Interview

  • 15 noms de plus pour les Ardentes !

    Après les musiques urbaines, voici 15 nouveaux noms pop rock et electro qui s'ajoutent à l'affiche des Ardentes. Et ce jeudi, une tête d'affiche sera annoncée sur le coup de 11h00.

    Lire la suite

  • My Diligence (le 10/12 chez Zik-Zak): "La base de tout, c'est une passion commune pour le stoner"

    Depuis un concert dévastateur au Club de l'AB lors de la soirée de reformation de La Muerte, My Diligence s'est inscrit comme un groupe qui compte dans le paysage rock bruxellois. En attendant un deuxième album appelé à sortir en 2017, ils viennent de proposer un clip novateur en 360° pour "Aliens on the Moon". Ce vendredi, ils seront au VK en compagnie de Cocaine Piss et d'It It Anita. Et ensuite, en tête d'affiche pour la dernière date de leur tournée avant une longue pause scénique, le 10 décembre chez Zik-Zak à Ittre. Leur histoire, elle débute en 2013, moment choisi par François et John pour quitter Huy pour la capitale...

    Gabriel (batterie): « On a l’habitude de dire que le groupe a été créé en 2013, car c’est là que c’est devenu sérieux. François et John venaient de la scène hardcore, et moi de quelque chose de plutôt pop-rock. Ils aspiraient à faire de la musique moins hard, et moi c'était justement le contraire. C’est David, le bassiste deDiligence2.jpg l’époque, qui nous a mis en relation. On a vu qu’on avait des influences communes, notamment tous les groupes de stoner. Mais aussi des trucs plus costauds comme Neurosis. »

    François (guitare): « Arrivés à Bruxelles, on en avait marre de jouer dans des bars devant dix pelés. Nos influences ont alors évolué. On a même commencé à écouter de la pop. »

    John (chant/guitare): « On avait besoin de faire plus de mélodies, de couplets et de refrains, un truc plus construit. Avant, c’était beaucoup plus chaotique. »

    Et donc, l'influence commune c'est le stoner?

    Gabriel : « Oui, mais le stoner c’est super large. La base, c’est Kyuss. Après, le genre s’est élargi. Peut-on encore dire que les Queens of the Stone Age font du stoner ? »

    John : « Alors qu’à la base, ils viennent de là. Mais c’est désormais du « desert rock ». Si on devait se comparer au pur et dur stoner, ce qu’on fait est quand même vachement soft.»

    Gabriel : « Aujourd’hui, le Desert Fest rassemble aussi du doom, du sludge, du psyché,… Notre point commun en fait, c’est qu’on adore tous Queens of the Stone Age. »

    Et At The Drive In?

    François:  « Oui, on adore. J’étais d'ailleurs présent au concert de reformation à l’AB. C’était terrible, j’avais à nouveau 14 ans quoi. »

    Pourquoi, depuis la sortie de l'album, vous êtes-vous séparés du bassiste?

    John : « C'est lié à des bisbrouilles de groupe, comme il en arrive partout. Au final, on est bien à trois. Y a-t-il encore beaucoup de groupes en formation classique ? Regarde Royal Blood. En plus, visuellement, ça donne plutôt bien. »

    Gabriel : « C’était pourtant un vrai challenge technique. Mais, à trois, on ne s’est jamais pris la tête, alors qu'avant c'était le cas. »

    Vous aviez joué au club de l'AB le soir de la reformation de La Muerte. Quel est le lien entre ce groupe et le vôtre?

    Gabriel : « On travaille avec Michel Will, qui n’est pas notre manager mais qui est un peu notre conseiller, notre confident. A l’époque de faire l’album, il nous a présenté Didier Moens, guitariste de La Muerte et qui a finalement produit notre album. La Muerte, c’est un groupe légendaire. On aime leur musique, même si on ne s’y retrouve pas Diligence1.jpgforcément. En plus, pour la petite histoire, on leur a un peu donné goût de refaire la musique. Ce n’était pas du tout dans leurs prérogatives à l'époque. Didier était venu jouer avec nous à notre release party de l’EP chez Madame Moustache. Il n’avait plus touché une guitare depuis 15 ans. Marc était présent dans la salle, et on avait fait une reprise de La Muerte. Ils ont discuté après le concert, et ont eu envie de reformer le groupe. Quelque part, on a joué un rôle. Didier sera toujours notre papa. »

    Peut-on dire que c'est vraiment à l'AB que tout a commencé?

    Gabriel : « Absolument. Pour l’AB, on avait pris Vincent Philippart, l’ingénieur du son de Queens of the Stone Age, dEUS, Mauro Pawlowski, Evil Superstars. Plein de gens qui étaient au concert de La Muerte sont montés, et là on a vraiment mis la patate. A partir de cette date-là, les gens ont commencé à nous prendre au sérieux. S’il n’y avait eu que le Propulse, où ça s’était mal passé, on jouerait peut-être aujourd'hui dans des fêtes d’anniversaire. Or, suite à l'AB, on a fait environ 80 concerts ! »

    Avez-vous d'autres souvenirs de dates mémorables?

    François : « Dour, l’Atelier à Huy et le BSF. Au BSF, on jouait avant Thiéfaine et Luke, devant un public qui n’était pas du tout le nôtre, et ça s’était super bien passé. On a fait aussi quelques chouettes concerts en Suisse. »

    John : « Tout le monde voit la Suisse comme un pays calme, mais c’est super rock. Les gens picolent et font la fête à mort. Ce sont des Liégeois ou Bruxellois, mais propres ! »

    François : « Il y a deux semaines, on a aussi joué à Paris, en hommage à un pote à nous qui est décédé au Bataclan. »

    Comment vous est venue l'idée de faire un clip en 360°?

    François : « John et moi, c’est notre boulot de faire des vidéos. On bosse là-dedans au quotidien. Je suis hyper excité par la 360°. Dès que je mets un casque, je suis comme un gosse. Techniquement, c’était hyper gai à faire. »

    John : « On a trouvé que cette idée était vachement cool. On a essayé de pousser le truc encore plus loin. Par moment, dans le clip, on est douze quoi ! »

    Gabriel : « En plus, c'est un morceau qu’on n’avait pas spécialement prévu de sortir maintenant. C’est une prémisse du nouvel album, mais ce n’est pas pour autant que l’album sonnera comme ça. Si ça tombe, il ne sera même pas dessus. Mais, on avait envie d’offrir ça aux fans. »

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

  • Faon Faon: "On anticipe déjà la suite"

    FAON FAON ou quand Fanny et Olympia fusionnent leurs voix et leurs voyelles pour livrer une musique mixant des sonorités pop, hip-hop et électro. Lauréates du concours « Du F dans le Texte » en 2015, ces filles ont l'art de surprendre, autant par leurs clips colorés que dans leurs tenues de scène qu'elles confectionnent elle-même.

