Interview - Page 3

  • An Pierlé (ce jeudi 12 mai à l'Eglise des Dominicains): "Jouer dans une église, ça a un côté fascinant"

    Mardi soir, An Pierlé a livré un showcase de toute beauté dans les bureaux de Pias. Elle y a joué l'intégralité de son dernier album "Arches". Elle sera ce soir à l'Eglise des Dominicains pour le défendre. Les Nuits du Bota peuvent vraiment commencer...an hr_2.jpg
     
    Comment est née cette idée d’ajouter de l’orgue à ta musique?
    "Cela remonte à 2012, à l’occasion du festival Odegand. J’avais reçu le titre de compositrice officielle de la ville Gand. Un de mes rêves était de jouer dans une église. C’est un endroit fascinant. Tu ne peux pas prendre une échelle, grimper et aller jouer sur un orgue. Tout doit être silencieux, vu que l’instrument fait un bruit énorme. Ils m’ont donné un jeune organiste de 23 ans, et on a dépoussiéré les tuyaux de l’orgue de l’église Saint-Jacques. J’ai alors commencé à composer."
    Fréquentes-tu souvent les églises?
    "Non, c’est un milieu que je ne connaissais pas vraiment. Je ne rentre dans une église que quand je suis à l’étranger et que j’ai envie de visiter. En été, c’est agréable car il y fait très frais. Je ferme les yeux et je m’imagine comment ça devait être les pour les gens en 1700. Pour beaucoup, c’était le seul endroit où il y avait de l’art."
    Est-ce un one-shot ou pourrais-tu continuer dans cette voie?
    "Il y aura une deuxième partie à l’album. Pour la suite, je ne sais pas encore. J’aime le son et l’endroit, mais je ne ferai sans doute pas un répertoire pour orgues jusqu’à la fin de ma vie. Je cherche toujours quelque chose qui m’inspire. Là, je suis heureuse, car j’ai trouvé la voie que je cherchais à emprunter. Après 20 ans, je cherchais à me renouveler. C’est gai de ne pas faire tout le temps la même chose. Le piano-voix, ça demande une concentration d’écriture énorme, car tu n’as rien à cacher. Ce projet s’est réalisé en trois stades. C’est un luxe d’avoir le temps."
    Comment as-tu mis en place la concrétisation sur scène?
    "En 2014, on a fait quatre concerts dans des églises très différentes, et un dernier à l’Atelier 210. Le meilleur concert, c’était à Gand, dans une grande église, qu’on connaissait déjà. Au 210, ça prenait une ampleur différente, car on sortait du cadre de l’église. Ce soir-là, on a eu de l’espoir et on s’est dit qu’on pouvait faire un album."
    Le public est-il plus contemplatif?
    "Oui, quand même. Pour beaucoup de gens, l’église est liée à la jeunesse. C’est un endroit où il faut être silencieux. C’est un endroit qui fait référence aux grands moments de la vie. Beaucoup m’ont dit que c’était émouvant d’assister à un concert dans ce cadre. Et puis, tu as le son de l’orgue qui t’enveloppe."
    Techniquement, est-ce évident?
    "Non. La première fois, on a d’ailleurs eu des problèmes techniques. On avait eu trois concerts le même jour. Le an hr.jpgmatin, il n’y avait pas beaucoup de gens. Le midi, c’était à moitié rempli donc c’était idéal. Mais le soir, il y avait 800 personnes. Le son, c’était comme une éponge. En haut, on pensait avoir joué un très bon concert. Mais Koen, qui était en bas, trouvait que ça n’allait pas du tout. L’orgue venait en décalage sur nos voix."
    Dois-tu adapter ton jeu de scène? Au 210, tu étais plus réservée que de coutume…
    "Je n’ai pas encore développé un jeu de scène. Je ne le fais d’ailleurs jamais. Je ne sais pas encore si je dois parler entre les morceaux. Même si j’aime bien me marrer, peut-être que je devrais ne rien dire, et laisser une atmosphère s’installer. La concentration est importante."
    Pourras-tu intégrer des anciens morceaux à la setlist?
    "Je veux d’abord bien installer l’album, et puis on verra. Mais c’est sûr que les morceaux à batterie forte, on ne pourra pas les faire."
    Espères-tu toucher un nouveau public?
    "Oui, les vieilles choristes! Ce disque peut brasser très large, car il y a un côté pop année 1980 mais aussi un côté plus mystique."
    N’as-tu pas eu peur de déstabiliser ton public?
    "Je soupçonne que ceux qui viennent me voir savent que ça change à chaque fois. Ce n’est pas comme du Simple Minds, où c’est à chaque fois la même chose. Ces dernières années, je suis dans une recherche. La forme change, mais tout part du même endroit."
    Et malgré tout, cet album reste très pop et inspiré par les années 80…
    "Il y a des albums qui restent avec toi pour la vie. Sur «Avalon» de Roxy Music, il y a aussi une atmosphère un peu mystique."
    Qu’écoutes-tu de contemporain?
    "J’écoute trop peu de musique. Dans ce que j’aime, il y a FKA Twigs, le premier album de Florence and the Machines, War on Drugs, PJ Harvey, Mélanie De Biasio et Perfume Genius."
    De toutes tes reprises, quelle est ta préférée?
    "Elles sont très différentes l’une de l’autre, mais sont très marquantes de certaines périodes. Celle de Gary Numan, elle a tout lancé. «Paris s’éveille», c’était au départ pour rigoler, mais ça nous a permis de percer en France. «Such a shame» est plutôt bien réussi."
    Preuve que tu touches à tout, tu as aussi fait un disque pour enfants…
    "C’est une pièce de théâtre musicale sur le sommeil et les rêves en néerlandais. On la joue aussi en français. On va même aller au Canada. Je pense qu’on sous-estime souvent les enfants. En concert, ils sont très immédiats. Leurs réactions sont très touchantes. On a joué devant des enfants handicapés. Dès que la musique commence, ils sont apaisés. On a joué devant des sourds-muets aussi. Un enfant, il ne ment jamais…"
    > Un entretien de Christophe Van Impe

  • O - Olivier Marguerit (dimanche 15 mai aux Nuits du Bota): "Ma musique a un côté circulaire"

    Olivier Marguerit, on l'a connu comme guitariste de Syd Matters ou de Mina Tindle. Aujourd'hui, il nous revient sous le pseudonyme "O". Son album "Un torrent, la boue" 'est un véritable bijou, que vous pourrez découvrir ce dimanche 15 mai aux Nuits du Bota.O1.jpg

    Olivier, comment se présente ton concert de dimanche aux Nuits du Bota?

    "Hyper bien. Je suis actuellement en train de répéter. J'ai déjà souvent joué au Bota par le passé, avec Syd Matters. Ce qui me frappe dans ce festival, c'est la concentration de salles et de public dans un espace assez restreint. Les souvenirs que j'en ai, c'est surtout d'avoir déambulé un peu ivre entre les salles. J'ai toujours eu une connexion assez importante avec la Belgique. Récemment, j'ai encore fait du synthé sur l'album de Dan San. Je connais aussi bien les gars de Girls in Hawaii, avec qui j'ai partagé la route. Dernièrement, j'ai découvert BRNS. Ce sont tous des groupes dans lesquels je me reconnais."

