Rock Werchter (journée 1) : il y avait Florence et puis tous les autres

Rock Werchter, Il n’y a pas à dire, qu’on en soit à sa première ou à sa 25e participation, entrer sur le site de Rock Werchter, a quelque chose d’impressionnant. De par son côté fête foraine permanente et surtout de par le monde présent! 88.000 personnes ont foulé l’herbe verte du Brabant flamand en ce jeudi.  Cela en fait du monde !

Du coup, par moments, on a un peu l’impression d’évoluer dans ces reportages où on voit les poulets élevés en batterie dans un espace confiné. Et à partir d’une certaine heure, passer rapidement d’une scène à l’autre se révèle une mission quasi-impossible. Difficile donc d’enchaîner les concerts, ce qui est dommage quand on connaît l’affiche grandiose du festival brabançon et la volonté manifeste des organisateurs d’offrir toujours plus de confort à leurs visiteurs. On note d’ailleurs au passage que les deux scènes annexes, le Barn et le KluB C, sont mieux aménagées que jamais avec des gradins sur les côtés. Elles sont désormais de vraies salles de concert capables d’accueillir plusieurs milliers de personnes. 

Mais cette capacité est tout de même insuffisante pour accueillir les jeunes Anglais de Years & Years. Il n’est alors que 15h et il faut déjà s’astreindre à une file de quelques mètres hors du chapiteau pour espérer apercevoir le short de basket rouge d’Olly Alexander, le chanteur du trio londonien.  Il est vrai que les tubes électropop s’enchaînent. Et les jeunes filles des premiers rangs semblent déjà les connaître par cœur, alors que leur premier album ne sortira que début juillet. Gentil mais agréable. 

Place ensuite quelques mètres plus loin au folk des jeunes et jolies Suédoises de First Aid Kit. On adore l’harmonie des voix de ces deux sœurs originaires d’Enskede, dans la banlieue de Stockholm. Mais force est de constater que dans la fournaise brabançonne, la magie a du mal à opérer…

Direction la Main Stage pour le premier moment marquant de cette 41e édition de Rock Werchter : Royal Blood ! Propulsé pour un deuxième concert dans le Brabant en l’espace de trois jours suite au forfait des Foo Fighters (ils joueront aussi samedi), la paire anglaise fait véritablement exploser une première fois la plaine, au son des hymnes rock de son premier album ("Come on Over", "Figure It Out", "Little Monster", "Out of the Black", ...). Ceux-ci s’enchaînent à un rythme effréné. Cela pogote dans les premiers rangs alors que, derrière, on dodeline agréablement de la tête. Mike Kerr se sert toujours de sa bass comme d’une guitare, tandis que son acolyte Ben Thatcher tape sur ses futs comme un dératé. Du moins, quand il ne s’éclipse pas discrètement pour aller recharger son verre. Un set explosif mais deux petits bémols cependant : premièrement, sur la longueur, leur musique semble manquer d’un petit supplément d’âme. Un petit quelque chose qui pourrait transformer un bon concert en moment inoubliable. On touche sans doute là aux limites d’un simple duo bass-batterie… Deuxièmement, Mike Kerr, en plus d’avoir une figure un peu bouffie, a l’air de s’être pris un melon taille XXL.  Au point que rentrer en coulisses alors que son comparse prend le temps d’arpenter le podium pour dire merci aux spectateurs. 

Rock Werchter, On refile ensuite dans le KluB C pour la prestation de Jungle. Les Londoniens se présentent à sept sur scène. Cela groove !  L’atmosphère devient moite, ce qui convient parfaitement à la chaleur ambiante. On doit avoisiner les 45 degrés sous la tente. Impossible d’y tenir toute une heure sans passer par la case "air frais" ou "boisson".  Du coup, le public est un peu anesthésié. Du moins, jusqu’au tube « The Heat » (de circonstance donc…) qui fait chavirer le chapiteau. Les gens sautent à l’unisson, le plancher, lui, tremble. 

Le temps de se réhydrater un peu et place à Florence + the Machine sur la Main Stage.  On ne sait pas ce qu’elle a pris avant de monter sur scène mais Florence Welch débarque complètement « habitée ».  Elle court d’un bout à l’autre de la scène, se livre à quelques entrechats, descend dans la fosse pour chanter avec les gens, … Le spectacle est à la fois sur scène et dans le public. Ce dernier est véritablement conquis, surtout que les hits se succèdent. Qu’ils soient tout frais (« Ship to wreck », « What kind of man », …) ou plus anciens (« Spectrum », la reprise de « You’ve Got The Love » ou « Dog days are over »). Un grand moment ! Et tant pis si sa musique ressemble aujourd’hui un peu à de la (bonne) variété moderne.

Florence ayant arrêté sa machine, les 88.000 personnes présentes (ou presque) décident alors d’aller assister au concert d’Oscar & the Wolf sous le Barn. Ce qui provoque d’énormes embouteillages sur la plaine, mais aussi à l’entrée de la tente. Impossible de mettre un pied au sein de celle-ci. Du coup, on est obligé d’écouter de loin le set de Max Colombie et ses copains. Dommage, cela avait l’air chouette. 

CIYg1q_UkAAqcfl.jpgPetit passage ensuite par le KluB C pour voir à l’œuvre le DJ masqué, SBTRKT (à ne pas confondre avec les Daft Punk, les DJ’s casqués). Un set sans faille, même si le son laisse parfois à désirer. Ce qui est très très rare du côté de Werchter.

Avant de rendre les armes, un petit passage par le concert d’Elbow s’impose. Les Mancuniens ne sont pas programmés sur la grande scène mais bien sous le chapiteau Barn. Du coup, là aussi, on manque de place. Dix minutes avant l’heure annoncée du spectacle, impossible de mettre un orteil sous la tente. Beaucoup rebroussent donc chemin. Dommage pour eux, car la bande à Guy Garvey a livré une magnifique prestation, compilant ses meilleurs chansons (« Lippy Kids », « One Day », « New Born », …) et livrant même un inédit : « Lost Worker Bee ». Un grand et beau moment ! 

>Julien Carette

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