Sonnfjord, notre coup de coeur printanier

Le nom du groupe sonne comme s'il s'agissait de post rock islandais voire de black metal norvégien. Et pourtant, c'est avec une musique sucrée, délicate et rafraîchissante que Sonnfjord nous caresse les tympans. Derrière ce nom mystérieux se cache le projet de Maria-Laetitia Mattern, accompagnée de son frère Aurelio (Paon, Lucy Lucy), François de Moffarts (Lucy Lucy), Jérome Van den Bril et Fabio Zamagni (Noa Moon). Une rencontre qui rend déjà ce début de printemps un peu moins morose...1969333_1557424347870202_8595455467415865660_n.jpg

D'où vient ce nom à consonance nordique?

Maria-Laetitia: "J'avoue que ça peut prêter en confusion. J'ai fait un Erasmus en Finlande il y a trois ans. C'était à Jyväskylä, une ville estudiantine un peu perdue, à cinq heures de bus au nord d'Helsinki. C'est un pays magnifique, même si je n'y ai vécu que quatre mois. Je me suis inspirée de cette ambiance, de ses grands espaces. Depuis, je m'intéresse beaucoup à la culture nordique. J'avais envie d'un nom qui reflète un peu ça, en adéquation avec ma musique. C'est un mot qui n'existe pas. Si tu remplaces le "o" par un "u", c'est le nom d'un fjord en Norvège. Je n'y ai jamais mis les pieds, mais on peut faire croire que oui si tu veux. J'ai un peu triché, j'avoue. Mais j'aimais bien cette sonorité. "Fjord" tout court, ça fait un peu yaourt."

L'EP est sorti en février, le projet est récent, mais il y a pourtant beaucoup de travail en amont...

"Dans mon esprit, ça fait déjà longtemps qu'il est sorti. Pour nous, c'est un premier travail. On avait rien sorti auparavant, et le projet n'existe que depuis septembre. Même si tous, on faisait déjà de la musique. Mais avant septembre, on avait déjà bossé pendant un an et demi. On a d'abord fait des démos, qu'on a réenregistrées avec Tommy Desmedt. On a fait les mix l'été dernier. En septembre,c'était plutôt le lancement du groupe tel qu'il existe, la création de la page Facebook, les premiers concerts et le clip de "Seagull". Dans le genre de musique qu'on fait, l'image est importante. On ne sort pas de morceau comme ça sans support vidéo, car ça permet aux gens d'accrocher davantage. On va également sortir un clip pour "Alpinist" et je suis persuadé que plein de gens nous découvriront de cette manière."

Un album succédera-t-il rapidement à l'EP?

"Il y a beaucoup de compos brutes qui sont prêtes. Je commence à jouer en live des morceaux qui ne sont pas sur l'EP, mais pour le moment en guitare-voix parce qu'on n'a pas encore pris le temps de les arranger. J'aimerais défendre l'EP jusque fin 2015 et sortir quelque chose de neuf début 2016. J'entends tous ces morceaux depuis près de deux ans et j'ai déjà envie de passer à autre chose."

Comment décrirais-tu votre musique?

"C'est pop-folk, avec des influences plus indies à certains moments. Quand j'étais gamine, j'écoutais beaucoup d'artistes folk, comme Bod Dylan, Cat Stevens, Joan Baez, Simon and Garfunkel,... Voilà pour les fondements. Mais quand on arrange les morceaux, on s'en éloigne. "

Malgré que le groupe soit tout récent, vous avez déjà eu l'occasion de jouer au Bota et à l'AB. C'était comment?

"C'est hyper excitant, c'est la plus chouette partie du projet. Dès octobre, on a fait le Bota. C'était un moment-clé. Je sens que j'ai pas mal appris de tout ça. Je suis en train de retravailler mon attitude sur scène. Je me sens déjà beaucoup plus à l'aise. Après, sur de telles scènes, tout est fait pour que ça se passe bien. J'ai de pires souvenirs de mon projet solo, où on jouait dans des petits bars foireux où les gens étaient en train de boire un verre et écoutaient à peine le concert. C'est une autre approche, même si j'étais moins sûre de moi aussi. La Rotonde, c'est fabuleux d'y jouer. Le stress supplémentaire, c'est qu'on se doit d'assurer."

Quelles sont les prochaines échéances?

" Le 13 mai, on joue pour le Nationa(a)l. On a été élu coup de coeur musical. On a aussi confirmé notre présence au Brussels Summer Festival."

 > Un entretien de Christophe Van Impe


Les commentaires sont fermés.