    Finalement, tu aurais pu être "musicalement belge"...

    "Ah mais il semblerait que, dans la famille, on ait des origines belges assez lointaines, du côté de Bruxelles. Je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier, mais j'aime le rêver."

    Pourquoi avoir appelé ton projet "O"?

    O2.jpg"A la base, c'était la signature que j'utilisais à la fin de mes mails. Puis quand j'ai commencé à voler de mes propres ailes, je m'y suis attaché. J'aime bien ce côté circulaire, sans fin, qui ressemble à ma musique. L'idée du cycle était en fait présente dans tout ce que j'entreprenais. Et puis, il y avait aussi cette idée de rester un petit peu caché, anonyme. Je n'avais aucune envie de porter bien haut l'étendard de ma personne. Appeler son projet de la sorte, c'est faire en sorte qu'il soit très difficile à référencer sur Internet. Les gens doivent chercher pour me découvrir, tout ne leur est pas offert sur un plateau."

    Tu avais même à un moment envisagé de le décliner sous toutes ses formes orthographiques...

    "Oui, ça m'a un peu amusé. Je trouvais ça ludique. J'aurais pu, d'un album à l'autre, m'appeler "Eau", "Aux", "Haut",... Mais je crois que, au final, le nom du groupe n'évoluera plus."

    Ton album est justement traversé par la thématique de l'eau. Pourquoi cette obsession?

    "Je ne sais pas trop comment le définir. L'homonymie m'amusait. En plus, il y avait eu la naissance de ma fille. Or, l'eau c'est la vie, le liquide amniotique,... c'est un élément qui est omniprésent dans nos vies."

    Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de voler de tes propres ailes?

    "J'aurais bien aimé le faire plus tôt. Mais la vie a fait que je me suis constamment retrouvé à jouer accompagné de O4.jpggroupes de la scène indé parisienne. A l'issue du quatrième album de Syd Matters, il y a eu un creux. Ce fut un virage dans ma vie. J'ai commencé à envisager d'avoir un enfant, et j'ai emménagé avec ma compagne. Je quittais seulement ma période d'adolescence. Je me suis alors replongé dans tous ces morceaux que j'avais accumulés pendant ces années."

    La transition a-t-elle été facile?

    "J'ai surtout dû m'habituer au fait de chanter. Je l'avais fait auparavant, mais seulement dans des choeurs. Et je peux t'assurer que ça change toute la perception que tu as de la scène. J'ai découvert que la voix était elle-aussi un instrument qui se travaille."

    Ca t'a apporté quoi d'étudier à l'American School of Modern Music?

    "J'y ai beaucoup appris et, en même temps, ça m'a bloqué dans plein d'autres choses. J'avais fini par adopter une vision trop complexe de la musique. Or, je voulais faire quelque chose de pop et de naïf. En sortant de là, j'ai dû tout désapprendre."

    Tu n'as pas non plus gardé un souvenir impérissable du conservatoire...

    O3.jpg"Ce sont mes parents qui m'y avaient inscrit, mais je n'étais pas bon. Le conservatoire m'a formé l'oreille, mais je n'en ai pas gardé grand-chose. J'ai toujours été autodidacte. J'ai appris la musique en écoutant les disques de mes parents. Ils se sont séparés quand j'étais jeune, c'est donc un peu comme si j'avais eu deux familles. D'un côté, j'avais ma mère qui écoutait de la variété française. Son truc, c'était la grande trilogie amoureuse composée de Balavoine, Cabrel et Goldman. Mon père, lui, était à fond dans Supertramp et Dire Straits. Moi, j'ai assez vite été passionné par la scène indé amércaine, les Pixies, les Red Hot,... Dans ma musique, on retrouve toutes ces facettes."

    A côté de ton album, il y a aussi cette BO pour le film "Diamant Noir".

    "C'est une coproduction belge, et ça a été tourné à Anvers. Je vais aussi bosser sur deux courts-métrages. D'un côté, il y a O, et de l'autre le compositeur de musique de films. C'est ça ma liberté."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

  • Recorders (au BSF le 10 août): "Avec ce line up, on n'a plus aucune limite dans la composition"

    Un peu plus d’un an après “Above The Tide”, les Recorders ont bien changé. Le line up d'origine n'a pas survécu au concert acoustique durant les Nuits du Bota 2015. Le batteur et le claviériste se sont fait la malle et ont été remplacés par le pianiste de jazz Ben Broux et le multi-percussionniste Michael-John Joosen. Cela fait de "Coast to Coast" un album sublime encore bien plus abouti. Après un concert flamboyant à la Madeleine il y a quelques semaines, le groupe sera de retour au BSF le 10 août, toujours dans la même salle.

    En quoi les changements de line up ont-ils donné un nouvel élan au groupe?

    Gordon Delacroix: "Après le premier album, nous nous sommes séparés de notre claviériste et de notre batteur. C'était une chouette aventure, mais nos chemins se sont séparés car deux membres du groupe se dirigeaient plus vers d'autres styles de musique. Cela ne se passait plus de manière naturelle et organique. Nous n'étions plus compatibles. On a fait pas mal de recherches, d'annonces et d'auditions. On a trouvé deux personnes qui ont Recorders5.jpgapporté énormément. Ben est pianiste et prof de jazz. C'est son premier projet pop-rock. Bien que ce soit un musicien accompli, il a une vision totalement nouvelle. Il joue tellement bien que ça nous donne une liberté totale au niveau des compositions. Pour les claviers, on n'a aucune limitation. On peut partir dans des arpèges et des trucs beaucoup plus complexes. De l'autre côté, on a Michael-John, qui s'est mit derrière les futs. C'est plus qu'un batteur. C'est un multi-percussionniste. Il apporte des sacs entiers avec des coquillages, des cloches, des shakers,... Il vient avec 12 shakers différents! En plus de ça, il est fort ouvert à l'idée de mélanger les sons acoustiques et électroniques."

    Le premier album avait mis un an et demi avant de sortir. Cela n'avait-il pas engendré de la frustration?

    "Oui, car il était sorti un an après le quatrième single. C'était indépendant de notre volonté. C'était un problème de label, des conneries administratives. On ne va pas citer de noms, mais certains te bloquent. Le cliché des requins dans les labels, il existe, même si la plupart ne sont pas comme ça. On a donc voulu enchaîner assez vite. Pendant un an et demi, on ne s'est pas tourné les pouces. On ne s'est d'ailleurs jamais reposé, ce qui est fatigant par moments. J'écris et je compose tout le temps. Ce n'est pas volontaire ou conscient, mais les idées me viennent spontanément. Je peux être dans la rue, chez un pote, dans un avion ou au restaurant et j'ai une idée qui me vient en tête. J'enregistre en mémo sur mon téléphone, car j'ai toujours peur que ce soit la bonne. J'ai des centaines de mémos très gênants, que je garde bien pour moi. Quand j'ai du temps et un environnement propice, souvent la nuit, je me replonge dans l'inspiration que j'avais."

    As-tu ressenti le premier album comme un échec?

