L'étonnante métamorphose de Camélia Jordana

Il y avait l'embarras du choix samedi soir. Bertrand Belin et Mathieu Boogaerts ayant fait le plein à l'Atelier 210, nous avons pris la direction du Botanique. 20h45, nous croisons Carl Barât sur le trottoir de la rue Royale. L'ex-futur-ex Libertines, accompagnée de toute sa clique et veste Union Jack sur le dos, cherche son chemin vers la Rotonde. Désolé Carl, même si ton dernier album solo est excellent et suinte le rock n' roll, pour nous ce sera cette fois l'Orangerie et Camélia Jordana. Mais promis, ce n'est que partie remise. www.asterios.fr-n...14public-45d3666.png

Six ans après avoir remporté la Nouvelle Star à l'âge de 16 ans seulement, la gamine a bien changé. Enfin, seulement en apparence en fait. Les grosses lunettes d'ado geek ont valsé à la poubelle. Jupe dorée et maquillée à outrance, elle se la joue diva et tente de se donner dix ans de plus, comme si elle voulait définitivement se débarrasser de son corps d'enfant. Mais, elle ne nous bernera pas. Car derrière ces faux airs de femme fatale, c'est toujours une ado fragile qui se cache. On le ressent dans ses interventions parlées, toujours empreintes de timidité.

Musicalement aussi, elle a bifurqué vers plus de maturité. En 1h20 de concert, elle n'aura d'ailleurs joué qu'un seul morceau de son premier album, dispensable d'ailleurs. Tout le reste est trituré, bidouillé, réinterprété. Entre les chansons, elle nous récite des poèmes. L'ambiance est feutrée, contemplative. Elle s'ose même à la reprise du "Retrograde" de James Blake, exercice pourtant casse-gueule par excellence. Durant le rappel, elle se la joue encore plus adulte en interprétant a capella deux standards de Louis Armstrong ("Saint-James Infirmary" et "What a Wonderful World"). Le concert se termine. Juste à temps pour aller à la rencontre de Carl Barât, qui squatte encore les alentours de la Rotonde...

> Christophe Van Impe

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