coupe du monde

  • Coupe du Monde (5): La première fausse note des Diables pour la World Cup 94

    Et pour boucler la boucle... Après avoir arraché la qualif' au forceps face au Rassemblement Tchèque et Slovaque et avoir ricané du désastre français contre la Bulgarie, la Belgique du football s'est un jour réveillée avec cette "chose".

    Les Village People ont sorti la chanson en 1979, les Pet Shop Boys l'ont revitalisée en 1993 et les Diables Rouges l'ont achevée... quelques mois plus tard. Diables Rouges néerlandophones pour être précis, puisque cette chanson est parue sur une compilation regroupant odes aux joueurs réalisées par des artistes flamands.

    L'interprétation donc, mais les paroles ("On y va en bus?" "Mon épouse peut-elle venir avec?") aident également à en faire un des pires massacres de l'histoire. La famille et amis de Marc Degryse, Luc Nilis, Eric Van Meir, Franky Vander Elst ou Lorenzo Staelens doivent encore de temps en temps les charrier...

    Pour la petite histoire, cette année-là, la Belgique était éliminée en huitièmes de finale par l'Allemagne (3-2), après foiré son dernier match de poule face à l'Arabie Saoudite et Al Owairan. On pourrait retrouver la Mannschaft au même stade de l'épreuve cette année mais ça, c'est une autre histoire... Que la Coupe du Monde commence!!!

    > Philippe Sadre


  • Coupe du Monde (4): La motivation à l'écossaise

    Tandis que les "Olé olé olé!" ou les "Champions!" pullulent dans les chansons officielles de football, les Ecossais de Del Amitri ont offert en 1998 un parfait contre-pied. Apparemment incompris mais charmant. 

    Fondé à Glasgow en 1983, Del Amitri a régulièrement placé ses albums dans le Top 10 UK. Ils ont également remporté la bataille les opposant à Wet Wet Wet, encore tout auréolé du gigantesque tube "Love Is All Around", pour l'obtention du label "single de l'équipe nationale" avant le Mondial en France.

    Le chanteur Justin Currie déclarait alors: "Tout le monde pense qu'on est des losers, mais passer le premier tour, ce serait comme remporter la Coupe du Monde! C'est une chanson très personnelle." Il faut en effet bien noter que l'Ecosse n'était jamais parvenue à passer un premier tour de grande compétition internationale. 

    De Rio de Janeiro à Prestwick

    "Don't Come Home Too Soon" est donc une magnifique chanson de... loser, à la mélodie douce et aux paroles explicites: "Le monde n'est peut-être pas en train de trembler, mais vous pouvez leur donner tort, même les outsiders y arrivent (...) Mon plus grand rêve est que, pour une fois, vous ne soyez pas dans ce stupide avion."

    Un bijou d'autodérision et une originalité typiquement british pourrait-on penser, mais les réactions au pays du Mars frit n'ont pas été des plus enthousiastes. Les fans ont boudé la chanson et les joueurs ne semblaient pas plus heureux que cela de participer au projet. Plusieurs d'entre eux ont tout de même tourné dans le clip, volontairement calqué sur la publicité d'un célèbre équipementier qui voyait Ronaldo et ses coéquipiers brésiliens jongler dans un aéroport de Rio coloré. Sauf qu'ici c'est à Glasgow Prestwick et il fait gris.

    Ah oui, après un match nul contre la Norvège et des défaites face au Brésil et au Maroc, les joueurs écossais ont bien repris l'avion directement...

    > Philippe Sadre


  • Coupe du Monde (3): Le background footeux de Lily Allen

    La semaine dernière, Lily Allen postait sur son compte Twitter un nouveau morceau (ndla: il a ensuite été rapidement retiré de la plate-forme où il se trouvait) qu'elle qualifiait de "chanson non-officielle de l'Angleterre pour la Coupe du Monde 2014". Les paroles de "Bass Like Home" ne respirent pourtant pas le football, à part une mention sur Paul Gascoigne, un "Rule Britannia" et un "Touch that crown" si on a vraiment de l'imagination.

    Ca ressemble donc à un coup à la Stromae, mais pourtant elle n'en est pas à sa première expérience en matière de patriotisme footballistique. En 1998, elle apparaissait comme figurante dans le clip "Vindaloo" de Fat Les, également étiquetée "chanson non-officielle du Mondial". Dans le groupe, on retrouvait notamment Keith... Allen, son père, ainsi qu'Alex James, le bassiste de Blur, qui l'a quitté ensuite.

    Une place à prendre

    Quatre ans plus tard (ne faites pas attention à ce qui est écrit sur youtube), toujours sous le couvert de Fat Les et du Mondial, elle endosse le maillot aux trois lions et accompagne au chant son paternel dans le très spirituel "Who invented Fish And Chips?". Dieu a inventé le poisson et les frites, les Anglais le plat unissant les deux, bon sang mais c'est bien sûr. Avec une touche d'Orange Mécanique dans la vidéo, et le tour est joué.