    "Non, mais c'était frustrant, car beaucoup de choses n'étaient pas liées à la qualité de la musique. On était chez EMI, qui a été racheté par Warner. Ils ont mis du temps à vouloir nous laisser partir, et on a mis un an avant de pouvoir Recorders6.jpgsigner chez Caroline. On n'a pas eu de bol. Au final, ce n'est pas du tout un échec. Avant cet album, on n'était nulle part. Cela nous a permis de rencontrer énormément de gens. On est toujours chez Caroline, un label américain qui s'occupe notamment de Tame Impala. Ce premier album fut la première pierre à l'édifice."

    Le concert acoustique aux Nuits du Bota a-t-il fait office de déclic pour tous ces changements?

    "Oui, carrément. Le Bota nous avait invités un mois avant les Nuits. Ils avaient vu une vidéo, où on jouait "Purple and Gold" en acoustique sur des barques dans le Bois de la Cambre. Ils voulaient qu'on fasse un set acoustique. Trois membres du groupe étaient partants. Mais les deux autres étaient totalement opposés au projet, ils étaient sur la défensive. On a voulu le faire avec d'autres musiciens, et du coup ils ont quand même voulu le faire. Au final, on a eu un concert hybride. La moitié du groupe jouait d'une manière différente des autres. Cela ne s'est pas bien passé, et je pense que le public l'a ressenti. J'ai en tout cas du mal à ne pas montrer ma frustration sur scène. J'aimerais bien le refaire, qu'on nous laisse une deuxième chance."

    Au Bota justement, vous aviez repris un morceau de The National. Est-ce une influence qui t'a marqué pour ce deuxième album?

    "The National a toujours été une influence. Ma voix plus grave, c'est une manière naturelle pour moi de chanter. Sur le premier album, j'avais une choix plus éthérée par choix. Mais on va vraiment se diriger vers ça. Sur le single "Lost at sea", on peut effectivement retrouver du The National dans la voix. Sur d'autres, il y a un peu de Woodkid aussi. Ce sont des mélanges d'influences."

    Alors qu'auparavant, tout le monde ne citait que Foals...

    "Tous les groupes sont influencés par d'autres. Tu en as qui sont hyper proches de leurs influences, mais elles ne sont pas très connues, et personne n'en parle. Parfois, c'est frustrant de n'entendre parler que de ça mais je pense que ça fait partie de la nature humaine de vouloir retrouver quelque chose qu'on connaît. Nous sommes Recorders3.jpgévidemment ravis d'être comparés à nos idoles. Mais si on écoute attentivement l'album, on retrouve aussi notre identité. Tout dépend sur quoi tu te concentres."

    Que peux-tu nous dire de ton autre projet, avec Barry des Fratellis?

    "Je l'avais invité au premier concert au Bota et il avait fait deux morceaux à la basse et un à la batterie. Il y a quelques années, j'organisais des soirées rock comme on en a dans des clubs à Berlin ou à Londres. Je trouve que ça manquait à Bruxelles. On a eu les Libertines, Kaiser Chiefs, Futureheads, les membres de Tame Impala. Barry, c'est vraiment le gars avec qui je suis resté en contact. Il a écouté ce qu'on faisait et nous a invités pour trois concerts avec eux à Londres, Birmingham et Manchester. Depuis deux ans, on a commencé un projet musical ensemble, qui s'appelle Cyans. L'année passée, il m'a invité dans son chalet au Pays de Galles, où on a composé. Là, je vais dans le sud de la France, où on a trouvé un ancien monastère. Le but est de finir un EP et de sortir ça dans les semaines qui viennent. Des membres de Spiritualized devraient également participer au projet. On part plus dans un mélange de musique de films et de postrock."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Gasparotto


     

     

  • Nicolas Michaux: "La musique, comme passeport pour le monde"

    On pourrait déjà qualifier «A la vie, à la mort» d’album belge de l’année. Mais ce serait bien trop réducteur... Rencontre intime avec un orfèvre, qui sera en concert au Botanique ce vendredi 15 avril.

    Un nouvel album, c’est souvent le début d’une nouvelle aventure. Or, ici elle était déjà bien entamée. Soulagé que l’album sorte enfin?

    "J’étais plus angoissé par l’idée de ne jamais terminer cet album que par la sortie en elle-même. L’album est fini depuis janvier et, depuis, j’ai une nouvelle vie."

    As-tu vraiment eu peur de ne pas le terminer?

    "Au début, il y a notamment eu des raisons de santé. J’ai cru que j’allais être sourd de l’oreille droite. J’ai trouvé une solution médicamenteuse et je suis guéri. Et puis, au niveau de la production, je m’étais lancé dans quelque chose d’enthousiasmant mais de difficile à monter, notamment en termes financiers. Une fois que j’ai eu les 20 DSC_5698.jpgmorceaux, j’ai eu beaucoup de mal à choisir les 10 que je voulais garder. Ensuite, le label français est arrivé, et ça a aidé. L’aventure ne faisait que continuer, mais avec plus de temps et de budget. Je suis très content car je n’ai fait aucun compromis et c’est l’album que je voulais. Il y a eu de longues pauses. Je ne pensais qu’à ça, mais je n’étais plus actif."

    Le label français, c’était une évidence?

    "On a envoyé le projet à des labels belges et français. «Tôt ou tard» proposait un meilleur contrat, plus de budget et une exposition plus large que ce qu’on aurait eu en Belgique. La question ne se posait pas vraiment. En plus, ils ne voulaient pas de modifications. Certains voulaient même qu’on réenregistre avec le mec qui a fait M…"

    Pour l’accueil, tu n’avais par contre aucune crainte à avoir, vu que les gens connaissaient déjà les morceaux…

    "Les critiques ont toujours été positives. Mais, vu l’attente, j’avais un peu peur qu’il n’y ait plus l’effet de surprise. On ne devait surtout rien laisser au hasard. On a un peu procrastiné, mais on s’est posé des questions et on a été longtemps dans la recherche. Au final, le résultat est meilleur que si on l’avait sorti il y a un an ou deux."

    Qu’as-tu retiré de tes voyages à l’étranger?

    "Je suis parti une année scolaire à Aarhus (Danemark), en bord de mer, où ma copine terminait ses études. J’étais seul, tranquille. Après trois mois de lectures et de balades, j’ai eu à nouveau envie de faire de la musique dans une démarche enfantine. J’étais seul dans mon petit atelier. J’ai vécu de magnifiques moments de découvertes. Le projet est né là-bas. La philosophie aussi. Je n’étais pas là pour faire un blockbuster, mais un travail d’artisan. Au Congo, je ne suis resté que 12 jours dans le cadre d’un concert, mais ça a changé ma vie.<UN>J’y ai eu un accès privilégié à la vie sur place. Je suis resté dans les quartiers avec mon appareil photo. Je suis rentré et j’ai été recontacté par le guitariste qui jouait dans le backing band et dont j’avais cerné le génie. Il est venu à Bruxelles. On a travaillé quelques morceaux. «Part of no part» date de ce moment-là."

