Critiques de concerts

  • Julien Doré, on l'a aimé sur les bords du lac

    Lundi soir, Julien Doré était de passage en Belgique pour un showcase Radio Contact/Plug RTL (très prochainement, un Black Pass sera consacré à l'artiste sur Plug). Une agréable coutume chez lui, qui a toujours eu pour habitude de tester ses morceaux en live devant quelques centaines de privilégiés. Pour la sortie de "Bichon", il avait fait ça sous les dorures du Trianon à Paris. Il avait alors joué tout son deuxième album dans l'ordre, pour terminer par un duo d'anthologie avec son maître à penser Christophe sur "La Dolce Vita".

    Cette fois, la Belgique, où sa cote de popularité ne cesse de grandir au fil des albums, a également eu droit à un tel honneur. Dans unJulien.jpg endroit symbolique, puisque dans une salle feutrée du Château du Lac de Genval, en référence au titre de son dernier single. Pour une de ses premières longues apparitions en live depuis la sortie de "&", le Nîmois nous aura une nouvelle fois subjugués. Dans une formule un tantinet plus intimiste, avec deux musiciens de moins que ce qu'il proposera sur la tournée (dont l'insolent de talent Arman Méliès, actuellement sur la route), il a fait preuve de sensibilité, d'humour, de générosité et de lâcher-prise. Bref, tout ce qu'on attendait de sa part. Certes, son dernier album peut paraître un peu déstabilisant pour le grand public. Notamment par la disparition du second degré, qu'on retrouvait sur des morceaux plus légers comme "Les Limites" ou "Kiss Me Forever". Mais Julien Doré, ce n'est de toute façon pas pour cet aspect de son oeuvre qu'on l'aime profondément.

    Alors, quand il débute son showcase sur "Mon Echo", une des pépites de "&", on est directement sous le charme. Après "Le Lac", "Beyrouth" et "Coco Câline", il puise dans "Love" avec "Chou Wasabi". Il s'installe ensuite au piano pour "Magnolia", "Elle adore" et le fabuleux "Sublime & Silence". "Paris-Seychelles" emballe le tout en rappel, après 50 minutes de bonheur intense. Pour d'autres merveilles comme "Corbeau Blanc" ou "Baie des Anges", il faudra être présent à Forest National le 12 mai. Mais le concert de lundi restera quoi qu'il arrive dans nos mémoires, dans nos archives finalement pas si sombres que ça. En attendant, on aura l'hiver, pour se dire qu'il nous manque...

    > Christophe Van Impe

  • Zik-Zak a brillamment ouvert ses portes, et s'annonce comme incontournable

    Mieux vaut tard que jamais, mais le Brabant Wallon possède enfin une salle de concerts digne de ce nom. Après plusieurs semaines de préparatifs et quelques démarches administratives indispensables, Zik-Zak a ouvert ses portes ce samedi à Ittre. Le line-up de la soirée d'ouverture a directement donné le ton, et il sera résolument rock n' roll. Samedi, ce sont Z-Band, The Banging Souls (avec, au chant, une des membres de Sirius zikzak2.jpgPlan) et Black Mirrors (qui sera également à l'affiche du Rock for Life le 11 novembre, à Laeken) qui se sont succédés avec brio sur la scène. Cette première soirée fut une grande réussite avec une salle comble, et la présence de quelques personnalités du monde de la musique dans l'assistance, parmi lesquelles Mustii. Au niveau du confort du spectateur, on flirte avec la perfection avec une acoustique parfaite, l'absence de voisinage, un lieu convivial, des tarifs plus que démocratiques et des places de parking à foison autour du bâtiment. La programmation des semaines à venir est déjà bien étoffée avec un ou deux concerts par semaines durant les deux prochains mois. Désormais, vous savez où passer vos soirées du samedi...

    zikzak.jpg

     

  • Nicola Testa se met à nu pour fermer la parenthèse "No More Rainbows"

    C’est seul au piano, et dans la pénombre, que Nicola Testa a décidé de (presque) refermer la parenthèse belge « No More Rainbows », vu que l'album sortira en France le 25 novembre. L’endroit choisi est symbolique puisque c’est précisément à la salle Columban, à Wavre, qu’il avait décidé de faire sa résidence pour préparer le concert à l’Ancienne Belgique du 19 mars dernier.

