Nuits du Bota (J4): Florent Marchet et ZZZ's, l'orgasme et la tempête

Petit moment de répit sur le site du Bota ce lundi. Le Chapiteau, qui a frôlé l'implosion et la surchauffe la veille pour Mac DeMarco, est mis au repos. A l'Orangerie, c'est Blondy Brownie qui lance la soirée. Pas mal d'imperfections mais un délicat sentiment de fraîcheur chez Catherine De Biasio et Aurélie Muller, accompagnées de Léo (Paon) à la batterie. Les Bruxelloises terminent en beauté en invitant Antoine desblondybrownie.jpg Girls In Hawaii sur scène et en reprenant le sirupeux "Careless Whisper" de Wham pour ensuite laisser la place à Florent Marchet.

Le Berrichon était déjà passé aux Nuits en 2004, lors d'une "Nuit française" aux côtés de Daniel Darc, Luke et Brigitte Fontaine. Timide, rasé de près, vêtu d'une chemise à carremarchet1.jpgaux, il avait alors interprété le délicat "Gargilesse" au piano à la Rotonde. Dix ans plus tard, le voilà excentrique, cheveux longs en bataille, veste à paillettes et entouré de trois musiciens masqués. C'est à se demander s'il n'a pas ingurgité toute une caisse de pépitos bleus refourguée par ce bon vieux Sébastien Tellier."Bambi Galaxy" et son délire futuriste, inspiré par Michel Houellebecq, renferme des trésors comme "Où étais-tu?", "Que font les anges?" ou "Space Marchet2.jpgOpera". Cet album-concept, c'est l'histoire d'un père de famille qui se projette avec poésie dans un futur angoissant. Entre les morceaux, il parle de soucoupes volantes, de Raël, de chicons,... la métamorphose est sidérante. Le temps d'une reprise, il arrivera même à faire passer le "Tout petit ma planète" de Plastic Bertrand pour un chef d'oeuvre. Ses anciens morceaux comme "Je n'ai pensé qu'à moi" ou "Tous pareils", il les interprète aussi à la manière de son dernier album. La prise de risques est admirable, et on assiste à une rencontre on ne peut plus improbable entre le timbre de voix d'Alain Souchon et l'univers déglingué de MGMT. Le set se termine par un moment de grâce avec "Le terrain de sport" au piano, sans doute la plus belle pépite de la discographie de ce génie de la chanson française...

La tête dans une autre galaxie, direction ensuite la Rotonde pour ZZZ's. Et là, le réveil est brutal. Trois Japonaises, toutes frêles, toutes mignonnes. Elles semblent inoffensives et presque attachantes. Mais sur scène, elles dégagent une énergiezzz.jpg animale. C'est une véritable tempête sonore, très dans la veine new-yorkaise, qui met fin à une soirée contrastée. Les amplis ne sont pas éteints et le public n'est pas encore sorti de la salle qu'elle sont déjà derrière leur table de merchandising. Elles sourient et saluent en faisant la courbette à tout-va, comme des petites filles modèles. Mouais...

> Christophe Van Impe

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