Von Durden: "Lâcher prise pendant quatre mois"

Deux ans après "Dandy Animals", Von Durden revient avec un troisième album sobrement intitulé "III". Nous avons rencontré Nicolas Scamardi (batterie) et Kevin Dochain (guitare). C'est d'ailleurs la tronche de ce dernier qui est sur la pochette désopilante de cet album à découvrir sur scène au Bota le 1er octobre, jour de sa sortie dans les bacs.VD1.jpg

Les premières critiques de "III" sont plutôt positives. Y êtes-vous sensibles?

Nicolas: "Le petit retour qu'on a eu est vraiment en phase avec ce qu'on a composé, ça raconte ce qu'on a voulu donner. Et oui, nous sommes sensibles à la critique. Les Rolling Stones, ils s'en branlent un petit peu, car leur album se vendra quand même. Mais pas nous. On a ramé, on a oeuvré pour en arriver là. On a tout fait de manière super sincère, avec très peu de triche en studio."

Kevin: "On ne va pas sauter d'un pont si on nous dit que c'est à chier, mais ça fait clairement plaisir d'avoir des retours positifs, de sentir que ça touche les gens. C'est con, mais on l'a vu lors de la sortie du deuxième album. Par rapport au premier, il y avait eu moins d'emballement médiatique, il est un peu passé sous silence, et on en a vendu deux fois moins. Bon, c'est peut-être aussi parce que musicalement ça passait moins bien."

L'album est relativement court. Etait-ce un choix délibéré?

Kevin: "Dans le tri des chansons, dès que ça nous plaisait pas, on jetait. Même si ça plaisait pas à juste un de nous! On se retrouve avec dix morceaux. C'est peut-être court, mais c'est vraiment l'essence."

Nicolas: "Le reste aurait été du remplissage. On a composé plus de vingt morceaux, donc une grosse moitié est partie à la poubelle. On ne revient jamais en arrière sur nos compos. Si tu regardes dans notre disque dur, depuis les débuts, on doit avoir une centaine de maquettes. Au début, on se demandait toujours si ça allait plaire. Ici, en sortant du studio, on s'est dit "on ne passera pas en radio, mais on s'en branle". On continue à avoir des mélodies accrocheuses, mais ce n'est pas réfléchi."VD2.jpg

Comment vous est venue l'idée de cette pochette pour le moins particulière?

Kevin: "Avant de rentrer en studio, j'avais bossé sur plein d'idées de pochettes. Je pensais faire un truc un peu graphique."

Ncolas: "On était en studio, et on regardait tous ces projets de pochettes en se disant "mouais...". Puis, voilà que Kevin passe en revue ses photos sur Facebook. Je tombe sur celle-là, et jelui  lance "Mais c'est quoi ça?" Ca devait être lui à une communion, ou au premier viol, j'en sais rien..."

Kevin: "Non, c'était un lendemain de giga cuite, il y a dix ans à Leuven."

Nicolas: "A l'unanimité, en 30 secondes, on a choisi d'opter pour cette photo. Je suis très fier de cette pochette faite en dix minutes. Il y a ce second degré, dont nous sommes très partisans. Avec le clip de "Devil in me", on avait même été jusqu'au 18e degré. On aurait peut-être dû s'arrêter deux ou trois degrés avant, mais on s'en branle car on ne se prend pas au sérieux."

Kevin: "Les gens parlent beaucoup de cette pochette. Or, ils auraient pu trouver ça nase. Finalement, ils font même des selfies avec."

Elliott, votre chanteur, entamera un tour du Monde d'un an à partir de janvier. Cela ne risque-t-il pas de mettre un frein au groupe?

Nicolas: "Non, pas du tout. On a une fenêtre de tir de quatre mois, et on va essayer d'en profiter un max. On n'aura pas le temps de se reposer. Ce ne sera pas du tout un arrêt. Le quatrième album verra le jour. On va travailler d'ici et lui nous écrira les paroles les plus baba cool de tous les temps. On lui enverra les sons via pigeon voyageur."

A quoi doit-on s'attendre pour le concert du 1er octobre au Bota?

Kevin: "Cela restera brut et punk. On ira à l'essentiel."

Nicolas: "Il n'y aura ni décor ni invité! Il y aura un lâcher-prise, vu la situation particulière. On est dans cet esprit-là. Sur scène, on est à notre place."

Le clip de "Dead Queen" vient d'être dévoilé. Et il est plutôt réussi...VD3.jpg

Kevin: "On est parti de Zach King, un mec qui fait des vidéos sur Vine, des tours de magie à deux balles. On a réfléchi avec Julien Henry à ce qu'on pourrait faire de fun."

Nicolas: "On a cherché pendant des semaines cette putain de salle de bain. On est passé chez Ikea, dans des hôtels,... Et finalement Julien et son équipe l'ont créée dans un hangar désaffecté, comme dans "Saw"."

Par moments, ce single rappelle Lenny Kravitz!

Nicolas: "Sérieux? C'est vrai que le bridge, ce sont les mêmes accords que "American Woman". Je peux comprendre la comparaison. Mais, crois-moi sur parole, on n'a pas voulu faire comme lui. Lenny Kravitz le fait comme un maître, mais il n'a pas non plus inventé ces accords. Si un mec écoute du Kravitz toute sa vie, il trouvera même des correspondances dans Slipknot."

Quelles sont vos principales influences?

Kevin: "On revient toujours avec Queens of the Stone Age."

Nicolas: "Machiaval, Suarez aussi (rires). Mais non, on écoute du rock! On adore le rap par exemple, mais on ne s'en inspire pas. Tout ce que je découvre, c'est via Kev. Il a une culture musicale incroyable."

Kevin: "Mon premier disque, c'était "Nevermind" de Nirvana. Je l'avais reçu de ma marraine, j'avais dix ans. Et mon grand-père m'a fait découvrir les Beatles."

Trouvez-vous votre place dans cette scène rock belge, qui ne vous ressemble pas vraiment?

Kevin: "Il y a quelques groupes avec lesquels on va bien, comme The Experimental Tropic Blues Band, Romano Nervoso ou Driving Dead Girl. Mais en effet, on n'est pas dans cette mouvance pop-rock."

Nicolas: "On est en marge. On n'a rien inventé, mais on a sorti quelque chose de personnel. Au même titre que les Tropic, qui ne proposent pas un truc convenu à la Suarez."

Kevin: "On ne fera peut-être pas la première partie de Puggy la semaine prochaine..."

Qu'avez-vous pensé de votre passage dans le "Dan Late Show"?

Kevin: "C'était super drôle. On l'a fait à la Jimmy Fallon, avec que des jouets. On avait déjà eu l'idée auparavant, mais c'était le meilleur endroit pour le faire."

Nicolas: "On a eu des super retours. En même temps, nous aurions été refoulés si nous étions arrivés avec la batterie et les guitares. Et on n'est pas trop acoustique. On peut le faire, mais ça nous emmerde. Ce n'est pas notre exercice."

> Christophe Van Impe

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