    Comment est votre état d'esprit après la sortie de l'EP et la release party?

    Fanny: " C'est drôle parce que, vu qu'on est déjà en train d'anticiper toute la suite, on se dit que tout ça est déjà passé. Mais, c'est chouette de se dire que ça existe aux oreilles du monde, même si c'est un petit monde. Pour l'instant, c'est chouette ce qu'on est en train de vivre. La release party, au Brass, c'était génial. C'était Faonfaon.jpgvraiment un lieu parfait pour nous. On a rempli la salle, sans que ce soit bondé. On a invité des copains, et on a proposé un format un peu différent de d'habitude."

    Olympia: "On a même joué un morceau, qu'on a crée aux Secrètes Sessions, et qu'on n'a pas encore intégré dans notre set. C'était vraiment un régal."

    Et la prochaine étape, c'est l'AB en première partie de Jain.

    Fanny: "Ouiiiiii. On a aussi fait le Splendid en première partie de Puggy. On n'avait encore jamais joué en-dehors de la Belgique. Mais l'AB, c'est sacré quoi."

    Olympia: "Chaque date a son lot d'intensité. C'est chaque fois une manière de se donner un challenge pour améliorer le show."

    Fanny: "On sort de deux jours de résidence avec Franco Mannara, que Michaël Larivière nous a trouvé. Et là, je peux dire que nous sommes prêtes pour les grosses scènes. Allez, envoyez les gars! On y va!"

    Quel a été le rôle joué par Anthony Sinatra?

    Fanny: "C'était comme un coup de baguette magique. On a composé, écrit et fait des maquettes. On lui a tout confié, on a discuté, on a échangé. Il a "pimpé" ça et nous a fait de beaux morceaux avec ses synthétiseurs. On ne le connaissait pas avant, mais ça a très vite marché."

    Olympia: "Par rapport à nos contraintes de temps, il a été super réactif. C'est quelqu'un qui bosse très bien et qui comprend assez vite ce que tu veux. Il a sa patte à lui, très particulière. Mais, quand tu choisis un producteur, tu prends tout. C'était une super expérience, on a gagné en professionnalisme en travaillant avec lui."

    Fanny: "C'était important de bien s'encadrer car c'est un premier pour nous. On a choisi des gens qui étaient motivés par le projet."

    Olympia: "Tout le monde n'est pas James Blake quoi! Tout le monde ne devient pas, à 22 ans, le producteur super connu et qui a inspiré toute une génération. Travailler avec Remy Lebbos, c'était également génial. Il sent quand tu n'es pas content. Il est hyper perfectionniste et il n'a pas peur de recommencer."

    Comment avez-vous déniché Rémy Lebbos?

    Olympia: "Je l'ai rencontré à une soirée, où on écoutait plein de musique. Je l'entendais parler du dernier album de David Bowie, et je suis allé lui parler de nos productions. Je ne savais pas qui c'était, mais sa manière de parler de musique me plaisait. Il m'a filé sa carte. Après être allées à son studio, on a directement compris que c'était notre homme."

    Qu'avez-vous retiré de votre victoire dans le concours "Du F. dans le texte " en 2015?

    Fanny: "Ca nous a amené tout! Au niveau des dates de concert, ça a eu un impact considérable."

    Olympia: "C'est là qu'on a appuyé sur le bouton start, c'est la validation de l'existence de ce projet."

    Comment le projet est-il né?

    Fanny: "En l'an de grâce 2006, une rencontre en jam au Chapitre. On a pris le micro toutes les deux, alors qu'on ne se connaissait pas. Deux mois plus tard, alors que je travaillais comme styliste, on était en casting pour un défilé à l'occasion des dix ans de la marque. Des mannequins ont débarqué au bureau et quoi vois-je débarquer? Notre chère Olympia. C'était le premier casting de sa vie. Elle a fait partie de la maison pendant quelques années. Je dessinais en imaginant les vêtements portés sur elle, car elle était inspirante. On écoutait de la musique, on écoutait les projets de l'autre. Et puis, il y a eu une faillite et je me suis retrouvée sans boulot du jour au lendemain. Elle était à Berlin pour un stage de danse et de performance. Elle m'a proposé de la rejoindre là-bas. Elle a un jour eu une carte-blanche au centre culturel Omar Khayam un jour, et je suis allée chanter avec elle. Tout a assez vite fonctionné entre elle et moi. On a tressé quelque chose, d'où la tresse sur la pochette et au début du clip. On n'avait pas d'histoire à la base."

    Comment confectionnez-vous les vidéos?

    Olympia: "Fanny fait les costumes, et moi les vidéos. Je l'ai toujours fait avec très peu de moyens. Je n'ai pas de formation mais j'ai été avec un réalisateur pendant trois ou quatre ans. J'ai beaucoup bossé avec lui. Maintenant, je fais les clips comme une grande. Mes références? Elles vont d'Almodovar à Lynch, en passant par Von Trier."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

     

     

     

     

  • Bimbo Delice: "On revendique le côté kitsch et baveux"

    C'est coloré, kitsch et baveux. Mais Bimbo Delice, c'est surtout l'excellente surprise du moment. Un artiste qui était récemment à l'Atelier 210 et qui jouera l'été prochain au Cabaret Vert. Nous l'avons rencontré au Bota, et il nous dévoile son univers si particulier.

    Comment est né le projet Bimbo Delice?

    "Il part d'une volonté d'évoluer vraiment en solo, de faire ce que j'aime par dessus tout. J'ai eu plusieurs groupes auparavant. C'était plus garage, qui virait vers le stoner. Depuis 2014, c'est totalement différent, il y a plus d'électronique. J'en avais marre de ce délire de devoir manager des gens. Je me sens plus épanoui dans ce rôle. Je suis mon propre patron, je fais ce que je veux."

    Comment as-tu complètement basculé vers un autre style musical?

    "Je ne pense pas que ce soit une question de tendance ou d'air du temps. C'est juste venu comme ça. J'ai commencé à travailler avec des programmes de musique, et je me suis créé une identité sonore. J'ai travaillé au début avec Turtle Master, qui est un beatmaker assez connu dans le milieu bruxellois. Petit à petit, les Bimbo2.jpgcompos ont muri."

    En avais-tu ras-le-bol du rock garage?

    "J'ai 30 ans. C'est plus un rapport à l'âge, à l'adolescence. Le rock n' roll, c'est le rébellion. A un moment, j'ai eu envie de faire quelque chose de plus personnel, et de moins agressif. Quand je faisais du rock, j'étais vraiment dans la spontanéité, je ne prenais pas le temps de prendre du recul. Là, je suis posé chez moi devant mon ordi, et je suis plus cool."

