Puggy: "Être belge, c'est un gage de qualité en France"

Quatre AB en un an pour Puggy! Depuis Channel Zero et son retour fracassant, aucun groupe belge n'avait fait aussi bien. Le trio, qui sera l'invité de marque du prochain Autumn Rock Festival (le 7 septembre) connaît actuellement un succès considérable en Belgique, mais aussi en-dehors de nos frontières. Nous avons rencontré cette véritable Tour de Babel musicale...arpuggy.jpg

Puggy de retour à l'Autmn Rock Festival, c'était un peu inespéré vu le succès que vous rencontrez actuellement...

Matthew (chanteur/guitariste): "Ca nous fait très plaisir de revenir, en tête d'affiche en plus. Nous étions venus il y a trois ans, l'année où il y avait aussi Arid. On avait passé un très bon moment."

Romain (bassiste): "C'était surtout une des premières fois qu'on jouait sur une grande scène en Belgique. On avait été mis en valeur. Maintenant, c'est à nous de leur rendre la monnaie de leur pièce. Ce n'est évidemment pas un festival international comme Werchter, mais c'est quand même 4000 personnes. Nos racines sont ici, c'est dans ce genre de festival qu'on a créé le groupe et notre notoriété."

Vous commencez à vous habituer à ce que vous soyez à ce point sur le devant de la scène?

Romain "Non, ça c'est encore nouveau pour nous. Les têtes d'affiches, on commence seulement à s'y faire. C'est plus stressant car tu joues plus tars et il y a plus d'attentes de la part du public. Mais c'est excitant."

Ziggy (batteur): "En fait, on doit de plus en plus se prouver."

Matthew: "C'est normal, mais je ne sais pas si c'est une question de succès. La fanbase elle est là. C'est la médiatisation qui crée un engouement auprès de personnes qui ne sont pas nécessairement fans. Il y a un effet de curiosité. Ils se disent: "Pourquoi tout le monde parle tant de ce truc?" Dès lors, on doit travailler davantage, et jeter plus de poudre aux yeux. Mais les fans, ils étaient là avant les médias. C'est pour eux qu'on vient à l'Autumn Rock Festival. Sinon, on ne ferait qu'un gros festival par an."

Vous avez quand même joué à Reading et à Leeds... quel souvenir en gardez-vous?

Ziggy: "C'était notre premier festival en plus! Ce n'était même pas imaginable. C'était incroyable, un truc de malade. On ne savait pas du tout à quoi s'attendre. On était là en mode touristes, avec notre tente dans le camping."

Romain: "Je garde également un excellent souvenir du Main Square, de notre premier Couleur Café et de Benicassim. Cela nous a ouvert beaucoup de portes."

En quoi un festival est-il différent d'un concert en salle?

Matthew: "En salle, tu ne joues que pour tes fans. En festival, tu dois plaire à un autre public. Pour ça, il faut mettre en avant le côté punch et laisser de côté l'aspect théâtral. Ca dégaine un peu plus."

Quatre dates sold-out à l'AB,ça représente quoi?

Matthew: "Faire ne fut-ce qu'une fois l'AB aurait déjà été un privilège. Alors quatre fois, et même sept en deux ans... c'était exceptionnel, surtout pour un groupe bruxellois."

Ces derniers temps, que ce soit à la radio ou à la tv, on ne peut pas vous louper... Vous attendiez-vous à un tel succès?

Matthew: "On me pose souvent cette question. Cela fait déjà plus de sept ans qu'on joue ensemble. Notre premier album est sorti il y a six ans, et on n'a jamais cessé d'écumer les scènes. On ne peut pas dire qu'on ait chômé. Maintenant, c'est vrai qu'il y a eu un engouement médiatique avec les deux derniers disques. S'y attendait-on? Non, pas vraiment. Tout ça n'était pas planifié, mais on a tout fait pour pouvoir vivre de notre musique. On n'a pas arrêté de travailler. Mais ce n'est pas une garantie de succès, tu peux aussi n'avoir aucune répercussion même en bossant comme un acharné."

Le fait d'avoir pu jouer avec le groupe américain Incubus, ça a eu un impact important?

Romain. "C'était un truc de dingue. Leur manager nous avait entendu Puggy à la radio. Il nous a envoyé un e-mail personnel pour savoir si nous étions libres un mois ou deux pour pouvoir tourner avec eux. Au début, on a cru à une blague"

Ziggy: "On avait dû annuler l'Autumn Rock à cause de ça! Donc, nous voilà forcés de revenir!"

Comment un Français, un Suédois et un Anglais finissent-ils à créer un groupe... belge?

Matthew: "Ce n'est jamais quelque chose qu'on a revendiqué. On s'est jamais baladé avec des drapeaux belges à l'étranger. Je t'avoue que ça a même pris du temps pour qu'on parvienne à s'installer en Belgique. C'est juste une réalité géographique, car on vit à Bruxelles. Mais être belge, c'est un gage de qualité en France. Les gens aiment bien."

Ziggy: "C'est d'ailleurs en jouarpuggy.jpgant à l'étranger qu'on a commencé à nous coller cette étiquette "belge".

Et sinon, on écoute quoi dans Puggy?

Matthew: "Les Beatles, Sufjan Stevens, Vampire Weekend... et beaucoup d'autres. Tu as la journée pour qu'on les énumère?

> Un entretien de Christophe Van Impe

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