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  • Electric Château: "Faire l'album que le baron écouterait chez lui"

    Geoffrey Hautvas est un boulimique de la musique. Ancien leader de Dallas Explosion, il jongle aujourd'hui entre Electric Château, Antoine Chance et les Vismets. A la différence près qu'Electric Château, c'est son bébé. Samedi, il était aux Francos pour présenter son "royalty rock n' roll". Les problèmes des nobles et de la haute société, il en a fait son affaire. Et Sudpop a même eu droit à deux morceaux acoustiques en toute intimité, dont une reprise du "Easy Comme Easy Go" d'Alice on the Roof... Electric-Château-Noblesse-Oblige.jpg

    Au début, vous vous appeliez Château. Pourquoi avoir changé de nom en cours de route?

    "Tout simplement parce que nous étions introuvables sur Internet. Et les programmes comme Deezer ou iTunes ne peuvent pas comprendre qu'il y ait deux groupes qui s'appellent de la même manière. Il y avait un petit groupe américain qui s'appelait aussi Château. Et depuis, il y a un projet dance qui a également pris le même nom. Du coup, on s'est dit qu'il valait mieux changer pour éviter les doublons. Je ne pense pas que ça ait déstabilisé le public, car on est encore en développement, en début de carrière. On avait changé juste au moment du Propulse et on avait bien communiqué là-dessus."

    Le groupe est né alors que tu vivais en Angleterre. Cela t'a-t-il influencé?

    "En 2012, je suis parti vivre un peu là-bas. Mon groupe, Dallas Explosion, venait de disparaître. J'étais dans une chambre pourrie avec huit autres personnes dans la maison, une seule douche pour tout le monde. J'y suis resté trois mois full, et j'allais et je revenais. J'ai d'abord dormi chez des potes aussi. J'écrivais des chansons et je les tentais dans des petits clubs en solo. Mais là-bas, c'est un peu la jungle, ce n'est pas facile de faire ramener du monde. J'ai essayé d'y monter un groupe, mais ce n'était pas évident. Pour finir, je suis revenu en Belgique et j'ai enregistré l'album ici. L'enregistrement a été fait avec un batteur, qui ne joue pas avec moi en live. En fait, on a monté le groupe un mois avant la sortie du premier EP. Je ne pense pas avoir été influencé par l'Angleterre, en tout cas pas au niveau des textes. J'ai commencé le projet en me fixant quelques règles. Généralement, on parle toujours de la misère. J'ai voulu prendre le contre-pied. C'est un peu l'inverse des films d'auteurs belges, du cinéma social des frères Dardenne par exemple. J'avais envie de plutôt parler des problèmes des riches."

    Ces thématiques pourraient-elles évoluer?

    "Je me suis fixé des règles, mais je suis mon propre chef. Donc, si j'ai envie d'enfreindre les lois, je le ferai. Pour l'album qui vient, j'ai envoie de quelque chose de vraiment classieux. On a inventé le terme "royalty rock n' roll" et on voudrait pousser le concept encore plus loin. J'ai envie d'une orchestration, avec du cor de chasse et du clavecin. Ce serait l'album que le baron pourrait écouter dans son château le soir. En tout cas, je fais les choses à mon aise. Je crois que c'est ça la sagesse. Vieillir, c'est prendre le temps de faire les choses correctement."

    Quelle est votre actualité?

    "On a beaucoup de nouvelles chansons, qu'on teste sur scène. Cet été, on ne joue pas beaucoup mais on enregistre comme il faut. On a envie de faire les choses comme il faut. On sera notamment en concert à la Mercedes House le 8 septembre."

    Tu jongles entre Electric Château, Antoine Chance et les Vismets. Ca va, tu as encore du temps à toi?

    "Le problème, c'est que tu joues souvent le vendredi et le samedi. Parfois, il n'y a rien et parfois tu as les trois qui jouent. Aux Fêtes de Wallonie l'an passé, les trois étaient à l'affiche et j'ai dû faire l'impasse sur le concert d'Antoine."

    Tu as joué pas mal à l'étranger avec Antoine. C'était comment?

    "Cela m'a notamment permis d'aller au Canada pour les Francofolies! C'était la première fois que j'y mettais les pieds. On a aussi fait les Francos de La Rochelle. Et on a carrément joué en Roumanie. C'était super roots, c'était un festival de chanson française en Transylvanie. On a joué devant des classes, les élèves venaient avec leur prof de français. J'ai adoré. J'aime bien le principe d'aller jouer un peu partout avec Antoine car je refile mon CD à tout le monde."

    Et tu as des retours?

    "En tout cas, personne ne me l'a encore renvoyé!"

    > Un entretien de Christophe Van Impe