    Pourrais-tu un jour retourner vers le rock?

    "J'ai des fois quelques envies de faire cracher le son sur scène, ce côté animal. Mais, je suis très content avec ce que je fais actuellement."

    Comment se passe la phase de composition?

    "Tout part de la guitare. J'ai toujours délaissé ce côté guitar-hero. Je ne suis pas du genre à rester deux heures sur "Stairway to Heaven". Je passe très vite à la composition, avec trois ou quatre accords."

    Comment as-tu trouvé le nom du projet?

    "C'est juste un délire avec mon pote Vince, qui s'occupe du graphisme et commence à faire du management. Bimbo3.jpgC'est un ami de très longue date. Nous étions assis à une terrasse de café et on faisait des associations de mots. Je me suis posé la question de l'accroche du nom. Vu que les paroles n'étaient pas très sérieuses, on est allé dans ce sens-là."

    Le graphisme très coloré, est-ce important?

    "Cela colle à la musique, aux paroles et à l'esprit. C'est un peu kitsch et baveux. Ce n'est pas raffiné, on rentre dans le lard. Le kitsch n'a plus une connotation négative."

    Comment pourrais-tu décrire ta musique?

    "Ce n'est pas évident, car ce sont plein d'éléments différents. Je peux aussi bien écouter de la musique du monde comme du rock expérimental. Il n'y a de toute façon plus aucune création avant-gardiste en 2016. On a un peu fait le tour de tout. La différence, elle se fait dans le son. Prends Animal Collective. C'est du Beach Boys, mais avec un côté novateur au niveau du son et des arrangements."

    Le disque m'a fait penser à la BO de "Drive". Tu es d'accord?

    "Oui, on nous a souvent dit que ça faisait un peu Kavinsky. Je ne m'en suis pas vraiment inspiré, mais j'ai beaucoup aimé le film. Après, Kavinsky s'inspire aussi de Tangerine Dream."

    As-tu été surpris par la petite polémique née autour du clip de "Tropico"?

    "J'ai la chance d'avoir un beau-frère réalisateur. Il est à fond dans tout ce délire à la Russ Meyer, des trucs de série B à connotation un peu sexuelle. On a trouvé un film libre de droit, intitulé "Wham Bam Thank You Bimbo1.jpgSpaceman". On a fait un petit montage, et voilà. Moi, ça ne me choque pas. Mais bon, voir des nibards sur internet, ça peut sans doute interpeller certains... Le clip est devenu contrôlé sur Youtube, à partir du moment où on a eu 8000 vues. Ce côté baveux, c'est ce qu'on revendique."

    > Un entretien de Christophe

     

     

  • Billions of Comrades: "Nous sommes aussi bien capables de jouer à Ronquières qu'au VK!"

    Vainqueur du concours "Court-Circuit" en 2012, Billions of Comrades est de retour avec un deuxième album ("Rondate") dévastateur. Un disque qui a déjà été présenté au Bota en première partie de Motorama, ainsi que dans leur fief de Tubize.

    Pourquoi avoir décidé de faire votre release party à la Maison des Jeunes de Tubize?

    Arnaud: "On a directement prévu de faire ça là. Ce n'est pas un vivier de musiciens, donc on n'hésite pas à le mettre en avant. On a eu envie de revenir aux sources. Quand on a commencé, il n'y avait pas grand-chose à la Maison des Jeunes. Maintenant, il y a une vraie structure et des conditions correctes, grâce à MJ Music."Billions2.jpg

    Qu'avez-vous retiré de votre victoire au concours "Court-Circuit"?

    Chris: "Juste après, il y a eu une visibilité impossible à avoir sans passer par là. C'est un fameux tremplin, qu'il faut savoir assumer. C'est notre manager qui avait inscrit le groupe. Il fallait une démo de trois morceaux, et on en avait justement trois et pas un de plus. La plupart du temps, on ne jouait même pas le temps imparti. On a commencé comme ça, sans penser à aller au bout. Mais, une fois que nous étions lancés, nous ne voulions pas passer pour des guignols. On s'est mis à niveau et on s'est frotté à des scènes qu'on n'aurait jamais pu imaginer. On a été la première signature de Black Basset Records."

    Arnaud: "Sans ce concours, on n'aurait peut-être jamais joué aux Nuits Secrètes. Cela nous a permis d'avoir un très bon réseau dans le Nord de la France. On a également eu l'occasion de jouer au festival de Ronquières. On a prouvé qu'on pouvait faire ce genre d'événement, tout comme on peut jouer au VK. Et je ne pense pas que les gens aient eu mal aux oreilles. Certaines de nos connaissances ont pris conscience, en nous voyant à Ronquières, qu'on avait un "vrai" groupe. Car les autres dates, ça ne leur parlait pas nécessairement. On a le cul entre deux chaises et... c'est génial."

    Après avoir beaucoup tourné, il a quand même fallu se poser à un moment?

    Chris: " Oui, et de manière un peu naturelle. On a passé quasiment une année à chercher des dates en-dehors de la Wallonie. C'est à ce moment qu'est née l'idée de se remettre à composer pour un nouvel album, car le soufflé commençait à retomber. L'énorme différence entre les deux albums, c'est que le premier regroupait trois ans et demi d'existence. Alors qu'ici, il a plus été pensé de A à Z, et dans l'urgence. La façon de faire était vraiment différente. On l'a enregistré tout début du mois de janvier, et ça a été très vite."

    Jouer au Bota, c'était important?

    Arnaud: "Oui, car c'est la première fois qu'on faisait une première partie dans une salle de cette envergure. Jusqu' aujourd'hui, on avait juste ouvert pour Peter Kernel au Tipi, à Liège.  On a aussi fait la première partie d'Electric Electric."

    Parlons un peu football. Comment devient-on supporters de l'Union Saint-Gilloise quand on habite Tubize?

    Chris: "C'est très simple. Mes grands-parents étaient abonnés dans les années 50. Mon père a toujours été à l'Union, et il a inculqué ça à mon frère et moi. Mon frère est d'ailleurs toujours abonné. La première fois où je suis allé au stade Mariën, je devais avoir six ou sept ans. C'est dans la maison depuis tout le temps. On a eu l'occasion de jouer une fois au Club House. Le groupe s'est retrouvé sur une compil qui avait été créée par Billion3.jpgPierre Michel, où on ne retrouvait que des groupes rock qui allaient au stade. Les bénéfices allaient directement à l'école des jeunes. Notre morceau était même passé à la mi-temps! La prochaine étape, c'est un concert au milieu du terrain!"

