say yes dog

  • Belles (re)découvertes luxos à l'AB!

    Le Club de l'AB servait de cadre mardi à "Luxembourg sounds like...", une soirée qui permettait de mieux faire connaître la scène musicale luxembourgeoise. Organisé par l'asbl Music : Lx et la Rockhal, cet évènement initialement prévu en novembre et annulé suite aux menaces terroristes a donc pu être reprogrammé. Pas à une date idéale mais qu'importe, les troupes étaient plutôt motivées pour l'occasion.

    munity on the bounty,fox,say yes dog,ab,ancienne belgique,rockhalLe public, arrivé au compte-goutte, se plaçait en un arc de cercle poli pour Fox, le premier groupe de la soirée. Très à l'aise, les membres demandaient finalement aux gens de se rapprocher de la scène. Leurs chansons rock sont propres et bien fignolées. Trop? Peut-être, mais bon...

     

    Les six gars sont bien en place et enchainent les morceaux de qualité. Du joli travail pour un premier album éponyme sorti récemment. "Amusez-vous et buvez plein!" lance le percussionniste Aloyse. A noter qu'il s'agissait de leur premier concert hors Grand-Duché. 


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    Un passage au bar et au merchandising et pan!, sans crier gare; la Mutiny on the Bounty a commencé. "North Korea" du deuxième album met les choses au point: ça gesticule dans tous les sens aux riffs ravageurs de ce math-rock nourri aux pilules énergétiques. Le premier rang emboîte le pas, ça donne une belle petite bamboula.

    Fondé en 2004, le groupe a de la bouteille, c'est clair comme de l'eau de Beckerich. En témoignent de longues tournées qui le fait souvent s'arrêter en Angleterre," avec ses salles un peu pourries", entend-on dire le guitariste Nicolas Przeor en souriant. Et sans aucun morceau chanté donc, à l'instar de "Digital Tropics", leur troisième album sorti fin 2015. Les grands ducs de la soirée! A voir notamment au PaCRocK le 23 avril prochain.

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    Pas facile du coup pour Say Yes Dog de faire cesser les chuchotements, malgré les cette question existentielle dès la première chanson: "Would you be my girlfriend?". Mission rapidement remplie cependant grâce à une électro-pop terriblement dansante accompagnée par une voix assez intrigante. Le quotidien anglais "The Guardian" les a déjà comparé à Hot Chip (écouter "A Friend" notamment), on ne peut pas leur donner tort. Moins "intello", mais pas moins intéressant. Et certainement tout aussi sautillant.

    Le trio. se trouve actuellement en France avant de prendre la route de l'Allemagne et de l'Autriche en avril. Son premier album "Plastic Love" est sorti il y a quelques mois. A noter également qu'il est composé de deux Berlinois (où le groupe est actuellement basé) et d'un Luxembourgeois... On est bon!

    Comme toute cette soirée découverte d'ailleurs... Et pourquoi pas remettre ça chaque année?

    >Philippe Sadre 

  • L'Ancienne Belgique devient luxembourgeoise le temps d'un soir

    Annulée en novembre dernier suite aux menaces terroristes, la soirée "Luxembourg sounds like" à l'Ancienne Belgique a été re-programmée il y a plusieurs semaines déjà. Malgré les évènements dramatiques récents, le rendez-vous du mardi 29 mars au Club de l'AB devrait être maintenu. De quoi découvrir, gratuitement en plus, ce que nos voisins ont dans le ventre! 

     

    ancienne belgique,rockhal,fox,say yes dog,mutiny on the bountySi certains noms de salles (l'Atelier et la Rockhal par exemple) sont devenus familiers, il n'en est pas encore de même pour les artistes grand-ducaux. C'est d'ailleurs la Rockhal d'Esch-sur-Alzette et l'asbl Music:Lx qui organisent cette soirée à l'AB, prévue initialement dans le cadre de la présidence luxembourgeoise de l'Union Européenne. 

    A l'affiche: trois groupes dont les styles se croisent mais possédant chacun leur son propre. La soirée débutera  avec la musique intemporelle de Fox. Six musiciens qui forment un ensemble entremêlant les différentes décennies rock et pop.

    Ensuite, ce sera au tour du "mix of math-rock and post-core, whatever that means..." - voir clip ci-dessous-) de Mutiny on The Bounty, d'investir le très sympathique grenier de l'AB.

    Ils laisseront la place à Say Yes Dog, dont l'electropop a déjà été comparée à Hot Chip entre autres. Leur premier album "Plastic Love" est sorti en septembre dernier, ils devraient bien en avoir toujours quelques-uns de dispos ce mardi!  >Philippe Sadre

     

    Fox

     

    Mutiny On The Bounty

     

     

    Say Yes Dog

     

  • Sonic Visions (jour 2): Benjamin Booker, c'est chaud comme la braise

    Sonic-Visions-Couv.jpgLe Sonic Visions n'est pas un festival comme un autre. Pouvoir écouter/découvrir dix groupes/artistes des plus prometteurs en quatre heures de temps, cela n'arrive pas souvent. Une prouesse réalisée par ce festival qui se déroule entièrement sur le site de la salle de la Rockhal à Esch-sur-Alzette, au Luxembourg. 

