Rock Werchter (journée 2) : FKA Twigs et le reste du monde

Rock Werchter 2015.jpegLa deuxième journée de Rock Werchter commence doucement pour ceux qui ont fini tard la nuit précédente au son des Chemical Brothers ou de Caribou. 

Pour les autres, alors que The Last Internationale se démène sur la Main Stage, la bonne pioche de ce début de journée est bien le concert des Islandais de Fufanu au KluB C. Totalement inconnus de nos radars voici quelques jours encore, ceux qui ont remplacé les Canadiens de BadBadNitGood au pied levé font même office de vraie révélation. Quelques heures après avoir joué à Hyde Park, ce jeune groupe encore sans album au compteur mais avec une signature chez le label One Little Indian (Bjork, Ásgeir, Emiliana Torrini, …) a donc impressionné, avec son rock bruyant et brillant. Tout comme son chanteur, pas forcément en forme en début de set avant de bouger dans tous les sens, parfois tel un épileptique. On les situerait quelque part entre Joy Division, My Bloody Valentine et Tame Impala. De belles références et un nom à retenir ! 

On passera ensuite sous silence le rock (lourd) typiquement américain des Anglais de Lonely The Brave, pour passer à la chanteuse Sharon Kovacs, dit « Kovacs » tout court. « La meilleure chose produite par les Pays-Bas depuis le Gouda jeune » dixit nos collègues du Morgen. On aimait sa voix soul à la Amy Winehouse entendue sur son premier album, Shades of Black. On l’a retrouvée sur scène, accompagnée notamment d’un violon et d’un violoncelle. Mais il manquait tout de même un petit quelque chose pour emporter véritablement le public. A revoir donc…

Rock WerchterPlace ensuite au beau moment de l’après-midi, le concert des deux sœurs franco-cubaines d’Ibeyi, Lisa-Kaindé en Naomi Diaz. Seules sur scène, elles ont envouté leur audience, parfois même en chantant simplement a cappella. L’harmonie des voix, le mélange de rythmes tribaux et d’électro, … tout était parfait ! Un rendez-vous magique, marqué par la double interprétation (en milieu et en fin de set) de leur single « River ».

Pas le temps de vraiment refroidir qu’on enchaîne avec le rock indépendant des quasi-légendaires Death Cab For Cutie. Ben Gibbard et son groupe sont parmi les artistes les plus respectés du circuit indé aux USA mais chez nous, on  les connaît (trop) peu, et ce malgré neuf albums au compteur. Certes, les meilleurs (Transatlanticism en 2003 et Plans en 2005) sont un peu loin derrière eux mais tout ça leur fournit un catalogue assez incroyable pour leurs lives. Ils en ont fait l’étalage ce vendredi devant un parterre de connaisseurs aux anges! 

Il y avait encore beaucoup plus de monde (mais pas autant qu’on aurait pu le penser) pour voir ensuite Balthazar. Transférés du Barn sur la grande scène suite au désistement de dernière minute de Ben Howard, les Courtraisiens ont désormais (à l’instar d’Oscar and the Wolf ou de Selah Sue) un statut de stars en Belgique. Comme l'ont confirmé chez nous la réception de leur troisième album, Thin Walls, et la tournée qui a suivi. Pourtant, ils n’ont pas semblé pas encore complètement fin prêts pour tenir le rôle de tête d’affiche d’un mastodonte comme Rock Werchter. Et ce malgré une prestation bonne dans l’ensemble. Là aussi, il a manqué un petit quelque chose. Un petit grain de folie peut-être ?   

Pas le temps de trop y penser, parce que Alt-J commence son set au Barn. En arrivant devant le chapiteau, on entend les premières notes de « Matilda », puis le public reprendre la chanson en chœur. Alt-J semble avoir pris une nouvelle dimension en live. Mais comme la veille avec Oscar and the Wolf et Elbow, impossible d’avoir accès au concert pour le vérifier. C’est bien simple, selon les dires de certains, dix minutes avant que les premières notes, il y avait déjà une file d’une dizaine de mètres devant la tente. Il faudra donc attendre leur passage au Rock-A-Field à Luxembourg dans une semaine pour se faire une idée…

Rock WerchterHeureusement, le concert suivant va atténuer notre déception. Car dès 21h30, FKA Twigs prend d’assaut la scène du KluB C pour un concert juste fabuleux. On l’avoue, en voyant la jeune Américaine Tahliah Debrett Barnett en photo, on s'était déjà demandé ce que l’acteur Robert Pattinson pouvait lui trouver (les deux vont se marier). En la voyant en live sur scène, il n’a pas fallu cinq minutes pour qu’on comprenne. Sauvage, sexy, cette fille transpire la sensualité. Elle envoute véritablement son audience par ses chorégraphies (elle possède une formation de danseuse). Le spectacle est total : musical (ce n’est pas pour rien que son premier album, LP1, est un des meilleurs de 2014) à coup de beats percutants mais aussi visuel donc. Le jeu de lumières est juste fantastique. Ce spectacle est un trip. Un vrai ! Du genre qui divise. Soit on y adhère à 200%, soit on déteste. Le public de Werchter a, lui, apparemment opté pour la deuxième option. On a rarement vu une tente aussi clairsemée, même en début de journée...

Encore tout groggy, avant de reprendre la route, on passe jeter un œil à la prestation de l’ex-Moloko Roisin Murphy sur la scène d’à côté. C’est agréable, propre, parfois kitsch dans les costumes. Cela fonctionne … sans atteindre les sommets du concert qui a précédé. Rideau ! 

>J.C.

 

Les commentaires sont fermés.