Bastian Baker: "Je viens de vivre six mois d'une beauté rarissime"

Bastian Baker, on le connaissait comme juré de "The Voice". Samedi, nous l'avons découvert sur scène à l'occasion du Festival de Ronquières. Et, ne soyez pas jalouses, mais on a même pu l'avoir en tête-à-tête pendant un quart d'heure...Bastian1.jpg

Bastian, quel est ton rapport avec la Belgique?

"J'allais dire une connerie. J'adore les bières belges, en l'occurrence. J'ai passé pas mal de temps ici grâce à The Voice et, du coup, j'ai eu l'occasion d'en découvrir plus d'une. La Grimbergen, la Leffe, la Jupiler, la Maes,... Maintenant, j'ai un rapport à la Belgique qui est hyper sain. Plus sérieusement, j'adore venir ici en concert, j'adore rencontrer des gens ici, j'aime flâner à Bruxelles comme j'aime y donner un concert."

Que connais-tu de notre scène musicale?

"Je ne connais pas énormément de choses, mais je connais sans doutes les meilleurs. En l'occurrence Puggy, que j'aime beaucoup et que je fréquente depuis deux ans sur les festivals. Après, il y a d'autres trucs comme Selah Sue, que j'aime beaucoup et avec qui je partage aussi la scène."

Te sens-tu proche d'un groupe comme Puggy?

"Nous sommes deux groupes qui adorons le live. C'est une énergie sur scène, une communion incessante avec le public. Musicalement, eux sont peut-être plus Coldplay. Alors que nous, on se dirige davantage vers le côté Mumford and Sons, Jason Mraz, des trucs plus acoustiques même si sur des sets plus courts on part plus dans le rock. En festival, il faut driver."

L'expérience "The Voice", elle t'a apporté quoi?

"C'était une expérience musicale assez ouf. C'est pour ça que j'y allais, pour découvrir des talents avec qui je pourrai peut-être bosser dans le futur. Cela va prendre du temps, mais ça finira par se concrétiser. Je vais être patient pour pouvoir faire les choses bien avec la personne que j'ai décidé de Bastian2.jpgsuivre. Et puis ça m'a permis de rencontrer des gens incroyables. Je pense en premier lieu à BJ Scott. Pour moi, elle est la révélation de la saison. Je repense à toutes ces heures de jams faites ensemble, à n'en pas finir car on se rendait compte que chaque chanson que l'autre entamait, on la connaissait. Du coup, on se faisait des harmonies, des trucs à deux voix. J'aimerais beaucoup collaborer avec elle. On avait écrit un truc ensemble, qui verra peut-être une fois le jour ou pas. Ce que j'adore, c'est que c'est une émission super positive. Tu n'es pas un simple juré assis sur un siège et où tu vas, en une phrase ou deux, condamner ou élever la carrière d'un artiste. On te demande d'être positif, tu amènes un avis musical. Et une fois que la collaboration commence, tu n'es plus seulement en train de dire si c'est bien ou non. Tu choisis les arrangements, ça me fait vraiment penser à un job de producteur. Et c'est ce que je suis aussi, donc c'est pour moi un apprentissage assez fou. Et c'est en même temps de la psychologie parce que tu apprends à gérer des caractères et à amener des gens à être performants sur deux minutes, comme si tu entraînais un coureur de 100 mètres. Les mecs que j'ai dans mon équipe, je veux leur montrer qu'il n'y a pas que la tv, qu'ils doivet aussi jouer dans des bars pour aller chercher leur public."

Cette aventure a-t-elle eu un impact sur ta carrière artistique?

"Je ne pense pas. Ma carrière a surtout pris son envol médiatiquement. Il y a un intérêt de l'image, mais j'espère que ce que j'ai apporté musicalement a été apprécié aussi. Après si ton album n'est pas bon et que tes lives sont pourris, bin les gens ne viennent pas. C'est le genre de parenthèses que j'adore. Je pars du principe qu'il y a le noyau musical, et puis qu'il y a les ramifications. Avec une telle émission, les gens apprennent aussi à connaître l'humain, ce qui n'est pas forcément le cas en concert."