    Arnaud: "Mon père a été champion de Belgique du 100 mètres quand l'Union avait un club d'athlétisme. Il avait 18 ans, mais n'a plus jamais fait de sport de sa vie depuis. Un dimanche, quand j'avais 12 ans, ils ont regardé les résultats sur le télétexte. Et c'est comme ça que j'ai eu envie d'aller voir mon premier match. C'était il y a vingt ans."

    Comment expliquez-vous cet engouement du milieu culturel pour l'Union?

    "C'est vrai. Les gars de Girls in Hawaii viennent aussi, les filles de Blondy Brownie également. D'ailleurs, dans leur dernier clip, il y a un passage dans la tribune. Je crois que c'est surtout lié à Saint-Gilles. Et puis, pour te remettre d'une murge de la veille, il n'y a rien de tel que de boire des bières!"

    Chris: "Il y a un regain de popularité depuis quelques années. Je vois des gens que je n'ai jamais vus avant. Une personne en amène une autre, et le monde amène du monde. L'Union est propice à ça."

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

  • Valkø: "Je baignais déjà dans la musique dans le ventre de ma mère"

    Vous la connaissiez sous le nom d’Auryn. La voilà de retour en tant que Valkø. En concert au Botanique dimanche dernier, elle vient de sortir un EP qui flirte avec douceur avec Radiohead et la scène islandaise. Nous l’avons rencontrée autour d’un Valko1.jpgcupcake dans le quartier du Châtelain.

    Quelle influence tes parents ont-ils eu sur ton éducation musicale ?

    « Je baignais déjà dans la musique avant même que je naisse, dans le ventre de ma mère. Mon père est musicien contemporain et ma mère était plutôt mélomane. C’était une ambiance quotidienne. Ma première passion, c’est cependant moi qui l’ai ressentie. C’est en écoutant un morceau à la radio, alors que je devais avoir 7 ans, que j’ai eu un coup de coeur pour le violoncelle. Quatre ans plus tard, je jouais le morceau que j’avais entendu, qui était « Le Cygne » de Camille Saint-Saëns. J’ai donc toujours eu un rapport évident à la musique. C’est comme une histoire d’amour, qui s’est construite avec le temps. Il a d’abord le coup de cœur et la passion, et puis il y a le doute et des éloignements. Mon premier doute, je l’ai eu vers 15 ou 16 ans. J’ai commencé à en avoir marre du violoncelle. J’avais envie d’autre chose, j’ai laissé le côté un peu classique et je me suis mise à composer au piano. Je ne voulais plus lire de partitions, j’avais envie de créer. Ce premier doute m’a amené vers la voie de la création artistique. Je ne voulais même plus savoir ce que je faisais. Au début, c’est très abstrait de composer. Le piano, c’est comme quelqu’un que j’ai découvert de façon empirique et expérimentale. Il reste un partenaire de création, qui doit rester mystérieux. »

    Et puis ta sœur est aussi venue élargir ton horizon…

    « Elle est foncièrement plus rebelle et plus punk que moi. Elle trainait beaucoup avec des gens qui faisaient de la musique. C’est elle qui a instauré chez moi l’écoute quotidienne. Ca a commencé par les Beatles. Ce sont des chansons simples, courtes et efficaces. Ils m’ont donné l’amour pour le chant en anglais. Puis petit à petit, ça a été les Pixies, Radiohead, le Velvet Underground, Beck, Sigur Ros, Portishead, Goldfrapp,… « Ok Computer » de Radiohead, ça me ramène dans ma chambre d’adolescente. Ces morceaux sont incrustés dans mes cellules. »

    Quel était ton premier concert ?

    « Oh non, non, non… joker. Allez, mon premier concert, c’était les Backstreet Boys. C’est mon parrain qui me l’avait offert. Sinon, ma première émotion de concert, c’était un live des Stones projetée à l’Imax de Bruxelles. Je devais avoir 7 ou 8 ans. Je suis devenue complètement émerveillée par ce monde de la scène, par cette liberté d’expression. »

    Pourquoi avoir changé de nom ?

    « Je pense que j’ai toujours eu un doute latent sur mon nom. Je l’avais choisi quand j’avais 15 ans, ça venait de « L’Histoire sans Fin ». Le choix avait été fait de manière un peu aléatoire. J’ai fait beaucoup de chemin depuis. Le doute était là et, un jour, j’ai remarqué qu’un boys band espagnol s’était présenté à l’Eurovision sous ce nom-là. Du jour au lendemain, j’ai été bouffée. Ils ont directement eu des millions de vues sur Internet. On ne me trouvait plus sur le net, on commençait à nous confondre, ma page Facebook était taguée sur des festivals espagnols. Du coup, ça a appuyé mon choix et j’ai fai table rase. »

    N’as-tu pas eu peur de déstabiliser ton public ?

    « Non, car je fais confiance à la musique et à l’art. Si le nom devait être plus important que la musique, alors il y aurait un problème. J’ai sans doute perdu des gens en chemin, mais ils n’étaient peut-être accrochés qu’aux singles ou m’avaient entendu à la radio une fois. Je crois que mes vraies fans, qui aiment mon univers, ils sont là. Je m’en fous d’avoir 2000 fans et qu’ils n’y en aient que 30 qui likent mes publications. »

    Comment as-tu choisi le nouveau nom ?

    « C’est un nom que j’aimais déjà à la sortie de mon premier album. Je suis très connectée aux pays nordiques, même si je ne dis pas que je pourrais vivre là-bas. La scène islandaise, c’est une espèce de monde magique fait d’elfes et de magiciens. On dirait qu’ils ont tous été touchés par la grâce. Valkø, c’est le diminutif du mot « valkoinen », qui veut dire « la couleur blanche » en finnois. Je l’ai fait à ma sauce avec le o barré, car je vais souvent en Norvège. Le blanc, c’est le tout, et c’est aussi le nouveau départ, la page blanche. C’est comme si je pouvais tout recommencer. Le blanc, certains en ont peur, mais moi il m’inspire. »

    Quand tu vas en Norvège, en profites-tu pour composer ?

    « Oui, j’y vais pour me mettre dans une bulle. L’enfermement, c’est important. Trop de liberté, ça ne mène pas à la créativité. J’ai besoin de me retrouver dans un monde qui m’inspire. Je travaille beaucoup comme comédienne à Bruxelles et, pour faire une vraie pause, je dois partir loin. Alors, je vais souvent à Oslo. Ce qui est formidable, c’est qu’on est très vite près des fjords, de la rivière, des forêts,… J’aime bien être dans un petit confort. J’ai envie de trouver d’autres endroits qui m’inspirent. Je rêve notamment d’aller en Islande. Je suis jeune maman, donc c’est un peu moins facile pour le moment. »

    Es-tu également repartie d’une page blanche au niveau musical ?

