Le Botanique en état de siège pour Joey Bada$$

Il est 18h45. Le visage masqué par une écharpe au motif de tête de mort et emmitouflé sous une capuche, Joey Bada$$ fait les 400 pas rue Royale. Le concert est sold out depuis plusieurs semaines. A quelques mètres de lui, des tickets s'arrachent à prix d'or au marché noir. Des fans, venus d'Angleterre, mettent trois fois le prix sans réfléchir une seconde. Le Bota est en état de siège. Sur la terrasse, le service de sécurité est en plein briefing. Un premier contrôle a lieu dès l'entrée du bâtiment, comme lors des Nuits. Et avant de pénétrer dans la salle, il faut carrément passer à une fouille corporelle. Même lors de la venue de Prince en juin, on n'avait pas connu ça. C'est que le gaillard de 19 ans, tout droit venu de 1604976_10152862081338485_9125494891235540771_n.jpgNew York, est considéré comme un des nouveaux petits prodiges de la scène hop hop US. Dans la salle, les vigiles entament une chasse (plutôt bonne) aux fumées suspectes.

Quand il arrive sur scène, Joey n'a toujours pas quitté sa capuche. L'accueil est torride, comme rarement vu à l'Orangerie. Il chauffe le public à fond la caisse. Et le ton monte encore un peu plus lorsqu'il est rejoint sur scène par son comparse Kirk Knight, donnant une impression de Run DMC plus actuel à l'ensemble. Les morceaux de ses mix tapes sont passés au hachoir. Un petit moment d'émotion tout de même sur la fin lorsque, comme pour montrer qu'il n'est pas qu'une machine, Joey rend un vibrant hommage à Capital STEEZ, son pote (du collectif Progressive Era), qui s'est suicidé en 2012. Le public se calme et lève les mains au ciel. Tout s'est bien passé, les vigiles peuvent être rassurés...

> Christophe Van Impe

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