-M- : rock puissant et bien léché

M.jpgJe n'avais plus vu Forest National dans cet état depuis longtemps.
Des adolescentes qui crient, des trentenaires qui sautent, des seniors avec queue de cheval qui décroisent les bras, toutes cornes du diable dehors. -M- était de retour ce samedi 4 mai et a foutu un sacré bordel.
Son dernier, « Îl », n'était pourtant pas plus heavy et funky que ca. Même s'il témoigne d'une évidente  maturité musicale, superbement construit, parfait à l'oreille, esthétique à en crever. En live, c'est la même chose, en 10x plus rock. On le comprend directement quand le rideau tombe. Ils étaient une petite dizaine à débarquer sur scène en 2010 pour la tournée Myster Mystère, et là ils ne sont que...trois. Power trio: Matthieu Chedid au chant et à la lead guitare, Dorion Fiszel à la batterie, Brad T. Ackley à ce qui ressemblait le plus à une basse. « Elle » et « Le film » s'enchaînent. Comme tout le monde, j'étais soufflé: un son lourd et puissant, mais précis et juste. Ils ne sont que trois, sans (trop) d'effets et de samples rajoutés, et ils sonnent mieux que sur l'album.
Il nous le dira plus tard dans la soirée: -M- n'envisage la scène que s'il peut surprendre son public. Ce sera d'abord le cas musicalement: « Onde Sensuelle » version punk anarchique, un interminable reggae plus rasta Babylon que Marley sur « A tes souhaits » ou un « Je dis Aime » sauce Led Zep.  D'une manière générale: ses anciens tubes sont retravaillés de A à Z, ses nouveaux sont fidèles mais surprenants. -M-, véritable guitar heroe, nous arrose de solos hendrixiens. Ses deux acolytes ne sont pas des manchots non plus, ils assurent, chantent, dansent.
Côté mise en scène, ce n'est pour une fois pas l'overdose. Le fond de scène est bien évidemment flanqué d'un gigantesque « M », sorte de structure amovible, qui se balade de droite à gauche. Quelques images projetées, mais pas trop. Juste bien.

En milieu de concert, bain de foule inédit pour -M-. Il se balade en solo avec son piano à travers le public sur une plateforme à roulettes. Les gens le laissent passer, tranquillement, des groupies dans les yeux. Petit medley bien ficelé: « Qui de nous deux », « La seine », « La bonne étoile », « La vie tue ».Il remettra le couvert en fin de concert avec son band pour un set acoustique.
La voix fluette de Chedid, ses petits cris orgasmiques et sa manière à lui de demander le silence à la salle nous rappelle que sous ses airs de dur, il reste le musicien bien léché, consciencieux et irréprochable qu'il était à ses débuts. Pour le reste, il se marre, discute le bout du gras avec le public, se jette dans la foule, lance sa guitare, la rattrape, fais son show, nous offre deux rappels. Routine de star, respect du public. J'en attends pas moins d'un artiste que j'admire. Je me suis promis de continuer à inlassablement venir le voir en live à chacun de ses passages en Belgique, à la seule condition qu'il continue à me surprendre. J'y retournerai.

Jonathan Dellicour

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