    « Non. Le changement a peut-être juste eu une influence dans le choix des morceaux. Avec cet EP, j’ai plutôt visé un objet artistique que commercial. J’ai plus envie de faire confiance à la qualité de l’artistique, qui peut vivre sur le long terme. Je voulais moins me torturer pour entrer dans des schémas. Je ne suis plus dans l’urgence. Je crée des morceaux que j’aime, et dont je suis fière. C’est à moi que ça doit plaire en premier. »

    Comment fais-tu pour concilier les métiers de comédienne et de musicienne ?

    « Je dois quand même essayer de faire des plages, mais c’est super enrichissant d’avoir plusieurs métiers. L’un enrichit l’autre. Chacun nourrit l’autre par des petites choses, surtout que je ne travaille quasiment qu’avec ma voix. J’adore ces deux métiers, je trouve qu’ils vont très bien ensemble, et je me considère autant l’un que l’autre. »

    > Un entretien de Christophe Van Impe

     

     

     

  • Quentin Mosimann est de retour en studio: "Ne plus être dans le Top 100 DJ's me motive"

     

    unspecified-2.jpeg

     

    Quentin Mosimann est un homme fort occupé: entre ses dates de concert, le tournage de la future émission "The Voice" et la conception de son nouvel album, le DJ a pris le temps de nous parler de son actualité, de sa sortie du classement du top 100 des DJ's et de tout le bien qu'il pense d'un Belge complètement fou.

    L'actualité de Quentin Mosimann, c'est surtout les enregistrements des premières émissions de "The Voice". C'est sa sixième participation en tant que coach, et il s'en est fallut de peu pour que la cinquième soit la dernière. "En effet, ce n'était pas prévu pour moi", nous confie le Suisse. "A la fin de la saison 5, je ne pensais pas poursuivre l'aventure. J'avais dit en boutade: Je reste si Marc Pinilla revient. Mais Marc avait décliné, étant sur d'autres projets. Puis deux semaines avant l'annonce officielle, il a changé d'avis et j'ai confirmé ma présence. Je voulais le refaire avec mon pote. Et en plus, deux autres potes sont venus s'ajouter: Bigflo et Oli. Je vous promet que ce sera une saison mémorable."

    Cela tranchera avec la saison précédente: "J'ai beaucoup de respect pour Stanislas et les membres de Cats on tree, il y avait de la vanne, mais toujours avec de la retenue. Avec Marc, Bigflo et Oli, on ne fait que de se vanner, tout le temps, même dans les coulisses. A l'émission, ils ne se rendent pas encore compte de ce qui va leur tomber dessus."

    "Sortir du classement du top 100 DJ's, cela m'a fait un peu de peine"

    Mais Quentin n'est pas que coach dans The Voice. DJ reconnu mondialement, il parcourt le monde pour des shows endiablés. La Chine, Japon, Portugal, Espagne, France, Belgique: un véritable tour du monde. Pourtant, il y a maintenant quelques jours, son nom n'apparaissait plus dans le top 100 DJ's, rendu public par le DJ Mag (Alors qu'il y était présent les quatre dernières années). "Je ne vais pas cacher que cela me fait un peu de peine. Mais je suis un battant, c'est l'histoire de ma vie et je prends cela comme un défi. Je me suis toujours lancé des défis, comme la Star Ac il y a quelques années. Je vais juste travailler deux fois plus pour revenir. En fait, The Voice c'est un peu mon excuse. L'émission m'a pris beaucoup de temps, donc j'ai eu moins de dates. Si je fais moins de dates, le plublic me voit moins donc j'ai des votes en moins. C'est logique d'une certaine façon".

    unspecified-3.jpeg

     

    C'est en effet un calendrier 2016 allégé qui a marqué la dernière année du vainqueur de la saison 7 de la Star Ac'. "J'ai en effet moins été booké, c'est cependant un choix. Mais tous mes week-ends sont pris, on a juste décidé d'en faire un peu moins la semaine. Ce n'est pas évident, car selon les pays, les jours des soirées ne sont pas les mêmes. En Egypte, par exemple, c'est le mercredi et en Chine c'est le lundi."

    S'il y a moins de dates, et si Quentin n'est plus dans ce fameux top 100 convoités par tous les DJ's du monde, ne pensez pas qu'il y a un désamour du public. Pour preuve, il suffit d'aller jeter un oeil sur les réseaux sociaux, sur les pages officielles du coach de The Voice pour s'en rendre compte. De plus, il y a comme un élan de positivisme dans les commentaires, ce qui par les temps qui courent est assez rare pour être souligné. "Je ne triche pas, je ne triche jamais. Moi-même je suis toujours positif, je m'amuse avec des photos, des vidéos. Je pense donc que mon public s'amuse avec moi".

    "Kid Noize, c'est un fou, il est habité"

    En tous cas, ses fans peuvent se réjouir. Quentin est donc rentré en studio pour préparer non seulement un nouveau single, mais aussi un nouvel album qui sortira en 2017. Le premier depuis 2013 et The 8 Deadly Sins. "Oui, là je suis en plein dedans. Je recherche des collaborations, avec de styles bien différents. J'essaie toujours de m'inspirer de tous les courants musicaux pour créer des sons. J'ai toujours mon petit studio d'enregistrement avec moi, donc après le tournage de l'émission, je peux travailler à l'hôtel. Comme je suis un couche-tard, ce n'est pas un problème. Je prends beaucoup de plaisir à travailler sur ces nouveaux morceaux".

    C'est un peu cela son secret: l'amusement et le plaisir. Surtout quand, comme il y a quelques semaines, un certain Kid Noize est venu le rejoindre sur scène en plein set:"Je n'aime pas tous les DJ's belges, mais j'aime beaucoup Henri PFR ou encore DJ Colombo. Mais Kidd Noize est aussi dans mon top 3, et c'est un fou ça tu peux me croire. Il y a le masque, mais c'est un vrai singe, quand il monte sur scène il est habité, il n'est plus normal. A la fête de l'Iris, il est venu me rejoindre sur scène, c'était de la pure folie".

    Une pure folie que vous pouvez voir ci-dessous, dans une vidéo du 7 mai dernier. Si vous souhaitez voir Quentin en live, il sera en Belgique le 10 décembre prochain au Versuz Club d'Hasselt. Son nouveau single devrait lui sortir avant la fin de l'année 2016, son nouvel album est prévu pour 2017.

