rock a field

  • Pixies, Bring Me The Horizon et The 1975 au Rock A Field

    12439219_10153254626796921_905434494677453149_n.pngLe Rock A Field, le festival luxembourgeois qui se tiendra les 9 et 10 juillet, a annoncé les quatre premiers noms pour son édition 2016. Avec une grosse tête d'affiche: les Pixies! 

    Les trois autres noms sont l'excellent groupe rock Bring Me The Horizon, les Anglais de The 1975 et le groupe de hip-hop allemand de Deichkind. 

     

  • Rock-A-Field (journée 2) : Kate Tempest met KO le Wu-Tang Clan

    DSC_0026 - copie 2.jpgIl est 18h15 ce samedi lorsque les Eagles of Death Metal montent sur scène de la Main Stage pour le vrai début des hostilités du deuxième jour de la dixième édition du Rock-A-Field. Comme à Rock Werchter le week-end dernier, Jesse Hugues est orphelin de Josh Homme (qui part rarement en tournée avec les EoDM) mais lui et ses trois acolytes envoient du bois. C’est lourd et sauvage. Comme en Belgique, il fait chaud sur le Luxembourg. Très chaud. Du coup, entre deux chansons, Jesse décide de balancer quelques bouteilles d’eau aux premiers rangs. Sur scène, les morceaux « guitar hero » se succèdent, jusqu’à un petit concours final de riffs. 

    Dans un après-midi très rock, on prenait ensuite la direction de la Startin’  Stage, la deuxième scène, transformée en chapiteau cette année, avec un toit censé faire baisser la température. Si on n’a pas vraiment senti la différence, on a, par contre, découvert un chouette groupe écossais : We Were Promised JetPacks.rock a field, eagles of death metal, we were promised jetpacks, rise against, kate tempest, wu tang clan Inconnu chez nous malgré douze ans d’existence et trois albums au compteur, le quatuor joue également très fort un rock plus indépendant, alternant chansons et morceaux plus instrumentaux. Des plus agréables, avant de retrouver la grande scène et la machine américaine Rise Against.  Le groupe de l’Illinois était très attendu par le public luxembourgeois. Il faut dire qu’il sait comment se faire apprécier par ses fans. Il n’a pas fallu trois morceaux au leader, Tim McIlrath, pour descendre de scène et chanter en bord de fosse devant des spectateurs forcément excités comme jamais. Le début d’un show puissant mais formaté. 

    rock a field, eagles of death metal, we were promised jetpacks, rise against, kate tempest, wu tang clanOn changeait alors de genre avec deux concerts dans la vague rap/hip-hop.  Rendez-vous tout d’abord sous la tente pour voir à l’œuvre la jeune rappeuse-slameuse-poétesse  anglaise Kate Tempest. Timide, elle livre un début de show en mode mineur, avant de faire monter l’ambiance petit à petit. Entre longs monologues sous forme de spoken-words, morceaux électro et son incroyable flow, elle a mis la Startin’ Stage à ses pieds.  Sans conteste LE concert de ce samedi au RAF. Un vrai vent de fraicheur dans la fournaise de Roeser. 

    rock a field, eagles of death metal, we were promised jetpacks, rise against, kate tempest, wu tang clanCe qui n’est pas vraiment le cas des attendus Wu-Tang Clan. Comme la veille à Couleur Café, le collectif américain se présentait amputé de quelques-uns de ses membres les plus influents (RZA, Method Man, Raekwon, … n’étaient pas là).  Forcément décevant pour les vrais fans de hip-hop mais pas forcément étonnant quand on sait que les membres du groupe ont essayé au maximum de s’éviter lors de l’enregistrement de leur dernier album... Quoi qu’il en soit, la majorité du public, lui, ne leur en tenait pas rigueur, s’amusant aux sons des hits des premiers albums (ceux enregistrés voici une vingtaine d’années) et des morceaux les plus emblématiques des différentes carrières en solo. Un sympathique « mégamix ». Sans plus. 

