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  • Sonic Visions (jour 2): Benjamin Booker, c'est chaud comme la braise

    Sonic-Visions-Couv.jpgLe Sonic Visions n'est pas un festival comme un autre. Pouvoir écouter/découvrir dix groupes/artistes des plus prometteurs en quatre heures de temps, cela n'arrive pas souvent. Une prouesse réalisée par ce festival qui se déroule entièrement sur le site de la salle de la Rockhal à Esch-sur-Alzette, au Luxembourg. 

    Après une première journée, jeudi,  réservée à des groupes plus régionaux, le complexe grand-ducal accueillait hier quelques grosses pointures des prochaines années. La fête commençait dès 20h avec des Australiens au nom aussi imprononçable - King Gizzard & The Lizard Wizard - que leur rock psychédélique est efficace. Deux batteries, deux basses, deux guitares, un harmonica et ... une flute, cela fait du monde sur scène. Assez en tout cas pour que cette bande de fous fasse tout exploser! IMG_1555.JPG

    On passait ensuite sous le "Dome", une tente installée sur le parvis situé devant la Rockhal et ressemblant étrangement à un igloo. C'est là que l'Anglais Nick Mulvey nous a présenté son folk acoustique, envoutant et tout en subtilité. On ne vous conseillera jamais assez de jeter une oreille attentive sur les chansons "Cucurucu" et "Juramidam". Direction ensuite le Rockhalcafe, un espace dont la disposition a des allures de club américain. C'est là que se produit Benjamin Booker, un jeune rockeur de la Nouvelle-Orléans dont le premier album (baptisé sobrement Benjamin Booker) nous accompagne depuis de nombreuses semaines. Lui et sa guitare, sur scène, sont accompagnés d'un batteur qui sait taper (très) fort sur ses fûts et d'un bassiste qui remet au goût du jour la franche longue sur le front et la petite moustache à la Charlie Chaplin. Classe ... ou pas. Toujours est-il que leur rock est chaud comme la braise, rêche comme la peau d'un croco du Bayou et qu'il arrache comme de l'alcool frelaté. De la bombe! Les filles du premier rang qui se déhanchaient ne s'y sont pas trompées. La claque de ce premier jour. A un tel point que lorsqu'on repasse dans le club pour assister à la fin du set de l'Islandais Asgeir, ce dernier a bien du mal à supporter la comparaison, malgré une qualité mélodique indéniable. IMG_1563.JPG

    Après un court passage devant les Messins de Grand Blanc et leur musique mêlant sons à la Joy Division et phrasé en français, on se cale devant les Américains de Cloud Nothings. Leur rock est puissant, joué à 100 à l'heure. A trois (une guitare, une basse et une batterie), ils envoient du bois. Un peu comme si le Weezer des débuts faisait encore des bonnes chansons. De rock, il en est toujours question lorsqu'on retrouve le Dome sur le coup de 23h. Le froid de la nuit aidant, ce dernier a de plus en plus des allures d'igloo. Mais la jeune Australienne Courtney Barnett a vite réchauffé tout ça. Devant ses compatriotes de King Gizzard & The Lizard Wizard venus la supporter, elle livre un set bien plus bruyant que ce qu'elle propose sur ses premiers EP. C'est punk, voire grunge. Et là, on se dit que ce n'est sans doute pas pour rien que cette jeune fille de 26 ans porte une chemise à carreaux que n'aurait pas renié un certain Kurt Cobain. Elle arrache vraiment cette petite! 

    Place ensuite à Annie Clarck, l'Américaine mieux connue sous le nom de St Vincent. sonic visions,king gizzard & the lizard wizard,nick mulvey,benjamin booker,asgeir,grand blanc,cloud nothings,courtney barnett,st vincent,oceaàn,say yes dog,bakermatVéritable icône de la musique indépendante américaine, elle se présente sur scène vêtue de cuir et avec des (longs) cheveux oscillant entre le blanc et le mauve (comme sur la pochette de son dernier disque, St Vincent, voir ci-contre). Entre synthés et guitares, sa musique garde une constance: son côté barré. Bien, voire très bien. Mais on s'esquive quelques minutes avant la fin afin d'aller jeter une oreille sur Oceaàn, un jeune Belge du nom d'Oliver Cean exilé du côté de Manchester, et qui commence à se faire un nom dans le monde de l'électro. Ses rythmes à la fois lancinant et dansant font furieusement penser à un certain James Blake. Oui, il y a pire comme comparaison.

    Un petit passage ensuite par les grands espoirs de la musique grand-ducale de Say Yes Dog (qui livre une pop dansante, pas désagréable) et il est temps de rentrer. Il est déjà minuit quart. On laisse le DJ hollandais Bakermat aux petits jeunes qui ont envie de danser jusqu'au bout de la nuit. Car dans quelques heures, on remet ça avec la suite du Sonic Visions! 

    > Par Julien Carette

  • #7 de nos albums de 2013 : Asgeir avec In The Silence

    asgeir_cover_lg-1024x1024.jpgL'Islande a été un refuge ces dernières années pour les fans de musique. Car cette petite île est une terre fertile en talents musicaux. On pense là évidemment à Bjork, Sigur Ros, Of Monsters and Men, ... ou quelques trésors (un peu plus) cachés comme la sublime Emiliana Torrini. 


    Cette année, on a découvert Asgeir. Originaire d'un petit village perdu (comme l'Islande en possède beaucoup) et à 20 ans au compteur, il a tout explosé chez lui, réussissant des chiffres de ventes comme seuls Bjork ou Sigur Ros avaient obtenus avant lui pour un artiste local. Au point d'intéresser de gros labels étrangers et de signer chez ... One Little Indian, comme Bjork ou Emiliana Torrini avant lui.

    Mais histoire de mettre toutes les chances de son côté, il a fait traduire son album (chanté originellement en islandais) en anglais par John Grant (un musicien américain, membre du groupe The Czars, grand ami de Midlake et ayant vécu en Islande). Le résultat se nomme In The Silence et est tout simplement sublime dans un profil assez proche de l'incroyable artiste américain Bon Iver! Agréables comme une après-midi ensoleillée au milieu de l'hiver, les mélodies boisées, douces et mélancoliques d'Asgeir font mouche à tous les coups. Notre coup de coeur absolu de cette fin d'année!