MGMT: si barré, si Barrett, Syd Barrett...

Et si MGMT était tout simplement le meilleur groupe contemporain? Vendredi soir, les Américains les plus barrés du moment, ont livré un concert de toute beauté à l'Ancienne Belgique. Andrew VanWyngardern et Ben Goldwasser ont toujours tout fait à l'envers. En 2005, ils débarquaient avec "Oracular Spectacular" et sa ribambelle de tubes radiophoniques ("Kids", "Electric Feel", "Time to Pretend"). Ils auraient pu poursuivre dans cette veine, remplir les stades et très vite mal tourner. A la place, ils ont opté pour le virage opposé. De plus en plus psyché, de plus en plus beau, de plus en plus profond. Tout l'inverse d'un Mercury Rev par exemple. "Congratulations" était déstabilisant, voire... stupéfiant. "MGMT", sorti il y a une dizaine de jours, l'est tout autant. Cet album est à MGMT ce que "Kid A" était à Radiohead: un contre-pied agaçant de talent. Vendredi, quand ils ont lancé les hostilités MGMT.jpgavec "Flash Delirium" et "Time to Pretend", on a vite compris que ce serait un très grand moment. L'écran géant balance des images distordues d'aliens et de colonnes doriques, un drone survole l'assemblée. Le groupe déstructure ses morceaux. On apprend à découvrir un "Kids" moins potache que d'habitude, une ligne de basse funky transforme "Electric Feel". "Weekend Wars" et "Siberian Breaks" nous achèvent, tandis que les nouveaux morceaux se marient parfaitement avec l'ensemble. De là haut, Syd Barrett aurait certainement apprécié...

< Christophe Van Impe

Les commentaires sont fermés.