    >Julien Carette

  • Rock-A-Field 2015 : les trois découvertes à faire ce week-end

    rock a field,kate tempest,talisco,nothing but thievesAprès vous avoir parlé ce jeudi des concerts qu'il ne faut pas rater lors du Rock-A-Field 2015 (qui se tient de ce vendredi à dimanche à Roeser, dans le sur du Luxembourg), nous nous penchons ce vendredi sur les découvertes à ne pas manquer.

    Nous en avons sélectionné trois, une par jour de festival. 

    nothing_but_thieves_1.jpgNothing But Thieves

    (vendredi à 19h sur la Startin' Stage)

    Le jeune quintet britannique fait partie des groupes indépendants qui montent outre-Manche. Pas encore d'album à son actif (celui-ci est prévu pour octobre) mais une poignée de singles et deux EP qui ont retenu l'attention. Ils ont ainsi notamment signé avec une célèbre maison de disque: RCA Records (Pharrell Williams, David Bowie, Alicia Keys, ...).

    Le groupe se dit inspiré par Muse, Kasabian et Jeff Buckley. A l'écoute de leurs premiers morceaux ("Itch", "Wake Up Call", "Ban All the Music"), on aura surtout envie de citer le premier groupe...

    kate_tempest_1.jpgKate Tempest

    (samedi à 21h35 sur la Startin' Stage)

     Chez elle, au Royaume-Unis, on dit d'elle qu'elle est la "The Streets" au féminin. Son premier album, lui, a été nominé pour le prestigieux "Mercury Prize" en 2014. Mais c'est sur scène que la musique de cette rappeuse-slameuse-poétesse prend encore plus de sens. Elle devient dansante et son flow époustouflant. Comme ont pu le remarquer les spectateurs du festival Sonic Visions en novembre dernier. 

    talisco_1.jpgTalisco

    (dimanche à 15h25 sur la Startin' Stage)

    Jérôme Amandi, alias Talisco, est un des phénomènes français de ces derniers mois dans le petit monde de la musique indépendante (nous avions d'ailleurs réalisé son interview en début d'année). Entre pop ciselée et folk puissant, sa musique a tout d'une magnifique découverte. A l'écoute de ses chansons (en anglais), on oscille entre Calexico et Phoenix. De bien belles références.

    >J.C.

  • Rock-A-Field : les cinq concerts à ne pas manquer ce week-end

    10385376_10152453189421921_4528119892043117095_n.jpgPendant que Couleur Café battra son plein du côté de Tour & Taxis à Bruxelles, le Luxembourg accueillera, lui, la dixième édition du Rock-A-Field, son principal festival estival.

    Voici notre Top 5 des événements qu'il ne faudra pas manquer ces vendredi 3 juillet, samedi 4 juillet et dimanche 5 juillet sur la plaine de Roeser.

     

    rock a field,balthazar,wu-tang clan,brns,alt-j,museBalthazar

    (vendredi à 21h30 sur la Startin’ Stage)

    Avec Oscar and the Wolf et Selah Sue, la Flandre tient une nouvelle vague musicale de très très haut niveau. Là-bas, le quintet courtraisien fait office de stars, capables de remplir Forest National.  Mais Balthazar, c’est aussi et surtout des chansons pop/rock et des mélodies envoutantes de très haute qualité. 

     

    rock a field,balthazar,wu-tang clan,brns,alt-j,museWu-Tang Clan

    (samedi à 22h45 sur la Main Stage)

    RZA, GZA, Method Man, Ol’ Dirty Bastard, Raekwon ou Ghostface Killah sont parmi les plus grands noms de l’histoire du rap et du hip-hop. En solo mais aussi et surtout réunis sous le nom du Wu-Tang Clan. Même si leurs plus belles années sont (loin) derrière eux, les voir en live reste un must. Surtout que si on jette un œil aux setlists de leurs derniers festivals/concerts, on s’aperçoit qu’ils jouent des morceaux de leurs premiers disques (les meilleurs) et de leurs différents projets en solo.

