Sébastien Tellier, la sagesse lui va bien

Faire mieux que la dernière fois était un challenge corsé, pour ne pas dire impossible. Lors de son passage au Cirque Royal, il y a deux ans, Sébastien Tellier avait juste été parfait. Allumé comme jamais, il avait éternisé son set jusqu'à être évacué de la scène par le service d'ordre. "Une clope, une vodka", c'était son rituel entre les morceaux à l'époque. Lorsque nous l'avions rencontré il y a quelques semaines, il avait déclaré s'être assagi. En partie grâce à Kavinsky, qu'il avait failli étrangler au bout d'une soirée un peu agitée et imbibée. Samedi à l'AB, la vodka avait en effet fait place à de laSebaTellier.jpg bière. "J'aurais bien aimé de la Carslberg, mais on m'a refilé de la Jupiler!". Les cigarettes, elles, étaient toujours là et avait par moments un aspect bien suspect. Plus de trace par contre du fameux gourou au Pepito Bleu. L'Alliance Bleue a été définitivement dissoute, et tant mieux.

Place désormais aux ambiances brésiliennes. Un crocodile gonflable, quelques palmiers en plastoc et le ton est donné. Poncho rouge, écharpe bariolée, lunettes de soleil et casquette turquoise: il est là, sorte de croisement physique improbable entre Carlos et un rapeur de la west-coast. Si Salvador Dali avait été musicien, il se serait sans doute appelé Sébastien Tellier. Les morceaux récents sont fidèles à la tonalité de l'album, les plus anciens sont revisités avec talent à la sauce carioca. Même "L'amour et la violence" (à la guitare) et "La ritournelle" connaissent une nouvelle jeunesse. Il aura fallu attendre dix minutes pour qu'il se décide à parler. "Et maintenant, je vais vous faire des chansons de merde. Pour les bonnes, ce sera dans 1h30." Et c'est là qu'il nous balance l'hyper-sensuel "Roche". C'est "aaahhh", comme tout l'album "Sexuality" d'ailleurs. Après 1h45 et quelques passages bien psychés, et après avoir notamment déclaré son amour pour feu MeliPark et pour le tartare-mayo et les frites bien grasses de La Panne, il se retire, couvre-feu oblige. Tout le monde n'est pas aussi conciliant qu'au Cirque Royal. Face à autant de talent, on en viendrait presque à lui reprocher de ne pas avoir poursuivi les festivités ailleurs...

> Christophe Van Impe

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