    Après une première journée, jeudi,  réservée à des groupes plus régionaux, le complexe grand-ducal accueillait hier quelques grosses pointures des prochaines années. La fête commençait dès 20h avec des Australiens au nom aussi imprononçable - King Gizzard & The Lizard Wizard - que leur rock psychédélique est efficace. Deux batteries, deux basses, deux guitares, un harmonica et ... une flute, cela fait du monde sur scène. Assez en tout cas pour que cette bande de fous fasse tout exploser! IMG_1555.JPG

    On passait ensuite sous le "Dome", une tente installée sur le parvis situé devant la Rockhal et ressemblant étrangement à un igloo. C'est là que l'Anglais Nick Mulvey nous a présenté son folk acoustique, envoutant et tout en subtilité. On ne vous conseillera jamais assez de jeter une oreille attentive sur les chansons "Cucurucu" et "Juramidam". Direction ensuite le Rockhalcafe, un espace dont la disposition a des allures de club américain. C'est là que se produit Benjamin Booker, un jeune rockeur de la Nouvelle-Orléans dont le premier album (baptisé sobrement Benjamin Booker) nous accompagne depuis de nombreuses semaines. Lui et sa guitare, sur scène, sont accompagnés d'un batteur qui sait taper (très) fort sur ses fûts et d'un bassiste qui remet au goût du jour la franche longue sur le front et la petite moustache à la Charlie Chaplin. Classe ... ou pas. Toujours est-il que leur rock est chaud comme la braise, rêche comme la peau d'un croco du Bayou et qu'il arrache comme de l'alcool frelaté. De la bombe! Les filles du premier rang qui se déhanchaient ne s'y sont pas trompées. La claque de ce premier jour. A un tel point que lorsqu'on repasse dans le club pour assister à la fin du set de l'Islandais Asgeir, ce dernier a bien du mal à supporter la comparaison, malgré une qualité mélodique indéniable. IMG_1563.JPG

    Après un court passage devant les Messins de Grand Blanc et leur musique mêlant sons à la Joy Division et phrasé en français, on se cale devant les Américains de Cloud Nothings. Leur rock est puissant, joué à 100 à l'heure. A trois (une guitare, une basse et une batterie), ils envoient du bois. Un peu comme si le Weezer des débuts faisait encore des bonnes chansons. De rock, il en est toujours question lorsqu'on retrouve le Dome sur le coup de 23h. Le froid de la nuit aidant, ce dernier a de plus en plus des allures d'igloo. Mais la jeune Australienne Courtney Barnett a vite réchauffé tout ça. Devant ses compatriotes de King Gizzard & The Lizard Wizard venus la supporter, elle livre un set bien plus bruyant que ce qu'elle propose sur ses premiers EP. C'est punk, voire grunge. Et là, on se dit que ce n'est sans doute pas pour rien que cette jeune fille de 26 ans porte une chemise à carreaux que n'aurait pas renié un certain Kurt Cobain. Elle arrache vraiment cette petite! 

    Place ensuite à Annie Clarck, l'Américaine mieux connue sous le nom de St Vincent. sonic visions,king gizzard & the lizard wizard,nick mulvey,benjamin booker,asgeir,grand blanc,cloud nothings,courtney barnett,st vincent,oceaàn,say yes dog,bakermatVéritable icône de la musique indépendante américaine, elle se présente sur scène vêtue de cuir et avec des (longs) cheveux oscillant entre le blanc et le mauve (comme sur la pochette de son dernier disque, St Vincent, voir ci-contre). Entre synthés et guitares, sa musique garde une constance: son côté barré. Bien, voire très bien. Mais on s'esquive quelques minutes avant la fin afin d'aller jeter une oreille sur Oceaàn, un jeune Belge du nom d'Oliver Cean exilé du côté de Manchester, et qui commence à se faire un nom dans le monde de l'électro. Ses rythmes à la fois lancinant et dansant font furieusement penser à un certain James Blake. Oui, il y a pire comme comparaison.

    Un petit passage ensuite par les grands espoirs de la musique grand-ducale de Say Yes Dog (qui livre une pop dansante, pas désagréable) et il est temps de rentrer. Il est déjà minuit quart. On laisse le DJ hollandais Bakermat aux petits jeunes qui ont envie de danser jusqu'au bout de la nuit. Car dans quelques heures, on remet ça avec la suite du Sonic Visions! 

    > Par Julien Carette