Ronquières, la musique sous toutes ses inclinaisons

Ronquières, son plan incliné, et dorénavant son festival. On ne félicitera jamais assez celui ou ceux qui ont eu l'idée d'implanter un évènement musical sur ce site atypique mais qui se prête parfaitement à ce genre de manifestation. Le public a en tout cas de nouveau répondu présent lors de cette troisième édition puisque le panneau "complet" était sorti avant même la journée de dimanche.

Samedi, nous arrivons sur place. Sur la scène principale, les Bruxellois de Robbing Millions confirment tout le bien qu'on avait pensé d'eux lors de notre petit trip à l'Europavox de Clermont-Ferrand en juin et en première partie de Girls in Hawaii au Cirque Royal. L'assistance, encore peu fournie à cette heure de la journée,RonqPublic.jpg apprécie néanmoins leur rock psyché fort inspiré.

Cap à Bâbord ensuite pour le concert des Brainois de YellowStraps. Un petit xylophone par-ci par-là renforce le charme d'une voix et d'une musique chaleureuse. On sent une influence très british et on s'en veut presque de penser à quelques morceaux de Bloc Party juste à cause des frères Murenzi, mais on est soulagé de lire par après que l'Angleterre, et le déjà charismatique King Krule, est une influence majeure. Malgré une prestation un peu linéaire, YellowStraps a assuré et continuer de poser les jalons de ce qui pourrait devenir une belle histoire.

Yodelice, anciennement Maxim Nucci, a ensuite fait exploser les premières guitares à Tribord. Pas mal même. Le single le plus connu "Sunday With A Flu" a eu droit à ses vivats en début de set, mais le natif de Créteil est parvenu à garder son audience intéressée jusqu'à la fin, grâce notamment à quelques jeux avec le public. Un peu longuet diront certains ("Sugar... Bam!" "Sugar... Bam Bam!",x3, x4), mais il n'était pas le seul dans le cas, loin de là. Et les deux zygotos en costume collant rose et vert montés sur scène ont donné un côté rigolo à la fin.

Présent l'année passée avec Archive sur la grande scène, le chanteur Dave Pen voyait cette fois-ci le plan RonqBird.jpgincliné de l'autre côté. Et avec son compère Mike Bird, avec lequel il a fondé BirdPen il y a une paire d'années. Du "sous-Archive" diraient les mauvaises langues, mais il faut noter que BirdPen, que nous avions déjà adoré dans le cadre intimiste du Witloof Bar il y a quelques mois, existait avant que son chanteur ne devienne un membre à part entière du collectif anglais. Il y a évidemment des grosses similitudes, mais BirdPen parvient à se démarquer par une ambiance plus légère, même si on a droit à quelques belles fulgurances en fin de set. Du solide. Un nouvel album sortira en automne, suivi d'une tournée, et on en reparlera.

Comme souvent ce samedi, on regrette de voir le devant de la scène Bâbord déserté vingt minutes avant le début du concert suivant à Tribord. cette fois-ci, c'est Julien Doré la raison. Présent à Ronquières pour la deuxième fois en trois éditions, il a offert la version courte de son show, formatée pour les festivals. Pas de reprise de K-Maro avec une boule à facettes sur la tête donc, pas davantage de passages au piano. Non, il est allé à l'essentiel avec une setlist composée uniquement de morceaux de LØVE, plus les incontournables "Kiss Me Forever" et "Les Limites". Sur "Paris-Seychelles", il RonqDoré.jpggrimpe sur la tour de régie afin d'utiliser son canon à confettis et revient ensuite sur scène en traversant la foule une chope à la main. Du déjà vu certes, mais ça fait toujours son petit effet. Et, comme au Cirque Royal, c'est sur le fabuleux "Corbeau Blanc" qu'il a mis un terme à sa prestation. Rien que pour ce morceau, sans doute un des plus beaux composés en 2013 et d'ores et déjà adulé par Christophe, ça valait le déplacement. Non seulement Julien est un auteur/compositeur de grand talent, mais en plus c'est une bête de scène.