     

    rock a field,balthazar,wu-tang clan,brns,alt-j,museBRNS

    (dimanche à 17h15 sur la Startin’ Stage)

    Un des fleurons du rock wallon. Leur premier album, sorti en octobre, a confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. La musique de BRNS (prononcé « Brains ») est complexe, pleine de percussion et souvent barrée. Et elle prend encore une autre dimension en live.

     

    rock a field,balthazar,wu-tang clan,brns,alt-j,museAlt-J

    (dimanche à 21h15 sur la Startin’ Stage)

    Si vous avez vu en live le groupe originaire de Leeds après son premier (incroyable) album (An Awesome Wave, 2012), vous devez en avoir un souvenir contrasté, voire pire. Oubliez ça ! Joe Newman et sa bande ont pris de l’assurance. Comme l’ont montré leurs prestations à Rock Werchter ou au Best Kept Secret Festival ces derniers jours.

     

    rock a field,balthazar,wu-tang clan,brns,alt-j,museMuse

    (dimanche à 22h30 sur la Main Stage)

    La mégastar du festival luxembourgeois. « THE » headliner indiscutable. Placée logiquement en bouquet final des festivités, dimanche soir. Un show sonique et visuel comme il en existe peu à l’heure actuelle. De l’intro de « Psycho » au troisième rappel, « Knights of Cydonia », vous en repartirez plein les yeux et les oreilles. Que vous aimiez ou non leur musique.

    >J.C.

     

  • 12 nouveaux noms (dont Wu-Tang Clan, Bastille et Skip The Use) au Rock-A-Field

    11002589_10152645968586921_7842322368935368060_n.jpgAprès avoir annoncé en décembre la présence de Muse, Alt-J, Boys Noize ou encore Eagles of Death Metal, les organisateurs du Rock-A-Field viennent d'annoncer ce jeudi une nouvelle salve de noms pour son édition 2015. On retient surtout ceux de Wu-Tang Clan, Bastille, Skip The Use et Dotan. 

    Pour rappel, le RAF se tiendra du 3 au 5 juillet à Roeser au Luxembourg. 

    Le vendredi: Bastille, Fox, The Tame & The Wild

    Le samedi: Wu-Tang Clan, Gramatik, Kate Tempest, The Disliked, Ice in my Eyes.

    Le dimanche: Skip The Use, Munity on the Bounty, Marmosets, Dotan. 

    >J.C.

  • Foster The People et Haim seront au Rock-A-Field

    1506916_10151905602791921_184062116_n.pngLe festival luxembourgeois du Rock-A-Field a complété sa playlist pour son édition 2014 (du 27 au 29 juin). Les derniers noms devraient être révélés ce lundi.

    Cependant, les organisateurs de la salle de l'Atelier ont posté ce vendredi sur leur compte facebook deux nouveaux noms. Et non des moindres puisqu'il s'agit du trio (100% féminin) Haim et des Californiens de Foster The People (dont le deuxième album est attendu dans les prochains jours). 

  • Kings of Leon, Ellie Goulding, Interpol, White Lies, Alice in Chains ou Shaka Ponk au Rock A Field

    Unknown.jpegLa salle de l'Atelier annonce ce mardi matin une nouvelle série de noms pour l'affiche 2014 de son festival, le Rock A Field, qui se déroulera à Roeser (Luxembourg) du 27 au 29 juin.

    Certains ont déjà été dévoilés. Il s'agit de Kings of Leon, Ellie Goulding, Interpol, White Lies, Shaka Ponk, Alice in Chains, CHVRCHES, Grandmaster Flash, Jungle, les rappeurs allemands Marteria et Prinz Pi, Camo&Krooked, Alter Bridge, Gold Panda, Dream Catcher, The Majestic Unicorns From Hell  ou les Luxembourgeois de Natas Loves You, Sub Culture, Versus You, All the Way Down, Freshdax et Lost in Pain. 

    Certains autres groupes avaient déjà été annoncés en décembre: Thirty Seconds To Mars, Skrillex, Triggefinger, Wiz Khalifa, Foals, Sportfreunde Stiller,  Claire, Gentleman & The Evolution et Angel at my table.