    Pendant 1h15, orphelin de ses musiciens, il se met à nu. Un exercice périlleux qu'il rêvait de faire depuis bien longtemps. Son répertoire habituel est complètement remis à jour, et les morceaux gagnent en Tedsta.jpgsensibilité et en intensité.

    Mais il puise aussi aux origines de son projet avec « Agony » et « The Good Life » (avec un passage de Pink Floyd au milieu), qu'il ne joue plus jamais en concert.

    L'intimité du moment est également propice aux reprises. Et là, il s’en va chercher dans les pépites qui l’ont le plus marqué. Il débute par « Lovesong » de The Cure, et opte ensuite pour « Hood » de l’écorché-vif Perfume Genius. Pour enfin terminer par « Hurt », le morceau le plus beau et le plus cruel qui soit de Nine Inch Nails, et jadis repris de main de maître par Johnny Cash. L’ombre de Kate Bush n’est jamais très loin non plus quand il pose ses doigts sur les touches de son piano.

    Au deuxième rappel, il finit symboliquement par « No More Rainbows ». Car il sera bientôt de passer à autre chose. Mais que cette formule au piano lui va bien…

    La setlist: 1. "Mellotron", 2. "F.M.", 3. "World", 4. "Land of Glass", 5. "Agony", 6. "Lovesong" (reprise de The Cure), 7. "Rainbow", 8. "Violet", 9. "Hood" (reprise de Perfume Genius), 10. "The Good Life", 11. "Platoon", 12. "Lost & Found", 13. "Hurt" (reprise de Nine Inch Nails", 14. "The Letter" et 15. "No More Rainbows".

    > Christophe Van Impe

  • Au Cirque Royal, Mustii est entré dans une autre galaxie

    Vendredi après-midi, à quelques heures du show, il éclate en sanglots. C'est toute la pression qui s'extériorise en une fois. Dans sa double carrière d'acteur et d'artiste musical, Mustii n'a jamais voulu faire de choix. Du coup, depuis la release party du 11 février à la Rotonde, tout s'est enchaîné à une vitesse vertigineuse. Entre le Thom1.jpgtournage de "L'Echange des Princesses" avec Lambert Wilson, une interminable tournée estivale et la préparation de son show au Cirque Royal, il n'a plus su ou donner de la tête. Cela méritait donc bien quelques larmes de décompression.

    Cette date du Cirque, elle fait d'ores et déjà figure de pierre angulaire dans sa carrière. Comme une transition réussie entre la période de découverte et de l'EP, et la confirmation avec l'album, attendu pour début 2017. Avec son expérience de comédien, Mustii accorde évidemment une place toute particulière à la mise en scène. Celle-ci s'inspire d'Oscar and the Wolf ou de Florence and the Machines, mais en gardant une touche personnelle et sans jamais venir bouffer sa musique. Et, quand il monte sur scène, voile noire sur le visage devant un panneau lumineux, on pense inévitablement à l'univers cinématographique de David Lynch, son autre grande source d'inspiration. Pendant près d'1h30, il alterne les costumes, et fait découvrir avec brio les nouveaux morceaux. Kid Noize, producteur de son EP, est incognito dans la salle, comme d'autres personnalités de la scène musicale. Comme précédemment, il reprend "Heroes" de David Bowie, en milieu de set. Initialement, il aurait également dû interpréter "Love is the Drug" de Roxy Music, mais ce sera pour une autre fois. Et, après "Where Do I Belong", il s'en va sous une nuées de serpentins dorés. Et peut maintenant verser des larmes de satisfaction car il l'a réussi, son défi.

    Il va maintenant pouvoir enfin un peu souffler. Car, dans quelques semaines, il réendossera son costume d'acteur, pour un premier rôle aux côtés de Mathilde Seigner dans un film sur l'affaire Patrick Dils. Avant la sortie de l'album, sans doute quelques nominations bien méritées aux D6bels Awards et le début d'un nouveau cycle...

