Bertrand Belin: la classe de Bashung, la prose de Mallarmé

On l'a dit et redit, mais 2013 aura été une année en or pour la chanson française. Et, pour notre plus grand bonheur, les plus beaux fleurons sont passés par le Botanique. La preuve encore ce mardi avec la prestation éclatante de Bertrand Belin. A la Rotonde, lors des dernières Nuits, il avait déjà été éblouissant. Mais il y avait quand même un petit goût de trop peu, vu la formule "festival". Cette fois, preuve que le gaillard est généreux, il a carrément remis ça pendant 1h50, revenant pour deux rappels. Avec désormais quatre albums, plus beaux les uns que les autres, il peut se le Belin.jpgpermettre. Et qu'importe que l'Orangerie n'ait pas fait le plein. Il s'en contrefiche. Il est content d'être là, dans une ville qu'il apprécie. Il joue. Il se marre.

Entre les morceaux, il part dans des délires verbaux que lui-même semble ne pas comprendre. C'est d'ailleurs à se demander s'il ne s'en inspire pas pour écrire ses morceaux, à l'instar de certains grands auteurs qui faisaient jadis appel à l'écriture automatique. Même quand il raconte n'importe quoi, même quand il parle d'un chien, il le fait en poésie. On pense à un Georges Brassens plus allumé, on pense à un Alain Bashung encore plus décalé. On pense aux plus grands, et même à Stéphane Mallarmé. "Je ne crois pas qu'il y ait un problème de clarté dans mes chansons. Elles sont très claires mes chansons. Personne ne reprocherait à Mallarmé ses registres de langage. Même si loin de moi l'idée de me comparer avec ces illustres grands hommes. Ce sont des chansons, je n'ai pas de nécessité d'être clair et rapidement." Tout est dit... Hypernuit, Hyperclasse.

< Christophe Van Impe

Les commentaires sont fermés.