the slow show

  • Attention talent: on vous fait découvrir The Slow Show

    1234442_970171859663411_4681598087343007220_n.jpgEn ce vendredi, nous avons l’intention de vous faire découvrir un groupe qui risque de ne pas vous laisser de marbre. D’ailleurs, depuis qu’on a découvert voici quelques jours son premier album, White Water, ce dernier n’arrête pas de passer entre nos oreilles.

    Son nom ? The Slow Show. Oui, comme la chanson de The National. Et toute comparaison entre les deux n’est pas fortuite. Car il existe dans leur musique le même sens majestueux de la mélodie que dans celui de Matt Berninger et ses potes. Et puis, il y a la voix du chanteur, Rob Goodwin. Du genre à marquer les esprits. Une voix de baryton, profonde, avec un côté crooner assez prononcé. En l’écoutant, on pense à Richard Hawley ou Mark Lanegan. 

    Originaire de Manchester, ce groupe de trentenaires se définit comme « le moins mancunien des groupes mancuniens ». The Slow Show aime donc cultiver son côté atypique. Avant leur venue à la Rockhal à Esch-sur-Alzette ce lundi 1er juin,  Rob Goodwin nous a expliqué pourquoi en interview. 

    Rob,  le nom de The Slow Show est inconnu par chez nous. Pouvez-vous nous dire comment est né votre groupe ?

    Rob Goodwin: Tout a commencé avec mon ami, Fred (NDLR : Frederik 't Kindt, le claviériste … belge du groupe).  C’est un producteur installé à Manchester. Il s’est occupé d’un de mes précédents groupes. C’est comme ça qu’on s’est rencontré et que nous avons sympathisé. 

    Musicalement, nous avions des atomes crochus. On a commencé à écrire ensemble. Assez rapidement, nous avons  réussi à composer quelques chansons et on a convoqué quelques amis de Fred pour les jouer. C’était il y a quatre ou cinq ans. La chance a été avec nous car aujourd’hui, nous sommes toujours ensemble. Le line-up n’a pas changé. 

    Ce qui est étrange, c’est que nous n’avions pas l’ambition d’enregistrer un album ou même de jouer en live. Pour vous dire, les deux premières années, on se réunissait juste pour écrire des chansons.  Personne n’avait même songé à nous donner un nom de groupe. 

    Vous êtes originaire de Manchester mais votre label est allemand, « Haldern Pop Recordings ». Cela peut paraître étrange. Comment est-ce possible de signer dans une petite firme de disque allemande quand on provient d’un des plus grands pays de la musique?

    R.G.: C’est étrange, en effet. Nous avons discuté avec quelques gros labels anglais. Mais lors d’une tournée en Allemagne, nous avons rencontré les gens de « Haldern Pop ». Et ils ont été tellement adorables, ils ont parlé avec tellement d’enthousiasme et de passion de notre musique que cela nous a semblé parfait de nous engager chez eux.  C’est bien simple, nous n’avons pas l’impression d’avoir signé un contrat pour faire du business mais plutôt de s’être engagés avec des personnes qui ont envie de faire partager notre musique. 

    11202819_1107067445973851_4384126100463878651_n.jpg« Haldern Pop » est aussi le nom d’un festival en Allemagne…

    R.G.: Tout à fait. Ce sont les mêmes personnes. Et nous avons signé chez eux l’après-midi, avant de jouer dans ce festival le soir. Un de nos plus beaux concerts ! 

    Depuis vos débuts, vous avez plus tourné hors de votre pays qu’au sein de celui-ci. Avec d’ailleurs pas mal de dates sold-out en Allemagne ou aux Pays-Bas. C’est si compliqué de « breaker » au Royaume Unis ?

    R.G.: Peut-être, oui.  Nous avons eu une certaine chance puisque lorsque nous avons fondé The Slow Show, on a donné certains concerts gratuits lors desquels nous avons été repérés par une société de booking. Et cette dernière nous a fait tourner les deux mois suivants dans toute l’Europe. Aujourd’hui, on se sent comme chez nous en Allemagne ou aux Pays-Bas.  J’ai l’impression qu’on comprend mieux notre musique ailleurs sur le continent. 

    Sans doute aussi que si vous n’avez pas un gros tube, c’est difficile de percer en Angleterre. 

    Pour en revenir à Manchester, vous vous décrivez sur votre page facebook comme « le moins mancunien des groupes mancuniens »…

    R.G.: Oui. Nous sommes très fiers d’être originaires de Manchester mais aussi de l’histoire de cette ville ou des groupes qui y sont nés. Mais on ne sonne absolument pas comme les grands noms de la musique mancunienne. Je pense aux Smiths, à Oasis, …

    Mais vous êtes plus proches d'Elbow, qui eux aussi sont de Manchester…

    R.G.: Oui, peut-être bien (sourire).  

    the slow show,white waterLe nom de votre groupe est aussi celui d’une chanson du groupe The National. Vous avez opté pour The Slow Show à cause de ce morceau ?

    R.G.: On pourrait le croire et c’est d’ailleurs ce que certains reporters ont écrit mais ce n’est pas la réalité (sourire). En fait, Chris, notre batteur, est un grand fan du groupe américano-canadien The Band. Il apprécie leur approche de se présenter comme un vieux groupe itinérant qui était là pour livrer une représentation. Donc, il voulait que le mot « show » apparaisse dans notre nom. Et vu notre musique, The Slow Show, c’est imposé à nous. 

    The National est une de vos influences majeures ?

    R.G.: On aime bien. Mais je vous avoue que rétrospectivement, on aurait peut-être dû opter pour un autre nom de groupe. Car nous allons avoir très difficile de nous détacher de la référence à The National. 

    On écoute également Bob Dylan, Lambchop, …  Mais notre plus grande influence, ce sont sans doute les musiques de film. 

    L’une des premières choses qui marque lorsqu’on écoute The Slow Show, c’est votre voix. On la situerait quelque part entre Richard Hawley et Mark Lanegan…

    R.G.: Merci. Je n’ai jamais eu pour ambition d’être chanteur-leader d’un groupe. Je ne l’étais d’ailleurs pas dans mes groupes précédents. Nous pensions chercher un chanteur. Et puis, pour diverses raisons, je m’y suis collé alors que je n’avais jamais chanté auparavant. 

    Au final, même si j’ai eu un peu de mal au début, ce fut une belle découverte. 

     

    > Propos recueillis par Julien Carette

    Album: White Water (Haldern Pop Recordings/PIAS)

    Concert: ce lundi 1er juin à la Rockhal d'Esche-sur-Alzette.