Daan revisite Joe Dassin et Charles Aznavour

Parvenir à captiver un public, pourtant majoritairement néerlandophone, en reprenant du Joe Dassin et du Charles Aznavour, il fallait oser. Dans une Rotonde pleine à craquer, Daan n'a pas hésité à s'aventurer sur ce terrain glissant. Pour le premier de ses trois concerts intimistes, l'ancien chanteur de Dead Man Ray avait décidé de prendre des risques. "J'en déduis que je t'aime" d'Aznavour et "Marie-Jeanne" de Dassin sont deux morceaux qu'il n'avait jamais repris en live, au contraire de "Fuzzy" de Grant Lee Buffalo interprété en début de set. Ayant jadis vécu dans les Ardennes, Daan est définitivement, avec Arno, le plus grand amoureux de la langue française dans le Nord du pays.

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Et il est tellement talentueux et attachant qu'on lui pardonne tout. "Vous être trop gentils, car vous applaudissez même mes erreurs", rigole-t-il, avant de se demander si toute l'assistance vient de Sint-Niklaas. Ou encore quand il décide d'enregistrer les chants du public, mais appuie maladroitement trop vite sur ce satané bouton. Ce qui donne un... "je vous enregistre" en choeur pendant tout le reste du morceau. D'humeur taquine, il s'est même permis de chantonner "I will always love you" de Whitney Houston.

Mais surtout, désarmant au piano, il a sublimé tout son répertoire habituel. Débarrassés de leurs beats, "Victory" et "The Player" révèlent une profondeur encore plus intense. "Normalement, c'est le moment où je félicite mes musiciens. Mais là... Enfin, ils sont formidables hein. Mais égocentrique comme je suis, j'ai parfois besoin de me retrouver seul", lance-t-il à l'issue du deuxième rappel. Il remettra ça ces mardi et mercredi, toujours à la Rotonde (il reste des places) avant de revenir, sous une forme plus "classique" à l'AB.

> Christophe Van Impe

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