    A noter que l'Angleterre ne possède pas d'hymne officiel cette année: Gary Barlow et son "Greatest Day" rempli d'invités renommés était prévu mais la fédération a finalement décidé de ne pas faire appel à lui (on évoque des questions concernant les droits d'auteurs et les récents problèmes d'impôts du leader de Take That) ni à personne d'autre finalement. Il y a donc un créneau à prendre pour la famille Allen.

    > Philippe Sadre


  • Coupe du Monde (2): Rivers Cuomo "représente" fièrement le soccer

    On n'y penserait pas aux premiers abords, mais Rivers Cuomo, le leader de Weezer, est dingue de foot. Enfin, de soccer comme on dit aux States. Comme l'expliquait le natif de New-York dans les colonnes du magazine français "So Foot" en 2008, "mon père était un fan de foot. (...) Je suis né en 1970, en pleine année de la coupe du monde. L'une des plus belles de l'histoire dit-on. Mon prénom, Rivers, a été inspiré par trois joueurs qui ont brillé lors de cette compétition: Rivelino, Rivera et Riva." Sur internet, vous lirez que sa maman a une toute autre version sur la question, mais soit.

    "Represent" (dont la vidéo débute avec but égalisateur de Joathan Bornstein, face au Costa Rica, assurant la qualification pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud), bien dans la mouvance Weezer, a été proclamée par le groupe comme "chanson non-officielle" de l'équipe U.S. Sortie la veille de l'affrontement face à l'Angleterre (1-1) en poule, elle a directement été "ajoutée à la playlist des joueurs avant les matches", dixit la fédération. La musique a plutôt fait effet puisque l'équipe s'est finalement qualifiée pour les huitièmes de finales, boutée du tournoi par le Ghana après prolongations.

    Ce n'était pas la première fois que Cuomo intégrait le football... eeuh, le soccer à son travail: En 2002, il programmait minutieusement la tournée du groupe en Asie pour pouvoir assister aux matches au Japon et en Corée. En 2006 il écrivait "My Day Is Coming" en réponse à l'élimination de l'équipe américaine au premier tour. Et en 2007, dans le clip de sa chanson solo "Lover In The Snow", on le voit jouer et même marquer un but lors d'un benefit-match avec Mia Hamm, la légende du soccer féminin. Sympa pour un gars qui a subi une opération pour rectifier sa jambe gauche plus petite que l'autre à la naissance.

    > Philippe Sadre


  • Coupe du Monde (1): Un air d'Enzo Scifo

    On y est presque, encore quelques jours avant le début de la Coupe du Monde marquant le grand retour de la Belgique après douze ans d'absence. Pour l'occasion, nous parlerons chaque jour d'une chanson sortie spécialement pour l'occasion. Pas de réel "Top 5", mais un petit compte à rebours musical doublé d'un coup dans le rétroviseur, pour se mettre dans le bain...

    Commençons en douceur avec un classique. Pas le Grand Jojo, mais il s'agit bien de la même époque. Mexico 86 et sa formidable épopée des Diables Rouges. Certains d’entre vous peuvent peut-être même encore la fredonner, cette magnifique histoire à l’italienne chantée par Enzo Scifo. Avec un clip (pas -encore?- retrouvé sur internet…) tourné durant le stage à Ovronnaz, digne d’une pub pour une eau minérale, tellement on sent que le Enzo aime l’air frais des montagnes.

    Une mélodie signée Toto Cutugno (il s’agit en fait d’une adaptation de son titre “Innamorati” sorti en 1981) et des paroles de Jacques Duvall (Alain Chamfort, Lio ou encore Elsa figurent à son palmarès), pas mal… Sauf pour le succès commercial apparemment, malgré son lancement juste avant le début du Mundial 86.

    "En Belgique, il ne faut pas mélanger les genres"

    Voici un témoignage du parolier bruxellois retrouvé sur le net: “J'étais fan d’Enzo. Au moment où on était en studio, il était la nouvelle sensation du foot belge. Quand le disque est finalement sorti, il était devenu un joueur mis en question, comme c’est souvent le cas après une percée fulgurante. Je voudrais ajouter qu’Enzo jouait de la guitare et s’intéressait à la musique. Je voyais “Gagné d’avance” comme une chanson à la gloire de ces immigrés italiens qui réussissent partout dans le monde à force de confiance et d’optimisme. Les paroles peuvent s'appliquer à Sinatra, Di Maggio, Travolta, c'est comme ça que je le vois."

    Pour sa part, Scifo déclarait à Sud Presse en 2011: "Je me souviens de l'enregistreur posé sur un rocher, le disque qui tournait, et moi qui faisais bouger les lèvres (sic). J'avais minimisé l'impact de ce disque, j'ai compris qu'en Belgique, il ne faut pas mélanger les genres."

    D'autres footballeurs n'en ont pas pris de la graine, nous le verrons plus tard...

     

    > Philippe Sadre