Royal Blood: "What you see is what you get!"

La sensation de la rentrée, voire de l'année, c'est selon vos sensibilités. Une chose est certaine: l'album éponyme de Royal Blood propose du gros son, le genre qui envoie des coups de poings et vous fait voir des étoiles.

L'histoire est tellement simple qu'elle semble inventée par Wikipédia, et pourtant elle témoigne de la rapidité avec laquelle les évènements peuvent s'enchaîner: en 2013, Ben Thatcher vient rechercher son bon pote Mike Kerr à l'aéroport de retour de quelques mois en Australie et ils décident de démarrer l'aventure "Royal Blood". Respectivement à la batterie et derrière le micro avec une basse comme seul autre instrument, ils se font rapidement remarquer par leur son brut. Du rock puissant qui s'est retrouvé sur toutes les scènes du monde et qui s'arrêtait jeudi dernier pour une journée promo à Bruxelles. Mike étant légèrement grippé et désireux de se ménager pour la session enregistrée à Studio Brussel peu après, Ben répondait seul à nos questions.


royal blood Ca y est, on l'attendait, votre premier album est sorti le 25 août dernier... Quel sentiment prédomine chez vous?

"On est heureux et excités, c'est bon d'enfin pouvoir montrer aux gens ce qu'on a fait pendant de nombreux mois. Nous avons passé presque toute l'année 2013 à écrire des chansons, puis à rentrer en studio et les retravailler par bloc de cinq. Puis, début 2014 on est arrivé à seize morceaux, qui sont devenus dix sur la version finale. En plus, nous avons beaucoup tourné, et voir le nombre de fans grandir est vraiment génial."

Les singles ont été encensés par la critique et les fans, vous avez joué dans les plus grands festivals cet été,... On peut dire que tout s'est rapidement enchaîné.

"Un vrai tourbillon! Mais pour en arriver là, il y a un gros travail derrière: l'écriture, l'enregistrement, le live, la promo... Bref, tout ce qui implique d'être "dans un groupe". C'est comme aller au fitness: c'est en travaillant régulièrement qu'on voit le résultat à la fin (rires)! Et pour être honnête, je ne comprends pas encore très bien ce qui se passe. On n'a pas eu le temps d'y penser en fait... C'est super, mais quand on me demande ce que je ressens, je ne sais trop quoi répondre. Je profite vraiment de l'instant présent, sans me soucier du passé ou du futur."

Mike et toi aviez déjà joué dans des groupes avant... Qu'est-ce qui vous a décidé à lancer Royal Blood?

"A son retour d'Australie, on a commencé à jouer à deux et on s'est rendu compte qu'on écrivait facilement des chansons sans avoir besoin d'autres personnes. Mike jouait de la basse et du clavier depuis dix ans, il connaissait les applications, les pédales, etc. Il a réussi à pousser sa basse jusqu'à trouver ce son bestial... mais nous continuons à expérimenter beaucoup, il y a encore moyen de progresser! On se complète bien: parfois c'est moi qui doit hausser le rythme pour rester "avec" lui, parfois c'est lui!"

Led Zeppelin, Foo Fighters, Queen of the Stone Age et bien d'autres: les chroniqueurs multiplient les comparaisons flatteuses à votre sujet... Tu en penses quoi?
royal blood

"Il y a toujours eu des parallèles et il y en aura toujours... Je comprends, c'est la première chose qui vient en tête pour décrire un nouveau groupe. Imagine un pote qui te dit: "Écoute ce nouveau groupe, c'est entre Taylor Swift et Korn" (rires)! On écoutait du QOTSA ou du Foo Fighters quand on était jeunes, mais aussi de la pop du hit-parade. J'ai appris une chose: l'inspiration peut venir de n'importe quel genre, n'importe quel artiste. Il n'y a pas de règle en musique. La technologie a également apporté son lot de choses positives même si nous, on préfère l'énergie pure et le son direct par rapport aux "backing tracks" par exemple... "What you see is what you get!""

Les Arctic Monkeys ont rapidement fait votre pub et vous ont embarqués pour deux dates importantes à Finsbury Park. Peux-t-on parler de "guides" dans le monde du show business?

"En fait, nous partageons le même manager, voilà pourquoi nous avons été rapidement repérés... mais il ne les a pas forcés à nous écouter et à nous apprécier! On ne peut pas dire qu'ils nous chaperonnent ou quoi, mais on a déjà discuté plusieurs fois ensemble, ce sont de bons gars."

Vous avez récemment joué deux concerts en Belgique, aux Nuits Botanique et à Werchter... Un souvenir particulier?

"La Belgique? En arrivant ce matin, je ne me souvenais pas spécialement de nos deux concerts ici... mais puisqu'on en parle, je peux maintenant dire qu'ils étaient très chouettes, bien que dans des cadres fort différents. Par contre, Je me souviens d'être venu à Bruxelles il y a quelques années avec des potes, dont Mike, pour mon... enterrement de vie de garçon! Enfin, "se souvenir"... ! (rires)"

> Philippe Sadre

Album: "Royal Blood" (Warner Music)

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