Avec Melingo, la Bota se met aussi au tango

En un an, ce sont environ 600 artistes de tous horizons qui foulent les planches des différentes salles du Botanique. Parmi ceux-ci, certains plus atypiques forcément. Car, non, il n'y a pas que du rock ou de l'electro au Bota. La preuve avec Daniel Melingo, qui sera de passage le 11 avril, dans le cadre des VW Spring Sessions. En Argentine, Melingo est une star nationale, maître incontesté du tango. ÂgMelingo.jpgé de 57 ans, c'est après avoir quitté l'Argentine pour le Brésil afin de fuir la dictature militaire, qu'il débute sur la scène, au sein du groupe Agua de Milton Nascimento. De retour en Argentine quatre ans plus tard, il deviendra la figure de proue du rock contestataire avec Los Twist et Los Abuelos de la Nada. Dans les années 80, on le découvrira même flirtant avec le punk avec le groupe madrilène Toreros Muertos.

C'est dire si sa palette est large et si on est très loin du tango classique. Il y ajoute sa touche personnelle, ses influences rock et blues et sa voix à la Tom Waits, et nous propose des poèmes chantés en lunfardo, l'argot de Buenos Aires. C'est le guitariste de Gotan Project qui lui a pour la première fois ouvert les portes de l'Europe. Ecouter un album de Melingo, c'est voyager. D'une chanson à l'autre, dans un style très cinématographique, il nous transporte, tel un Phileas Fogg des temps modernes. Sur "Que Sera De Ti", on a presque l'impression d'entendre une variation latino du "Melody Nelson" de Serge Gainsbourg. "Linyera", son dernier album en date, sent bon l'Amérique du Sud. Mais pas celle des plages de sable fin. Plutôt celles des contrées poussiéreuses et suffocantes. Mélancolique, onirique et surréaliste, "Linyera" devrait enfin asseoir pour de bon la popularité de Melingo sur le Vieux Continent...

A voir sur scène le 11 avril, à l'Orangerie.

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