ala.ni

  • Sudpop a rencontré ALA.NI

    A Arlon, vous jouerez dans une église. C’est la première fois ?

    Non, à vrai dire, j’adore jouer dans les églises. L’acoustique est incroyable, le public est attentif… Si j’ai accepté de venir à Arlon, c’est d’ailleurs parce qu’on m’a proposé de jouer dans une église. Et puis cela convient bien à la formule de mes concerts, assez dépouillée et sobre.

    Vous habitez toujours Paris ? Vous parlez français ?

    Oui, mais je ne parle pas français… just a tiny little bit ! (rires) Mais j’adore Juliette Greco, je vais peut-être chanter une chanson d’elle en français (elle se met à chanter « Parlez-moi d’amour » au téléphone…)

    ALAni.jpgVotre musique est très cinématographique. On dirait la bande originale d’un vieux film en noir et blanc des années 50… vous êtes d’accord avec ça ?

    Oui, pourquoi pas. C’est vrai que l’on me dit souvent cela. Le cinéma m’intéresse énormément. Mais je ne veux pas faire de la musique de niche, une sorte de pastiche des vieilles musiques de films. Je fais juste une musique qui me ressemble. Je voulais une production très simple, mais j’avais une idée pourtant précise de comment cela devait sonner.

    Qu’est-ce qui vous inspire ?

    Absolument tout : les conversations avec des amis, mes expériences personnelles, une exposition que je vais voir, une peinture, un poème, une histoire… C’est un processus continu, cela ne s’arrête jamais. Tout peut venir nourrir ma créativité et ma musique.

    On vous qualifie souvent de chanteuse jazz. Or, ce n’est pas votre façon de voir les choses…

    Tout dépend de ce qu’on met derrière l’étiquette « jazz ». Si le jazz signifie la liberté, alors oui je m’y retrouve. Après, c’est aussi une étiquette qui est un peu impressionnante, qui peut effrayer… et mettre une certaine pression !

    Parlez-nous de votre travail avec Blur et Damon Albarn. Il vous a aidé à produire votre album, correct ?

    Disons que Damon est un ami, il m’a beaucoup encouragée à faire de la musique, à oser produire mes propres chansons. Il a toujours cru en moi, m’a donné confiance. Il m’a beaucoup supporté, avec bienveillance.

    Vous chantez sur les albums de Blur ?

    Non, seulement en concert. (ALA.NI a également été choriste pour Mary J. Blige et Rita Ora, ndlr.)

    Je vous pose la question parce que les médias parlent beaucoup de cela. Ça fait quoi d’être l’objet d’attention de tous les médias ? Tout le monde dit de vous que vous êtes la mégastar de demain…

    Je ne passe pas mes journées à m’occuper de cela. Vous savez, je fais mon management moi-même, je passe le plus clair de mon temps à ne m’occuper de me musique. Le reste… Bien sûr, ça me fait plaisir que je vois un article qui parle de moi dans la presse, mais je passe vite à autre chose. Je suis quelqu’un de très simple. Je me contente de faire de mon mieux. Être payée pour faire des concerts, c’est un rêve. Même si pour l’heure, je suis toujours fauchée ! (rires)

    Votre album a fuité sur le net. Ça vous énerve ?

    C’est frustrant. D’autant que si les gens écoutent mes chansons sur un iphone merdique… enfin bon ! Mais je fais partie de cette culture là aussi… Moi aussi je regarde la musique sur YouTube. Aujourd’hui, on regarde la musique… ça ne veut rien dire, c’est complètement dingue, non ? 

    Une interview de Romain Goffinet