  • Skrillex, Foals, The Hives ou Triggerfinger au Rock A Field 2014

    1471321_10151759872731921_1783741145_n.pngLe festival luxembourgeois du Rock A Field a, lui aussi, dévoilé ses premiers noms. Ils sont au nombre de dix : Skrillex, 30 Seconds to Mars, Foals, Triggerfinger, Wiz Khalifa, The Hives, Sportfreunde Stiller, Gentleman, Thees Uhlmann et Angel At My Table. 

    Une grosse trentaine de noms suivront dans les prochains mois. 

    Le RAF se tiendra du 27 au 29 juin à Roeser, pas loin de Luxembourg-ville. 

  • "On jouera à Werchter dans une version spéciale" balancent les C2C

    c2c-band.jpgC2C, c’est la réunion de quatre DJ’s talentueux originaires de Nantes. Dimanche soir, le quatuor a enflammé la plaine de Roeser en clôture du Rock-A-Field, édition 2013. Rencontre décontractée avec Atom, Thomas à la ville, venu en train depuis Bruxelles (où il vit avec sa compagne liégeoise), et son compère 20syl, alias Sylvain, qui vit toujours à Nantes.

    C’est la première fois que vous venez au Rock-A-Field. Et la Belgique, vous connaissez?

    On aime beaucoup les Belges. D’ailleurs, c’est le premier pays qui nous a suivi après la France. Je me suis installé à Bruxelles depuis peu. Ma copine est Liégeoise. Comme je fais souvent le trajet entre Paris et la Belgique en Thalys, on a décidé de couper la poire en deux pour les trajets par rapport à Paris. Du coup, on est parti s’installer à Bruxelles. Pour l’instant, ça se passe bien, même si je n’ai pas encore vraiment eu le temps de découvrir la ville. Quand je suis là, je profite plutôt des moments passés avec ma compagne dans notre appartement.

    Et les artistes belges?

    Nous en connaissons mais c’est difficile de citer des noms. Nous avons joué avec Puggy pour la dernière de Taratata sur France 2. Sinon, on connaît bien Soulwax. Nous avons rencontré Stromae aussi. Mais on ne le connaît pas personnellement.

    Vous vivez un succès fulgurant…

    C’est difficile de s’attendre à ce que ça prenne… Notre succès auprès du grand public, nous n’avons jamais imaginé que ça irait aussi loin. Nous avons essayé de faire un disque qui nous ressemble le plus possible. Le reste, on n’y a pas réfléchi. Les choses se sont bien goupillées pour nous.

    Vous êtes en tournée depuis presque un an et demi. N’est-ce pas trop long?

    C’est fatiguant car c’est un rythme à tenir. Il nous reste peu de temps pour notre vie privée mais c’est comme ça. Là, nous approchons de la fin de la tournée française. On va faire plusieurs festivals cet été. Dont Wechter (NDLR: les quatre Nantais seront au Rock Werchter vendredi 5 juillet à 20h), où nous jouerons sur scène dans une version spéciale avec des musiciens, des guests, des percussionnistes, et une grosse scénographie. Mais on continue aussi à se développer, en Europe ainsi qu’aux États-Unis… On est en route jusqu’en décembre puis on verra pour la suite. Mais pour l’instant, nous avons un peu la tête dans le guidon. Ce n’est pas facile de prendre du recul…c2c,werchter,rock a field,raf

    Vous avez joué dans de petites salles avant de vous produire dans les plus gros festivals. Que vous apporte le fait d’être sur scène?

    Le live est un des outils qui permet au groupe de se développer. Jouer en live, cela nous a donné une crédibilité. Pour nous, c’est important car le public a pu se rendre compte que nous étions un vrai groupe, pas juste un produit commercial.

    Avez-vous un rituel de groupe avant d’entrer sur scène?

    Oui, nous avons un cri de guerre: FUYA. C’est aussi l’un de nos premiers titres sur notre album Tetra. Nous l’avons conservé comme cri. Cela ne veut pas dire grand-chose, c’est une onomatopée. En fait, la première fois que nous avons entendu ce mot, nous étions dans un restaurant en Chine. Le cuisinier appelait les serveurs en leur cirant «FUYA». On trouvait que cela sonnait bien et on l’a gardé par la suite.