Cela fait plus de dix ans qu'Admiral Freebee parcourt les routes avec son rock aux teintes blues et folk. Piano et trompettes sont également de la partie pour un moment bien relax en début de soirée. Un sacré animal que cet amiral, très à l'aise sur scène et dispensant quelques phrases rigolotes en français... et en wallon!

Nous voilà de retour le dimanche dès l'ouverture des portes. Comme le samedi avec YellowStraps, la scène Bâbord a accueilli un jeune groupe belge qui a laissé une bien belle impression. Les Tournaisiens de Ronqsprint.jpgFeel jouent un rock délicat, avec une voix qui lorgne vers le ciel et Jeff Buckley.

D'excellent augure, sauf que... ce même ciel tourne au gris et le vent se lève. On entend de gros bruits métalliques la scène principale que s'apprêtait à investir School is Cool. Les festivaliers sont repoussés à distance respectable, sécurité oblige. Après un petit quart d'heure d'attente et les vérifications d'usage (il aurait été dommage que la boule à facettes géante au-dessus de la scène tombe sur quelqu'un...), RonqSchool.jpgon assiste à un véritable "lâcher de festivaliers" qui se ruent vers les premiers rangs. Après l'orage et leur concert annulé au Woosha d'Ostende il y a quinze jours, les Anversois ont dû se sentir maudits... Pas d'anxiété ou de regards en l'air toutefois, ils ont démarré pied au plancher un concert où les morceaux du dernier "Nature Fear" surpassent les plus anciens. Pas évident faire cohabiter deux albums bien différents, mais la qualité des chansons et l'énergie dégagée permettent de passer aisément cette difficulté. Applaudissements nourris à la fin de "New Kids In Town" totalement mérités.

Un peu plus haut sur l'affiche, les Alostois d'Intergalactic Lovers continuent la fête de la musique belge. Résumer le groupe à la seule voix (charmante) de sa (non-moins charmante) chanteuse Lara Chedraoui ne serait pas correcte tant cette pop-rock est tantôt apaisante, tantôt sinueuse, mais toujours mélodieuse. Oh et puis zut: et quellRonqLovers.jpge présence de Lara, dont le sourire et la spontanéité, entre les chansons également, en font fondre plus d'un. De "Lost Message" à "The Fall" en passant par le déjà classique "Delay", Intergalactic Lovers a distribué une grosse dose de fraîcheur à l'heure où le soleil reprenait le rôle principal sur la plaine de Ronquières.

Les Toulousains de Cats On Trees ont également conquis le coeur des festivaliers. C'est spontané, coloré RonqCats.jpget enjoué. Avec, outre le tube "Sirens Call", une jolie reprise du "Mad World" de Tears for Fears. Déjà vu aux Nuits du Bota en ouverture de Cascadeur, ce duo pourrait bien vite prendre la place laissée vacante par Cocoon sur la scène pop-rock française. 

Malgré le début du set de Ben l'Oncle Soul, la plaine de la "petite" scène ne se vide pas. Et pour cause, puisqu'une heure après c'est au tour du Suarez. Habitués de l'événementRonqSuarez.jpg, nos compatriotes ont eu un succès de malade. On ne comprend d'ailleurs pas trop qu'ils n'aient pas eu droit à l'autre podium. Ils ont aligné les tubes devant une assistance impressionnante. Leur musique n'est certes pas très recherchée, mais ça n'en reste pas moins le carton de la journée. Il ne restait alors plus qu'à Hooverphonic, MLCD (qui remplaçait au pied levé Gaëtan Roussel) et James Blunt à boucler en beauté cette troisième édition du festival. A l'année prochaine, sans faute!

> Philippe Sadre et Christophe Van Impe

 

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