nuits botanique

  • Les Nuits Botanique: Nos dix conseils

    nuits botanique,botanique

    Avec le printemps (et les affiches qui se remplissent de noms...) arrive doucement la saison des festivals. Et pour la lancer en beauté, les Nuits Botanique restent un moment privilégié pour ressentir l'ambiance "festival" en plein centre-ville. Le Bota conviait ce jeudi la presse pour un coup d'oeil approfondi sur le programme (sans "Nuit Belge" à proprement parler et avec encore quelques "blancs") et un showcase de Talisco et de Hindi Zahra. 

    Le programmateur Paul-Henri Wauters a mis l'accent sur la collaboration entre communautés, que ce soit en Belgique ou avec des pays étrangers. Ainsi, on peut noter une collaboration avec un festival danois et islandais, la présence de Nicolas Michaux au Printemps de Bourges ou la présence de Mountain bike une dizaine de dates à travers la France grâce à l tournée "Europavox". Mais dans l'immédiat, voici dix artistes qu'ils ne faudra pas rater dans notre bonne vieille capitale...

    Godspeed You! Black Emperor (29/04): Le groupe de Montréal revient en 2015 avec un nouvel album qu'il présentera en amont du début officiel des Nuits. Leur post-rock torturé prendra possession du Cirque Royal pour une soirée avec un étonnant duo "luth+batterie" originaire d'Australie en première partie. 

    nuits botanique,botaniquePhoria (photo), Den Sorte Skole, Walter Hus (10/05): On associe toute la soirée au Grand Salon "De Concert", avec, dans l'ordre, l'électro-pop toute atmosphérique des Anglais, les collages expérimentaux multi-genres des Danois et l'orgue du Belge, qu'on retrouvera pour des collaborations et des réinterprétations quasi tous les soirs. 

    Fùgù Mango meets Binti (11/05): On en a parlé lors du tout récent ABBota, les Bruxellois de Fùgù Mango et leurs rythmes chaloupés proposeront une création propre, avec les six soeurs, égyptiennes mais basées à Gand, de Binti. De quoi ensorceler le même Grand Salon.

    DJ Flugvél Og Geimskip (11/05): Soit "Avion et Vaisseau spatal" dans sa langue natale, la DJ islandaise a été qualifiée d'"ovni des prochaines Nuits" par Paul-Henri Wauters. C'est coloré, mystérieux, cosmique... 

    Romano Nervoso (11/05): Décidément, il faudra se multiplier ce jour-là... Mais si vous préférez le rock poilu, c'est à l'Orangerie qui'il faudra être pour voir Giacomo et sa bande à l'oeuvre.

    Soirée anniversaire du label 62TV Records (12/05): Le nouvel album de Paon, le retour de Mad Dog Loose, Italian Boyfriend, Alpha Whale, et la présence d'un groupe espagnol (Mujeres) et canadien (Young Rival): sortez les cotillons!

    Nicolas Michaux en création "Demain n'appartient qu'à la nuit" (15/05): Le Liégeois proposera au public les chansons de son album à paraître enrichies par la présence de cordes, percussions et autre marimba. Quatorze musiciens et des invités (comme The Bony King Of Nowhere) donneront un cachet particulier à la soirée. nuits botanique,botanique

    Lapsley (photo, 15.05): un des "Sounds of 2015" de la BBC, présenté il y a quelques semaines sur Sudpop. La jeune Anglaise épate avec ses atmosphères épurées, mais sa voix est bel et bien son plus bel atout.

    Teophilus London (16/05): Le natif de Trinité et Tobago, élevé à Brooklyn, aime brouiller les pistes avec son hip-hop matiné d'électro ou de soul. On l'a comparé à Prince et Michael Jackson et le producteur exécutif de son dernier album s'appelle Kanye West, rien que ça...  

    Ibeyi (17/05): Les deux jumelles cubaines élevées à Paris continuent de marquer les esprits en ce début 2015. De la soul, folk et pop en version minimaliste, charmante et pleine d'intrigues.