    La setlist: 1. "Intro/21st Century Boy", 2. "I Would Love To Save The World", 3. "Did You Try", 4. "The Cave", 5. "The Darkest Night", 6. "The Bride", 7. "Witness", 8. "Heroes", 9. "People Are Running The Streets", 10. "The Golden Age", 11. "Aching", 12. "Road Trip In The Dark", 13. "Safety Zone", 14. "Your Own Cathedral", 15. "Feed Me" et 16. "Where Do I Belong".

    > Christophe Van Impe

  • Archive (le 28 novembre au Cirque Royal) en état de grâce chez Pias


    Archive.jpg

    Les membres d'Archive dorment-ils de temps en temps? Vu leur rythme, on peut en douter. Avec "The False Foundation", les Britanniques viennent de sortir leur troisième album en trois ans. Si on ne tient pas compte des EP, des compilations et des "live", il s'agit déjà de leur dixième production studio. Ils ont qui plus est pris la très bonne habitude de déstabiliser leurs fans en prenant à chaque fois des directions différentes. Les mélodies pop de "Restriction" se sont cette fois envolées et évaporées, et on est de retour à des morceaux bien plus sombres et moins faciles d'accès. "Bright Lights" a en tout cas le potentiel pour devenir un classique. A l'occasion de la sortie de cet album, Archive était de passage à Bruxelles mercredi. Devant une poignée de chanceux, et à trois (Darius Keeler, Pollard Berrier et Dave Pen) ils ont interprété huit morceaux en formule acoustique dans les bureau de Pias. Rien de plus qu'un piano, deux micros, et quelques fauteuils autour et c'était parti pour une petite heure de pure magie. Ils se sont évidemment concentrés sur leur actualité avec "Bright Lights", "Shiver" (sur "Axiom", sorti en 2014), "Sell Out", "Splinters", "Distorted Angels" (sur "Axiom") et "The Weight of the World" mais en n'oubliant pas d'offrir de sublimes versions de "Bullets" et "Again". Un très grand moment...

    > Christophe Van Impe

    Archive sera de passage pour la troisième fois au Cirque Royal le 28 novembre.


     

  • Solidarités 2016: Mustii, impérial malgré la fatigue

    La saison des festivals s'est terminée en beauté avec 43.000 personnes en deux jours sur les remparts de la Citadelle de Namur pour les Solidarités. Non seulement l'initiative, qui se démarque des grands supermarchés du "rock" est plus que louable. Impossible en effet de se rendre à une scène sans jeter un coup d'oeil aux nombreux stands "solidaires" ou à l'énorme espace réservé Mustii1.jpgaux enfants (qui rentrent gratuitement jusque 12 ans). Mais, en plus, le cadre est atypique pour un événement musical. Même si, évidemment, il faut aimer grimper, si on veut alterner entre le Théâtre de Verdure, le Maquis et l'Esplanade. Après Nekfeu et ses caprices de "star" et Louise Attaque (déjà présent au BSF) notamment la veille, la journée de dimanche débutait assez tôt par Mustii. Le marathon se poursuit pour lui. La veille, il jouait encore jusqu'à 2h du matin à Scène sur Sambre. Pourtant, il n'est que 12h40 quand il prend possession de la scène de l'Esplanade. Mais, la fatigue ne l'arrête pas, alors qu'il a pourtant passé une nuit blanche dans un hôtel carolo. Cela ne réfrène cependant en rien son énergie communicative et ses déhanchements à la Mick Jagger. Malheureusement pour lui, son set est raccourci de 10 minutes par rapport à ceux du BSF et des Francos. Tant pis, tout est finalement rentré au chausse-pied. Et c'est fatigué mais satisfait qu'il fait encore une escale dans le studio de Bel RTL de Thibaut Roland sur le coup de 15h. L'apothéose de la tournée, ce sera pour Mustii2.jpgle 21 octobre au Cirque Royal. Un concert qui s'annonce d'ores et déjà flamboyant, et en totale interaction avec l'architecture si particulière de la salle bruxelloise. Après ça, il ne faudra plus attendre que quelques semaines avant la sortie de l'album.