    Et là, tu reviens d’une tournée en Chine…

    "C’était très intense. C’était dans le cadre d’un appel à projets pour un festival d’artistes francophones. On a joué 6 fois, parfois dans des lieux universitaires, avec des étudiants qui apprennent le français, mais aussi dans des clubs normaux. Nous n’étions que deux. C’était parfois un peu frustrant, mais aussi très créatif. Au final, les problèmes DSC_5712.jpgauxquels les gens sont confrontés en Chine sont les mêmes qu’ici… le prix des loyers qui augmente, un pouvoir politique injuste et qui intervient dans le mauvais sens. L’idée avec ce projet, c’est de continuer à utiliser la musique comme visa pour le monde. J’aimerais jouer en Amérique du Sud, en Allemagne ou en Angleterre. J’aimerais aussi retourner à Kinshasa."

    Tu as des idées bien arrêtées sur l’évolution de la société. Cela se ressent dans ta musique, mais ce n’est jamais flagrant...

    "Si c’était flagrant, trop revendiqué, trop direct, ça n’aurait plus d’intérêt de le faire en musique. Cela ressemblerait à des discours. La société devient tellement violente et les problèmes que nous rencontrons tellement aigus que j’ai l’impression qu’il va peut-être falloir faire de la musique un peu plus terrestre et dans une prise de position politique. Pour le moment, de mon côté, c’est par petites touches. J’espère que le disque donnera des idées aux gens. Grâce au chômage, après la fin d’Eté 67, j’ai pris mon temps et je me suis donné la chance. J’aurais pourtant tout aussi bien pu chercher un boulot et mettre tout ça de côté. Tout le monde a un potentiel créatif en soi. «Croire en sa chance», c’est peut-être ça le message le plus fort de l’album. Dans d’autres morceaux, j’ai une certaine nostalgie de la nature, et de tout ce qu’on a détruit. On va devoir reconstruire sur des bunkers."

    Te sens-tu en total décalage avec la société qui t’entoure?

    "Je n’ai pas la télévision, mais si j’écoute le fil des actualités, je me dis que les politiciens ne vivent pas dans le même monde que nous. Je suis convaincu qu’on est dans un système agonisant, et qu’il va falloir passer à autre chose parce que la planète nous l’oblige. Mais j’ai l’impression que, depuis 2008, tout le monde est plus politisé. Je suis assez confiant, car il y a des choses hyper intéressantes sur la table pour le moment. Comme le disait Bob Dylan, les vainqueurs seront les perdants et les vieux sont dépassés. Une nouvelle génération arrive."

    Il y a quelques semaines, tu es passé dans l’émission «Ce soir (ou jamais)» sur France2.

    "C’est une émission que je suis capable de regarder en replay, car j’y trouve des gens qui ont des réflexions. Je n’irais pas dans n’importe quelle émission, et pas dans n’importe quelles conditions. Je ne fais pas de playback, etDSC_5702.jpg je ne fais pas de charity-business. Je dois aussi trouver un juste milieu. Ne parler qu’à mon cercle d’amis, aux gens d’Ixelles et de Saint-Gilles ou à ceux qui viennent à l’Atelier 210, ça n’aurait pas beaucoup de sens. Mais pas à n’importe quel prix…"

    Que retires-tu finalement de l’expérience Eté 67?

    "C’était une école de la vie, et une école de la musique. Je suis content qu’on ait arrêté au bon moment, avant que ça ne devienne pénible. Aujourd’hui, je redémarre en ayant plus de recul. Si Rudy Léonet n’a pas envie de passer un de mes morceaux, bin ce n’est pas grave."

    > Christophe Van Impe

    > Photos de Lare Herbinia

  • Sudpop a rencontré ALA.NI

    A Arlon, vous jouerez dans une église. C’est la première fois ?

    Non, à vrai dire, j’adore jouer dans les églises. L’acoustique est incroyable, le public est attentif… Si j’ai accepté de venir à Arlon, c’est d’ailleurs parce qu’on m’a proposé de jouer dans une église. Et puis cela convient bien à la formule de mes concerts, assez dépouillée et sobre.

    Vous habitez toujours Paris ? Vous parlez français ?

    Oui, mais je ne parle pas français… just a tiny little bit ! (rires) Mais j’adore Juliette Greco, je vais peut-être chanter une chanson d’elle en français (elle se met à chanter « Parlez-moi d’amour » au téléphone…)

    ALAni.jpgVotre musique est très cinématographique. On dirait la bande originale d’un vieux film en noir et blanc des années 50… vous êtes d’accord avec ça ?

    Oui, pourquoi pas. C’est vrai que l’on me dit souvent cela. Le cinéma m’intéresse énormément. Mais je ne veux pas faire de la musique de niche, une sorte de pastiche des vieilles musiques de films. Je fais juste une musique qui me ressemble. Je voulais une production très simple, mais j’avais une idée pourtant précise de comment cela devait sonner.

    Qu’est-ce qui vous inspire ?

    Absolument tout : les conversations avec des amis, mes expériences personnelles, une exposition que je vais voir, une peinture, un poème, une histoire… C’est un processus continu, cela ne s’arrête jamais. Tout peut venir nourrir ma créativité et ma musique.

    On vous qualifie souvent de chanteuse jazz. Or, ce n’est pas votre façon de voir les choses…

    Tout dépend de ce qu’on met derrière l’étiquette « jazz ». Si le jazz signifie la liberté, alors oui je m’y retrouve. Après, c’est aussi une étiquette qui est un peu impressionnante, qui peut effrayer… et mettre une certaine pression !

    Parlez-nous de votre travail avec Blur et Damon Albarn. Il vous a aidé à produire votre album, correct ?

    Disons que Damon est un ami, il m’a beaucoup encouragée à faire de la musique, à oser produire mes propres chansons. Il a toujours cru en moi, m’a donné confiance. Il m’a beaucoup supporté, avec bienveillance.

    Vous chantez sur les albums de Blur ?

    Non, seulement en concert. (ALA.NI a également été choriste pour Mary J. Blige et Rita Ora, ndlr.)

    Je vous pose la question parce que les médias parlent beaucoup de cela. Ça fait quoi d’être l’objet d’attention de tous les médias ? Tout le monde dit de vous que vous êtes la mégastar de demain…

    Je ne passe pas mes journées à m’occuper de cela. Vous savez, je fais mon management moi-même, je passe le plus clair de mon temps à ne m’occuper de me musique. Le reste… Bien sûr, ça me fait plaisir que je vois un article qui parle de moi dans la presse, mais je passe vite à autre chose. Je suis quelqu’un de très simple. Je me contente de faire de mon mieux. Être payée pour faire des concerts, c’est un rêve. Même si pour l’heure, je suis toujours fauchée ! (rires)

    Votre album a fuité sur le net. Ça vous énerve ?

    C’est frustrant. D’autant que si les gens écoutent mes chansons sur un iphone merdique… enfin bon ! Mais je fais partie de cette culture là aussi… Moi aussi je regarde la musique sur YouTube. Aujourd’hui, on regarde la musique… ça ne veut rien dire, c’est complètement dingue, non ? 

    Une interview de Romain Goffinet

  • Sharko: "Aujourd'hui, le décalage il est à l'intérieur"

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    Sept ans après "Dance to the Beast", et après une parenthèse solo aussi salvatrice que réussie, David Bartholomé est enfin de retour avec Sharko. L'attente a été interminable et douloureuse, mais elle en valait la peine. Car "You don't have to worry" est un putain d'excellent album. Il sortira le 8 avril et le groupe, qui a retrouvé le feu sacré, sera en concert à la Rotonde le lendemain. Nous avons rencontré David, autour d'un thé à la rose, quelques heures seulement après les attentats de Bruxelles.

