Le retour bien classe de School is Cool

School is Cool is back! Deux ans après la découverte "Entropology", les Anversois nous proposent un "Nature Fear" avec un line-up remanié et de nouvelles bifurcations musicales, mélange de mélodies inquiétantes ("Black Dog Panting", premier extrait diffusé sur le net), entraînantes ("The Soothing Sound of Breaking Bones"), "japanisantes" (le tout frais single "Envelop Me") ou solidement 80's ("Tryst"). Un ensemble qui se traduit toujours par une énergie quasi tribale sur scène, de bon augure avant leur passage aux Nuits Botanique.

Nous avons rencontré la moitié de la classe lors d'une séance promotionnelle dans les locaux de Studio Brussel, qui les avait directement adoptés après leur victoire au Humo's Rock Rally en 2010. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis... Ce captivant "Black Dog Panting" devait-il donc annoncer clairement un changement de cap?


unnamed12.jpg "Beaucoup de gens ont pensé qu'il s'agissait d'un "statement", mais ce n'est pas le cas", nuance Hanne Torfs, claviériste arrivée en cours d'aventure. "Il s'agit plus d'une évolution naturelle. On peut comparer cela à un enfant qu'on n'a plus revu depuis un certain temps et à qui on dirait "Waw, tu as grandi!""

"C'est notre morceau préféré, et nous avons voulu lui donner l'attention qu'il méritait", explique le batteur Matthias Dillen. "Le site internet, la vidéo, le remix: tout ceci était une belle planche de lancement pour "Wide-Eyed & Wild-Eyed", le premier single." 

Sans renier son passé souvent estampillé "rock baroque arcade firesque", School is Cool a pris un virage plus électronique. Plus sombre également, mais avec une place toujours aussi importante pour l'esthétique, sur scène et dans les clips.

"Nous étions assez nerveux avant nos premiers concerts cette année, mais les réactions à nos vieux... eeeuh nouveaux morceaux ont été positives", dit en souriant le chanteur Johannes Genard. "La setlist doit recréer l'ambiance de cet album avant de jouer des anciens titres. Sans oublier nos vêtements de scène, qui donnent une atmosphère spéciale selon la salle. Nous avons tout entendu à leur propos: Mad Max, hommes des cavernes, urbain,... mais rien qui les définit parfaitement! Nous en sommes très contents, tout comme de nos vidéos: nous apportons les idées, nous en discutons avec le réalisateur, et c'est parti. Le clip se doit d'être un prolongement de la chanson."

Une production plus intuitive

Après avoir fait appel à Reinhard Vanbergen (Das Pop, The Happy) pour "Entropology", les Anversois ont décidé de passer derrière le gouvernail pour passer le cap du fameux "deuxième album". A l'instar de plusieurs de leurs artistes préférés. "Kate Bush a également produit seule "Hounds of Love", mon album fétiche, dans un studio aménagé chez elle", poursuit le frontman. "On y avait toujours pensé, puis un jour on nous a fait remarquer qu'on en parlait de manière vraiment enthousiaste, ce qui nous a décidé. Cette liberté nous a permis de travailler plus intuitivement. Par contre, je me suis un peu braqué pendant l'écriture des chansons, qui ne s'est pas déroulée aussi facilement... Comme on dit: "On a toute une vie pour écrire un premier album mais seulement deux ou trois ans pour le deuxième!""

Réactions virulentes sur le net

Et puis, il y a eu pas mal de changements de "personnel". Fin 2012, la multi-instrumentaliste Nele Paelinck décidait de rejoindre son conjoint en Argentine. Et en mars dernier, une quinzaine de jours avant la sortie de "Nature Fear", l'imposant Andrew Van Ostade laissait tomber ses tambours pour "raisons personnelles". Ce dernier remaniement a provoqué une vague de réactions négatives, notamment sur la page Facebook du groupe, en stigmatisant une sorte de "Johannes Genard vs le reste du groupe". Mais ni le chanteur ni ses camarades n'ont voulu jeter de l'huile sur le feu.

"Vous savez, sur internet, on dit un truc et le lendemain on peut dire son contraire", tempère quelque peu Matthias. "Mais nous avons effectivement été surpris de lire des phrases si virulentes."

"De mon côté, l'adaptation s'est super bien déroulée", fait remarquer Hanne. "Le fait que Justine (ndla: Bourgeus, claviériste/violoniste) soit arrivée au même moment m'a aidée, mais nous n'étions pas juste des "remplaçantes" pour Nele. Nous faisions partie d'un nouveau concept. Nos rôles ont été bien répartis et je constate avec plaisir que personne ne cherche à faire des comparaisons entre les membres de l'"ancien" et du "nouveau" School is Cool."

Solidarité entre groupes belges

Un "ancien School is Cool" qui était déjà présent en 2012 à l'Ancienne Belgique dans le cadre d'"AB/Bota", preuve que le combo apprécie se retrouver dans une ambiance noire-jaune-rouge. De quoi reparler du fameux "mur du son" qui s'est formé de part et d'autre de la frontière linguistique.

"Je ne connais pas un musicien flamand qui ne souhaite pas être reconnu et pouvoir se produire en Wallonie... ni l'inverse d'ailleurs!" s'exclame Johannes. "Nous avons déjà fait des dates, et nous sommes même montés sur scène avec des artistes que nous apprécions beaucoup comme Great Mountain Fire ou BRNS." 

"Il y a une sorte de solidarité entre les groupes, qui ne parviennent pas à comprendre le ridicule de la situation. Il est quasi plus facile pour nous d'aller jouer en France et pour les francophones d'aller aux Pays-Bas que de jouer dans notre propre pays" ajoute Hanne. "C'est peut-être dû au paysage radiophonique ou quelque chose, je ne sais pas... Mais c'est totalement illogique", conclut Johannes.

> School is Cool sera le 21 mai prochain une des têtes d'affiche de la "Nuit Belge" au Botanique, en compagnie entre autres des Vismets, Coely, Amatorski, My Little Cheap Dictaphone ou Madensuyu.


> Philippe Sadre

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