    L'organisation des Solidarités à ensuite eu un solide couac, mais s'en est remarquablement sortie. Tiken Jah Fakoly, bloqué à l'aéroport de Bamako, n'a pu rallier Namur. C'est donc Starflam qui a été appelé à la rescousse. Akro, qui devait intervenir pendant le set de Marka, était déjà sur place. Les trois autres ont donc été rameutés en dernière minute. Pas de Baloji par contre, malgré sa présence sur le site la veille. Le Congolais fait désormais son chemin seul et une réconciliation tiendrait franchement du miracle. Peu importe, Starflam s'est donné comme jamais, et ce malgré la canicule. Les textes sont plus actuels jamais, et ne semblent avoir aucune date de péremption. Comme sur "Ce plat pays qui est le mien", qui claque toujours autant. Gros coup de chaleur donc sur la scène du Théâtre de Verdure. Le festival pouvait ensuite se terminer en roue libre avec Ulysse, Romeo Elvis, ainsi que Alice on the Roof et Souchon & Voulzy. Ni la fatigue ni l'improvisation n'auront affecté ces Solidarités. Chapeau.

    Starflam.jpg

    > Christophe Van Impe

  • Rihanna, déception d'une journée ensoleillée au Pukkelpop

    Sans faire injure aux festivals qui viendront dans les prochaines semaines, le Pukkelpop est le dernier gros rendez-vous de l'été dans notre Royaume. Une dernière occasion donc de se faire plaisir avant de penser aux secondes sessions d'examen ou à la rentrée scolaire du petit dernier. Lorsque mon choix s'est porté sur le jeudi du festival limbourgeois, la réflexion de mon entourage a toujours été la même: "Ha oui, c'est le soir de Rihanna." Oui, le soir de la star des Barbades en effet, mais après avoir quitté la plaine lumineuse et bruyante de Kiewit, je me dis que je me souviendrai encore longtemps de sa malheureuse prestation, mais j'y reviendrai plus tard.

    Prenons tout d'abord le positif. Au-delà de l'organisation toujours bien huilée, le "Pukkel" sera cette année sous le soleil.  Il fait doux, les festivaliers sont couchés dans l'herbe ou dans le sable et au loin, la voix douce de Tom Odell met directement dans l'ambiance. L'un des problèmes du Pukkelpop, c'est le choix: il y a tellement de scènes (10 au total) que faire un planning de la journée devient très compliqué. Instinctivement, je me jette sur la première que je trouve et je passe un délicieux moment avec The Tallest Men On Earth, un artiste suédois cousin musical de Bob Dylan.

    IMG_2067.jpgLe premier mauvais choix, c'est celui de Wolfmother. L'ennui est total et malgré les meilleurs titres de l'album éponyme de 2005 qui réveillent ma mémoire, je cherche sur une autre scène de quoi satisfaire mon envie d'autre chose. Je découvre donc Bazart, en live, avec son répertoire "Indie" en Néerlandais. Ce n'est pas toujours harmonieux, mais la surprise est bonne.

    C'est alors l'heure d'un groupe mondialement connu: Eagles of Death Metal. Le problème des Californiens, c'est qu'ils seront à jamais le groupe de l'attentat du Bataclan, et que la moitié du monde n'est pas capable de citer un titre de leur répertoire. Quoi qu'il en soit, même si Josh Homme n'est pas présent, les meilleurs titres du dernier opus (Zipper Down) se mêlent aux classiques du groupe. Sur cette même Main Stage, je reste pour retrouver The Last Shadow Puppets. Alex Turner et Miles Kane sont en grand forme et les gesticulations du premier, dandy magnifique avec des poses à la Mick Jagger, garnissent une heure musicale de toute beauté. Beau moment d'hilarité quand Turner prend en pleine poire le micro balancé nonchalamment  par Kane.IMG_2073.jpg