    David, j'imagine que c'est un peu compliqué de parler musique, vu les événements...

    "La première chose qui me vient à l'esprit, c'est qu'il faut continuer à vivre. Quand il y a eu les attaquants au Bataclan, j'ai été heurté de plein fouet. On touchait au secteur du jeune qui va aux concerts. Je connaissais des gens qui étaient dans la salle, notamment Guillaume B. Derchef, qui écrivait pour les Inrocks. J'ai souvent joué au Bataclan. C'est une superbe salle. Le soir du 13 novembre, je suis allé coucher très tôt. Je ne l'ai appris que le lendemain matin. J'avais 15 messages sur mon portable. Il y avait de fortes probabilités que je connaisse des gens sur place. Mais je n'ai pas voulu céder à la dramaturgie et commencer à envoyer des textos à tout le monde. Il faut laisser aux gens le temps de regagner la surface. Le samedi à 15 heures, un copain à tenté de joindre Guillaume via son épouse. Elle lui a répondu qu'il était dans les victimes."

    As-tu eu des appréhensions avant de remonter sur scène après les attentats de Paris?

    "Non. Je ne dis pas qu'on n'y pense pas, mais pas au point d'avoir une appréhension ou d'être timoré. Le week-end qui a suivi, les gens n'avaient pas envie de sortir. La décence et la dignité faisaient que les gens avaient plus besoin d'être accrochés aux nouvelles. Mais après, la vie doit continuer. Le boulanger doit continuer à faire son pain. Ce que j'ai trouvé très beau et audacieux, c'est que le championnat de Belgique de football ne s'est par exemple pas arrêté. J'ai trouvé que c'était un beau signal. Il fallait continuer de divertir. Aujourd'hui, ça touche Bruxelles. Mais, c'était tellement prévisible. Il ne fallait pas être un grand tacticien de la politique ou du terrorisme pour s'en douter."

    On va quand même parler musique... Il y a deux ans, pendant la Coupe du Monde, je t'avais croisé. Et tu avais été très mystérieux autour d'un éventuel retour de Sharko. Y avait-il vraiment encore un doute?

    "Oui, le doute était présent. Nous avions répété et enregistré beaucoup de choses pendant huit mois, jusqu'à juillet 2013. J'étais hyper découragé car j'ai osé admettre qu'il n'y avait rien de bien là-dedans. J'ai eu un vrai coup de massue. Tous les morceaux sont partis à la poubelle. J'ai mis du temps à m'en remettre. J'étais décontenancé, sans ressource, sans revenu, sans idée. J'étais vraiment dans la merde. En juillet 2013, on m'a proposé de jouer de la basse dans un groupe français. J'ai accepté, et ça m'a fait du bien. C'était un travail d'humilité, je pensais à autre chose. Je me suis un peu laissé aller. Pendant la Coupe du Monde, j'avais deux ou trois chansons et on reprenait les répétitions après un an. C'était un peu tôt pour dire que nous étions sur la bonne voie, car je n'avais rien en mains..."

    En quoi était-ce si mauvais que ça?

    "J'étais hyper exigeant. J'étais mal à l'aise avec tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une posture. Avec le recul, j'avais raison. Sur le morceau "You don't have to worry", il y avait à la base un beat très dance. Dans ma façon de chanter, c'était horrible, je braillais."

    As-tu pensé tout laisser tomber?

    "On ne se le dit pas aussi brut de décoffrage. Mais je me suis demandé si j'étais encore aguerri, si je n'étais pas trop vieux. Le déclic, ça a été d'accepter un boulot de merde à Roubaix. J'étais tellement malheureux que je me suis dit qu'il y avait certainement moyen de faire mieux. C'était impossible que je ne m'en sorte pas. Je me suis ditSharko2.jpg que ça allait aller... you don't have to worry! J'ai vraiment été convaincu de l'idée de relancer Sharko en avril 2015. J'avais envie d'être aspiré pour m'en sortir. Il y a eu la rencontre avec Christophe Waeytens, qui m'a poussé avec ses mots. On a enregistré des guitares, et je me suis rendu compte que ça sonnait très bien. Nous sommes allés dans un studio à Bruxelles, c'était un rêve de gosse. Après le troisième jour de mix, j'étais convaincu."

    Qu'as-tu retiré de ton expérience en solo?

    "J'ai été déstabilisé par l'échec de l'album "Dance on the Beast". Je trouvais que j'avais été à côté de la plaque. Je m'en voulais. Si je voulais être artiste, c'était pour avoir des antennes et capter des trucs. Je devais me remettre en scène et en confiance. Plutôt que de tout de suite monter sur un cheval, vaut mieux d'abord monter sur un âne ou un poney. Le côté champêtre, sans pression, jouer des petites chansons en étant plus bucolique et sans se prendre la tête sur la production et le son, tout ça m'a fait un bien fou. Je ne savais pas que Sharko allait reprendre par après, mais je savais que je soignais un truc qui avait été dérouté. C'était une parenthèse essentielle."

    Pourquoi avoir mixé l'album à New York?

    "Il fallait que je me fasse aider par un vrai professionnel ayant le bagage et la connaissance technique qui me manquaient. J'avais des noeuds dans les chansons. C'était de la chirurgie. On m'a alors parlé de Mark Plati. Quand tu fais de la musique pop rock en anglais, c'est important de te baigner à un moment donné dans un univers anglophone. Il te faut un Américain qui te reprend sur la grammaire du texte ou sur ton accent. Quand il ne te dit rien, c'est rassurant. A force de côtoyer des Américains, tu as une sensibilité plus exacerbée à certains endroits."

    En plus, les conditions climatiques étaient assez particulières!

    "A fond, ouais. Mais c'était tellement bien vécu localement! Ici, les gens s'inquiétaient pour nous. Alors que là-bas, les Américains se prenaient en selfie dans la neige, faisaient de la luge dans Central Park, on a même vu un gars faire du ski de fond sur la 5e Avenue. Quand je suis revenu, j'avais la banane. J'ai compris que c'était bon."

    Dans tes influences, tu as souvent cité la musique classique. Est-ce encore le cas?

    "J'aime bien Wagner pour le côté tonitruant, pour les grandes explosions. Je n'aime pas tout hein, car ça me gave. J'écoute de tout. Je peux aller de Ravel première époque, jusqu'à Eric Satie."

    Mais le pop rock, tu évites?

    "Dans la mesure du possible, car ça risque de perturber ton travail, de te donner de fausses bonnes idées. Du coup, je prends une bulle d'air en écoutant d'autres choses. J'aime bien écouter du jazz,, car je ne comprends rien et ça m'aère la tête. Quand je veux vraiment rire un coup, j'écoute du jazz fusion des années 70 comme Weather Report. Je tiens 15 minutes, mais je sais que ça me fait du bien."

    Sharko est sur le devant de la scène depuis 1999. En quinze ans, es-tu satisfait de l'évolution de la scène belge?

