David Bowie - "The Next Day": Bowie rime à nouveau avec (Jean) génie

On le croyait mort artistiquement et presque cliniquement. On l'avait laissé il y a dix ans avec "Hours", un album d'une sobriété épatante mais qui n'avait pas vraiment marqué les esprits. Et voilà, alors que plus personne ne l'attendait, que David Bowie revient titiller nos oreilles et réveiller tous nos sens. Et putain, c'est peu de dire que ça fait autant de bien qu'un coton-tige enfoncé jusqu'au tympan. La pochette de "The Next Day", malgré son aspect un peu mystérieux, ne laisse place à aucune ambiguïté. The Thin White Duke, les rides en plus, nous retransporte déjà visuellement dans ses plus belles années, celles de "Heroes". On avait adoré ses expérimentations indus "Outside" (en compagnie de Trent Reznor de Nine Inch Nails)et drum n' bass "Earthling" mais Bowie n'est jamais aussi bon que quand il fait du Bowie. "Valentine's Day" réveille carrément le fantôme de Ziggy Stardust et nous donnerait presque envie de ressortir nos costumes à paillettes. "Where are we now?", avec un tempo très lent et unBowie.jpge voix fragile, donne carrément la chair de poule en rappelant l'époque berlinoise de l'artiste, où il zonait aux abords du Mur avec son pote Iggy Pop avec l'idée de donner naissance aux prémisses de la cold-wave. Cet album, dont la sortie a été magistralement organisée, c'est en fait un parfait résumé de l'ensemble de la carrière d'un des plus grands génies musicaux du vingtième siècle. Les légendes ne meurent jamais, elles traversent les âges et les modes, et les autres peuvent retourner sur les bancs de l'académie...


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