    >Philippe Sadre

    Programme complet (09/05-19/05) sur www.botanique.be

  • Godspeed You! Black Emperor, Hindi Zahra, The Do, ... aux Nuits Botanique

    logoBotanique.jpg

    En 2015, les Nuits Botanique se dérouleront du 29 avril au 19 mai.

    Les premiers noms ont été dévoilés:  Godspeed You! Black Emperor (Cirque Royal, le 29/04), Roscoe (Rotonde, le 11/05), Great Mountain Fier (Orangerie, le 12/05), Hindi Zahra (Chapiteau, le 14/05), The Do (Chapiteau, le 15/05) et Not Here Not Now (Grand Salon, le 19/05).

  • Nuits du Bota (J9): La richesse de Son Lux

    Deux concerts seulement au programme de l'Orangerie hier soir, mais le vieil adage qui contient "qualité" et "quantité" a de nouveau montré toute sa pertinence.

    Place tout d'abord à la famille Wilner, qui forme le duo allemand Hundreds. Un trio sur scène, avec Eva au milieu de deux musiciens (dont le frangin Philipp devant une véritable étagère contenant clavier et autres appareils) qui, sur une petite estrade, tournent à 3/4 le dos au public. La musique, tantôt électro inquiétante, tantôt pop est subtilement accompagnée par la voix et la présence de la chanteuse. Ca nous fait penser à Dido qui se promène seule dans la forêt quand la nuit tombe. Des atmosphères fort intéressantes qu'on retrouvera sur "Aftermath", leur deuxième album disponible début juin en Belgique.

    Il est aussi question d'un nouvel album pour Son Lux, à savoir le troisième et déjà fortement acclamé "Lanterns". Derrière ce nom et ses claviers se cache le New-Yorkais Ryan Lott, accompagné sur scène d'un guitariste et d'un batteur. Tous les trois ont participé, simultanément ou non, à la rythmique forte qui a servi de fil conducteur. Et sans jamais en mettre un dans l'ombre, une vraie équipe. Pas facile en tout cas de classer ces morceaux, entre extrême douceur voire mélancolie et des parties plus fulgurantes voire tribales. Dans les deux cas, le chanteur garde la même inspiration et habite subtilement ses compositions de sa voix limite "cassée".

    Un magnifique et intense "Lost It To Trying" clôture la première partie de concert, qui sera agrémenté de deux morceaux plus calmes. Après le plus ancien "All The Right Things", Ryan prend congé de ses fans seul avec le joli "Lantern Lits". Avis aux amateurs, Son Lux reviendra plusieurs fois en Belgique cet été, ne les ratez pas/plus...

    > Philippe Sadre


  • Nuits Bota (J2): La fragilité de Cat Power

    L'Américaine lançait hier à Bruxelles sa tournée européenne "solo", moins d'un an après avoir présenté à l'Ancienne Belgique son neuvième album studio "Sun". Une soirée en contrastes.

    En lever de rideau, Appaloosa, un binôme électro franco-allemand dont seule la première partie était présente sur scène, sous la forme de la chanteuse Anne-Laure Keib. Une pote à Cat Power dans le New-York du début des 90's, quand les deux partageaient un logement et n'avaient pas beaucoup de sous. Une amitié qui a perduré et qui a déjà vu Appaloosa jouer auparavant en première partie de l'Américaine.

    Seulement voilà... Voix plus qu'incertaine, gestes maladroits... Même lorsqu'elle déclare être plus à l'aise après trois-quatre morceaux, on n'y croit pas trop. "Forever is a long time" a-t-elle glissé: pour les spectateurs aussi apparemment vu les applaudissements nourris qui ont suivi l'annonce de la dernière chanson. Elle a tout de même remballé son laptop avec un sourire et quelques encouragements.

    the_greatest-cat_power_480.jpg

    Des prestations chaotiques, Chan Marshall aka Cat Power en a livré pas mal, avant de se forger une meilleure réputation scénique ces dernières années. Son entrée en scène laisse pourtant craindre le pire, entre les deux minutes prises pour régler la sangle mal placée de sa guitare et les premiers "Sorry" d'une très longue série. "Thank you for supporting me" dit-elle d'un ton mal assuré au public, qui l'encourage avec retenue.

    Ce concert en solo (2/3 à la guitare, 1/3 au piano) s'adresse bien en premier lieu aux fans, qui semblent ravis de voir leur idole malgré ses nombreuses approximations et monologues sur un accord raté ou sur le son. Heureusement, elle garde pour elle un catalogue de qualité et, lorsqu'elle n'interrompt pas ses chansons pour mille et une raison, on a droit à des versions prenantes de "No Matter", "Names", "Bully" ou "Sea of Love". De nombreux artistes ne la citent pas en exemple pour rien, tant ce combo voix/musique, même en version minimaliste, peut donner de l'émotion. "Je voudrais bien la faire celle-là" a-t-elle lancé en introduction de "The Greatest". Mission plutôt réussie.

    Après une heure quarante-cinq de concert où elle semble s'être battue pour offrir un ensemble le plus cohérent possible au public, elle termine avec une petite ritournelle commençant par "Framboise je t'aime" qu'elle jouait "dans les rues à Paris en faisant la manche". Les lumières se rallument, la musique sort des haut-parleurs dans la salle. Et là, ça en devient presque touchant: elle reste sur scène, fragile, limite hébétée, pour distribuer lentement sa setlist et des roses blanches aux spectateurs qui, en échange, lui offrent du chocolat et des mots affectueux. On croit avoir décelé des larmes, mais rien n'est moins sûr dans cette drôle de soirée dont on se souviendra.

    > Philippe Sadre


  • Le retour bien classe de School is Cool

    School is Cool is back! Deux ans après la découverte "Entropology", les Anversois nous proposent un "Nature Fear" avec un line-up remanié et de nouvelles bifurcations musicales, mélange de mélodies inquiétantes ("Black Dog Panting", premier extrait diffusé sur le net), entraînantes ("The Soothing Sound of Breaking Bones"), "japanisantes" (le tout frais single "Envelop Me") ou solidement 80's ("Tryst"). Un ensemble qui se traduit toujours par une énergie quasi tribale sur scène, de bon augure avant leur passage aux Nuits Botanique.

    Nous avons rencontré la moitié de la classe lors d'une séance promotionnelle dans les locaux de Studio Brussel, qui les avait directement adoptés après leur victoire au Humo's Rock Rally en 2010. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis... Ce captivant "Black Dog Panting" devait-il donc annoncer clairement un changement de cap?


    unnamed12.jpg "Beaucoup de gens ont pensé qu'il s'agissait d'un "statement", mais ce n'est pas le cas", nuance Hanne Torfs, claviériste arrivée en cours d'aventure. "Il s'agit plus d'une évolution naturelle. On peut comparer cela à un enfant qu'on n'a plus revu depuis un certain temps et à qui on dirait "Waw, tu as grandi!""

    "C'est notre morceau préféré, et nous avons voulu lui donner l'attention qu'il méritait", explique le batteur Matthias Dillen. "Le site internet, la vidéo, le remix: tout ceci était une belle planche de lancement pour "Wide-Eyed & Wild-Eyed", le premier single." 

    Sans renier son passé souvent estampillé "rock baroque arcade firesque", School is Cool a pris un virage plus électronique. Plus sombre également, mais avec une place toujours aussi importante pour l'esthétique, sur scène et dans les clips.

    "Nous étions assez nerveux avant nos premiers concerts cette année, mais les réactions à nos vieux... eeeuh nouveaux morceaux ont été positives", dit en souriant le chanteur Johannes Genard. "La setlist doit recréer l'ambiance de cet album avant de jouer des anciens titres. Sans oublier nos vêtements de scène, qui donnent une atmosphère spéciale selon la salle. Nous avons tout entendu à leur propos: Mad Max, hommes des cavernes, urbain,... mais rien qui les définit parfaitement! Nous en sommes très contents, tout comme de nos vidéos: nous apportons les idées, nous en discutons avec le réalisateur, et c'est parti. Le clip se doit d'être un prolongement de la chanson."

    Une production plus intuitive

    Après avoir fait appel à Reinhard Vanbergen (Das Pop, The Happy) pour "Entropology", les Anversois ont décidé de passer derrière le gouvernail pour passer le cap du fameux "deuxième album". A l'instar de plusieurs de leurs artistes préférés. "Kate Bush a également produit seule "Hounds of Love", mon album fétiche, dans un studio aménagé chez elle", poursuit le frontman. "On y avait toujours pensé, puis un jour on nous a fait remarquer qu'on en parlait de manière vraiment enthousiaste, ce qui nous a décidé. Cette liberté nous a permis de travailler plus intuitivement. Par contre, je me suis un peu braqué pendant l'écriture des chansons, qui ne s'est pas déroulée aussi facilement... Comme on dit: "On a toute une vie pour écrire un premier album mais seulement deux ou trois ans pour le deuxième!""

    Réactions virulentes sur le net

    Et puis, il y a eu pas mal de changements de "personnel". Fin 2012, la multi-instrumentaliste Nele Paelinck décidait de rejoindre son conjoint en Argentine. Et en mars dernier, une quinzaine de jours avant la sortie de "Nature Fear", l'imposant Andrew Van Ostade laissait tomber ses tambours pour "raisons personnelles". Ce dernier remaniement a provoqué une vague de réactions négatives, notamment sur la page Facebook du groupe, en stigmatisant une sorte de "Johannes Genard vs le reste du groupe". Mais ni le chanteur ni ses camarades n'ont voulu jeter de l'huile sur le feu.

    "Vous savez, sur internet, on dit un truc et le lendemain on peut dire son contraire", tempère quelque peu Matthias. "Mais nous avons effectivement été surpris de lire des phrases si virulentes."

    "De mon côté, l'adaptation s'est super bien déroulée", fait remarquer Hanne. "Le fait que Justine (ndla: Bourgeus, claviériste/violoniste) soit arrivée au même moment m'a aidée, mais nous n'étions pas juste des "remplaçantes" pour Nele. Nous faisions partie d'un nouveau concept. Nos rôles ont été bien répartis et je constate avec plaisir que personne ne cherche à faire des comparaisons entre les membres de l'"ancien" et du "nouveau" School is Cool."

    Solidarité entre groupes belges

    Un "ancien School is Cool" qui était déjà présent en 2012 à l'Ancienne Belgique dans le cadre d'"AB/Bota", preuve que le combo apprécie se retrouver dans une ambiance noire-jaune-rouge. De quoi reparler du fameux "mur du son" qui s'est formé de part et d'autre de la frontière linguistique.

    "Je ne connais pas un musicien flamand qui ne souhaite pas être reconnu et pouvoir se produire en Wallonie... ni l'inverse d'ailleurs!" s'exclame Johannes. "Nous avons déjà fait des dates, et nous sommes même montés sur scène avec des artistes que nous apprécions beaucoup comme Great Mountain Fire ou BRNS." 

    "Il y a une sorte de solidarité entre les groupes, qui ne parviennent pas à comprendre le ridicule de la situation. Il est quasi plus facile pour nous d'aller jouer en France et pour les francophones d'aller aux Pays-Bas que de jouer dans notre propre pays" ajoute Hanne. "C'est peut-être dû au paysage radiophonique ou quelque chose, je ne sais pas... Mais c'est totalement illogique", conclut Johannes.

    > School is Cool sera le 21 mai prochain une des têtes d'affiche de la "Nuit Belge" au Botanique, en compagnie entre autres des Vismets, Coely, Amatorski, My Little Cheap Dictaphone ou Madensuyu.


    > Philippe Sadre