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  • Mélanie De Biasio: " J’écoute toujours Rage Against The Machine de temps en temps!"

    Melanie-De-Biasio-1-580x380.jpgDepuis la sortie de son premier album en 2007, A Stomach is Burning, et surtout de son successeur, No Deal, plus rien ne semble arrêter Melanie De Biasio. Reçue dans les plus grands shows musicaux anglais, invitée sur la scène de Rock Werchter (ce qui est excessivement rare pour une Francophone), adoubée par Gilles Peterson le pape de la musique jazz actuelle (avec une pointe d'électro), remixée par Eels, ... la chanteuse originaire de Charleroi a conquis, si pas le monde, en tout cas l'Europe. Au point de remporter en janvier dernier un European Border Breakers Awards, une récompense décernée internationalement aux artistes ou groupes émergents qui ont trouvé un public en dehors de leur pays. Au palmarès, à côté de son nom, on retrouvait notamment ceux de Hozier, Milky Chance, Tove Lo, Mø, ... Excusez du peu! 

    En attendant la suite, Mélanie De Biasio sera à Arlon ce dimanche 3 mai. Elle jouera dans l’église du Sacré-Cœur dans le cadre du festival des Aralunaires. Elle lève un coin du voile sur ce concert exceptionnel.

    Vous allez jouer dans une église à Arlon. C’est quelque chose que vous avez déjà fait?

    Mélanie De Biasio: "Une fois seulement, à Bruxelles. J’aime jouer dans des lieux singuliers. Cela m’intéresse. Je suis très poreuse à l’endroit dans lequel je joue. L’endroit, généralement, inspire le set. Donc ce concert, à Arlon, m’inspire beaucoup! L’endroit devient un ingrédient musical, en quelque sorte."

    À quoi peut-on s’attendre le 3 mai?

    "Ce sera un concert piano-voix. C’est la formation idéale pour ce genre d’endroit. Il ne faut pas que la multiplication des instruments devienne un problème à gérer, surtout dans un endroit aussi particulier qu’une église, qui résonne très fort, etc. Donc ici, pas de contrebasse, pas de batterie. Juste le piano et moi."

    Vous réussissez, depuis quelques années, une sorte d’exploit: celui de rendre le jazz très «grand public». C’est quelque chose de volontaire?

    "Mes racines, c’est le blues. Et le jazz vient lui-même du blues. Un des plus beaux compliments que l’on puisse me faire, c’est de dire que je parviens à faire en sorte que l’on se détache des a priori que l’on rattache souvent au jazz et au blues. Je n’aime pas que l’on mette des cadres, des barrières entre les genres. Si je peux contribuer à nettoyer les croyances solidement ancrées que l’on a sur ces deux genres musicaux, alors je suis heureuse…"

    Tous les médias vous encensent. Vous avez un succès incroyable. Comment vivez-vous cette ascension fulgurante?

    "Moi, mon rôle, c’est de nourrir les petites choses. Après, le contrôle que l’on a sur ce que ces petites choses deviennent, cela m’échappe totalement. Ce n’est pas toujours simple à gérer. Mais personne n’a jamais dit que ce serait simple."

    mélanie de biaisio, Aralunaires, ArlonTout de même, quand on vous compare à Billie Holliday ou à Nina Simone: cela doit être agréable mais ça peut aussi vous mettre la pression…

    "Je comprends que l’on essaie de mettre des étiquettes sur les chanteurs, les groupes, etc. On doit pouvoir situer les choses, on a tous besoin de références. Même si je n’apprécie pas spécialement, il faut faire avec: les étiquettes, les comparaisons, cela permet aux gens de s’intéresser à mon travail. À la limite, je dirais même que l’on n’a pas besoin des autres pour se mettre dans des cases. Pourtant, moi, ce que j’apprécie, c’est de sortir des cases… Encore une fois: pas de barrières! Moi, je prône le dépassement de soi. Nous sommes tous amenés à nous dépasser. À sortir des sentiers battus."

    Justement: votre dernier album a été remixé par des grands noms du rock ou de l’électro, on vous retrouve sur l’affiche des Aralunaires aux côtés de groupes de rock… Vous aimez surprendre en faisant des ponts entre des univers différents?

    "Toute forme d’expression m’intéresse. Pour moi, tout est possible. J’aime avoir la liberté de pouvoir prendre ces chemins-là. Quant à l’album de remix, c’est un projet que l’on m’a proposé, et j’avais aimé l’idée que mes compositions prennent d’autres directions."

    J’ai lu que vous écoutiez Rage Against The Machine étant jeune… Surprenant!

    "(Elle rit) Mais oui! D’ailleurs j’écoute toujours de temps en temps! C’est bien pour se défouler!"

    J’ai lu également que vous avez refusé de faire partie de The Voice? Jurée, cela ne vous intéressait pas?

    "Oui, j’ai été approchée par The Voice, c’est vrai. Mais ce n’était pas vraiment en tant que jurée qu’on me sollicitait. On m’a approché pour faire partie du casting, ou quelque chose comme ça… Cela ne m’intéressait pas du tout, j’ai dit «non merci»."

    Pour conclure, un mot sur vos projets?

    "Je travaille déjà sur mes prochaines créations, sur des nouveaux morceaux. Le studio et la scène me passionnent tous les deux. Le studio parce que cela permet de fixer la matière, le live parce que c’est basé sur le partage et la communion avec les gens."

     

    >Interview par Romain Goffinet