    Et pour la suite? Un deuxième album est-il déjà prévu?

    On ne s’est pas fixé d’échéance ni de date. Certains membres du groupe ont des projets solo aussi. Nous avions tous la trentaine quand nous avons sorti Tetra, notre premier album. On s’est ouvert à pas mal d’univers musicaux. Nos inspirations sont larges et on a voulu mixer tout ça pour faire un album qui nous ressemble.

    Et puis, on risquait de s’exposer à une critique assassine en sortant notre deuxième album trop vite par rapport au premier. Nous ne voulons pas nous mettre la pression, ni revenir au moment où tout le monde nous attend au tournant. Pour le moment, nous essayons juste de profiter de tout ce qui nous arrive. C’est déjà pas mal!

  • Notre interview avec Phoenix : « Travailler sur le prochain Johnny Hallyday? Non »

    DSC_0642.JPGLes Français de Phoenix étaient la grosse tête d’affiche de la journée du samedi de l'édition 2013 du Rock-A-Field, ce week-end au Grand-Duché. Christian Mazzalai (guitare) et Thomas Mars (chanteur) nous ont accordé quelques minutes avant leur concert une petite interview. Pour rappel, ils seront à Rock Werchter ce vendredi.  

    Thomas, Christian, c’est votre première fois au Rock-A-Field mais vous êtes déjà venus jouer au Grand-Duché…

    Thomas Mars : Oui, deux fois. La première au début des années 2000 puis en 2010 après l’album « Wolfgang Amadeus Phoenix ». 

    A chaque fois à l’Atelier, non ? Une petite salle. Vous préférez les petits endroits ou les grandes scènes comme ce samedi ?

    T.M. : Oui, c’était là-bas. Et sur papier, les petits clubs sont plus agréables.

    Christian Mallazai : Mais en matière de scène, toutes les règles sont fausses. 

    C’est-à-dire ?

    C.M. : Qu’on peut être persuadé que dans une telle salle, cela va être une cata, alors qu'en réalité cela devient la plus belle des victoires. Et inversément… En dix ans, on n’a toujours pas compris comment ça fonctionnait (sourire).  

    "On ne veut pas une vie de tennisman"

    Votre précédente tournée avait été très longue. Celle-ci est du même acabit ?

    T.M. : Elle avait duré deux ans, s’agrandissant petit à petit. Pour l’actuelle, on ne veut pas savoir à l’avance quand elle se terminera. 

    C.M. : On ne souhaite pas avoir une vie de tennisman qui sait d’avance où il sera la semaine, le mois ou l’année d’après. Ce serait un peu déprimant. Pour l'instant, on est parti jusqu’en mars. Ensuite, on verra. Suivant nos désirs. Vous savez, si on le voulait, on pourrait tourner pendant cinq ans de suite… Généralement, on arrête quand on sent qu’on ne progresse plus. Mais on en est encore loin. 

    Familialement, cela doit être difficile à gérer de partir pour deux ans de tournée…

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    T.M. : Oui mais on tourne « à la française ». C’est-à-dire, en gros, qu’on joue deux semaines puis on revient deux semaines.

    Cela doit encore être plus compliqué pour vous, Thomas, de faire coincider vos agendas avec votre épouse réalisatrice (NDLR : il s’agit de Sofia Coppola qui vient de sortir « The Bling Ring »)…

    T.M. : Ouais…

    C.M. : Elle, elle filme à l’italienne : une semaine de boulot, trois de repos (rire général). 

    Certains groupes tournent de manière "industrielle" : en gros, ils font ça non-stop. Ce n’est pas notre cas. Nous, on est comme un grand restaurant. Il faut qu’il y ait des phases où on réfléchisse à ce qu’on va faire, où on change notre carte. D’où les plages de "repos" dont on parlait. On veut que ça reste une démarche avant tout artistique. 

    T.M. : On ne veut pas rentrer dans une certaine routine.