    "Il y a eu une extraordinaire vague belge, mais je me dis qu'on aurait pu aller encore plus loin. Aujourd'hui, il y a un dynamisme dans les groupes qui surgissent, malgré la difficulté et la tristesse du secteur. Ce sont des artistes qui ont une vision et qui la défendent tant bien que mal. J'aime beaucoup Great Mountain Fire. Nicolas Michaux a son sillon aussi. Et comment ne pas penser à Alice on the Roof au moment où tout le monde en parle en France?"

    Comment arrive-t-on encore à se motiver vu l'évolution du secteur?

    "C'est un idéal de création. On a une vision et on essaie de la défendre. Tu ne dois pas le faire en te disant que tu vas être endetté pour trois ans. Tu ne le fais même pas pour la gloriole, mais juste pour la satisfaction."

    Parviens-tu encore à être un "artiste décalé"?

    "Par le passé, le décalage était plus excentrique. Désormais, je me contente d'un décalage à l'intérieur. Avant, j'aurais été jusqu'à faire un strip tease et à faire chanter ma chaussure. Aujourd'hui, sur un morceau comme "Woody", tout le surréalisme est à l'intérieur du texte. Et ça, ça me convient. Je crois être devenu plus réservé. C'est l'âge..."

    Tu es un grand fan de football, même si tu prétends le contraire...

    "Je ne comprends plus rien au football belge. J'ai du mal à adhérer à cette histoire de playoffs. Je ne suis pas capable de te citer trois joueurs évoluant en Belgique. Je sais juste que Preud'homme entraîne à Bruges. Techniquement, la Belgique c'est quand même pas top. Quand tu compares avec un match de Leicester, il y a un monde de différence. Mais j'adore le football français, et je suis la Ligue 1 car il y a le PSG. J'aime beaucoup cette énergie. J'avais fait un travail de fin d'année sur Socrates. J'avais eu zéro! Pourtant, j'avais bien bossé sur la tactique du Brésil entre 1982 et 1986. Les neuf membres du jury ont cru que je me foutais de la gueule de la philosophie. Il y avait de l'esprit, mais ce n'était pas du foutage de gueule."

    Vois-tu des connections entre le football et la musique?

    "Je vois des connections dans le déclenchement et la provocation d'idées. Quand tu vois Verratti ou Rabiot prendre le ballon, se diriger vers la droite, creuser, et puis ouvrir à gauche,... ce déclenchement d'idées, tu le retrouves dans la musique. Dans le foot, il y a aussi une question de lignes, de verticalité et d'horizontalité. Tu peux comparer la base rythmique en musique à l'assise défensive d'une équipe. Tu sais qu'une bonne phrase, ce sera un peu comme un but de Giroud!"

    Par contre, c'est compliqué d'écrire un bon morceau sur le football...

    "Oui, même si je pense que c'est possible. "Excellent", dans ma tête, c'était en partie pour le foot."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

    > Photos de Lara Herbinia

     

  • (run) SOFA: "On fait du rock de Manchester-sur-Sambre"

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    Charleroi est progressivement en train de se débarrasser de son image de ville post-industrielle noire et repoussante. Le Rockerill n'a jamais été aussi bouillonnant, le Vecteur devient une plateforme culturelle incontournable, Kid Noize redore l'image carolo depuis derrière ses platines. Et puis il y a le petit dernier. (run) SOFA, groupe rock absolument inclassable, devrait très vite devenir incontournable. Le premier EP, "Shenaningans", sort ce vendredi. Et c'est de la bombe made in "Manchester-sur-Sambre"...

    Comment est né le projet (run) SOFA?

    "Le projet existe depuis environ deux ans, mais s'appelait d'abord "Zero Tolerance for Silence". On avait sorti un premier EP, mais on était plus dans l'expérimentation. C'était un autre trip, i n'y avait pas vraiment de ligne directrice. Notre bassiste est parti vivre en Suisse, et on a décidé de sortir un deuxième EP beaucoup plus structuré, en changeant de nom et d'image. Le nom vient du morceau "Run So Far" de George Harrison. On travaille encore Run.jpgavec Wilson Rose, qui est notre graphiste et qui joue sur un morceau. On a changé de nom car le précédent était un peu revendicatif, on voulait quelque chose de plus léger. Ce groupe, qu'on évoquait depuis longtemps et qui est enfin là, regroupe toutes nos influences. L'EP nous représente bien en termes de couleurs. C'est comme si c'était un nouveau groupe. Au niveau du chant, les références sont vastes. On pourrait t'en citer plein, comme Thom Yorke, Bjork, David Byrne ou Shaun Ryder, même si ça ne se ressent pas dans le chant."

    Comment qualifieriez-vous votre musique?

    "C'est difficile de mettre une étiquette précise. On a envie de faire une musique qui est dansante, mais qui reste brute et rock. Et dans laquelle il y a une couleur. La base de tout, c'est le live. C'est du rock de Manchester-sur-Sambre. Plus on s'ouvre, plus on est créatifs. Des artistes comme Radiohead ou David Bowie, ils ne sortent jamais deux fois le même disque. On ne veut surtout pas se répéter, tout en gardant notre identité forte."

    Vos origines carolos se ressentent-elles dans votre musique?

    "Oui, dans notre manière d'aborder et d'interpréter la musique. On a un show énergique, tout en ayant des subtilités. On a surtout envie que notre musique touche toutes les classes sociales. On ne veut pas faire un truc élitiste. Charleroi, la ville post-industrielle et tout ce que ça représente, c'est nous quoi. Il y a une part de vérité dans cette image que véhicule la ville, mais elle a souvent été très mal exploitée. Charleroi, c'est avant tout des gens très chaleureux. Cela change petit à petit. On a vraiment envie de représenter ce changement. Les gens en veulent Run4.jpgde plus en plus. Il y a eu tellement peu de choses à Charleroi ces 10 dernières années que tout est à faire, et c'est hyper excitant. Quand nous étions adolescents, il n'y avait plus rien à Charleroi après 19h. Or, les gens sont chauds et demandeurs. J'espère que l'image va changer. C'est une ville post-industrielle comme Manchester, qui est parvenue à se reconstruire. Il y a le Vecteur, il y a le Rockerill, il y a Kid Noize, il y a Pays Noir,... ça commence vraiment à bouger à Charleroi."

    Le visuel, c'est important?

    "Oui, très. Le lien entre le son et l'image est très fort. On a un fort rapport avec le cinéma, on a tout le temps des images en tête. On adore Jim Jarmusch, David Lynch, David Cronenberg,... Voir leurs films, ça a changé notre vie. On aime bien l'idée de voyage. Quand tu regardes un film de Jarmusch, tu as l'impression d'avoir fumé un joint. Parvenir un jour à faire une BO, ce serait terrible. C'est un des trucs qu'on aimerait faire dans notre vie."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

     

     

  • GiedRé: "L'indignation sélective, ça ne marche pas avec moi"

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    Elle est drôle, belle, insolente, lituanienne et talentueuse. Bref, elle est parfaite. Sortie de son petit bistro par Raphaël Mezrahi et Laurent Baffie, GiedRé n'a aucune limite. Après quatre soirs sold out à la Maison des Musiques, elle sera de retour le 1er octobre à la Madeleine. Ne loupez surtout pas ça...