     

    Interview réalisée par Florian Holsbeek

     

  • Mustii (ce vendredi 21, au Cirque Royal): "Le jour ou Bowie est mort, j'ai chialé toute la journée"

    mustii 1700 guillaume kayacan.jpg

    Il a la voix d'un black de 50 ans, cite aussi bien David Bowie que David Lynch parmi ses influences, est apparu dans "La Trêve", jouera prochainement dans un film d'époque, et a tourné sur toutes les scènes imaginables cet été. Lui, c'est Mustii, 25 ans, et qui jongle avec brio entre la musique, le théâtre et le cinéma. Vendredi prochain, il sera au Cirque Royal pour l'apothéose de sa tournée. Un concert événement qui annonce un premier album. Car oui, tout ça il l'a fait jusqu'à présent avec un simple EP...

    Nous t'avions découvert en juillet 2015, devant une poignée de personnes, pour le "Nostalgie Live Tour" au Sablon. En un an et demi, sur quels plans penses-tu avoir le plus évolué?

    "Il y a une évolution sur scène, dans ma manière de gérer les choses et dans l'écoute avec mes musiciens. Au plus j'avance, au plus je vois vers ce quoi je veux aller, et ce que je n'ai pas envie de faire."

    Et de quoi n'as-tu pas envie, par exemple?

    "Dans la construction du show, il y a des choses que je veux absolument éviter. Je ne peux pas tomber dans quelque chose de millimétré et froid. Je veux garder un côté spontané, tout en ayant un aspect théâtral. Cela peut paraître contradictoire, mais je ne veux pas de la pure chorégraphie. Chaque live doit être différent, tout en ayant la conscience d'un récit, avec une introduction et un final. Je suis un grand fan de Florence and the Machines, et je trouve ça très inspirant. Il y a chez elle cette dose de théâtralité dans le stylisme, le décor et la construction du show. J'aime aussi beaucoup Oscar and the Wolf, car il interprète un personnage. Il a prouvé que ça n'était pas propre qu'aux Anglais ou aux Américains. En Belgique, on est parfois un peu trop timide."

    J'ai l'impression que tu canalises aussi mieux ton énergie. Ce sont des conseils qu'on t'a donnés?

    "Déjà, je ne risque plus de perdre mon pantalon à n'importe quel moment! Plus sérieusement, je me suis rendu compte de certaines choses, qui sont purement liées au physique. J'ai pris conscience que je ne pouvais plus me lâcher comme avant, que c'était même débile et intenable. Physiquement, il faut tenir le coup. Je dois m'imposer une hygiène de vie. Ce sont des trucs cons, mais je me suis mis au sport."

    A quel point le visuel est-il important?

    "Tout reste à faire. Là, j'ai envie de passer un stade dans la mise en scène, tout en restant sincère et en n'en faisant pas trop. Cela ne peut pas étouffer la musique et le rapport qui est établi entre le public et moi. Je pourrais vite être tenté d'aller vers quelque chose de spectaculaire, mais il faut jauger."

    Le visuel actuel est-il né lors de la release party à la Rotonde?

    "Oui, il est né ce soir-là. C'était une première étape. Le Cirque Royal, ce sera une transition. On ne va pas clôturer quelque chose, mais on va tourner la page."

    Que peux-tu révéler par rapport à la mise en scène pour le Cirque Royal?

    "J'ai vraiment chapitré le show et imaginé une scénographie en lien avec la salle. Le dessin est assez clair depuis un moment dans ma tête, mais je préfère ne rien dévoiler..."

    Tu as énormément tourné cet été. N'as-tu pas eu peur de lasser?

    "Oui. De lasser les gens, mais de me lasser moi aussi. C'est la difficulté quand tu as des dates concentrées sur une courte période. C'est valable aussi pour le théâtre. Le socle restait le même, avec quelques petits changements. J'ai surtout tenté d'être à chaque fois conscient du moment, en ne pensant plus à la veille."

    C'est quand même étonnant de voir un "gamin" de 25 ans reprendre David Bowie et s'inspirer de Mick Jagger. C'est ce que tu écoutes depuis toujours?

    "J'écoute des trucs actuels aussi, mais mon père est un grand fan de musique. J'ai baigné au milieu de ses disques des Rollings Stones ou de Black Sabbath. Il regardait tout le temps des concerts à la télévision."

    Tu n'as pas non plus la voix de quelqu'un de 25 ans...

    "Il y en a même qui pensent que je suis black! Je pense qu'on a plusieurs voix différentes, et j'ai envie de me tester. Quand tu écoutes Bowie, il travaillait sa voix comme un instrument, et ne restait jamais sur la même tonalité. Je vais par moments essayer d'avoir une voix plus suave, plus crooner..."

    Continueras-tu à reprendre "Heroes"?

    "Oui, parce que ça me fait du bien. Pourtant, à la base, je ne suis pas très porté sur la cover. Au Cirque, elle sera là, mais de manière différente. Ce sera plus une sorte d'hommage."

    Tu as été marqué à ce point par son décès?

    "Quand je me suis réveillé, j'avais plein de SMS. J'ai chialé toute la journée. Rien que d'y repenser, ça me fout des frissons. C'était mon premier choc musical. Je pense que j'aurai la même chose le jour du décès de David Lynch. J'ai d'ailleurs fait mon mémoire sur la théâtralité dans son cinéma. "Mulholland Drive" m'a marqué, ce film est d'une tristesse sur les rêves hollywoodiens! En janvier, je vais jouer au théâtre dans "Is there a life on Mars?", qui parle de l'autisme. Il y aura sans doute des clins d'œil à Bowie."

    Quel est son album qui t'a le plus marqué?

    "J'ai tendance à dire "Outside". Mais j'aime bien aussi "Heathen", qui avait pourtant été critiqué. Je regarde de temps en temps son concert à Rock am Ring. Le mec, c'est le patron! Je suis aussi totalement fan de Grace Jones. Brian Ferry, Madonna, David Sylvian et Einstürzende Neubauten aussi. Mais, encore une fois, c'est souvent lié au live. Par contre, j'écoute aussi beaucoup Lady Gaga! Son dernier single, je l'écoute en boucle."

    C'était quoi ton premier concert?

    "Werchter, quand j'avais 15 ans. J'y avais vu Goldfrapp , Placebo et les Red Hot Chilip Peppers notamment."

    Quand as-tu eu le déclic musical?

    "Je chante depuis que je suis tout petit. Par contre, vouloir faire de la musique, ce ne m'est venu que quand j'avais 19 ans. Parfois, c'est un regret, car j'aurais bien aimé me mettre au piano à 5 ans. Mais, c'est venu plus tard, via mes études de théâtre. Du coup, j'ai un côté plus bricoleur et instinctif. Mon obsession, c'était vraiment de faire du théâtre et du cinéma, la musique est venue un peu par hasard."

    Comment Kid Noize est-il venu te chercher?

