Entre Julien Doré et Bruxelles, c'est la "LØVE" story

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Le Cirque Royal, c'est là que l'idylle entre Julien Doré et la Belgique avait débuté. C'était en 2008, à l'époque de son premier album "Ersatz". Beaucoup ne le prenaient alors que pour un simple rescapé de la "Nouvelle Star", appelé à basculer tout aussi vite dans l'anonymat. Le type juste bon à reprendre le "Lolita" d'Alizée sous les spotlights un samedi en "prime time," et à faire suer les midinettes en chaleur. Ceux-là ne se doutaient pas qu'il allait pourtant, et rapidement, devenir un des auteurs/compositeurs les plus doué de sa génération. Et qu'on parlerait bientôt de Gustave Doré comme de son arrière-arrière-grand-oncle et plus de la filiation inverse. Ce n'est pas pour rien que Christophe, qui l'avait déjà rejoint sur scène au Trianon lors de la tournée précédente et qui vient de reprendre "Corbeau Blanc", en a fait son digne successeur.Julien7.jpg

C'était donc au Cirque que que notre pays lui avait pour la première fois fait la cour. A un tel point qu'il y revint ensuite, quasi incognito, pour se produire de temps en temps avec son groupe de jeunesse "Dig Up Elvis" que ce soit au "Belga" ou au "Bar du Matin". "Je suis un peu assimilé belge. C'est pour ça que quand le frère du Roi m'a demandé de laisser la Victoire de la Musique à un de vos compatriotes, je l'ai fait. Non, n'ai pas vraiment perdu. Comme je me suis dit qu'en musique, vous n'aviez pas eu grand-chose depuis Benny B...", rigole-t-il. Julien Doré, on a appris à l'aimer avec "Ersatz", on l'a adoré avec "Bichon" et on a définitivement succombé avec "LØVE".

Mercredi soir, c'était donc une date particulière pour lui. Au moment de monter sur les planches de ce Cirque qu'il affectionne tant, il avait le palpitant. L'intitulé de son album en grandes lettres lumineuses en fond de scène, c'est sur "Viborg" qu'il débute. "Moi, je paierais pour te revoir", chante-t-il. C'est justement ce que beaucoup ont fait. Et ils n'auront pas été déçus à l'issue d'une prestation de deux heures d'une classe astronomique. A l'exception de quelques incursions évidentes dans ses albums précédents ("Les bords de mer", "Kiss me forever", Les limites", "Winnipeg" et "Piano lys"), il nous a surtout donné beaucoup de "LØVE", ne faisant l'impasse sur aucun morceau de cet album aussi singulier que somptueux. Julien4.jpg

Il n'en oublie pas pour autant de faire le show. Il débarque avec une boule à facettes sur la tête, il grimpe au balcon pour y tirer avec un canon à confettis, il traverse le rez-de-chaussée pour y interpréter "Les bords de mer" au mégaphone,... Même quand il reprend ironiquement l'ignoble "Femme like you" de K-Maro, seul au ukulélé, il parvient à donner de la magie à ce morceau. Accompagné de ses musiciens habituels, dont le virtuose Arman Méliès, il nous offrira surtout une fabuleuse version de "Corbeau blanc", toutes guitares en avant sur la fin. On en vient à regretter qu'il ait fait l'impasse sur "Glenn Close", "Bergman" ou "Baie des anges", bijoux de "Bichon". Mais, même s'il est amoureux de Bruxelles, on ne pouvait pas non plus lui demander de rester toute la nuit...

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< Christophe Van Impe

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