    Mais puisque tout le monde attendait cela avec impatience, il est temps de parler de l'épineux chapitre Rihanna. Lors de l'annonce de sa venue, certaines dents ont grincé tant sa palette musicale n'était pas en adéquation avec l'esprit du Pukkelpop. Soit, un artiste est capable de retourner les foules. Mais pour cela, il faudrait déjà arriver à l'heure: 45 minutes de retard pour la belle, qui aime se faire désirer mais qui n'a récolté que des sifflets. Et ça va aller de mal en pis, car la plupart de ses titres sont "chantés"en playback, et ce n'est même pas discret: décalage, le micro n'est pas devant sa bouche et last but not least: la bande son tourne alors que Rihanna n'est même plus sur scène. C'est le coup fatal pour moi, je m'en vais terminer ma soirée devant Bloc Party. 

    Florian Holsbeek

     

  • BSF: Nada Surf clôture en beauté le festival

    Doherty.jpg

    Une bien belle petite soirée rock ce dimanche pour clôturer le BSF. Les membres de Nada Surf savent comment s'y prendre pour mettre le public de la Place des Palais dans leur poche. Avoir fait des études à Bruxelles et à Paris aide forcément à s'exprimer en français, et sans le moindre accent s'il-vous-plaît. Mais les Américains ont également de sacrés bons morceaux, qui nous replongent en plein dans les années où MTV diffusait encore de la musique. Un set un peu anachronique, qui trouve son point d'orgue dans "Popular" et "Always Love", tubes qui n'ont pas pris une ride. Bref, on a aimé, et ils seront de retour en Belgique à l'automne.

    Pete Doherty assurera-t-il cette dernière tête d'affiche du festival? Avec ce grand spécialiste des annulations de dernière minute, rien n'est moins sûr. Mais, avec un quart d'heure de retard sur l'horaire prévu, voilà qu'il débarque débraillé comme il se doit. Avec son sac à dos et son gros cigare, le chanteur des Libertines tient plus d'un hooligan en fin de vie que d'une rock star glamour. Il a tout de même le bon goût de balancer assez rapidement "Last of the English Roses", le plus beau morceau de sa carrière solo. Par la suite, il n'y a que le répertoire des Babyshambles et des Libertines qui nous enthousiasme réellement. Pour le reste, par moments, on s'ennuie franchement. Jusqu'à ce "Fuck Forever" électrique en guise de bouquet final. Pete s'en va, reprend son brol, sans se retourner et, comme toujours, on ne sait pas si on le reverra un jour. Le BSF est fini, à l'année prochaine.

    > La setlist de Nada Surf: 1. "Hi-Speed Soul", 2. "Cold to See Clear", 3. "Whose Authority", 4. "Weightless", 5. "Happy Kid", 6. "What Is Your Secret?, 7. "80 Windows", 8. "Concrete Bed", 9. "Inside Of Love", 10. "The Way You Wear Your Head", 11. "Friend Hospital", 12. "Out Of The Dark", 13. "Blonde On Blonde", 14. "See These Bones", 15. "Hyperspace", 16. "Popular", 17. "Always Love" et 18. "Blankest Year".

    > La setlist de Pete Doherty: 1. "Down For The Outing", 2. "I Don't Love Anyone (But You're Not Just Anyone)", 3. "Last Of The English Roses", 4. "You're My Waterloo" (Libertines), 5. "Arcady", 6. "The Steam", 7. "Hell To Pay At The Gates Of Heaven", 8. "Oily Boker", 9. "Albion" (Babyshambles), 10. "Hooligans on E" (Libertines), 11. "A Fool There Was", 12. "The Whole World Is Our Playground", 13. "Time For Heroes" (Libertines), 14. "Killamangiro" (Babyshambles), 15. "Flags Of The Old Regime", et 16. "Fuck Forever" (Babyshambles).