    "C'est grâce à une audition de cinéma, pour un film de Philippe de Pierpont. Le scénario du film me faisait penser à une démo que j'avais composée. Mais vraiment, ce n'était pas lèche-cul de ma part. Je voulais lui faire écouter, et il a ensuite envoyé la démo à Kid Noize. Il m'a appelé, je l'ai rencontré et c'est parti."

    Sans lui, en serais-tu là aujourd'hui?

    "Je pense qu'il m'a vraiment mis le pied à l'étrier. Il m'a permis de professionnaliser ça."

    Avec un style qui est pourtant assez éloigné du sien...

    "Nous avions des influences années 80 en commun. Mais, sur son label, je suis le seul artiste pop. Je trouve ça intéressant de confronter les univers."

    Malgré la préparation de ce concert, tu tournes également un film...

    "Oui, ce mois d'octobre est le plus dingue de toute ma vie. Je tourne dans "L'Echange des Princesses", avec Lambert Wilson et Olivier Gourmet. L'histoire raconte le mariage arrangé entre l'Infante d'Espagne et Louis XV. Je joue le rôle du Duc de Condé, qui est le conseiller du Roi, et qui va devenir Premier Ministre. C'est un rêve d'acteur, un rôle de composition que je ne pouvais pas refuser."

    Télé Pro t'avait récemment cité parmi les candidats à... l'Eurovision. Sérieux?

    "Je ne sais pas d'où ça vient. Mais non, je ne veux pas faire ça..."

    > Un entretien de Christophe Van Impe


     

     

     

     

  • Kid Noize: "Pour ma stabilité mentale, il était temps que cet album sorte"

    KidNoizePhoto.jpg

    Vous aimeriez savoir qui se cache derrière le masque de Kid Noize ? C'est loupé, car ne comptez pas sur nous pour vous dévoiler le mystère ! C'est de grand matin que nous avons rencontré l’homme singe, qui vient de sortir son premier album ("Dream Culture"), attendu depuis longtemps, et qui remplira l'Ancienne Belgique le 24 février.

    Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de sortir cet album ?

    « Il y avait déjà une ébauche d’album il y a cinq ans. Tout s'est bien passé, ce qui a fait qu’on a pu améliorer les choses. Mais, à un moment, il faut s’arrêter et le sortir. Il y a aussi le fait que j’ai créé le label Black Gizah, et qu’on a notamment bossé sur Mustii et d’autres artistes. »

    Il y a eu beaucoup de singles durant tout ce temps. Était-ce une manière de susciter le désir chez les fans ?

    « Ce n’était pas voulu, ça s’est fait naturellement. On a un peu sorti l’album de la manière inverse de ce qui se fait dans la pop. Avoir tourné pendant toutes ces années, ça m’a permis de roder les morceaux, mais aussi de me faire un public, qui est hyper fidèle et qui est très large. Ma plus belle réussite, c’est d'ailleurs mon public. Il y a de tout, mais ça matche par exemple à fond avec les gosses. Je trouve ça assez magique. »

    A quel moment as-tu eu le déclic ?

    « Il n’y a pas eu d’événement particulier, il était juste vraiment temps. Même pour ma stabilité mentale, il fallait qu’il sorte. »

    L’importance, c’était la cohérence des morceaux et des invités ?

    « Oui. L’album est composé de deux parties. Il y a une partie plus « jour », et une autre plus « nuit ». Une partie radio et gentille, et une autre club et un peu plus méchante. »

    N’aurais-tu pas pu sortir un double album, comme Guns n’ Roses avait fait avec « Use your illusion » ?

    « C’est marrant que tu dises ça, car ça a été le projet. On avait beaucoup de morceaux, et on aurait pu en effet sortir un double album. Il se fait que, à un moment, j’ai réussi à avoir une cohérence qui faisait qu’on ne pouvait plus en sortir qu’un. J’ai préféré faire ce choix-là, car on ne peut faire qu’un premier album. Les Guns l’ont fait, les Smashing aussi. Quand je les réécoute, ce sont des albums phares. Mais ce n’était pas leur premier… »

    La suite, elle pourrait aller plus vite ?

    « Oui, ça sera plus rapide. En tout cas, je ne peux pas m’y reprendre de la même façon. Je vais ajuster le tir au maximum et ne pas reprendre autant de temps. »

    En cinq ans, certains morceaux ont-ils évolué ?

    « Oui, à fond. Ce n’est pas du rock, quoi. C’est une musique qui est faite avec des ordinateurs, et la technique a énormément évolué. Au début du projet, j’étais un peu coincé. J’avais à la fois envie de faire de l’indé et du single. J’ai mis beaucoup de temps pour assumer ce choix. »

    Ton projet peut-il toucher un public pop-rock ?

    « Pop, certainement. Mais, dans l’énergie, il y a aussi quelque chose qui reste rock. Ces dernières années, il y a plein de projets électro qui se sont callés sur cette énergie rock. »KidNoize2.jpg

    Te reconnais-tu dans la musique électro actuelle ?

    « Oui, et non. Je me reconnais dans le rétro, et dans certains morceaux actuels. Mais pas dans tout. Ceci dit, je ne me reconnais pas non plus dans tout le rock. Il y a des trucs qui sont fabuleux, mais il faut juste les trouver. »

    Qui, par exemple ?

    « Il y a Flume, qui déchire. Le mec est juste vraiment bon. »

    T’inspires-tu de ce que tu écoutes ?

    « Non, pas spécialement. Peut-être que je devrais le faire plus, ce qui me permettrait d’aller plus vite. Mais je ne me calle pas sur de l’EDM ou de la musique électronique contemporaine. Je fais ce que j’ai envie de faire. »

    Apprécies-tu les artistes qui mélangent rock et électro, comme Prodigy ?

    « Prodigy, oui. Je trouve que le mélange est très fragile, et compliqué à faire avec de la mesure. Il y a beaucoup de trucs ratés pour peu de réussites. Le rock, ça parle de racine. La musique électronique, elle parle de futur. Ce sont deux choses totalement opposées. Le problème, c’est quand tu as des mecs du rock qui prennent un synthé en ne comprenant pas ce qu’il représente. Chez Goose, par exemple, eux ils pigent. »

    Kid Noize pourrait-il percer ailleurs qu’en Belgique ?

    « C’est plus une question de style de vie. Si je veux aller jouer à l’étranger, je pourrais. Mais, ça prend beaucoup de temps. Pour l’instant, j’ai toujours privilégié le développement de Black Gizah en Wallonie. L’album est sorti en France et aux Pays-Bas, et nous sommes allés jouer au Japon. Mais pour le moment, c’est plus une expérience qu'un projet misé sur la rentabilité. L’étranger oui, mais pas à n’importe quel prix. »

    Tu es Bruxellois, mais tu vis à Charleroi. C’était important pour toi de participer à la revalorisation de ta ville d’adoption ?

