Anaïs: "Nous ne sommes pas des chatons!"

Un quatrième album sous le bras, celle qui s’est révélée au grand public il y a une dizaine d’années continue ce qu’elle fait de mieux: arpenter les scènes avec une grosse dose d’humour pendant et entre ses chansons. Nous l’avons rencontrée au Botanique, où elle se produira demain.

Et oui, le temps a passé depuis cette leçon de tennis dans le clip de «Mon Cœur, Mon Amour», l’ «intermède écossais» et toutes les interventions rigolotes de la Grenobloise dans son premier album «The Cheap Show». «Un «live», preuve que je fais un peu tout à l'envers», s'amuse-t-elle. Preuve également que la scène occupe une place importante chez elle. 

Anais1.jpg

«J'ai testé mes nouvelles chansons en tournée dès fin 2013, bien avant que l'album ne sorte. Et j'aime toujours autant ajouter des petits extras ou reprendre des chansons à boire que moi seule connaît! Mais je ne voulais évidemment pas d’un «Cheap Show II», même si ça aurait pu être marrant au niveau du titre… «La Résurrection!»… «L’embrasement!». Ou alors à la Star Wars: «Les Origines !» (rires). Il ne fut pas prendre les gens pour des cons... En plus, mes fans sont particuliers, ils n'aiment pas savoir ce qui va exactement se passer. Et en surprenant le public, je peux me surprendre moi-même.» 

  

Retour à l’auto-production

C’est justement cette sensation qui l'a décidée à quitter sa maison de disques et à revenir à l’auto-production pour ce quatrième album. Pas de regrets toutefois par rapport à ces débuts fulgurants. Ou bien si, un petit...  

"Avec le recul, je trouve le choix des singles un peu dommage... Les têtes pensantes voulaient répéter le succès de "Mon Coeur, Mon Amour", du coup le grand public n'a pas pu apprécier tous les styles qui étaient présents sur l'album. Dans l'absolu, j'avais besoin de ce changement, de retrouver une sorte de minimalisme, mais également de me remettre en danger. En auto-production, tu oses plus, ça vient des tripes. J’étais dans la procrastination mais là, tu n’as plus le choix. Mes 3-4 morceaux plus «engagés» ont été écrits très rapidement, et je les ai vite finalisés. Il faut se dépêcher dans ces cas-là, sinon tu risques de t’auto-censurer par la suite."

Anais2.jpg

Du coup, on retrouve des coups de gueule («DRH», «Une Petite Fuite») ; mais aussi des textes plus doux («J’Attends Mon Joe») et un hommage des plus symboliques avec «What Would We Have Done Without Joni Mitchell?». 

«A travers elle, je rends hommage à Woodstock et à sa chanson du même nom. Et dire qu'elle a regardé le festival à la télé! J'aime sa voix aérienne, son flow destructuré par rapport à d’autres artistes et l'esprit libertaire de cette époque: je ne me suis pas du tout assagie! Je n'ai jamais couru derrière la notoriété ou l'argent, mais ça m'embête de voir par exemple Google et Youtube faire croire aux gens que ça ne coûte rien de faire un disque. Le titre de l'album est évidemment dans cet esprit, avec ce petit personnage qui représente la société de consommation à outrance et la mondialisation... Le message est clair: nous ne sommes pas des chatons!» 

Anais3.jpgCe  message, elle le garde lors de ses concerts en ajoutant le grain de folie qu'on lui connaît. Et celle qui remercie Keanu Reeves sur chacun de ses albums («C’était un délire depuis le début, dans le genre «Special Thanks», pourquoi pas lui ?!») et s’amuse dans ses clips et sur les réseaux sociaux se réjouit de pouvoir revenir à Bruxelles.

«J’ai vraiment apprécié mon passage à… l’Orangerie, c’est ça ?, qui m’a fait penser à une salle un peu underground, à la new-yorkaise. J'avais pu également présenter à Bruxelles «The Amber Story», un projet chanté uniquement en anglais que je n’avais malheureusement pas pu sortir en CD. Et vous me dites que la Rotonde est une très jolie salle, alors je suis vraiment impatiente de la découvrir!» >Philippe Sadre

(Photos de Louis Salto et Sébastien Bance) 

En concert: ce mercredi 25 mars au Botanique.

Les commentaires sont fermés.