Seras-tu à nouveau de la partie pour la saison suivante?

"Qui sait?"

Y a-t-il déjà eu des négociations?

"Qui sait? C'est la seule question où je suis briefé!"

Mais en as-tu envie?

"Qui sait? Je ne dirai rien. C'est un secret bien tenu. Mais j'adore la Belgique."

Tu écoutais quoi quand tu étais gamin?

"Ce que mes parents écoutaient: Queen, Led Zep, Eagles, les Poppies. Après ça a évolué. Pendant l'adolescence, j'écoutais tout ce qui passait à la radio. Puis, je me suis plus dirigé vers tout ce qui est acoustique comme Jason Mraz, Bon Iver ou Angus and Julia Stone. La programmation de Ronquières, c'est ce que j'écoute: Puggy, Woodkid, Yodelice. "Sunday with a flu", c'était d'ailleurs ma première cover. Mais j'adore aussi Nirvana, Foo Fighters et Editors. Je pense qu'on retrouve de tout dans ma musique. Sur mes albums, j'ai toujours essayé de ne pas rester dans un seul style."

Tu es plus live ou studio?

"Honnêtement, je suis plus fan du live car c'est tellement spontané et chaque soir est différent. Si tu rates un accord, ça fait partie de la chose. Le studio, c'est de l'argent et donc c'est très vite de la Bastian3.jpgpression. Je suis aussi producteur et arrangeur de mes albums. Quand je me réveille le matin pour aller en studio et que je n'ai rien, ça provoque une déprime intense chez moi. Mais ensuite c'est sublimé car, en fin de journée, tu as la chanson et c'est l'extase totale. Au niveau des sensations, ce sont des montagnes russes. Le live, c'est plus pour assumer ce qu'on a fait en studio."

Y a-t-il un nouvel album en préparation?

"Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme je vais proposer la suite de mes compos. J'ai énormément écrit. J'ai vécu six mois qui étaient d'une beauté rarissime, tant dans le déchirement des sensations que j'avais en mois que dans la beauté que ça procurait de jouer tous les soirs. Ce sera peut-être une chanson, un album, un EP,... j'en sais rien. On tourne encore beaucoup jusqu'à la fin de l'année. Cela risque d'être des bribes par instants plutôt qu'un CD avec de la promo."

Ca se passe comment l'accueil en Suisse?

"C'était l'été de tous les records. On a fait une vingtaine de festivals en Suisse sur les 35 ou 40 qu'on aura joués. C'était fou. On a notamment joué au Paleo pour la deuxième année consécutive sur la grande scène. C'est un truc qui n'a jamais été fait en 39 éditions. J'ai font Montreux aussi en tête d'affiche. On prend du plaisir sur scène. On a passé le stade où on doit prouver. Si tu n'aimes pas, tant pis. Tu as bien des gars qui n'aiment pas Roger Federer donc... J'en discutais récemment avec Stephan Eicher. Même si peu d'artistes s'exportent, la scène musicale suisse se porte hyper bien. On essaie de bosser ça. C'est pour ça que j'essaie de prendre des artistes suisses en première partie. Ce sont tous des gens abordables, il n'y a pas de têtes brûlées."

Le public suisse et le belge se ressemblent-t-ils?

"Il y a des similitudes sur le fait que c'est un public. Au niveau des personnalités, il y a par contre beaucoup de différences. Mais ce sont des petits pays, qui se marrent bien, voisins de la grande France, et sans prise de tête. Le public suisse est le meilleur dans le sens où il nous connaît depuis plus longtemps. En Suisse, on a eu 7 chansons dans le top 20 des radios. Ca aide à enflammer les concerts. Mais le public belge est lui le meilleur, dans le sens où il nous surprend à chaque fois."

Tu dis toujours "on" en parlant de Bastian Baker...

"Je ne suis pas tout le seul sur scène ni dans le bus. J'ai fait 13 ans de hockey sur glace, donc je n'ai jamais eu pour habitude de parler à la première personne du singulier..."

> Un entretien de Christophe Van Impe

 

 

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