Massilia Sound System, tête d'affiche de la Yo!Fest (ce 6 mai): "Il y a encore des combats à mener"

La Yo!Fest sera de retour ce mercredi 6 mai sur l'esplanade du Parlement Européen. Il s'agit d'un festival gratuit organisé à l'initiative du Forum Européen de la Jeunsesse. Le thème de cette sixième édition "Grow Together" mettra l'accent sur la croissance et le développement durable. Au programme, des débats mais aussi des concerts. Et en tête d'affiche, les Marseillais de Massilia Sound System. Nous sommes allés à la rencontre de Blu, le leader du groupe. Entretien dans un accent qui sent bon la Canebière...11090863_421020211397817_6161998077227505268_o.jpg

Blu, c'est pas trop barbant pour des Marseillais de quitter leur zone de confort pour venir jouer dans la grisaille bruxelloise?

"Non, pas du tout! On ne pense pas qu'au soleil, je vous rassure. On a toujours pris notre pied lors des concerts en Belgique. C'est un public festif et réceptif à notre message."

En plus, entre Marseille et la Belgique, ça a souvent été le grand amour...

"Là, vous faites appel au supporter qui est en moi. C'est vrai que vous nous avez encore envoyé un petit Belge qui nous aide bien là. L'OM fait partie intégrante de notre vie, au même titre que la musique. Ces derniers temps, ça tourne un peu moins bien. Mais, même quand on perd, ça ne nous empêche pas de faire la fête."

Vous venez jouer pour une bonne cause. Cela fait partie de l'ADN du groupe?

"Bien sûr. Chez Massilia, on fait de la musique avant tout pour faire passer un message. En tant qu'artiste, on a un rôle social important à jouer. Je ne m'imagine pas prendre le micro en n'ayant rien à dire. On ne revendique pas de changer le Monde, mais on n'est pas non plus là pour faire de la poésie."

L'évolution de la société, elle vous fait peur?

"Oui, et ce n'est pas récent. Cela fait trente ans que la télévision veut nous faire croire que tout va mal, que tout s'écroule. Même si tout ne va pas aussi mal qu'on le dit, il faut se bouger. La violence permanente et la montée du nationalisme sont des fléaux qu'il faut éradiquer. Nous, on ne le fait en musique."

Le groupe vient de fêter ses trente ans d'existence. Voilà qui fait une sacrée trotte...

"C'est clair. Quand on a commencé, on ne s'est jamais dit qu'on allait tenir cinq, dix ou trente ans. Maintenant, on est encore là et pour un moment. Et ce qui est beau, c'est qu'on parvient encore à toucher les nouvelles générations. Tant qu'on aura des choses à dire, on continuera. Tant qu'il y aura des gens dans la rue, on sera là. Il y a encore beaucoup de combats à mener."

A quoi doit-on s'attendre pour mercredi?

"Ca va être la fête! Il y aura de la bonne musique et on va prendre l'apéro tous ensemble."

Du pastis, j'imagine?

"Non, du 51 Monsieur! C'est comme si vous compariez Marlboro et Camel (sic)!"

> Un entretien de Christophe Van Impe

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