    « C’était naturel. Quand je suis parti là-bas il y a cinq ans, certains faisaient déjà des choses depuis de longues années. Ils n’avaient pas besoin de moi. Kid Noize a explosé à un moment où la ville demandait à exploser. Tout a été cohérent. C’est une ville dans laquelle je me reconnais. La cover a d’ailleurs été shootée là-bas. Comme moi, cette ville est passée par des moments difficiles. »

    On t’a déjà vu à plusieurs reprises dans le kop du Sporting de Charleroi, notamment face à Anderlecht…

    « En plus, j’ai habité à Anderlecht. J’aime bien le foot, mais je ne suis pas un fan. Si j’y vais, c’est plus pour boire une bière et être avec mes potes. Et puis, c’est une vraie expérience. »

    N’as-tu jamais pensé composer un hymne pour le Sporting ?

    « On m’en a beaucoup parlé. Après, de nouveau, il faut trouver la cohérence et le temps. Peut-être dans un an, cinq ans, ou jamais. Cela devrait de toute façon se faire naturellement. »

    Le voyage au Japon, c’était comment ?

    « C’était super cool, j’y suis resté 10 jours. On avait une date dans un club à Tokyo. C’était un bar un peu transgenre, où j’avais parfaitement ma place. On en a profité pour tourner le clip. Ce n’était pas facile, car la culture est différente et tu ne comprends rien. Cela s’était fait via un Français qui habite là-bas. On travaille à la suite. Ils évoquent notamment une tournée en Asie. Ce projet a un vrai potentiel là-bas, car ils sont à fond entre le manga et les comics. »

    Ton label Black Gizah a notamment lancé Mustii. Es-tu surpris de sa réussite ?

    « Surpris, non. »

    Comment l’as-tu découvert ?

    « On bossait tous les deux sur une prod’ d’un film, et j’ai reçu une démo par erreur. J’ai demandé ses coordonnées. Au final, ils n’ont fait le film ni avec lui ni avec moi. Grave erreur ! »

    Le concert à l’AB, c’est une date importante ?

    « Ce sera aussi important que l’album. L’AB Box a été vite complète, donc on a ouvert la grande salle. C’est un endroit mythique, où j’ai vu des concerts mémorables de The Hives, Offspring, Bloody Beetroots, DJ Shadow, The Roots… »

    L’histoire du masque, ça vient d’où ?

    « A la base, c’était surtout l’envie de montrer quelque chose plutôt que de cacher. Après, l’anonymat fonctionne bien. Et, être reconnu tout le temps c’est fatigant. Cela peut paraître un peu présomptueux, mais c’est vraiment casse-couilles. C’est une question de vie privée et familiale, il y a des limites à ne pas dépasser. »

    Le visuel pourrait-il évoluer ou tu comptes rester fixé à cette image de singe ?

    « Ca va évoluer, c’est prévu… mais je ne peux pas en dire plus. »


  • Insecte: " On essaie de casser notre image trop sérieuse"

    Ils sont Parisiens, mais sont tous établis à Bruxelles et viennent de sortir leur premier EP ("Un", en téléchargement sur toutes les plateformes) sur le net. Propulsé vers l'avant suite à la victoire au concours "Du F. dans le texte", Insecte est en train de s'installer confortablement au sommet de la scène bruxelloise un peu barrée, aux côtés de Robbing Millions et Le Colisée... Insecte2.jpg

    Le groupe s'appelait d'abord... Inceste. C'était à ce point lourd à porter?

    Louis: "C'est Yerko qui avait trouvé ce nom. On trouvait que c'était provoc', et que ça tapait bien. Puis, on s'est quand même demandé comment les gens allaient l'accepter. On allait forcément nous poser des questions, nous interroger sur notre univers, alors qu'on n'avait pas nécessairement de réponse. On a finalement juste décidé de changer deux lettres. Si ça avait été totalement assumé, à la limite, mais ce n'était même pas le cas."

    Oscar: "J'ai ressenti que certains ne trouvaient pas ça drôle du tout. Je me suis dit qu'on se mettait des bâtons dans les roues. Il y a trop de gens que ça dérangeait."

    Le titre de l'EP est, lui, on ne peut plus minimaliste...

    Louis: "Nous sommes des gens assez simples en fait. On essaie de casser notre image sérieuse, et de déconner."

    Oscar: "C'est notre premier EP, et les morceaux qui sont dessus n'ont pas nécessairement de lien entre eux. Cela nous semblait symbolique comme titre. Et le deuxième, qui sortira prochainement, s'appellera... "Deux". On a opté pour la stratégie de l'EP pour ne pas griller toutes nos cartouches d'un coup. On veut se faire connaître petit à petit."

    Oscar, tu écris exclusivement les paroles. Quelles sont tes inspirations?

    Oscar: "Au niveau de l'écriture, j'aime bien un mec comme Bashung. J'aime bien l'idée d'écrire des trucs dont on ne pige pas grand chose. Ca reste assez mystérieux et imagé. J'aime bien cette liberté, qui permet à l'auditeur d'avoir une interprétation particulière. Je j'écris pas forcément très bien, et c'est pour ça que je tends vers ça. C'est à l'opposé de la littérature, je n'ai aucune envie de raconter une histoire avec un début et une fin. Il y a un côté chaotique et absurde qui me plaît. Je me suis rendu compte que j'ai toujours écouté de la musique sans comprendre les paroles et sans même m'y intéresser. Des fois, il y a même des trucs en français que je ne cherche même pas à comprendre. Je suis plus intéressé par le son des mots et les mélodies, moins par le sens."

    Avoir gagné le concours "Du F. dans le texte", ça vous a apporté quoi?

    Oscar: "Des dates surtout, une résidence à l'Eden de Charleroi et du coaching. Et on a gagné de l'argent!"

    Louis: "Le groupe avait commencé à trois dans le salon. Puis, on a bossé dans une cave sur un seul ampli, avec une batterie électrique qui avait des faux-contacts. C'était vraiment roots au possible. Avec l'argent, on a acheté du matos et ça nous a permis d'avoir une meilleure qualité de son. Cela nous a permis d'y croire aussi. On ne mise pas tout là-dessus mais, sans ce concours, ça n'aurait peut-être pas été la même chose. "

    Oscar, on compare souvent ta voix à celle de Laurent Voulzy. Pourtant, ce n'est pas du tout une source d'inspiration...

    Oscar: " Les gens y font surtout référence par rapport au morceau "Fil d'eau - - Fil d'air". J'avoue que je n'arrive pas à faire le rapprochement. Mais bon, ça ne me dérange pas."

    > Une interview de Christophe Van Impe