    GiedRé, il paraît que ton premier rapport à la musique c'était... un CD de Céline Dion, alors que tu n'avais pas de lecteur!

    "Ouh là oui, c'est une légende à moitié inventée par les gens qui la déforment. Quand je suis arrivée en France, j'avais 7 ans, et des amis de ma mère m'avaient offert ce CD comme cadeau de bienvenue. Je ne pouvais pas l'écouter, donc je lisais juste les paroles. Et puis un jour, j'ai écouté la musique, et je me suis dit "ah ouais.." Je ne sais pas ce qui était le pire entre les paroles et la musique, ça devait sans doute être le savant mélange des deux. Cela m'a en tout cas beaucoup servi à vouloir faire autre chose par la suite!"

    Tu as commencé comme comédienne. Comment as-tu fait le switch vers la musique?

    "A la base, ce n'était pas du tout censé être un switch. Je ne vivais pas toujours hyper bien d'être dans cette grande dépendance du désir des autres. J'ai juste eu envie de me créer un petit espace de liberté totale, où je pouvais de temps en temps faire ce que je voulais, comme je le voulais et quand je le voulais. Du coup, je venais jouer mes petites chansons dans un bistro, et c'était censé en rester là. Je n'avais aucune ambition."Giedre4.jpg

    Tu viens de jouer quatre soirs de suite sold out à Bruxelles. Le public belge est-il si particulier?

    "Mais, je vous dois tellement, c'est terrible! Vous allez me faire un procès pour vol de propriété intellectuelle! C'est marrant, car c'est le cas depuis le tout début. A l'époque, je venais dans des petits lieux, des endroits très confidentiels. La première fois, c'était en 2011 au Café Belga. J'ai aussi joué au Salon de Silly. C'était toujours complet. Quand je suis venu pour la première fois en festival, je m'attendais pourtant à ce qu'on me mette entre la poubelle et le recyclage du verre. Avec le public belge, on a la même simplicité."

    Tu avais commencé très fort en sortant un album... sans CD!

    "Oui, c'était drôle. C'est l'avantage d'être en auto-production. Je peux faire ce que je veux. Cela s'appelait "Mon premier album, genre Panini". L'objet album, pour moi il n'est pas important. Une chanson, c'est bizarre. Ce n'est pas comme un tableau ou une statue, elle n'existe pas. C'est immatériel. Mais, j'avais quand même envie de mettre mes chansons dans une petite maison. J'avais fait tout un concept. C'était comme un album Panini. Il fallait gratter, et puis tu avais un code pour télécharger le morceau sur mon site."

    Quand tu écris, te mets-tu des limites?

    "Oui, quand j'arrive en bas de la page. Elle est là la limite."

    Mais pas dans les thèmes donc?

    "Non, ce serait tellement triste. Il y a déjà tant de gens dont c'est le métier d'imposer des limites."

    As-tu déjà eu des réactions négatives de personnes que tu évoques dans tes morceaux?

    "Au contraire. On me disait de me préparer, que j'allais avoir les associations d'handicapés à dos. En fait, il s'est passé exactement le contraire. Au lieu d'avoir été mise en demeure, j'ai été invitée à être la marraine d'un festival qui s'appelle "Ma sexualité n'est pas un handicap". J'ai rencontré des handicapés qui avaient envie de prendre du Giedre3.jpegplaisir, et qui m'ont remercié pour "La bande à Jacky". Je pense qu'il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Certains sont bien plus intelligents que tout ce qu'on leur dit toute la journée. Après, tu as toujours des réactions du genre: "Ouais, ta chanson sur le suicide, c'est abusé. Car moi, mon cousin il s'est suicidé et ça m'a rendu trop triste". Mais l'indignation sélective, ça ne marche pas avec moi. N'être révolté que par ce qui te touche personnellement, je trouve ça un peu petit. Soit tu t'indignes de tout, soit tu ne t'indignes de rien. Ma chanson sur le suicide, ça ne va pas. Mais les enfants morts et tout le reste, ça passe car ça ne te concerne pas? Les réactions pareilles, je ne les entends pas trop."

    Quel rôle Raphaël Mezrahi et Laurent Baffie ont-ils eu dans ta carrière?

    "Ce sont les premières personnes qui m'ont dit de le faire en vrai. Je jouais dans mon bistro. Un jour, une copine me conseille de rencontrer un mec qui faisait des chansons rigolotes. Je le fais. Et, face à moi, il reçoit un appel de Raphaël Mezrahi sur son portable et devient tout blanc. Il devait assurer sa première partie à La Cigale pendant une demi-heure le soir-même, mais n'avait que de quoi tenir 20 minutes. Il me demande alors de venir dépanner en jouant deux morceaux. Je m'en fichais vu que j'avais zéro envie de faire ça en vrai. Au pire, tout le monde détestait. Mezrahi m'a ensuite présenté Laurent Baffie, qui m'a invité à Europe 1. Ils m'ont pris par la main, et m'ont poussée. Au fil du temps, je me suis un peu éloignée du milieu humour 100%, car je ne m'y reconnaissais pas vraiment. J'ai fait mon petit chemin, mais je suis un peu comme leur petite nièce."

    Tu t'es même exportée au Japon...

    "C'est une histoire marrante. J'y étais allée une première fois pour faire des petits concerts mais dans un cadre francophone. Un Japonais est alors venu me trouver. Il avait un label qui sortait tous des trucs français du style Juliette Greco. Il voulait sortir mon album. Je lui ai dit: "Mais, il ne faut surtout pas faire ça, monsieur! Car vous allez perdre tout votre argent et je ne dormirai plus de la nuit de vous savoir sous un pont si loin de moi et à cause de moi". Pendant longtemps, je lui ai dit non, mais il insistait. Du coup, j'ai sorti un album là-bas. J'ai fait la totale. Sur la pochette, je vole sur un sushi dans le ciel! Je suis allée là-bas faire dix jours de promo et des petits concerts. Dans le public, il n'y avait que des Japonais. Ils étaient déstabilisés car je parlais justement de tout ce dont il ne faut pas parler au Japon. Le rôle de la femme y est également particulier. Ils sont très studieux. Ils suivaient les paroles dans un petit livret, comme à la messe."

    Retournes-tu souvent en Lituanie?

    "Oh oui. Quand j'ai le temps, j'y vais tous les trois ou quatre mois. J'ai gardé la nationalité lituanienne. En plus, je suis blanche, on ne me laisse donc pas à la frontière derrière des barbelés."

    Tu accordes beaucoup d'importance aux réseaux sociaux...

    "Oui, car c'est le moyen le plus direct. Je ne vais quand même pas attendre que Jean-Pierre Pernaud m'invite à son 13h pour m'adresser aux gens."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

  • Gavin James: "Jouer à Werchter reste le plus grand souvenir de ma carrière"

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    Gavin James, 22 ans et une bonne tête de rouquin qui ne laisse aucun doute sur ses origines, est déjà une star en Irlande. Adoubé par Ed Sheeran, et comparé à Damien Rice, il vient de sortir son premier album "Bitter Pill" et s'était produit sur la scène de Rock Werchter l'été dernier. Nous l'avons rencontré lors d'un passage furtif en Belgique, entre la Norvège et la Suisse. Il sera en concert au Botanique le 8 avril. A ne surtout pas manquer...