    C.M. : Mais là, ces derniers temps, on était « à l’américaine » et cela nous a d’ailleurs peu réussi. Nous avons trop travaillé ces derniers six mois. Ce n’est pas forcément les concerts, les interviews, …  mais plutôt toutes les préparations à réaliser. On a un petit problème : on veut tout contrôler. On n’est pas du genre à déléguer. Cela va jusqu’à chaque lumière lors de chaque seconde des concerts… Heureusement, à l’heure actuelle, c’est plus calme. 

    "Il fallait qu'on invente quelque chose"

    DSC_0682.JPGEn live, vous avez considérablement progressé depuis vos débuts, avec l’album United (2000)…

    T.M. : On était mauvais. Et nous n’étions pas les seuls à le penser (sourire). 

    C.M. : La chance qu’on avait, c’est qu’à l’époque, le monde entier était extrêmement mauvais (sourir). Du coup, on parvenait tout de même à se situer dans la bonne moitié. 

    Et puis, il fallait aussi qu’on invente quelque chose. Cela a pris du temps. Les Anglais et les Américains, ils ont une tradition musicale derrière eux. Chez nous, dans notre genre, c’était le désert. Tout était à faire.

    On a souvent dit que Phoenix était plus apprécié en dehors des frontières de l’Hexagone qu’en France…

    C.M. : Cela a été le cas. C’est moins vrai depuis trois albums. Notez qu’au début, on était aussi assez taquin. On n’allait pas du tout dans le sens du poil. Donc, on ne peut pas vraiment en vouloir à quelqu’un. 

    D’autres Français, ceux de M83, ont connu le même genre de parcours que vous. Il a fallu qu’une certaine presse américaine les encense pour que cela commence à marcher en France. Comment l’expliquer ?

    T.M. : De notre côté, on ne cherche pas vraiment à comprendre. Au troisième album, on s’est juste posé des questions sur le fait qu’on tournait peu en France. On était dans une situation où on avait déjà joué deux fois dans certaines villes étrangères et pas à Marseille par exemple.

    C.M. : Mais c’est une excellente question…   

    "Ecrire pour les autres? Je ne pense pas qu'on saurait"

    Toute proportion gardée, on connaît un peu le même phénomène en Belgique où les groupes flamands passent très peu en Wallonie et inversément. Récemment, Balthazar nous disait même qu’un groupe néerlandophone devait passer par la France pour tenter de percer au sud du pays…

    T.M. : On juge plus facilement son voisin, tout simplement. Et on a des a priori. Et ils sont difficiles à gommer. Nous avons aussi connu ça du fait que nous venons de Versailles. 

    C.M. : Ce n’était pas l’idée que les gens se faisaient d’un groupe rock.  Mais c’est ça qui nous intéresse : faire des choses que personne n’a encore réalisé. 

    Thomas, une rumeur a circulé voici quelques jours annonçant que vous alliez participer au prochain album de Johnny Hallyday, tout comme le chanteur de Muse, Matthew Bellamy…

    T.M. : Non, ce n’est pas vrai.

    Cela vous plairait d’écrire pour les autres?

    T.M. : Je ne pense pas qu’on soit capable de composer pour quelqu’un d’autre. Une grande partie du plaisir qu’on a de faire de la musique, c’est de la réaliser ensemble au sein du groupe.  Il y a un "esprit famille" chez Phoenix. 

    C.M. : Et puis, on a un processus créatif très bizarre. Et je ne pense pas qu’on puisse l’imposer à quelqu’un d’extérieur. On n’est pas comme un groupe normal où on peut changer un tel par un tel. Il y a une alchimie qu’il faut pouvoir garder. 

    En ce moment, vous écoutez quoi ? 

    T.M. : Les Canadiens de Mac DeMarco.

    C.M. : On les aime beaucoup ces petits gars. On a tourné avec eux. 

    Pour le reste, ma théorie, c’est que 2013 est l’année où la musique meurt.  Pourquoi ? C’est juste un sentiment. Comme Nietzsche qui disait dans certains de ses écrits que Dieu est mort. 

    Par Julien Carette