    > Christophe Van Impe 

     

  • BSF: Balthazar encensé sur la Place des Palais

    Balthazar.jpg

    A quatre jours de la fin du festival, la Place des Palais ouvrait enfin ses portes jeudi soir. Mais aussi le BIP où, chaque début de soirée d'ici dimanche, sera organisé un concert plus intimiste. C'était à Lylac d'ouvrir le bal. A la veille de partir pour trois mois avec sa petite famille dans l'ouest américain, Amaury Massion souhaitait nous quitter en musique. Des adieux réussis, pendant plus d'une heure. Tracassé par des problèmes techniques et une météo capricieuse, Hyphen Hyphen aura eu du mal à lancer les festivités sur la Place des Palais. Un petit coup dans l'eau, malgré l'énergie dégagée, surtout qu'il ne fallait pas vraiment s'attendre à ce que ce soit ensuite la grande fiesta avec Tindersticks. La pluie s'est retirée, la prestation est de toute beauté, mais ne se prête hélas pas du tout au cadre. A revoir en salle, absolument. Nous n'avons pas davantage été enthousiasmés par Keziah Jones. La file de plus de 100 mètres pour pénétrer sur le Mont des Arts n'y est sans doute pas pour rien. L'endroit n'a jamais été aussi rempli depuis le début du festival, mais l'envie n'y est pas. Heureusement, Balthazar aura sauvé notre soirée. Par rapport aux dates précédentes de leur tournée, et notamment celle à Forest-National, les Flandriens ont changé leur setlist et leur show. C'est désormais plus direct, plus rock et surtout moins poseur. Ce soir, Louise Attaque aura pour challenge de faire au moins aussi bien.

    > Christophe Van Impe

  • BSF (soirée bruxelloise et Abd Al Malik): débarrassée de ses peurs, Bruxelles est belle

    Il y a de ces soirées qui sont parfaites de la première à la dernière note, sans qu'on ne sache trop bien pourquoi. Celle de mercredi en fait partie. Tout a commencé, une fois de plus, à la salle de la Madeleine. Avec une affiche 100% bruxelloise, joliment garnie de Alaska Gold Rush, Recorders et Vismets. Il aurait franchement été difficile de faire plus local. Notre dernière rencontre avec Recorders en concert, avait fait office de charnière dans la carrière du groupe. Partiellement mécontent du set semi-acoustique proposé aux Nuits du Bota 2015, où ils avaient pourtant notamment repris avec grâce The National, Gordon Delacroix avait ensuite pris une décision radicale. Deux membres se sont rapidement fait la malle, et le groupe est reparti sur de nouvelles bases. Une orientation et un vent de fraîcheur que l'on retrouve dès les premières notes de "Lost at Sea". L'influence Foals est évidemment toujours présente, de même que celle de The National surtout dans la voix, mais le tout est agrémenté de petits détails qui font de Recorders un groupe à part. Après une grosse heure de concert, nous voilà rassurés. Le passé est décomposé, les bases sont solides et le groupe a définitivement retrouvé le feu sacré.

    Le succès est également au rendez-vous pour les Vismets. "Abracadabra", beaucoup plus recherché et psyché Abdalmalik.jpgque le premier album, avait pourtant tout pour être casse-gueule. Mais force est de constater que ça marche, et que les fans ne viennent pas que pour "Wasted Party". Encore une belle leçon d'audace réussie.

    Notre soirée s'est terminée au Mont des Arts, où Baloji venait de laisser sa place à Abd Al Malik. Configuration festival oblige, le set fait la part belle à "Scarifications" et met essentiellement en avant le son énorme issue de sa collaboration avec Laurent Garnier. L'emblématique "Gibraltar" et "Les Autres" seront les seuls interludes nous rappelant qu'il a jadis bossé avec Gérard Jouannest, le pianiste de Jacques Brel. Un grand Jacques à qui il rendra d'ailleurs hommage. Avant de terminer sur "Daniel Darc", terrible déclaration d'amour au poète déchu, il lance un message de paix à notre capitale: "Bruxelles, débarrassée de tes peurs, je t'aime". Pour une fois, on sent que c'est sincère. Aussi sincère que notre soirée aura été belle.

    > Christophe Van Impe