    Gavin, tu seras en concert au Botanique le 8 avril. Quelle image as-tu de la Belgique?

    "Je suis venu quelques fois. Malheureusement, quand je passe, je n'ai pas trop le temps de voir autre chose que les salles de concerts et les hôtels. Mais je garde notamment un souvenir incroyable de mon passage l'an dernier à Rock Werchter. C'est jusqu'à présent le meilleur souvenir de ma carrière. J'y avais joué le lendemain du Pinkpop. Je ne m'étais jamais retrouvé dans un endroit aussi énorme, même si j'avais déjà joué devant de grandes assistances. Je suis monté sur scène et je me suis dit "oh fuck..." Je ne m'attendais franchement pas à ça. J'avais joué sous la tente, j'adore ça. Car, même si c'est en festival, tu parviens à jouer devant un public attentif. J'ai également fait quelques festivals en Irlande, comme "Electric Picnic" l'an dernier."

    Connais-tu certains artistes belges?

    "Stromae est de chez vous, non? Il est épique. Je l'ai découvert avec la vidéo de "Alors on danse". Mais c'est "Formidable" que je préfère. Chez nous, la vidéo passe avec la traduction des paroles, ce qui nous permet de comprendre ses textes. Car mon français est très sommaire..."

    La musique, tu as baigné dedans dès le plus jeune âge...

    "Absolument, à la maison il y avait tout le temps de la musique. Mes grands-parents étaient tous les deux chanteurs d'opéra. Ma soeur, qui a 8 ans de plus que moi, est également chanteuse soul. Elle chante du gospel, comme dans "Sister Act". Mon père adorait la musique. J'ai grandit avec Bob Dylan, Jimmy Hendrix, Cat Stevens, Van Halen dans les oreilles... mais j'ai aussi beaucoup écouté Slipknot et Metallica. Au départ, j'aimais le rock bien lourd. J'apprécie énormément de genres. J'ai appris à jouer de la guitare très jeune, car c'est plus simple. Je jouais du Dylan et du Beatles. C'est en voulant jouer du Led Zep que je suis passé à la guitare électrique. Je voulais devenir Jimmy Page! J'avais également un très bon prof de piano."Gavin1.JPG

    Que peux-tu nous dire de ton album?

    "C'est une collection de morceaux composés depuis deux ans. C'est une espèce d'adaptation de tout ce qui s'est passé dans ma vie. Il n'y a pas tellement de chansons d'amour."

    Les paroles sont très personnelles, notamment sur "22"...

    "Oui, ça parle du harcèlement à l'école. J'ai connu une période terrible à l'école primaire. J'en ai souffert jusqu'à l'âge de 14 ans. C'était vraiment merdique... C'est une chance de pouvoir exprimer ses sentiments."

    Quel rôle Ed Sheeran a-t-il eu dans ta carrière?

    "Il m'a un jour invité sur scène lors d'un concert à Croke Park. J’étais nerveux comme à chaque fois que je monte sur scène. Il m’a proposé ça avec le groupe Kodaline alors que nous étions ivres à 5 heures du mat'. C'était dingue, il y avait 8000 personnes. Ed a joué un rôle primordial dans ma carrière. Il m'a énormément aidé."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     


     

  • Gavin James: "Jouer à Werchter reste le plus grand souvenir de ma carrière"

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    Gavin James, 22 ans et une bonne tête de rouquin qui ne laisse aucun doute sur ses origines, est déjà une star en Irlande. Adoubé par Ed Sheeran, et comparé à Damien Rice, il vient de sortir son premier album "Bitter Pill" et s'était produit sur la scène de Rock Werchter l'été dernier. Nous l'avons rencontré lors d'un passage furtif en Belgique, entre la Norvège et la Suisse. Il sera en concert au Botanique le 8 avril. A ne surtout pas manquer...

    Gavin, tu seras en concert au Botanique le 8 avril. Quelle image as-tu de la Belgique?

    "Je suis venu quelques fois. Malheureusement, quand je passe, je n'ai pas trop le temps de voir autre chose que les salles de concerts et les hôtels. Mais je garde notamment un souvenir incroyable de mon passage l'an dernier à Rock Werchter. C'est jusqu'à présent le meilleur souvenir de ma carrière. J'y avais joué le lendemain du Pinkpop. Je ne m'étais jamais retrouvé dans un endroit aussi énorme, même si j'avais déjà joué devant de grandes assistances. Je suis monté sur scène et je me suis dit "oh fuck..." Je ne m'attendais franchement pas à ça. J'avais joué sous la tente, j'adore ça. Car, même si c'est en festival, tu parviens à jouer devant un public attentif. J'ai également fait quelques festivals en Irlande, comme "Electric Picnic" l'an dernier."

    Connais-tu certains artistes belges?

    "Stromae est de chez vous, non? Il est épique. Je l'ai découvert avec la vidéo de "Alors on danse". Mais c'est "Formidable" que je préfère. Chez nous, la vidéo passe avec la traduction des paroles, ce qui nous permet de comprendre ses textes. Car mon français est très sommaire..."

    La musique, tu as baigné dedans dès le plus jeune âge...

    "Absolument, à la maison il y avait tout le temps de la musique. Mes grands-parents étaient tous les deux chanteurs d'opéra. Ma soeur, qui a 8 ans de plus que moi, est également chanteuse soul. Elle chante du gospel, comme dans "Sister Act". Mon père adorait la musique. J'ai grandit avec Bob Dylan, Jimmy Hendrix, Cat Stevens, Van Halen dans les oreilles... mais j'ai aussi beaucoup écouté Slipknot et Metallica. Au départ, j'aimais le rock bien lourd. J'apprécie énormément de genres. J'ai appris à jouer de la guitare très jeune, car c'est plus simple. Je jouais du Dylan et du Beatles. C'est en voulant jouer du Led Zep que je suis passé à la guitare électrique. Je voulais devenir Jimmy Page! J'avais également un très bon prof de piano."Gavin1.JPG

    Que peux-tu nous dire de ton album?

    "C'est une collection de morceaux composés depuis deux ans. C'est une espèce d'adaptation de tout ce qui s'est passé dans ma vie. Il n'y a pas tellement de chansons d'amour."

    Les paroles sont très personnelles, notamment sur "22"...

    "Oui, ça parle du harcèlement à l'école. J'ai connu une période terrible à l'école primaire. J'en ai souffert jusqu'à l'âge de 14 ans. C'était vraiment merdique... C'est une chance de pouvoir exprimer ses sentiments."

    Quel rôle Ed Sheeran a-t-il eu dans ta carrière?

    "Il m'a un jour invité sur scène lors d'un concert à Croke Park. J’étais nerveux comme à chaque fois que je monte sur scène. Il m’a proposé ça avec le groupe Kodaline alors que nous étions ivres à 5 heures du mat'. C'était dingue, il y avait 8000 personnes. Ed a joué un rôle primordial dans ma carrière. Il m'a énormément aidé."

    > Un entretien de Christophe Van Impe