a beaucoup aimé voir à l’œuvre ces derniers mois, notamment au Propulse et à l'Atelier 210 avec Romani Nervoso. « Vous allez encore jouer devant… personne ! » lançait leur manager à la chanteuse ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitteBineta Saware en référence certainement à leur récent passage à Dour. Elle proteste gentiment avant de se préparer à sortir les griffes sur fond de riffs serrés. Dans le public, des gens déguisés en ours polaire, en crocodile ou en cerf. Plus de lion puisqu’il est mort il y a quelques jours, mais bien une tigresse sur scène, l’endroit où Dario Mars et ses Guillotines donnent toujours le meilleur d’eux-mêmes. La suite sur disque s'annonce plus que prometteuse...

    Changement de style avec L'Entourage, le premier groupe hip-hop de la journée. Collectif à géométrie variable qui a eu un gros succès et qui aurait sans doute eu une place encore plus haut dans l'affiche s'il avait davantage spéculé sur le nom de son leader. A savoir Nekfeu, la tête pensante de 1995, qui vient de sortir un album solo qui cartonne en France et dont les Inrocks sont tombés amoureux. Le maillot du Paris Saint-Germain est là pour bien rappeler d'où ils viennent. Ils sont plus d'une dizaine sur scène et foutent un beau bordel. Avant de terminer dans la foule pour "On verra" (plus de 21 millions de vues sur Youtube quand même, pour un album sorti en juin!), le tube de Nekfeu. Le concert est fini, une horde de gamines espère se faufiler backstage pour avoir une photo. Non, non, on ne passe pas...ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte

    Pour Alice On The Roof, c’était blindé de chez blindé, comme lors de son récent passage aux Francos. Une révélation belge. Elle a l’air bien fragile et isolée, avec ses deux musiciens aux extrémités d'une grande scène. Quelques chansons electro-pop, une version de « Princes » d’Oscar & The Wolf dont elle n’a gardé que le côté lymphatique et « le » fameux single « Easy Come Easy Go »  (repris une deuxième fois en fin de set) n’ont pas laissé un souvenir impérissable, même si la musique est plutôt sympathique. Un buzzeke pour le moment.

    Le Néerlandais Dotan aussi a deux-trois singles qui ont beaucoup tourné sur les radios. Ronquières n’avait pas trop l’air de connaître à fond le ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittepremier (le délicat « Hungry »), mais s’est bien lâché sur « Home ». Un chouette moment de la part d’un artiste qui a bien compris ce que ce tube lui a apporté et qui respecte sa chanson ainsi que les personnes venues en grande partie pour écouter celle-ci. Au milieu, un concert sympa mais parfois un peu monocorde.

    Deuxième teinte hip-hop pour la journée avec La Smala, qui a également recueilli un beau succès sur la petite (mais qui semblait ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittequand même plus grande que l’année passée) scène. Pas grand chose de nouveau sur la planète rap (« Fumez pas des joints comme nous, » etc.) mais le public s’est bien amusé.

    Notamment entendu dans le public pendant Balthazar: « Nooon, c’est pas des Anglais, écoute quand ils parlent en français… ». Bref, malgré de nombreuses bonnes critiques en français dans le texte, il y a encore du chemin. « Decency » et « Then What » du dernier album ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittedébutaient un set où les chansons prennent le temps de s’imprégner pour finalement résonner dans nos têtes. Tout comme l’image de la charmante violoniste Patricia Vanneste, toute vêtue de blanc tel un ange descendu sur terre apporter des titres soignés comme « Bunker », « Do Not Claim Them Anymore » ou « Blood Like Wine ». Une excellente prestation des Courtraisiens qu’on pourrait, si on y tient vraiment, cataloguer entre Lou Reed et les Arctic Monkeys.

    Un peu plus haut sur l’affiche donc, BRNS, qu’on retrouve toujours avec plaisir depuis quelques années déjà. On ne s’en rend peut-être pas toujours bien compte, mais le groupe a grandi depuis sespremiers pas. Et pour leur dernier concert belge de l’année avant une série de dates à l’étranger (dont uneronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitte tournée française avec Archive) et une période consacrée à l'écriture, les quatres cerveaux ont démarré à fond et gardé le cap pendant soixante minutes. Devant 2/5 de Balthazar, Tim s’amuse derrière son micro et sa batterie et lance « Mexico » qui initie une farandole, loin du Grand Jojo mais marrante quand même. 

    C’est là d'ailleurs qu’on a remarqué que le « chauffeur de scène » a disparu de la circulation, pour notre plus grand plaisir…

    Charlie Winston lui aussi démarre au quart de tour : « Lately » et « Truth » ouvrent le bal. Le public est dans la poche, le petit Moonwalk sur un fond funky ne fait qu’augmenter la température. L’arrivée de Saule sur scène pour « Dusty Man » conclut un vrai show.

    ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigitteRobes noires à paillettes et crantées juste où il faut, Brigitte est dans la place. Les deux Françaises se la jouent lascives, ingénues, souvent sexy, jamais vulgaire. Mais pas super capitvant non plus. Autour de nous, un « On bavait plus à Spa » nous fait sourire. C’est clair, faut adhérer aux chorégraphies, aux ondulations, aux paroles naïves… Ou s’habituer peut-être : le « Accroche-moi » avec le public participatif en fin de concert nous a déjà paru plus enthousiamant que le reste. Une petite respiration en apnée avec ces deux sirènes qui ne nous ont pourtant pas coupé le souffle.

    Vingt-trois heures trente tapantes, dEUS pénètre sur la scène. « Via » et "The Architect" pour commencer. Quand le groupe assure comme ça, il est impossible de résister à « Instant Street », même si c’est la 89e fois qu’on le voit en live. « Quatre mains » confirme sa bonne tenue en live, puis paf ! une panne de courant (malgré Plug RTL et Radio Contact comme partenaires…) de dix minutes au milieu, qui a encouragé certains à rentrer plus tôt. Mal leur en a pris, le groupe revenant encore plus ronquières festival,gonzo,alice on the roof,deus,dotan,la smala,entourage,charlie winston,datio mars and the guillotinesbrns,balthazar,brigittedécidé à faire plaisir au public avec un décidemment superbe « Bad Timing » ou le duo mythique « Suds and Soda » et « Roses » à la fin. Avec le cerf de début de journée toujours bien présent au premier rang.

    Fin du Day 1, finalement sold out comme le lendemain, soit un total de 32.000 spectateurs sur deux jours : record battu lors de cette quatrième édition! Celui des files d’attentes à l’entrée également apparemment… Tout le monde était prévenu avant un dimanche où on souhaitait bien du plaisir aux festivaliers… 

    > Philippe Sadre et Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia