real blues

  • St Germain: "J'ai oublié un disque d'or sur un trottoir"

    stgermainpochette.jpgAvant son concert ce vendredi à la Rockhal à Esch-sur-Alzette, nous avons eu la chance de converser avec Ludovic Navarre alias St Germain. Histoire de parler notamment de son nouvel album Real Blues

    Il y a quinze ans, vous cartonnez avec "Rose Rouge", "So Flute", etc., puis plus de nouvelles du tout. C’est étrange de « partir » en pleine gloire, non ? Manque d’inspiration ?

    De 2000 à 2002, j'ai fait plus de 250 concerts dans le monde. Après j'ai eu besoin de faire un break musical. J'ai produit en 2004 l'album de mon trompettiste SOEL sur le label Warner Jazz. Un dernier concert en Chine en 2005. En 2006, j'ai commencé la préparation de mon nouvel album avec les mêmes musiciens. J'ai tout effacé, ne voulant pas me répéter... J'ai commencé alors mes recherches vers la musique africaine.


    Avez-vous passé du temps en Afrique, vu que l’album fait référence aux musiques du Mali, etc. ?

    Je ne suis pas allé en Afrique. Il y a une importante communauté malienne à Paris avec des musiciens qui jouent des instruments traditionnels. La musique malienne est celle qui m’a semblé la plus proche du blues. Je suis arrivé au Mali aussi sur internet, en découvrant les Chasseurs de ce pays, des prêcheurs qui font une musique de voix et boucles hypnotiques. Je cherchais un son "roots". Des gens qui font les cérémonies, baptêmes et autres hommages aux familles. Des griots. Des chasseurs-guérisseurs du Mali. Un des chanteurs présents sur l’album (sur le titre "Family Tree"), Adama Coulibaly, est un de ces hommes-là…

    MG_4824.jpgQu’est-ce qui vous a donné envie de revenir sur le devant de la scène, avec disque et une tournée ?

    La découverte des instruments traditionnels. Je m'intéressais à la musique africaine depuis longtemps, aux voix également. Sur le titre "Sit-in Hère", la chanteuse Nahawa Doumbia, une diva au Mali, a accepté d'interpréter un de mes titres traduit en Bambara dans un studio à Bamako. J'aimerais l'inviter à me rejoindre sur scène très vite…

    Vous êtes plutôt du genre discret, voire timide. Le live, pour vous, c’est une expérience que vous appréciez ? D’ailleurs, à quoi ressemble un live de St-Germain pour ceux qui ne vous ont jamais vu en concert ?

    Je suis très heureux de faire découvrir ce nouvel album. Nous sommes huit sur scène avec des instruments traditionnels comme la fora, la guitar n'Goni mais aussi des claviers, une batterie, une guitare basse, du saxophone, de la flute, etc. Mon rôle est celui de chef d'orchestre, je dirige les musiciens, je balance les effets et les voix samples.

    Vous avez déjà joué en Belgique et au Luxembourg ? Des souvenirs particuliers ?

    Oui, en Belgique, c’était aux Halles de Schaerbeek. Puis deux fois à Forest National, Werchter, le Pukelpop et le Cactus festival. Je me suis également produit à L’Atelier au Luxembourg. Récemment, j’ai joué  à l'Ancienne Belgique (NDLR: le 11 novembre 2015). Le public était formidable et fidèle.

    Une anecdote ?

    J'ai oublié le disque d'or belge de Tourist (NDLR: son album de 2000) sur un trottoir ! J'étais confus, il a été récupéré, heureusement, par quelqu'un de la maison de disque qui me l'a fait parvenir…

    Comment envisagez-vous la suite de St Germain ? Allez-vous à nouveau disparaitre dans la nature durant 15 ans ou êtes-vous de retour pour de bon ?

    J'ai déjà une idée mais c'est un secret!

    >Romain Goffinet